‹ Recherches Sur La Structure Anatomique Du Fruit Et De La Graine Des MyrtacéesChapitre 24 sur 24 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Bien que les espèces de Myrtacées sur lesquelles ont porté nos recherches soient relativement peu nombreuses, en dehors de celles du genre Æucalyptus, les résultats qu’elles nous ont fournis, en particulier sur la structure anatomique de la paroi réceptaculaire des Leptospermoidéées et sur l’origine et la constitution du tégument séminal, dans divers genres de la famille, n’en constituent pas moins un ensemble de faits, nouveaux pour la plupart, et qui, à ce titre, ne peuvent être dépourvus d’un certain intérêt.

Fruit. — Paroi réceptaculaire. — En ce qui concerne le fruit, les Myrtoïdéées étudiées ne présentent que peu de particularités vraiment dignes de remarque. Les faisceaux libéro-ligneux y conservent toujours leur structure primitive, et c’est dans le parenchyme proprement dit qu'apparaissent, de très bonne heure, de nombreuses cellules seléreuses chez les Feÿjoa, Psidium et Myrcia, et des fibres, au voisinage des faisceaux, chez l’Eugenia caryophyllata.

Dans toutes les espèces que nous avons examinées, les poches sécrétrices sont abondantes au voisinage même de l’'épiderme, aux dépens duquel elles ont pris vraisemblablement naissance. Elles ne.s’y rencontrent d'ordinaire uniquement que dans cette région, mais chez les Eugenia (E. caryophyllata, E. glaucescens, par ex.) il s’en forme plus profondément dans la paroi ovarienne.

Bien que nous n’ayons pu saisir le début de la formation de ces poches, les stades les plus jeunes que nous avons observés ne laissent aucun doute sur leur origine schizogène.

Chez les Leptospermoïdéées, la paroi réceptaculaire est, au cours du développement de lovaire en fruit, le siège de transformations importantes, consistant surtout en l’apparition de nouveaux éléments seléreux et la formation chez certains genres (Callistemon, Melaleuca, Calothamnus, ete.) d’un liége abondant.

Indépendamment des cellules scléreuses, souvent déjà très nombreuses, dans la paroi réceptaculaire du fruit jeune, de nouveaux éléments de même nature, consistant surtout en fibres, ne tardent pas à apparaitre.

Ces fibres, qui prennent naissance à l’intérieur des faisceaux, entre les premières trachées de bois et le Liber chez les Eucalyptus, Angophora, Tristania, certains Melaleuca et Leptospermum. et constituent par conséquent de véritables fibres ligneuses, se forment au contraire en dehors de ces faisceaux chez les Callistemon et certains Melaleuca.

Ces fibres, qui modifient totalement laspect primitif des faisceaux libéro-ligneux, lorsqu'elles se forment à leur intérieur, procurent au réceptacle du fruit mür des £ucalyptus, une très grande dureté, augmentée encore, dans ce genre surtout, par la sclérification de certaines cellules du parenchyme de la paroi réceptaculaire.

La zone profonde, voisine de la loge carpellaire, et qui doit être rapportée au péricarpe proprement dit, se sclérifie en outre sur une plus ou moins grande épaisseur, de façon à constituer une sorte de « noyau ».

Les éléments de ce dernier sont le plus souvent des fibres allongées dans le sens transversal du fruit, quelquefois des cellules scléreuses à membranes plus où moins épaissies, et pouvant renfermer (nombreux Æucalyptus) d’abondants cristaux d’oxalate de calcium.

Le liége qui n'apparait que par places à la surface du réceptacle, chez les Æucalyptus et Angophora, en occupe au contraire toute la périphérie chez les Callislemon, Melaleuca, Metrosideros, Calothamnus et de nombreux Leplospermum. On peut souvent, chez ces genres, compter de 20 à 30 assises de ce liége qui est d’origine sous-épidermique.

Chez le Tristania conferta, le hége se forme au voisinage immédiat de l’endocarpe.

Dans les Leptospermum, indépendamment du hége périphérique externe, le même tissu prend naissance au contact de la zone fibreuse interne.

