‹ Recherches sur la structure comparée et le développement des animaux et desChapitre 3 sur 10 · COMPARAISON DE LA STRUGTI3BE DES AIOBIAUX ET LES VEGETAUX · texte numérisé non relu

COMPARAISON DE LA STRUGTI3BE DES AIOBIAUX ET LES VEGETAUX

La comparaison des êtres est le premier principe de Thistoire naturelle et la source infaillible des vérités fondamentales de la science, ce Les faits ^ dit Richard^ ne sont que les matériaux de » la science; leur donner une forme convenable et les rappro- » cher par l'analogie^ c'est les préparer à la construction; les » lier entre eux c'est construire. On n'opère donc effectivement » Télévation fondamentale ou philosophique d'une science^ )) qu'en coordonnant les faits d'une manière convenable au but )) qu'on se propose ('). » Nous venons d'exposer la structure et le développement des animaux et des végétaux ; nous avons considéré les faits en eifx-mémes et présenté leurs analogies ; comparons maintenant y .car les comparaisons sont la source d'où découlent les vérités fondamentales de l'histoire naturelle ; mais avant de comparer la structure , voyons d'abord ce qui est relatif aux développemens.

Le développement des végétaux se fait^ comme nous l'avons

(•) Analyse du fruit , p. 78.

Tarn. Fil. 11

vu, du centre aux extrémités; et ce centre, qui est le collet, au lieu d'attirer vers lui les molécules nouvelles , les repousse sans cesse vers les extrémités, c'est-à-dire les racines et les bourgeons. Le végétal s'accroît indéfiniment, ajoute toujours de nouvelles molécules aux anciennes, et le terme de son accroissement est aussi le terme de sa vie. Il ne forme aucun centre d'organes, chez lui tous les vaisseaux sont dirigés du centre vers les extrémités, et les molécules nouvelles, au lieu de servir au développement des anciens organes, servent à en former toujours de nouveaux.

Le développement des animaux se fait des extrémités au centre, et c'est vers ce centre que tous les vaisseaux sont dirigés. Les molécules nouvelles, au lieu d'être sans cesse repoussées vers les extrémités comme chez les végétaux, se trouvent sans cesse entraînées vers le centre. Il en résulte des centres d'action pour chacune des diverses espèces d'organes, et que le développement des animaux est défini à des limites régulières dont il ne dévie jamais.

Il suit de ce qui précède que le développement des animaux est centripète, tandis que celui des végétaux est centrifuge. Ainsi, les deux grandes divisions des corps. organiques sont soumises, dans leur développement, à deux lois directement oppo-

C'est par suite de ces lois que les animaux forment toujours des centres d'action, et qu'au contraire, dans aucun cas, les végétaux ne peuvent parvenir à en former. Ainsi, le même organe soumis à l'une ou l'autre de ces deux lois, doit prendre des formes essentiellement difi*érentes.

Soit, par exemple, l'axe cylindro-méduUaire. Chez les végétaux cet axe s'allonge indéfiniment et ne forme jamais aucun centre d'action, aucun organe des sens; au^ les végétaux ne sont-ils pourvus d'aucune espèce de sSShSdBnt ou de volonté. Chez eux l'étui médullaire peut [Hrésider aux mouvemens, mais non les exécuter, et seulement commander par les rayons médullaires l'action du système cortical. De même chez les animaux, la moele épinière est dépourvue de volonté , et c'est un excentrique du cerveau qui préside aux mouvemens sur lesquels la volonté n'a pas d'action. Ainsi, supprimez la loi du développement centripète^ et les animaux se trouveront placés au même rang que les végétaux. Ainsi, les sensations sont en rapport avec le développement centripète , et par conséquent avec les centres d'action, d'où il suit qu'elles sont impossibles dans les êtres d'organisation centrifuge.

Nous venons de voir que la loi du développement des animaux et des végétaux , opposée dès le principe , avait occasionné en eux une organisation essentiellement différente; voyons maintenant ce qui est relatif à leur structure , et rapprochons les points de comparaison épars dans les chapitres précédens.

Le règne animal comprend des êtres uniquement formés de fluides et de tissus molluqueux, sans aucun tissu solide inhérent ('), et d^autres êtres pourvus, indépendemment des fluides et des tissus molluqueux, d'un squelette solide inhérent aux orgapes molluqueux et persistant après leur décomposition (');

(*) Voyez pi. 2, fig. 36.

(') — pi. 2, fig. 32, 24» 27) 289 3i et S2.

les premiers sont donc cbsquelettés ^ et les seconds squelettes.

