‹ Recherches Sur La Structure Anatomique Du Fruit Et De La Graine Des MyrtacéesChapitre 20 sur 24 · TES · texte numérisé non relu

TES

LEPTOSPERMOIDÉÉES.

Eucalyptus.

Si le genre Æucalyptus comporte de très nombreux représentants, la structure anatomique de son fruit (1) n'offre toutefois, dans son ensemble, d’une espèce à l’autre, que des variations peu nombreuses, susceptibles d’être ramenées à un nombre de types relativement restreint.

R == —— = — Se EE — EE ——- D ESS = £ = —— =

SZ

Fig. 46, — Eucalyptus amygdalina. — Coupe transversale de la paroi ovarienne: ps, poches sécrétrices; fll, faiscean libéro-ligneux. Gr. 300.

Afin de mieux faire ressortir les différences, il nous paraît bon d’attirer tout d’abord l'attention sur la structure d’une espèce quelconque, l’'£. amygdalina, par exemple, et de la comparer ensuite avec celle d’autres espèces.

(1) Comme on ne peut, chez les Eucalyptus, distinguer, à aucun niveau, la paroi réceptaculaire du pé‘icarpe proprement dit, uous désignerons l’ensemble, à maturité, sous le nom de « paroi du fruit », et, à l’état Jeune, sous celui de « paroi ovarienne ».

Se

E. aMyYGpaLINA Labill.

L'ovaire comprend 3 ou 4 loges. Au moment de la floraison, la paroi ovarienne, offre, en section transversale (/ig. 16), la structure suivante.

Une assez forte cuticule recouvre lépiderme dont les stomates forment de petites proéminences assez marquées (fig. D).

Séparées de l’épiderme par 2 à 3 rangées de cellules, les poches sécrétrices, au nombre de 25 à 30, dans une coupe pratiquée à mi-hauteur de l'ovaire, sont disposées en un cercle assez régulier.

Il est digne de remarque que tes poches apparaissent déjà très développées à ce stade peu avancé du développement de l'ovaire (1), et que leur nombre ne s’accroit plus dans la suite.

D’énormes cellules seléreuses se trouvent réparties dans toute la paroi ovarienne que parcourent de nombreux faisceaux conducteurs : les uns, situés au voisinage des poches sécrétrices, sont orientés dans le sens du grand axe de l'ovaire, tandis que ceux de la région médiane sont développés perpendiculairement aux précédents.

Entre les quelques trachées de bois que comportent ces faisceaux, et le liber, on observe, en section transversale, de petites cellules, qu'unecoupe longitudinale montre assez développées en longueur et qui sont l’ébauche des premières fibres ligneuses. Dans les faisceaux les plus dévelop-pés, on observe parfois quelques tubes eriblés à la pointe du bois.

L'oxalate de calcium est assez abondant, surtout dans la région voisine de lPépiderme interne, en particulier sous forme de rhomboëdres.

(1) Nous avons, en vain, recherché le mode de formation des poches sécré-

trices dans les boutons floraux les plus jeunes que nous avions à notre disposition; ces organes sécréteurs s’y trouvaient déjà tout formés.

Eros

Une cuticule assez épaisse recouvre l’épiderme interne.

Les modifications qui s’operent pendant le cours de la transformation de lovaire en fruit, se résument en une selérification plus abondante de la paroi ovarienne.

Aux premières cellules seléreuses, viennent, en effet, s'ajouter d’autres éléments scléreux, mais d’une origine et d’une nature différente. Les plus importants, ceux auxquels le fruit doit surtout sa dureté, sont les fibres ligneuses, qui ont pris naissance en dehors des premières trachées de bois, en refoulant à lextérieur le Liber (fig. 10, f b).

Vient ensuite la zone scléreuse interne du péricarpe formée (comme dans lÆ.santalifolia, fig. 47, zs c) de fibres à lumen très réduit et allongées dans le sens transversal du fruit.

F1. 47.— Eucalyptus santalifolia. — Coupe transversale de la zone interne du péricarpe : ei, épiderme ; zsc, zone scléreuse. Gr, 295.

Au voisinage des faisceaux (/{g. 10), les cellules de parenchyme, sclérifiées et ponctuées, constituent, pour le fruit mûr, une quatrième sorte d'éléments scléreux.

- La sclérification, en définitive, occupe (comme dans PÆ. santalifolia, fig. 18) les deux tiers de l'épaisseur de la paroi du fruit.

La région externe, avec ses poches sécrétrices, est restée seule parenchymateuse (à part les cellules seléreuses du début).

raie

Le liège ne forme jamais, à la surface du fruit, une couche continue. Il ne se présente que sous forme de plages peu étendues,n’exfoliant que quelques cellules épidermiques.

