‹ Recherches sur la Régénération chez les AnnélidesChapitre 4 sur 25 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

L'étude de la régénération ne doit pas être bornée à constater le fait même de celte régénération, elle doit s'étendre à la détermination précise des conditions internes et externes, et de ses variations en vitesse et en étendue. C’est surtout chez les Lombrics, plus discutés à ce point de vue, et d'autre part plus faciles à se procurer, que j'ai dirigé spécialement mon attention sur les conditions de la régénération, et que j'ai été à même d'en constater jusqu'au bout les effets, en n’utilisant pas tous les bourgeons pour l'étude microscopique des stades de leur développement. Quelques résultats m'ont cependant aussi été fournis par l’observation continue de quelques autres Oligochètes et de quelques Polychètes pendant le développement de leurs bourgeons.

Degrés de la Régénération.

La régénération à la suite d’une amputation peut être poussée plus ou moins loin dans une évolution, où on peut distinguer les degrés suivants :

Réparation : Cicatrisation, reformation des orifices. — Lorsqu'une section quelconque est produite, un premier travail de régénération aboutit à la cicatrisation : la plaie se ferme d’abord par rétraction et rapprochement des bords ; puis, par la formation de nouveaux éléments dans la partie resserrée de la plaie, la continuité se rétablit entre les tissus. Lorsque cette cicatrisation ne se produit pas, par suite d’une mauvaise section, d’une incomplète rétraction laissant les organes internes former hernie, ou de l’état du ver, les parties voisines se gangrènent; s’il s’agit de la queue, l'animal pourra encore éliminer la partie gangrénée pas une autotomie plus ou moins nette, et entreprendre la cicatrisation dans de meilleures conditions; sinon la gangrène gagnera progressivement. — La réparation comprend aussi le rétablissement des

- orifices, bouche et anus.

Hd —

Régénération (proprement dite). — Le travail de régénération peut ensuite aboutir à la reformation de parties ; c'est surtout dans ce sens restreint que l’on emploie le terme de régénération.

Bourgeonnement. — Le premier stade de cette régénération consiste dans la formation d’un bourgeon. Sur la surface resserrée de la plaie, apparaît un bouton d’abord arrondi en mamelon, puis plus allongé et circonscrivant l’orifice, dans certains cas à forme plus spéciale, par exemple pointu pour la tête des Lombries, ou acquérant une ou plusieurs saillies, ébauches de futurs carres caudaux, pour la queue de la plupart des Polychèles.

Segmentation. — Lorsque le bourgeonnement s’est produit, le plus souvent le développement se poursuit par l'apparition de segments, à la base dans le bourgeon caudal. Chez les Polychètes on les distingue facilement par les plis qui s’accentuent davantage sur les côtés pour produire les parapodes ; — chez les Oligochètes on arrive encore à les reconnaître de bonne heure, les téguments nouveaux laissant voir par transparence la disposition interne métamérique, et notamment les anneaux vasculaires rouges; plus tard Îa segmentation s’accentue, bien visible surtout chez AU. fœtida par apparition des bandes transverses colorées, dans la queue à mesure que de nouveaux segments apparaissent vers le sommet.

Réintégration. — Enfin la régénération peut aboutir à la réintégration de parties achevées, par l'allongement du bourgeon et son élargissement jusqu’à se raccorder avec le corps ancien ; mais, pendant longtemps, la partie nouvelle reste plus pâle et à anneaux plus courts. Si la partie est complètement régénérée avec tous ses anneaux et tous ses organes, la réintégration est {o{ale; sinon, elle est partielle, elle peut même être réduite au minimum.

Ainsi la régénération peut être plus ou moins complète : réparation par cicatrisation et par reformation des orifices, régénération

proprement dite soit par simple bourgeonnement, soit avec segmentation, puis réintégration, réduite, partielle (4) ou totale.

Cicatrice, mamelon, bourgeon allongé (conique, ou avec ébauche d'appendices, etc.), métamérisation (du moins de la face dorsale), anneaux nets : tels sont les traits qui nous permettront de repérer certains stades dans le développement, avec assez de précision à cause de sa rapidité, pour pouvoir comparer les états des bourgeons suivant les conditions.

Résumé des observations.

