CONCLUSIONS
A) Analyse du bois de hêtre.
Au cours de ce travail j'ai pu, après étude critique des méthodes habituellement utilisées, donner une analyse de bois de hêtre. À ma connaissance, il n'existait jusqu’à présent que les études faites sur le hêtre d'Allemagne par Schwalbe et Becker et Kônig et Becker. Leurs résultats et les miens sont groupés page 26.
D'autre part, j'ai pu mettre en évidence la grande hygroscopicité du bois.
B) Identification et dosage approximatif des produits obtenus par pyrogénation du bois de hêtre sous pression de 12 millimètres.
Par distillation sous pression réduite de la sciure de hêtre, j'ai obtenu :
a) Du charbon ;
b) Des goudrons :
c) Des gaz.
a) PRE = Le rendement en charbon sous pression réduite est de 28,7 %, tandis que sous la pression atmosphérique il est de 35 9% environ (131).
Sa composition est la suivante :
C = 72.8 %, H = 44% O = 20.58 %, cendres : 2.22 %, c’est-à-dire sensiblement celle du charbon obtenu sous la pression
atmosphérique à la même température,
En effet, l'analyse élémentaire, sans tenir compte des cendres, donne :
C= 7445-55 H = 4050 7 O0 =R2105% et, selon Dupont (132), celle d'un charbon obtenu vers 3009 est : C = 73.20 %, H =.490 %, O = 21.90 %.
b) Goudrons.
Ils furent divisés par rectification en plusieurs fractions et chacune d'elles étudiée séparément. Le même produit ayant été identifié dans des portions différentes, j'ai groupé les résultats des opérations dans le tableau I (page 139). |
Afin de vérifier les résultats obtenus, les composés isolés au cours de ce travail furent ramenés à leur composition élémentaire : C. H. O. N. et le poids total de chaque élément comparé à celui existant primitivement dans le bois.
Le tableau II donne la composition élémentaire des corps isolés du goudron. Sous le nom de brai acétonique, j'entends le produit analysé page 132.
Le tableau IIT groupe les résultats des analyses de chacun des produits de la pyrogénation : charbon, brai de rectification, produits liquides, gaz. Il met en évidence la perte de 42 grammes de produits liquides au cours de l’analyse.
Le tableau IV permet la comparaison, pour chaque élément, du poids contenu dans le bois traité et de celui déterminé par l’analyse des produits obtenus.
La perte globale de 151 gr. 24 porte surtout sur le carbone, mais il ne faut pas considérer les pertes pour chaque élément comme rigoureusement exactes. Dans chaque analyse, en effet, l’eau et les produits non isolés furent toujours comptés ensemble par différence. Il s'ensuit que des composés carbonés étant compris dans l’eau, la perte calculée est plus forte en carbone et moindre en hydrogène et oxygène qu’elle ne l’est en réalité.
Vu les difficultés d'isolement et le nombre des opérations, le chiffre des pertes est relativement faible. Les poids trouvés peuvent être considérés comme à peu près exacts pour l'alcool, l'acétone, le formol, les acides. Ils sont un peu faibles pour le furfurol et beaucoup au-dessous de la réalité pour le méthylfurfurol, les dérivés furaniques et phénoliques, c’est-à-dire pour les composés qui, ne pouvant être déterminés par des méthodes
“analytiques, furent pesés sensiblement purs après un isolément toujours long, difficile et entraînant de nombreuses pertes. Ces pertes se retrouvent en partie à l'analyse élémentaire à la rubrique brai acétonique.
Quoi qu'il en soit, le formol, l'alcool méthylique, les acides formique et acétique, l’acétone, le diacétyle, l’acide propionique. le furfurol, le méthylfurfurol, l’acétate de méthyle, l’eau, le Sylvane, le triméthylfurane, le gayacol, les éthers di et triméthyliques du pyrogallol, méthylpyrogallol, propylpyrogallol ont été caractérisés d’une façon certaine.
Les quinze derniers composés ne furent jamais signalés dans les produits de décomposition pyrogénée sous pression réduite. Klason (40), dans ses essais sur le bois de bouleau (pression de 4 à 8 %), a Hmité ses recherches au dosage des acides acétique et formique, de l’aldéhyde et l'alcool méthylique et de l’acétone. Ses résultats, ramenés au poids de la matière première sèche et sans cendres, sont comparables aux miens quant à l’ordre de grandeur tout au moins, car il s’agit de conditions (pression plus faible, condensation à l’air liquide) et surtout de bois différents.
Klason Trouvé Acide formique 2.30 1.45 Acide acétique 7.05 7.38 Alcool méthylique 1.20 1.06 Aldéhyde méthylique 1.30 0.87 Acétone 0.03 0.02
Tout ce qui est autre que les produits dosés est englobé sous le nom de poix.
Tropsch (31), distillant entre autre chose du hêtre sous 4 à 8 millimètres, ne fait aucun dosage proprement dit, se bornant à différencier les éléments d’après leur solubilité dans l’eau et une solution alcaline diluée.
En ramenant le pourcentage en coke et goudrons au poids de hêtre sec sans cendres ses résultats sont les suivants :
Tropsch Trouvé Coke sans cendres 26.2 28.2 . Goudrons :. 63.7 52.8
Les chiffres pour le coke diffèrent peu, quant au meilleur rendement en goudron il tient vraisemblablement à l'emploi de l'air
liquide comme réfrigérant (mes pertes à la distillation étant de 6,8 Yo).
Connaissant maintenant les quantités approximatives des produits formés sous la pression à laquelle j'ai opéré, il serait intéressant de faire des essais sous une pression plus élevée, ce qui permettrait de se rendre compte du processus complet de la décomposition pyrogénée du bois. Cependant un certain nombre de composés isolés présentent un grand intérêt eb jy reviendrai plus loin.
c) Gaz:
La pyrogénation du bois produit moins de gaz sous pression
réduite, 12 %, que sous pression normale, 15.79 % (131) à 21,66% (133). Quant à la- composition, le tableau ci-dessous permet de comparer les résultats de Klason (40), colonne I, sous 8 millimètres, et les miens colonne II.
Les résultats sont sensiblement les mêmes pour CO et CO?, mais ils diffèrent très notablement pour C?H* que je n'ai pu identifier et pour CH que je trouve plus abondant. Enfin j'ai décelé très nettement l'hydrogène, l'oxygène et l’azote que l’auteur cité ne signale pas.
La colonne III donne la composition des gaz obtenus sous pression atmosphérique (131). Les chiffres s'entendent poids du gaz comparé au poids du bois sec sans cendres.
La colonne I est relative au bouleau et les colonnes IT et III au hêtre.