Les poches sécrétrices, de même origine que chez les Myrtoïdéées, sont disposées d'ordinaire, chez les Leptospermoïdéées, en un seul cercle, qui a pris naissance plus ou moins profondément dans le réceptacle (certains £ucalyptus, Callistemon, Melaleuca, Leptospermum, Metrosideros, Calothamnus).

Dans l’Angophora lanceolata, le Tristania conferta et aussi chez certains £ucalyptus, dont la zone réceptaculaire est demeurée parenchymateuse, indépendamment du précédent, on observe un cercle plus interne de poches sécrétrices. Chez un certain nombre d’£ucalyptus, les poches, plus nombreuses encore que dans les cas précédents, sont disséminées sans ordre dans la paroi externe du réceptacle (£. globulus, E. calophylla, E.eximia, ete.), parfois même entremèlées aux fibres de la zone médiane (Æ. occidentalis, E. cornuta, E. oleosa, ete.).

Chez toutes les Myrtacées étudiées, l’oxalate de calcium est généralement très abondant, soit sous forme de mâcles, soit à l'état de cristaux rhomboédriques plus ou moins volumineux.

Graine. — L'ovule des Myrtacées, le plus souvent anatrope, parfois campylotrope, est d'ordinaire bitégumenté.

Parmi les espèces étudiées, l’£ugenia caryophyllata est la seule qui se soit montrée pourvue d’un seul tégument.

Le nombre des assises de cellules, dans chacun des téguments, varie le plus souvent de 2 à 4. Il peut être cependant plus élevé chez certains £ucalyplus, et en parculier l’£. calophylla, où on peut compter de 6 à 12 assises cellulaires au tégument externe. Le tégument unique de l’£ugenia caryophyllata en possède de 6 à 7.

Chez les Leptospermoïdéées, le tégument ovulaire interne est plus ou moins comprimé et résorbé, au cours du développement de l’ovule en graine, et le tégument ovulaire externe concourt seul et complètement à la formation du tégument séminal dont toutes les cellules conservent parfois leurs parois minces, à l'exception de celles de l’assise interne qui sont pourvues le plus généralement d’oxalate de calcium et épaissies inférieurement en fer à cheval (nombreux £ucalyptus).

Chez les Myrtoïdéées, le tégument ovulaire interne à totalement disparu dans la graine du Myrceugenia apicu-

lLata. U persiste au contraire dans le Myrtus communs

et les Psidium où il reste parenchymateux, alors que le tégument ovulaire externe a accru le nombre de ses assises dont les cellules se sont fortement épaissies et sclérifiées.

Chez le Feijoa Sellowiana, cette dernière modification n'a porté que sur les cellules épidermiques, dont la paroi externe est même demeurée cellulosique, alors que les autres se son£ lignifiées.

Chez les Eugenia, Myrcia, Stenocalyx, à part les cellules de lassise externe, quelquefois épaissies (£ugenia pungens, par exemple), le tégument séminal est complement parenchymateux. Accolé à la paroi du fruit chez l'Eugenia caryophyllata, il est difficilement reconnaissable dans cette espèce,

En dedans du tégument séminal, l’albumen, parfois en

noyaux isolés, forme le plus généralement une assise con- Linue {assise protéique), très nette en particulier dans les Myrtus, Psidium, Feijoa. Dans ce dernier genre, l’albumen n'y est ni plus ni moins abondant que dans les genres voisins et c’est à tort que BERG, le premier, a considéré la graine de Ferjoa Sellowiana comme albuminée, alors qu'il qualifie d’exalbuminées celles de Myrtus et de Psidium.

L’embryon, dans les espèces du groupe des Leptospermoiïdéées, ne possède jamais de poches sécrétrices ; chez les Myrtoïdéées, au contraire, si elles font défaut chez les Feijoa, Myrtus, Psidium et Stenocalyx,elles sont excessivement abondantes dans les Myrceugenia, Eugenia e\ Myrcia, où elles sont toujours localisées uniquement sous l'épiderme, aux dépens duquel elles ont d’ailleurs pris naissance, ainsi que nous avons pu l’observer dans le

Myrceugenia apiculal«.

Vu bon à imprimer :

Le Président de la Thèse, GUIGNARD.

Va:

Le Directeur de l'Ecole, GUIGNARD.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, LIARD.

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