(Environ mille individus, sans compter des séries perdues pour des causes étrangères aux conditions en expérience). Ces séries d'expériences sont groupées pour chaque espèce d’après le niveau de la section.

Allolobophora fœtida (plus de 300 individus).

SECTION TRANSVERSALE. — RÉGÉNÉRATION CAUDALE. — (Environ 70 individus expérimentés, + nombreux individus ayant simplement fourni des bourgeons).

1). — 5 derniers anneaux enlevés, cing individus, étuve 22, février. — 1 jour, cicatrice ; 8 à 9 j. bourgeon ; 23 j. tous avec vaisseau dorsal longitudinal et vaisseaux latéraux ; 26 j. 3, 4, 4, 5, 6 anneaux.

2). — 10 derniers anneaux enlevés, cing individus, étuve 22, février. — 1 j. cicatrice ; 8 à 9 j. bourgeon ; 19 j. un des bourgeons avec 2 vaisseaux dorsaux longitudinaux et vaisseaux latéraux ; 23 j. anneaux encore peu nets ; 26 7.5, 5, 6, 7 anneaux, l’autre à anneaux indistincts.

(3). — 10 derniers anneaux enlevés, quinze individus, étuve 28°, juillet. — 6 j. encore seulement cicatrice ; 11 j. très petit bourgeon ; 13 j. la plupart petit bourgeon, mais ensuite meurent successivement sans développer leur bourgeon.

(4). — 20 derniers anneaux enlevés, cing individus, étuve 22, février. — 1 j. cicatrice ; 8 à 9 j. bourgeon ; 19 j. sur un individu 2 vaisseaux dorsaux longitudinaux et vaisseaux latéraux ; 22 j. tous avec ces vaisseaux, sur l'individu précédent plus avancé les 2 vaisseaux longitudinaux sont réunis dans la moitié de base, et encore séparés dans l'autre ; 26j. 6, 7,9, 15, 19 anneaux, pour ce dernier bourgeon de 4 mn; 40 j. 6, 7, 13, 17 (avec anomalie par bifurcation d'un côté de la bande colorée), 20 anneaux.

(1) RIEVEL (96, p. 328) n’admet pas qu'on applique le mot régénération à la reformation des segments, lorsqu'elle n’est que partielle ; mais c’est là une question de mots ; et alors, a fortiori, pourrait-on lui reprocher d’appliquer cette expression à la re formation de la bouche ct de l'anus qu’il considère comme la régénération essentielle.

res

3 ed

(5). — 22 derniers anneaux enlevés dans la partie postérieure présentant encore des indices d'ancienne régénération, wn individu, étuve 2%, avril. — 6j. bourgeon; 10 j. bourgeon allongé avec 2 vaisseaux dorsaux longitudinaux et vaisseaux latéraux ; 13]. 10 anneaux ; 167. 2 vaisseaux longitudinaux, réunis sur la moitié de base ; { mois {1 anneaux.

(6).— partie postérieure enlevée,nombreux individus ayant fourni des bourgeons pour l'étude de l'histozénie, température du laboratoire, nourris dans marc de café. — Presque tous ont bourgeonné ; quant à la vitesse, je ne me suis plus astreint à l'évaluer ; de même que l'emploi plus ou moins hâtif de ces bourgeons n’a pas permis de noter le nombre d'anneaux reproduits.

(7). — partie postérieure, naturellement perdue par cinq individus trouvés dans la terre, température du laboratoire, janvier. — { mois pas encore de bourgeon ; 1 mois 1/2: deux bourgeons très petits, 3 bourgeons de 1 M}m 1/2 à 4 "ln de 15 à 25 anneaux ; 2 mois : un bourgeon très petit mais à segments naissants et quelques jours après ayant atteint fm), avec 8 anneaux, un bourgeon de 5 "/, à 25 anneaux, les 3 autres plus avancés ayant encore continué à augmenterle nombre äe leurs anneaux. — Trois de ces cinq bourgeons avec anomalies : deux, chacun avec une 1/2 bande iniercalaire, un avec trois 1/2 bandes intercalaires, une d'un côté, deux de l’autre.

(8). — 17, 12, 11, 8,7, 5, 4, 3 premiers anneaux conservés, cing individus pour chaque série, étuve 20° à 23°. — Morts de 6 j. à 1 j.

Page 1