PAR TAE
Chez toutes ces espèces, la zone fibreuse voisine de l’épiderme interne n’acquiert jamais une bien grande épaisseur. Elle est très mince en particulier dans l£. rudis où les poches sont presque contiguës à l’endocarpe lui-même.
Cette zone fibreuse est plus ou moins riche en oxalate de calcium et, suivant la nature des fibres qui la composent, son aspect rappelle celui que l’on observe dans les E. amygdalina et E. santalifolia, par ex., ou dans VE. cosmophylla.
FIG. 51. — Eucalyptus eximia. — Coupe transversale du fruit: ps, poches. no fl, faisceau libéro-ligneux ; fb, fibres ; zsc, zone scléreuse
EucaLzyPrTus ExIMIA Schauer, E. caLoPpayLra R. Br., E. microrHeca F. v. M.
Ces trois espèces présentent, dans la structure anatomique de leur fruit, au point de vue du nombre et de la
disposition des poches sécrétrices, de leur faible teneur en oxalate de calcium et de la zone fibreuse interne, des caractères communs qui, tout en les distinguant des autres Eucalvptus, permettent d'en faire une étude commue
Chez l'E. eximia (fig. 51), dont l’épiderme est fortement cubinisé, on observe, dans la région externe parenchymateuse de la paroi du fruit, jusqu'à 3 rangées de poches sécrétrices. Au-dessous d’une zone fibreuse médiane se trouve une seconde région très parenchymateuse, dans laquelle se sont développées, en très grand nombre, d'énormes poches sécrétrices. Vient ensuite une zone interne, dont les cellules à membranes peu épaissies mais sclérifiées, n’ont pas la valeur de fibres (fig. 52, zsc). L’épiderme interne (ec) est fortement cutinisé.
FiG. 52. — Eucalyptus eximia. — Coupe transversale du! fruit : zone scléreuse, zsc ; ei, épiderme interne. Gr. 225.
Une section longitudinale montre que les poches sécrétrices se sont fusionnées en donnant de grandes cavités remplies d'essence.
L’oxalate de calcium fait pour ainsi dire défaut dans ‘ cette espèce. On n’en trouve que de très rares cristaux dans la zone externe parenchymateuse.
Par ce dernier caractère, et aussi par l’abondance des
Pt. pu
poches sécrétrices et la nature de la zone scléreuse interne, cette espèce se distingue très nettement de toutes les espèces étudiées précédemment.
Chez VE. calophylla, les poches sont, dans la région externe, moins nombreuses que dans l'E. eximia ; indépendamment d’une rangée extérieure, on ne trouve que quelques poches, très développées cependant, englobées plus ou moins à l’intérieur de faisceaux libéro-ligneux.
La fusion des poches sécrétrices a lieu comme dans l'espèce précédente, et peut être observée déjà dans l'ovaire jeune. Même zone scléreuse interne. |
Le peu d’oxalate de calcium qui existait dans la paroi ovarienne ne se retrouve plus dans celle du fruit.
Dans l’Eucalyptus microtheca, les poches sécrétrices sont un peu moins abondantes peut-être que chez les espèces précédentes dans la zone externe de la paroi du fruit qui est ici plus riche en cellules scléreuses. A part ces légères différences, la structure est la même que chez les Æ. eximia et E. calophylla : pas d’oxalate de calcium et zone scléreuse interne identique.
En section longitudinale, on peut observer la fusion des poches sécrétrices.
EUcALYPTUS AGGREGATA Deane et Maiden.
Cet Eucalyptus présente certaines particularités qui le distinguent de la plupart des autres espèces. En effet, outre qu'à la périphérie, on peut observer, à certains niveaux, une couche complète de liége née assez profondément et qui exfolie un grand nombre de poches sécrétrices, la zone fibreuse interne n'existe que par places, en paquets de petits éléments sclérifiés, et non en une couche continue.
Dans la zone parenchymateuse interne, on rencontre quelques poches sécrétrices adossées parfois directement à l’endocarpe très eutinisé,
Au voisinage de ce dernier, là où le tissu est demeuré parenchymateux, les cristaux d’oxalate de calcium sont très nombreux.
EucaryPprus occipenrTaLis Endl.. E. cornura Labill.
Ces deux espèces méritent, au point de vue de la distribution des poches sécrétrices, une mention spéciale.
Ces poches sécrétrices ne sont pas très nombreuses dans la paroi extérieure du fruit. La plupart d’entre elles sont en outre, fréquemment exfoliées, chez l'£. cornuta, par un liége qui pénètre, par places, assez profondément.
La région interne du fruit étant, chez les deux espèces, fortement sclérifiée, c’est dans la zone médiane que sont réparties les nombreuses poches sécrétrices, en une rangée assez régulière, entre les faisceaux fibro-vasculaires externes et ceux les plus internes, chez l’£. cornuta où elles sont fréquemment anastomosées, tandis que dans lÆ, occidentalis elles sont disséminées entre ces faisceaux.
