GANDOGER. — EXCURSION BOTANIQUE AU GRAND SAINT-BERNARD
fonctions ne s’opèrent plus avec assez d’activité pour pouvoir produire le développement des feuilles sagittées; elles n’apparaissent plus, et la plante ne fleurit pas. Le milieu aquatique empêche donc ou simplement retarde l’apparition des caractères héréditaires de la plante.
M. Gandoger fait à la Société la communication suivante :
EXCURSION BOTANIQUE AU GRAND SAINT-BERNARD (SUISSE), DU 6 AU 9 JUIN 1885, par 91 . llichel GAÜllOCiEH
Désirant étudier de visu la flore vernale alpine et subalpine, ainsi que connaître plus exactement certains faits botaniques qui me sont nécessaires pour la continuation de mon Flora Europœ , j’ai passé les mois de mai et de juin derniers en Suisse. Parmi les diverses excursions que j’ai faites, il m’a semblé intéressant d’entretenir la Société de mon ascension au grand Saint-Bernard, montagne célèbre dont la flore est pour ainsi dire classique.
Je partis des bords du lac de Genève le 6 juin au matin par le bateau à vapeur, et j’arrivai au Bouveret (Valais) d’assez bonne heure pour me permettre, avant le départ du train, une petite herborisation sur les basses montagnes voisines, premiers contreforts des Alpes de Savoie et du Valais. Je récolte :
Festuca gigantea Vill- Brachypodium pinnatum P. B.
Carex silvatica Huds.
Sanicula europæa L.
Ægopodiura Podagraria L.
Polystichum Filix-mas Bernh.
Phyteuma spicatum L.
Hieracium silvatic»rn Lamk.
Orchis maculata L. (à fleurs lilacées et à fleurs blanches).
Epipactis ovata Sw.
Euphorbia Latliyris L.
A une altitude qui ne dépasse pas 400 mètres, je vois avec un certain étonnement les plantes ci-après, propres à la région inférieure des montagnes, c’est-à-dire exigeant habituellement une altitude au moins deux fois plus grande :
Veronica urticæfolia Jacq. I Spiræa Aruncus L.
Luzula nivea DC. Orobus luteus L.
Géranium silvaticum Z,. I
Ce sont les premiers avant-coureurs de la splendide végétation des hauts sommets que je vois devant moi à l’est : les Alpes de l’Engadine, l’Oberland bernois où domine la Jungfrau, le Moench, le Finsteraarhorn, etc.
En une heure je franchis, en chemin de fer, la distance qui sépare le Bouveret de Martigny, non sans avoir rtimiré les pics gigantesques