DE L'AVORTEMENT
Etiologie. — Modes. — Mécanisme. — Conséquences.
SOMMAIRE : Comment se produit l’avortement. — Ses causes. — Son mécanisme. — Conditions qui le favorisent. — Modes divers de la fausse couche. - Leurs caractères spéciaux aux différentes époques de la grossesse, — Divisions classiques. — Fausse couche des premières semaines. — Quelles en sont les causés et la marche habituelle ? — Ses symptômes, sa
3E 6 durée. — Avortement ayant lieu à une époque plus avancée — L'expul-
sion ne se fait pas de même. — Mécanisme. — Causes. — Etat de l'utérus, du col. — Rapports. — Différence de volume du placenta et du fœtus. — Tableau de Hecker. — Résultat: lenteur du travail, rétention avec ses accidents consécutifs. — Que va devenir le placenta? — Désordres et dangers qu'il va occasionner par sa présence. — Conclusions.
Pour bien comprendre combien sont faciles et fréquentes les rétentions placentaires après la fausse couche, De: il nous est utile d'examiner d’abord quelles en sont la marche et le mécanisme et d'étudier avec soin les différentes conditions anatomiques de l'utérus aux premiers
mois de la gestation.
L'avortement, en effet, se présente à nous dans ses dif- É férents modes avec des symptômes très variés et une phy- sionomie toute spéciale suivant les conditions et les épo-
ques auxquelles il se produit. Aussi les auteurs classiques
= ont-ils divisé l’avortement dans ses diverses modalités en
‘avortement ovulaire, embryonnaire et fœtal. Ce sont là,
a croyons-nous, de simples vues de l'esprit sans aucune réelle importance pratique.
Au commencement de la grossesse, dès les premiers jours, l'avortement se fait en général en un seul temps, en bloc, et l’œuf est expulsé immédiatement, en entier, quelquefois même sans que la femme ait le temps de s’en apercevoir. Dans d’autres cas, au contraire, sous l’influence de diverses causes, telles que: faiblesse des contractions ulérines, adhérences du placenta, etc., l’avortement, au lieu de se faire en bloc, met plusieurs jours à se produire, se fait lentement. Examinons comment se passent les choses dans ces deux cas.
Aux premières semaines de la grossesse, les liens qui retiennent l'œuf à l'utérus sont bien fragiles, les adhérences bien faibles et partout bien faciles à briser et à rompre. Si donc, sous une influence quelconque, un épanchement de sang se produit dans la cavité utérine, l'utérus se contracte alors, bien faiblement peut-être, mais suffisamment pour détruire ses rapports avec l'œuf et le décoller de la paroi. Sice décollement est suffisant l'orifice du col s’entr’ ouvre et l'œuf, qui a un petit volume, s'y engage peu à peu et disparaît au milieu de callots et de sang. Remarquons. que tout cela peut passer inaperçu : la femme expulseun petit sac membraneux au milieu duquel on peui trouver, en examinant avec attention, tous les
vestiges de l’œuf ; la malade constate d’abord un retard de DR ses règles, puis un retour plus douloureux et plus abon-
dant que d'habitude, accompagné de nombreux caillots :
tout rentrefensuite dans l’ordre, et la grossesse commençante se termine ainsi par un avortement, à l'insu de tous.