‹ Recherches sur la Rétention du Placenta dans l'AvortementChapitre 31 sur 47 · MORTE · texte numérisé non relu

MORTE

gé, et facilite d'autre

part l'écoulement continu du liquide qui a servi à l'irri-

supporter un décubitus dorsal prolon

gation.

. Quant à l'appareil irrigateur il est formé d’un réservoir en verre ou en porcelaine contenant environ 15 litres et placé au-dessus du lit à environ 50 centimètres (x) et relié à la sonde intra-utérine par un tube en caoutchouc muni d'un robinet pour régler le débit du liquide. La sonde en argent ou en étain sera fixée autour du bassin de la femme par deux ficelles, — Tout étant disposé ainsi on fait coucher la femme et on introduit la soude avec toutes les précautions d’antisepsie et de douceur ordinaires.

- On ouvre le robinet du tube et l'injection commence.

Elle doit être continue, c’est-à-dire que le récipient doit

être toujours plein et une personne doit spécialement en surveiller le débit qui lui-mème doit être lent et régulier. Quel liquide emploiera-t-on pour cette irrigation ? On se sert en général, d’abord pendant un quart d'heure ou une demi-heure, d’une irrigation de bi-1odure de mercure à 1 pour 4,000 (2). Quand le canal est bien lavé on le remplace par une solution phéniquée à 1 pour 100 et l’on

- continue ainsi jusqu'à ce que la température soit descendue

à la normale et s’y maintienne ou que les urines deviennent

noires au moment de leur émission. Il est bon alors de

‘remplacer l'acide phénique par une solution boriquée à

(1) D'après Ribemont, Dessaigne et Lepage.

(2) Pivarp et Varnier emploient aujourd’hui une solution saturée de naphtol 6 à la température de 35° à 40°.

NS Qi

saturation. En cas d’insomnie et de douleur, avoir recours aux injections hypodermiques de morphine.

Telle est la technique de l'irrigation continue préconisée par MM. Pinard et Varnier qui sera employée par eux, en résumé, dans deux cas différents : d’abord comme traitement prophylactique chez une femme chez laquelle on a pratiqué l’embryotomie sur un fœtus mort et putréfié, puis fait la délivrance artificielle, et surtout s5 l’on n’est pas ‘ bien sûr de l’asepsie pendant l'opération. L'irrigation devra durer deux ou trois Jours et en l'absence d'accidents fébriles on cessera l'irrigation mais on continuera à surveiller la femme. En second lieu, on emploiera l'irrigation si la femme a présenté déjà quelques symptômes d'infection comme: frisson, odeur légère des lochies, élévation de température.

: Dans ce cas, on pratiquera l'irrigation jusqu'au retour de la température à la normale.

Avec ce procédé, on obtient en général d'excellents résultats, mais il est cependant des cas où l'élévation de température ne lui cède pas et que la fièvre continue. On a alors recours à une intervention plus rapide, comme le curettage, par exemple, qui permet d'arrêter rapidement la marche de l'invasion septicémique. Ci-joint deux observa-. tions d'irrigation continue suivie de succès.

Disons en terminant que dans quelques cas ce procédé a donné lieu à des accidents semblables à ceux causés par les injections intra-utérines. On aura donc soin de la pratiquer avec beaucoup de prudence et d’être prêt à la cesser au moindre signe d'accidents nerveux, de syncopes ou de convulsions. On la reprendra plus tard au besoin.

"Ho — Cette méthode, malgré certains avantages réels quelle

présente, n'est pas d’un emploi facile et commode, aussi

n'est-elle pas encore rentrée complètement dans la pratique.

Extraite des registres de la clinique d’accouchements de Bordeaux. Communiquée par M. le D' Mogssous.

Avortement de 3 mois. — Rétention du placenta. — Hémorragie. — Tamponnement. — Septicémie. — Irrigation continue. — Guérison.

Marguerite Ju.…, vingt-cinq ans, mariée, est entrée à la clinique de Bordeaux, le 2 mai 1887, à midi.

= Bonne santé habituelle, bien réglée. Deux accouchements à terme, normaux ; deux enfants vivants présentant le sommet. Le 20 avril 1887, elle est prise d'une perte de sang qu'elle croit être ses règles (car elle-ignore sa grossesse). Mais cette perte est plus abondante que les mois précédents et elle persiste “jusqu'au samedi 30 avril. À onze heures du matin, elle ressent de vives douleurs dans le bas-ventre et dans les reins; la perte augmente et trois heures après a lieu l'expulsion d'un embryon, que la sage-femme qui l’assistait en ville, dit être d'environ trois mois. Le placenta est retenu. Après l'avortement, l’hémorragie redouble. La sage-femme administre alors de | ergot de seigle à une dose ignorée, fait le tamponnement, et n'enlève le tampon que le lendemain 1° mai, dans la matinée; ce jour-là, pas d'hémorragié. “Mais le 2 mai, nouvelle perte très abondante, syncope. M. le D' Lefour, professeur agrégé. à la Faculté de Bordeaux, appelé, pratique le tamponnement et l'envoie à la clinique, après lui avoir fait plusieurs piqûres d'éther.

2 mai. — À son arrivée, on constate un affaiblissement ‘ extrême; les téguments sont pâles, le visage exsangue, le pouls - fihforme. dé / | Fe

Punch et vin de quinquina.

3 mai. — À neuf heures du matin, on enlève le tampon mis la veille. Injections vaginales au sublimé.

Le col est entr'ouvert; une partie du placenta est engagée. Pas de perte ni de douleurs.

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