‹ Recherches sur la Rétention du Placenta dans l'AvortementChapitre 5 sur 47 · PONT · texte numérisé non relu

PONT

Il est utile de remarquer ici, en passant, un fait qui a un certain intérêt au point de vue médico-légal: dans cet avortement des premières semaines, l'écoulement de sang, l’hémorragie qui se produit dans l'utérus est parfois assez forte pour rompre les membranes que l’on retrouve ensuite déchirées en examinant attentivement l’œuf expulsé : ce qui a pu faire souvent croire à un avortement criminel, comme l'ont prétendu MM. Gallard (1) et Leblond (2).

Dans certains cas, l'expulsion de l'œuf n’est pas aussi rapide que nous venons de le dire et l'avortement met plus longtemps à se produire. Cette lenteur tient à ce que la contraction utérine précède 1c1 l’hémorragie : l'œuf au lieu de se décoller brusquement se détache petit à petit, et par conséquent son expulsion se fait peu à peu, lentement.

En examinant une femme placée dans ces conditions, nous sentons, au toucher, un col ramalli, perméable au doigt, et la cavité pleine de caillots. Tarnier a comparé ce

col à une toupie dont on aurait arraché le clou. L’utérus est augmenté de volume, ce que l’on sent très facilement en combinant le palper et le toucher. De plus il est abaissé, ce qui détermine une légère tension des culs-desac du vagin. É ER

Si l’on suit alors avec attention les progrès et la marche de l’avortement, on constate que le col ne s’efface pas

comme dans l’accouchement à terme, mais s’entr'ouvre

(1) GazrarD, Ann. d’hyg. et de médec. lég., t. XLVII, p. 585. — 1877. (2) Lesconp, Ann. de gynéc, t. IV, p. 35, 1875, et Ann. d'hyg, et de méd. lég., 1877.

Page 1