EXPOSÉ DES RECHERCHES ANTÉRIEURES
Bien avant les travaux, très peu nombreux d’ailleurs, comme nous allons le voir, d'anatomie proprement dite, sur le fruit et la graine des Myrtacées, beaucoup d’auteurs, tels que GærTNER d’abord, et plus tard pe CANDoLzE et Expzicxer, ont donné sur la morphologie interne de ces fruits des descriptions d’une grande exactitude auxquelles H,. BaïzLon, dans son /istoire des Plantes, a fait dans la suite de fréquents emprunts.
En 1858, O. BERG (1), un de ceux qui ont le plus étudié la famille, donne, pour un grand nombre d’espèces du groupe des Myrtoïdéées et des Lécythidées, des figures schématiques de coupes transversales et longitudinales de l'ovaire, du fruit et de la graine, quinous renseignent sur le nombre des loges ovariennes et des ovules qu’elles contiennent, sur la présence ou l’absence de poils épidermiques dans le fruit jeune, sur la disposition, l’absence ou
(1) O. BERG, in Martii Flora bras., XIV, Pars 1, (Myrtaceæ), 1858,
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la présence plus ou moins abondante de poches sécrétrices dans la paroi ovarienne. Des sections de graines montrent les grandes variations de forme que peut présenter l'embryon.
C’est à tort, comme nous le verrons, que l’auteur mentionne dans la graine de Feoa Sellowiana la présence d’albumen.
F, V. Mugzzer (1), dans son Æ£ucalyptographia (1879- 1884), représente de nombreuses coupes longitudinales des fruits d'Eucalyptus, mais sans y indiquer les poches sécrétrices, Pour chacune des espèces décrites, des graines entières sont figurées. Mais l’auteur n’a fait en réalité, sur ces organes, aucune observation anatomique du genre de celles qu’il a présentées, pour certaines espèces, sur la structure du bois, des cellules épidermiques et du limbe.
H. BaïLzLon (2), dans son Histoire des Plantes, figure bien aussi quelques coupes longitudinales de fruits et de graines de Myrtacées, mais c’est surtout NIEëDENZU (3), qui, en 1893, vient augmenter considérablement nos connaissances, en particulier sur la répartition des poches sécrétrices dans la paroi réceptaculaire et la structure de l'embryon, grâce aux nombreuses figures schématiques qu'il donne de coupes transversales et longitudinales du fruit et de la graine, à la fois dans les Myrtoïdéées et les Leptospermoïdéées.
Parmi les quelques auteurs qui se sont occupés de l'anatomie proprement dite du fruit et de la graine des Myrtacées, les uns, se plaçant à un point de vue spécial, ont parfois étudié la structure de tel ou tel tissu, ou de tel ou tel organe ; les autres, au contraire, ont donné d’une espèce quelconque, une description anatomique complète.
@) F. V. MuELLER. — ÆEucalyptographia. A descriptive Atlas of the Eucalypts of Australia... 1879-1884,
(2) H. BalLLon.— Hist. des Plantes (Myrtacées), VI, 305-378, 1877.
(3) F, NIEDENZU. — In 4. Engler und X, Prantl, Die nat. Ptlanzenfam, (Myrtaceæ), I, 7, 57-105, 1893.
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Baccarint (1), en 1884, expose la distribution des faisceaux conducteurs dans la paroï réceptaculaire et le fruit des Melaleuca pulchella, Eucalyptus globulus et E. sideroxylon, et aussi dans les genres Myrtus et Eugenia, mais sans donner. toutefois la moindre indication sur la structure anatomique de ces faisceaux.
La même année, Goprrin (2), en étudiant la structure anatomique des cotylédons, signale dans le parenchyme cotylédonaire de plusieurs graines de la famille des Myrtacées (Caryophyllus aromaticus, Jambosa vulgaris, Syzygium jambolanum, Eugenia axillaris,etc.), immédiatement sous l’épiderme, l'existence de grandes lacunes, remplies d'huile essentielle. « Ces organes, provenant de massifs de cellules sécrétantes dont les parois ont été en partie résorbées, dit-il, font saillie à la surface du cotylédon et le rendent chagriné ». S'il est exact que ces poches sécrétrices sont en effet très nombreuses dans Pémbryon de beaucoup de Myrtacées, comme l'indique aussi plus tard Niepenzu (3) et comme il le représente d’ailleurs dans le Myrceugenia apiculata, nous savons aujourd’hui que ces poches, contrairement à l'opinion de certains auteurs, ne perdent pas leur paroi primitive, et sont d’origine purement schizogène, ainsi que Lurz (4) l’a très nettement mis en évidence.
En 1906, H. Winxzer (5) signale la présence d’un liège abondant, parfois jusqu’à 40 assises de cellules, à la
(1) P. BACCARINI, — Osservazioni anatomiche sopra alcuni ricettacoli fiorali Ann. del R. 1stit. bot. di Roma, Anno 1, fase. 1, 66-88, tav. IX-XIII, Milan,
(2) J. GODFRIN.— Anatomie comparée des cotylédons. Ann. Se. Nat. 6e s.,XiX, 1-158, G pl., 1884.
(8) F. NIfDENZU.— loc. cit., p. 58.
(4) G. LuTz.— Ueber die oblito-schizogenen Secrethehälter der Myrtaceen (Bot. Centralb., LXIV, 145-153, 193-202, 257-264, 289-300, taf. I-IT, 1895.
(5) H. WinkLer.— Notiz über das mehr. Wachstum der Früchte von Callistemon-Arten (Ann. Jard. Buiîtenzorg, 2: s., V, 37-M, pl. I, 1906).
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périphérie de la coupe réceptaculaire de certains Callistemon et quelquefois aussi au voisinage de l’endocarpe.
Les espèces qui ont fait l’objet d’une étude anatomique complète appartiennent aux genres Psidium et Eugenta.
Dans son étude des péricarpes charnus, GaRaix (1), en 1890, observe en détail les diverses transformations que subit l'ovaire du Psidium Cattleyanum Sabine, jusqu’au stade du fruit mür.
En 1892, Baroxi (2) étudie, dans les mêmes conditions, l'ovaire et l’ovule de l’£ugenia myrtillifolia D C. et met en évidence, dans le fruit mûr, adhérence de l’enveloppe séminale avec lendocarpe.
Par suite de l'intérêt que présente, comme condiment, le bouton floral de l'Eugenia caryophyllata, l'ovaire de cette Myrtacée a donné lieu, de la part de plusieurs auteurs, à de nombreuses observations. Mais les plus complètes sont celles de Tscxrrox et (ŒEsTEeRLE (3) qui, dans leur Atlas, décrivent avec beaucoup d’exactitude, les modifications importantes qui s’opèrent dans cette Myrtacée au cours du développement de l'ovaire en fruit.