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CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Dans ce travail, consacré à la purification de la laccase à partir du suc d’arbre à laque du Tonkin (Nuoc’Son) et comportant une mise au point des techniques de dosage du fer et du manganèse, nous avons établi les faits suivants

1°le traitement du suc d’arbre à laque (Nuoc’Son) par le carbonate de sodium permet d’obtenir, après séparation du précipité, un liquide ayant conservé pratiquement son activité oxydasique primitive et débarrassé d’une grande partie de ses impuretés en même temps que de 85 à 90 p. 100 de son manganèse.

2° La saturation au moyen du sulfate d’ammonium, des solutions traitées au préalable par le carbonate de sodium, provoque la formation d’un précipité qui retient une grande partie de l’activité diastasique, tandis que les impuretés minérales et une grande partie du manganèse restent en solution.

3° Si l’on soumet à la dialyse les préparations diastasiques précédentes (sucs déféqués au carbonate de sodium ou solutions des précipités obtenus par le sulfate d’ammonium) l’activité oxydasique reste pour sa plus grande partie sur la membrane, tandis que les impuretés salines introduites par les réactifs précédents s’éliminent.

4° L’adsorption intégrale de l’activité oxydasique par l’alumine, peut être obtenue à condition d'opérer sur un suc déjà purifié par le carbonate de sodium, et suffisamment dilué. .

Le pH optimum d’adsorption est d'environ 5. L’élu-

lion peut être obtenue en milieu alcalin aux environs de pH 9. Elle atteint au maximum 75 p. 100. L'activité des produits ainsi obtenus est augmentée tandis que leur titre en fer et en manganèse est encore diminué.

5° Les ultrafiltres à membranes de collodion convenablement préparés retiennent toute l’activité des sucs d'arbre à laque déféqués au carbonate de sodium, et laissent passer une grande partie des impuretés, surtout si l’ultrafiltration est pratiquée aux environs de pH 4,8 et si le résidu est longuement lavé à l’eau distillée, on élimine en même temps une fraction importante du manganèse. On voit ainsi l’activité de la préparation augmenter et le titre de fer et de manganèse diminuer considérablement.

6° Si l’on combine ces diverses méthodes, les meilleurs résultats sont obtenus en soumettant à l’ultrafiltration, la solution du précipité que donne le sulfate d’ammonium dans le suc préalablement déféqué par le carbonate de sodium, dans ces conditions, malgré les pertes inévitables, on peut obtenir des préparations dont l’activité atteint 50 fois l’activité primitive, tandis que 90 p. 100 des cendres sont éliminées, le fer n’est plus décelable à nos réactifs, et la teneur en manganèse exprimée en y par unité diastasique passe de 6 y à 0 01 environ. Pour mettre en évidence la purification obtenue on peut dire que en partant d’un suc dont 1 gramme d'extrait sec renferme 305 unités avec une quantité de fer du même ordre, on peut obtenir finalement un produit dont 1 gramme correspond à 10.260 unités diastasiques avec 1,2 p. 100 de cendres et seulement 0,066 p. 1.000 de manganèse avec des quantités de fer non dosables.

7° Malgré leur netteté, les faits résumés ci-dessus en ce qui concerne l'élimination des métaux lourds, ne permettent pas de conclusions fermes relativement au rôle de ces métaux dans l’activité oxydasique de nos prépa-

rations le fait d’avoir pu en éliminer une quantité considérable en maintenant l’activité diastasique est seul à retenir. Il montre qu’une très forte proportion de ces métaux ne joue certainement aucun rôle dans l’activité actuelle de nos sues, il faut noter toutefois en ce qui concerne le fer, que la réaction utilisée est environ 10 fois moins sensible que celle du manganèse, ce qui suffit à expliquer que le fer ne puisse plus être décelé dans les préparations les plus pures qui donnent encore la réaction du manganèse.

Pour l'interprétation des faits, il est essentiel de remarquer que le problème du rôle du fer dans les peroxydases s’est présenté sous le même aspect. En effet WILLSTÂTTER après avoir conclu dans un premier mémoire avec STOLL [118] que la teneur en fer de ses préparations variait parallèlement à leur activité, était amené, par une étude plus poussée, à admettre avec PoL LINGER [115] qu'il n’y avait aucun rapport entre la quantité du métal et l’activité diastasique. Une nouvelle technique de purification avait en effet permis à ces auteurs, d’obtenir des préparations très actives bien que très pauvres en fer (0,06 p: 100), par la suite l’étude spectroscopique de ces préparations très pures, amena R. KuxHN, B. HAND et M. FLORKIN [70] à y déceler la présence d’un pigment voisin de l’hémine en quantité à peu près proportionnelle à l’activité diastasique, et ïl résulte de leurs déterminations que, dans ce cas, le fer sous forme « Héminique » ne serait que le 1/7° du fer total contenu dans la préparation diastasique, les 6/7 de ce fer pourraient ainsi être éliminés sans que diminue l’activité de la péroxydase et malgré celà, il semble bien qu’on puisse attribuer cette activité à la présence d’un composé ferrugineux. |

D'ailleurs dans le cas de la catalase, que de récentes recherches ([29] bis) permettent de considérer comme résultant de l’union de la protohématine à un support colloïdal, le dosage du fer des cendres n’a pu suffire à

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éclaircir la constitution de cette diastase. Les recherches d'EuLER et de ses élèves avaient montré qu’il n’y avait pas de rapport fixe entre l’activité catalasique des préparations purifiées et la teneur en fer des cendres. En substituant aux techniques chimiques les techniques spectrophométriques plus sensibles ZEILE et HELLSTRÔM ont pu montrer qu’il y avait un net parallélisme entre l’activité catalasique des échantillons purifiés de cette diastase et leur teneur en fer combiné à des porphyrines.

C’est d’ailleurs en associant aux techniques chimiques d'investigation les techniques physiques plus fines et plus sensibles que l’on a pu au cours de ces dernières années éclaircir la constitution de certaines diastases ([29] bis — [29] ter) catalase, peroxydase, ferment jaune, deshydrogénases.

Il est permis d’espérer que l’application de certaines de ces techniques à la laccase purifiée permettra peutêtre d’en préciser la constitution intime

Vu, Bon à imprimer : Vue:

Le Président du Jury, Le Doyen de la Faculté, Henri HÉRISSEY. A. DAMIENS. *

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, G. ROUSSY.

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