‹ Recherches Sur La Structure Anatomique Du Fruit Et De La Graine Des MyrtacéesChapitre 3 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Morphologie générale des Myrtacées.

Les Myrtacées sont des arbustes ou des arbres, souvent de grande taille; certains Æucalyptus, et en particulier l'E. colossea, peuvent atteindre jusqu’à 150 mètres de hauteur.

Les feuilles sont opposées, rarement isolées, simples et sans stipules, à limbe ordinairement entier, parsemé, comme l'écorce de la tige, de nombreuses poches sécrétrices d’origine schizogène (Myrtacées proprement dites, à l'exclusion des Lécythidées et Granatées) produisant une huile essentielle.

Les fleurs sont rarement solitaires (Wyrtus et Eugenia), mais disposées ordinairement en inflorescences très diverses : épis, grappes, cymes, corymbes ou même capitules involucrés (Darwinia).

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, pentamères (Myrtus, Callistemon, Leplospermum, Chamælaucium, ete.) ou tétramères (£Eugenia, Eucalyptus, ete.).

Le calice a le plus souvent ses sépales libres, plus ou moins foliacés (Calycolpus, Eugenia $ Phyllocalyx, Psidiopsis, Calycothrix, ete.) et de forme variable. Chez la plupart des £ucalyptus, ils sont réduits à de véritables dents. Mais parfois les pièces du calice sont plus ou moins concrescentes, et chez certaines espèces de Psidium, de Mitranthes, chez les Calyptranthes, Acicalyptus, Pilio-

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calyx, le calice se détache circulairement par sa base, et d'une seule pièce, à la façon d’une coiffe. Cette dernière reste quelquefois attachée latéralement en forme de capuchon, souvent jusqu’à la maturité du fruit. Chez les Calycorectes, le bonnet calicinal, à la floraison, se découpe par des fentes longitudinales en un nombre de pièces sensiblement égal à celles du calice.

Les pétales, en même nombre que les sépales, sont tantôt libres, tantôt soudés en une coiffe caduque (Eucalyptus, ete.). Ils sont rudimentaires ou nuls chez les Calyptranthes et divers Eugenia.

L’androcée peut comprendre deux verticilles alternes d’étamines (Verticordia, Darwinia, Chamaælaucium, ete.) ou un seul, les étamines épipétales (Myrrhinium, Thryptomene) ou épisépales (certains Micremyrtus) avortant. Mais le plus souvent, les étamines se ramifient dans l’un ou l’autre des deux verticilles. Tantôt, ce sont les étamines épipétales seules qui se ramifient, les autres demeurant simples (Pileanthus) ou avortant (Calothamnus, Melaleuca, Beaufortia, etc.), ou les épisépales seules, les autres avortant ; tantôt, elles semblent se ramifier toutes, et les étamines ainsi produites sont distribuées uniformément tout autour du pistil (WMyrtus, Eugenia, Eucalyptus, . Callistemon, Metrosideros, ete.).

Chez certains genres, les étamines, en se ramifiant, restent unies par leurs filets sur une plus ou moins grande longueur (Melaleuca, Calothamnus).

Les filets staminaux, sont, à peu d’exceptions près (Orthostemon, Ugni), recourbés en dedans, dans le bouton, et même doublement, en forme d’'S, dansle Myrrhinium. Le plus souvent filiformes, ils sont parfois élargis en ruban à la base (Pileanthus) ou sur une portion plus ou moins grande de leur longueur (Ugni, Acrandra). Rarement (Ugni, Acrandra) les anthères sont placées sur le lilet qui peut dépasser le connectif; chez les Calothamni-

nées elles sont basifixes, mais chez le plus grand nombre des Myrtacées elles sont dorsifixes et versatiles, et leur connectif peu développé estcouronné par une grosse glande, rarement par plusieurs. La déhiscence des anthères se fait le plus souvent par une fente longitudinale, ordinairement en dedans, latéralement chez les Æremæa et Regelia ; elle a lieu par une fente transversale au sommet chez les Phymatocarpus et Beaufortia, et par des pores terminaux chez quelques Chamælauciées(Darwinia, Homoranthus).

Le pistil est formé de carpelles concrescents, avec un style et un stigmate. Le style, plus ou moins long, est coudé ou ondulé dans la préfloraison. Le stigmate est simple, en forme de tête ou de bouton, très rarement, comme chez les Rhodomyrtus, élargi, échancré et triangulaire. Le pistil estordinairement concrescent dans toute la longueur de l'ovaire avec l’ensemble des verticilles externes dont l’union se prolonge souvent, en forme de tube plus ou moins long, ou coupe réceptaculaire, au-dessus de la base du style; pourtant, dans plusieurs genres, cette concrescence n’a lieu que dans la moitié inférieure de l'ovaire, ou même le pistil demeure entièrement libre au fond du réceptacle (Lysicarpus, Cloëzia, Xanthostemon, etc.).

Cette adhérence plus où moins considérable de lovaire avec le réceptacle, est d’ailleurs très variable, d’une espèce à l’autre, dans le même genre, et aussi dans la même espèce, ainsi que l’a montré E. Tisox (Recherches sur les caractères de la placentation et de l'insertion dans les Myrtacées, Paris, 1876).

Dans les Bæckea, Leptospermum, Metrosideros, on trouve, d’après cet auteur, toutes les transitions entre l'ovaire semi-infère ou semi-adhérent et l'ovaire totalement infère ou adhérent, et l’on voit nettement l’ovaire devenir d'autant plus libre que le fruit approche davantage de la maturité.

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