‹ Recherches sur la solubilité de quelques tartrates et sur les densités de solutions étenduesChapitre 3 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La solubilité des sels est une des questions les plus importantes et les plus intéressantes de la Chimie. La plupart des réactions chimiques, les lois de Berthollet sur les phénomènes de double décomposition, et presque tous les procédés d’ analyse minérale reposent sur la solubilité des sels. |

On a également cherché à quel état se trouve le sel dissous :

silya combinaison avec le liquide, ou si les particules du composé sont simplement disséminées au sein du dissolvant ? . M. Berthelot estime! : «que le point de départ de la dissolution proprement dite réside dans la formation de certaines combinai-

1 Berthelot ; Essai de mécanique chimique fondée sur là thermochimie, tom. II, pag. 142 à 170.

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sons définies entre le dissolvant et le corps dissous. Tels seraient lé hydrates définis formés au sein de la liqueur même, entre les sels el l’eau existant dans cette liqueur ; hydrates analogues ou identiques aux hydrates définis des mêmes composants, connus sous l’état cristallisé.

»L’existence de ces hydrates est absolument démontrée, (outée les fois qu’ils peuvent être isolés sous forme de cristaux, comme il arrive pour l'acide sulfurique : SO*H*+H?0 ; l’acide oxalique : C?0‘H?+2H°0 ; pour l’hydrate de potasse : KOH+-2H°0, etc.

»Oa est donc conduit tout naturellement à se demander si ces hydrates ne subsisteraient pas jusque dans les dissolutions, et s'il ne s’en formerait pas d’analogues, dans les cas mêmes où l’on ne saurait pas les isoler par cristallisation.

»Je pense en effet qu’il en est ainsi, et que chaque dissolution est réellement formée par le mélange d'une partie du dissolvant libre, avec une partie du corps dissous, combinée au dissolvant suivant la loi des proportions définies. Tantôt cette combinaison se {ormerait intégralement et d’une façon exclusive; tantôt, au contraire, cette combinaison ne se formerait qu’en partie, le tout constituant un système dissocié, dans lequel le corps anhydre coexiste avec l’eau et son hydrale ; ce qui paraît être le cas pour la plupart des sels alcalins. |

» Plusieurs hydrates définis d’un même corps dissous, les uns stables, les autres dissociés, peuvent exister à la fois au sein d’une dissolution. Ils constituent alors un système en équilibre, dans lequel les proportions relatives de chaque hydrate varient avec la quantité d’eau, la température, ainsi qu'avec la présence des autres corps, acides, bases ou sels, capables de s'unir pour leur propre compte, soit à l’eau, soit au corps primitivement dissous. Ce serait le degré inégal de cette dissociation des hydrates, variable avec la température, qui ferait varier le coefficient de solubilité du Corp dissous lui-même.»

M. Berthelot appuie l’existence des hydrates dissobe sur Un.

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certain nombre de faits parmi lesquels nous mentionnerons les suivants :

1° Formation des hydrates cristallisés cités tout à l’heure.

2° Précipitation des sels par déshydratation. — Les solutions concentrées de potasse, de soude, enlévent de l’eau à des solutions saturées de chlorure de potassium et de sodium, et elles en précipitent le sel vers 12 degrés.

. 8° Changement de coloration de certaines solutions salines sui vant la concentration. — Les liqueurs étendues de chlorure de cuivre sont bleues parce qu’elles renferment le chlorure hydraté, tandis que les liqueurs concentrées sont jaune verdâtre à cause de la présence du chlorure anhydre. De même les sels de Cobalt, certains persels de fer, les chromates, etc., donnent des solutions dont la couleur varie suivant la concentration. +

Quelles que soient les hypothèses que l'on puisse faire sur les phénomènes de dissolution, ils sont toujours caractérisés par ce fait! : «qu'il existe un rapport constant et défini pour chaque température entre le corps dissous et le poids du dissolvant».

Ce rapport s’appelle coefficient de solubilité; il varie avec la température, et croît en général à mesure que celle-ci s'élève.

Les chimistes, les pharmaciens, ont un grand intérêt à connaitre pour chaque corps le coefficient de solubilité qui lui est propre, et la manière dont varie ce coefficient avec la température. Grâce à lui ils peuvent obtenir de suite des solutions saturées, sans être obligés de consacrer à ces opérations un temps très long, souvent précieux.

Gay-Lussac le premier, en 1819, dans un mémoire resté célébre*, montre l’importance capitale du phénomène de la solubilité, et exprime le désir qu’on détermine pour chaque corps et pour des températures variables, le coefficient de solubilité qui

1 Berthelot; Essai de mécanique chimique, loc. cit., pag. 160. 2 Annales de physique et chimie, 1819, tom. XI, pag, 296.

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