‹ Recherches sur la solubilité de quelques tartrates et sur les densités de solutions étenduesChapitre 9 sur 27 · PRÉPARATION DES DISSOLUTIONS ET EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DES DISSOLUTIONS ET EXPÉRIENCES

Dans un flacon bouché à l’émeri, taré, lavé à l’eau distillée et bien desséché, on met le poids du sel qui doit entrer dans 100 gram. de dissolution, puis on ajoute de l’eau distillée par- * faitement pure en quantité suffisante pour parfaire ce poids de 100 gram.; c’est-à-dire que, si la quantité de sel mise en expérience pêse 5 gram., on devra ajouter 95 gram. d’eau distillée.

Afin de rendre les résultats comparables entre eux, des dissolutions identiques ont été faites pour chaque tartrate ; elles contenaient, pour 100 gram. de solution, le même poids de sel : anhydre. Ainsi, nous avons étudié successivement des liqueurs renfermant 5, 4, 3, 2, 1 gram. et 08,50 °/, de chacun des sels.

Les tartrates très solubles, tels que le sel de seignette, le tartrate neutre de potasse, de soude, ont permis de déterminer les densités de solutions plus concentrées contenant 10, 15, 20 ‘et 25 gram. 0/, de sel. Il n’a pas été possible cependant de dépasser cette proportion, à cause de la difficulté que l’on éprouve à remplir les dilatomètres. ;

Les dissolutions sursaturées à 0°, obtenues avec de l’eau distillée chaude, ont pu être refroidies jusqu’à cette température sans cristalliser. -

Avant d’être introduites dans les dilatomètres, toutes les liqueurs étaient filtrées.

Le remplissage des appareils se faisait au moyen de tubes en verre (fig. 11), formant entonno’r à la partie supérieure et étirés finement à la partie inférieure. On versait le liquide dans l’en-

tonnoir, et il s’écoulait lentement, goutte à goutte, par le tube

capillaire qui le portait jusque dans le réservoir de l'instrument.

Les poids des appareils et des solulions, mis en expérience,

ont été déterminés avec beaucoup d’exactitude à l’aide d’une

grande balance construite par M. Deleuil, et sensible au milli-

gramme pour des charges de 100 et 200 gram. dans chaque plateau.

Avant de commencer les observations, on doit avoir soin de

plonger le dilatomèire dans un bain d’eau à une température supérieure à la température limite que l’on doit atteindre. Les bulles d’air emprisonnées dans la solution se dégagent et la dilatation de la liqueur se fait ensuite très régulièrement. Si l’on ne prend pas cette précaution indispensable, à une température de 40 à 55°, des bulles gazeuses montent dans la tige, divisent la colonne liquide en plusieurs segments et rendent la lecture des volumes impossible.

Après avoir rempli le dilatomètre jusqu’à une division quelconque de la solution à étudier, il est nécessaire d'enlever les portions de liquide qui adhèrent presque toujours aux parois du tube au-dessus du niveau de la solution; on se sert pour cela d’un fil de platine que l’on fait glisser à plusieurs reprises à l’intérieur de la tige.

Les densités de chaque dissolution ont été déterminées d’abord à 0°, puis à des températures de plus en plus élevées jusqu’à 60°. Au delà de ce point, une portion de la liqueur se vaporise, les volumes lus sur la tige du dilatomètre sont trop faibles et les . courbes que l’on obtient ne sont plus régulières.

Pour faire une détermination à 0, on plonge le dilatomètre dans la glace fondante et on attend qu'il se soit mis en équilibre de température avec le milieu ambiant. On est assuré d’avoir obtenu ce résultat, quand le niveau du liquide dans la tige est devenu invariable. On soulève alors l'instrument avec précaution, jusquà ce que l’on voit nettement le niveau du liquide dans le tube, et on note le point d’affleurement. Le dilatomètre

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est retiré de la glace, et quand il a pris la température de la salle, on l’essuie et on le porte sur le plateau de la balance. La tare ayant été faite à l’avance, les poids qu'il faut retirer pour rendre le fléau horizontal font connaître celui de la solution qui est dans l'appareil.

Si on appelle mairtenant Vo la capacité du réservoir à Oo, v celle d’une division de la tige et n le nombre de divisions occupées par le liquide à 0° dans le tube, la densité à 0° sera :

Vo + nv

Dans cette formule P, le poids de la solution reste constant pour toutes les expériences, le volume seul varie; l’appareil se comporte comme un véritable thermomètre dont il suffit de noter les dilatations successives duliquide.

La seule difbculté est d’éviter les moindres variations de température au moment de lalecture des volumes. |

L'appareil qui a servi à ces recherches se compose d’un cylindre en cuivre C (fig. 9) pouvant contenir 5 litres d’eau environ. Il est fermé par un couvercle percé de plusieurs ouvertures circulaires, dans lesquelles passent et sont maintenus à l’aide de bouchons les instruments suivants : un bon thermomètre T dont l’échelle a été vérifiée, les dilatomètres D et le régulateur Chancel R. Un agitateur circulaire À, que l’on voit en projection dans la fig. 10, et qui peut être animé d'un mouvement alternatif de bas en haut et de haut en bas permet de bien mélanger les couches liquides et de maintenir uniforme leur température. D'ailleurs, afin d'éviter les refroidissements extérieurs, le cylindre G est enfermé dans un vase plus grand B, d’une douzaine de litres de capacité analogue à celui qui a permis d'obtenir les solutions saturées et qui a été décrit dans la première partie de ce travail.

Veut-on faire une expérience à une température déterminée ? les deux cylindres étant pleins d’eau et les divers appareils mis en place, on chauffe directement le fond du cylindre extérieur

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