EucazyPprus oLEosA F. v. M.
Chez l'E. oleosa, indépendamment des poches sécrétrices assez nombreuses dans la région externe parenchymateuse, on trouve aussi quelques poches incluses dans les éléments scléreux de la région interne.
Eucazyprus ScHWaNNit Preiss.
Dans cette espèce, les poches, très nombreuses, sont réparties sans ordre dans la paroi externe du fruit, au milieu des éléments fibro-vaseulaires, et aussi dans la région interne restée, par endroits, parenchymateuse.
Brie
ANGOPHORA LANCEOLATA (Pers.) Cav.
Observé en section transversale, l’ovaire jeune présente un certain nombre de côtes, 8 dans l’échantillon consi-
déré (fig. 53).
oO É 20 0,00 00 00060 O0
[o] o , “pe
FiG.58.— Angophora lanceolata.— Coupe transversale de l'ovaire: ps poches sécrétrices ; JL, faisceaux libéro-ligneux ; ov, ovules. Gr. 15.
À un grossissement suffisant on peut voir que les cellules épidermiques sont toutes allongées en papilles.
L’oxalate de calcium est assez abondant dans la zone externe de la paroi ovarienne.
Dans cette même région, les faisceaux libéro-ligneux sont nombreux, dirigés les uns dans le sens du grand axe de l'ovaire, les autres perpendiculairement,.
L’épiderme interne est, de très bonne heure, fortement cutinisé.
LEA: joie
Les poches sécrétrices, très peu nombreuses et très petites, sous l'épiderme externe, sont au contraire très développées et très abondantes dans la région interne de la paroi ovarienne,
F1G. 54. — Angophora lanceolata. — Coupe transversale du fruit: ps, poches sécrétrices; ll, faisceau libéro-ligneux; zsc, zone scléreuse interne du péricarpe. Gr. 15.
Au cours des transformations de l’ovaire en fruit, les modifications qui se produisent consistent dans l’apparition de nombreuses fibres ligneuses ({g. 24) et dans la sclérification de la zone interne du péricarpe (zsc) sous forme de cellules à membranes assez épaissies, allongées dans le sens transversal du fruit. En dehors de cette zone scléreuse, le parenchyme, qui renferme de nombreuses poches sécrétrices (ps), est demeuré cellulosique.
TRISTANIA coNrERTA R. Br.
Les poches sécrétrices sort plus abondantes et plus
développées, chez cette espèce, dans la zone interne de la ppées, :
paroi du fruit (fig. 55) que dans la région externe. Les
poches internes peuvent fusionner en lacunes fort déve-
loppées.
0 pee
La sclérification très marquée de la zone moyenne, est due à la fois à la formation de fibres ligneuses (fb) et de fibres extra-libériennes.
F1G. 55. — Tristania conferta. — Coupe transversale du fruit: ps, poches sécrétrices ; fb, fibres ; L, liber ; s, suber. Gr. 40.
D’assez nombreuses mâcles d’oxalate de calcium sont disséminées dans le parenchyme.
Indépendamment du liège qui peut exister sous l’épiderme des fruits âgés, il s’en forme également au voisinage de l’épiderme interne (s).
TRISTANIA LAURINA R. Br.
Dans le Tristania laurina la structure est toute différente. Il n'y a de poches sécrétrices, et en très petit nombre, que dans la zone externe de la paroi du fruit restée parenchymateuse sur une faible épaisseur. Les
faisceaux renferment des fibres ligneuses, mais il n'existe pas de fibres extra-libériennes.
La zone scléreuse interne, pourvue de fibres à membranes épaissies et ponctuées, est très développée. L’oxalate de calcium est assez abondant dans la région externe parenchymateuse. |
CALLISTEMON SALIGNUS Sweet,
Dans cette espèce, l'ovaire est semi-infère comme dans le C. rigidus (fig. 59). Au moment de la floraison, l’épiderme externe de la coupe réceptaculaire porte un certain nombre de poils bicellulaires, dont la cellule de base (fig. 50) est très courte. Sous cet épiderme, assez fortement cutinisé, comme au voisinage de l’épiderme interne de l'ovaire proprement dit, l’oxalate de calcium est très abondant, sous forme de mäâcles et de rhomboëèdres, ainsi que dans la zone des éléments conducteurs.
F1G. 56. — Callistemon salignus. — Coupe transversale de la région périphérique du réceptacle, avec plages de cristaux d’oxalate de calcium. Gr. 300.
Les poils sont très nombreux sur l’épiderme de la partie de l’ovaire non adhérente au réceptacle. Dans la paroi réceptaculaire, les faisceaux libéro-ligneux sont disposés en un seul cercle et réunis par petits paquets d'éléments uniquement libériens.