L'oxalate de calcium est surtout localisé, dans le fruit

F1G. 48. — ÆEucalyptus santalifolia. — Coupe longitudinale du fruit : ps, poches sécrétrices; cs, cellules scléreuses ; fl, faisceau libéroligneux ; zsc, zone scléreuse, Gr. 10.

mür, AU VOisinage de la zone fibreuse, très peu à son intérieur.

AUTRES Euca- LYPTUS DE STRUC- TURE ANALOGUE.

— Les espèces ne possédant, comme l'E. amygdalina , qu'un seul cercle extérieur de poches sécrétrices, sont nombreuses, et pour trouver entre elles des différences, au milieu de la complexité de structure du fruit adulte, on n'est pas sans éprouver quelque difficulté.

Le”: plus ou moins grand nombre de poches sécrétrices, la nature des

éléments de la zone fibreuse interne (noyau) et la plus ou moins grande quantité d’oxalate de calcium qu’elle ren-

ire

ferme, sont, à cet égard, les meilleurs caractères sur lesquels on puisse se baser.

Les poches sécrétrices, nombreuses chez PÆ. gomphocephala, E. globulus, E. corynocalyx, E. calophytla, E. eximia, E. Schwannit, ete., sont au contraire en très petit nombre chez les £. obtusiflora, E. jugalis, E. botryoides, E. cinerea, E. microcorys, E. cornuta, ete.

FiG. 49 — Eucalyptus cosmophylla. — Zone scléreuse interne du péricarpe, envahi de cristaux d’oxalate de calcium. Gr. 295.

Les fibres de la zone interne, par suite de leur disposition même, se trouvent sectionnées transversalement sur une coupe longitudinale du fruit. Or, si dans quelques cas (E. coriacea, E. dives, E. piperita, KE. coccifera, E. santalifolia (fig. 47, zsc), etc.), cette section se montre parfaitement nette, comme dans l’£. amygdalina, la fibre présentant un lumen plus ou moins réduit, il est loin d’en être toujours ainsi.

En effet, lorsque l’oxalate de calcium est très abondant dans cette zone, à l’intérieur des fibres, ou dans les membranes elles-mêmes, les éléments cellulaires deviennent indistincts et l’on n’observe plus qu’une région selérifiée envahie de cristaux d’oxalate de calcium (Æ. jugalis, E. microcorys, E. gomphocephala, E. polyanthema, E. oblusiflora, etc.) et aussi £. cosmophylla (fig. 19), espèce distincte, à d’autres égards, de celles qui précèdent.

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Chez certaines espèces (£. cinerea, E. melliodora, par ex.), où la partie inférieure du fruit présente, dans sa zone interne, les caractères que nous venons d'indiquer, la portion supérieure est formée, au contraire, dans cette même zone, d'éléments à cavité beaucoup plus large, dépourvus, ou à peu près, d’oxalate de calcium.

Nous pourrions ajouter, comme dernier caractère diffé-

rentiel de ces espèces pourvues d’un seul cercle extérieur de poches sécrétrices, que leur dureté peut être plus ou moins grande, suivant que le parenchyme proprement dit, voisin de la zone fibreuse et interposé entre les faisceaux fibro-vasculaires, est lui-même plus où moins selérifié (£. Jugalis, ete.).

E. cosmoPpxyLLa F. v. M.

Chez cette espèce, on peut observer également de très nombreuses cellules scléreuses dans la paroi ovarienne, au moment de la floraison.

Au voisinage de l’épiderme interne, fortement cutinisé, l’oxalate de calcium est très abondant.

Mais ici, un deuxième cercle de poches sécrétrices très développées existe sur toute la hauteur du fruit, dans la zone interne (/2. 50).

Dans la suite du développement, outre que les cellules à oxalate de calcium de la zone interne se sont épaissies et sclérifiées, en affectant une structure cellulaire plus ou moins distincte, les nouveaux éléments scléreux consistent en fibres ligneuses, très abondantes comme dans toutes les espèces d'Eucalyplus. De plus,au voisinage de la zone fibreuse interne, un certain nombre de cellules du parenchyme ovarien, se sont également selérifiées.

Les espèces possédant, comme VÆ. cosmophylla, un second cerele de poches sécrétrices dans la région interne de la paroi du fruit, de la base à son sommet, sont nom-

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breuses. Mais chez les unes, telles que £. globulus, E. Gunnu, Æ. longifolia, E, propinqua, E. punctata, FE, rudis, E. viminalis, ces poches sont plus développées et semblent plus abondantes que chez d’autres (£. Muelleri,

FiG. 50.— Eucalyptus cosmophylla.-- Coupe longitudinale du fruit: pl, placenta; dc, assise à cristaux d’oxalate de calcium; ps, poches sécrétrices ; cs, cellules scléreuses ; f!l, faisceau libéro-ligneux. Gr. 8.

E. pulverulenta, E. robusta, E. rostrata, E. Sluartiana,

par ex.) Chez certaines espèces (£, longifolia, E. pune-

tata, etc.), les poches de la région interne sont plus développées que celles de la zone externe,

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