Le règne yégétal se compose d'êtres pourvus uniquement de tissu cellulaire sans aucune trace de vaisseaux ni de filets ligneux ('); et d'WlIfeSrétres formés de tissu cellulaire, auquel est adjoint un système yasculaire et ligneux qui favorise l'élévation du tissu cellulaire ('). Les premiers sont donc des végétaux axyléê et les seconds des xylodës.

Les animaux asquelettës sont donc dépourvus d'un squelette inhérent aux organes moUuqueux. Ce sont eux qui présentent les animaux les plus simples et les plus imparfaits, et ils sont très - souvent dépourvus d'organes extérieurs, et de tête véritable.

Les végétaux axylés sont dépourvus de squelette ligneux. Ce sont eux qui présentent les végétaux les plus simples et les plus imparfaits , et ils sont le plus souvent dépourvus d'organes extérieurs et de véritables fleurs.

Le mouvement des membres des asquelettës s'opère sur toute leur longueur et par une incurvation générale; et ces membres, lorsqu'ils en ont, ne sont jamais articulés , mais bien continus (').

Le mouvement des axylés s'opère sur toute leur longueur et par une incurvation générale (^).

Chez les asquelettës^ la peau se confond avec les tissus sousjacens.

(') f^oycz pi. 1, fîg. 33 , 34 et 35.

(*) — pi. 2, %• 19, 21 , a5, 26, 29 et 3o.

(') — pi. 2j fig- 36.

(4) — pi- 2 , fig. 33 , 34 et 35.

Chez les axyUsy la peau se confond avec les tissus sous-jacens.

Les asquelettés sont dépourvus d'axe cérébro-spinal. Ce système est remplacé par un anneau œsophagien et par des ganglions épars y mais seulement dans les plus par&its.

Les axylés sont dépourvus d'axe cylindro - médullaire. S'il existe chez eux des cellules médullaires , elles ne peuvent être qu'éparses^ puisqu'on ne leur voit former aucun organe particulier.

Les asquelettés inférieurs sont dépourvus d'organes respiratoires et circulatoires ; leur substance est homogène et ne reçoit les matières nutritives que par simple imbibition.

Les aosylës inférieurs sont dépourvus d'organes respiratoires (stomates) et circulatoires; leur substance est homogène et ne reçoit les matières nutritives que par simple imbibition.

C'est parmi les asquelettés que l'on trouve les animaux intestinaux qui vivent aux dépens des animaux squelettes.

C'est parmi les axylés que l'on trouve les plantes intestinales qui vivent aux dépens des plantes xylodées.

Parmi les (^squelettes ^ les mollusques et les vers sont comme les larves permanentes des animaux squelettes.

Parmi les axylés^ les algues et les conferves sont comme les racines permanentes des végétaux xylodés.

Indépendamment des fluides et des moUuqueux^ les animaux squelettes possèdent un squelette ou ime charpente vivante formée de pièces solides^ dures ^ superposées^ donnant attache aux tissus moUuqueux et persistant après leur décomposition (*).

(') f^oyezpU 1, 6g. aa, a4» ^8> 3i ^^ ^^*

Les végétaux œylodés possèdent un squelette ligneux formé de pièces solides donnant appui aux tissus moUuqueux et persistant après leur décomposition (').

Le squelette des animaux est par lui-même dépourvu de motilité^ il ne fait que céder à l'action du système molluqueux dans lequel réside la force motrice des animaux.

Le squelette ligneux des végétaux est par lui-même dépourvu de motilité, et il ne fait que céder à Faction du système molluqueux dans lequel réside la force motrice des végétaux.

Le squelette des animaux est situé^ soit à l'extérieur (*), soit à l'intérieur (^) des tissus molluqueux. Dans le premier cas, les animaux sont exosquelettés ; dans le second, ils sont endosquelettës.

Le squelette ligneux des végétaux est situé, soit à l'extérieur (^) soit à l'intérieur (^) des tissus molluqueux. Dans le premier cas, les végétaux sont exoxylés; dans le second, ils sont endoxylés.

Les animaux exosquelettés sont donc caractérisés par la présence d'un squelette à l'extérieur, et par la situation des tissus molluqueux à l'intérieur ; en sorte qu'il est vrai de dire qu'ils vivent et croissent en dedans de leur système solide (^).

Les végétaux exoxylés sont caractérisés par la présence d'un squelette à l'extérieur et par la situation des tissus molluqueux

(') f^oyez^X. a, fig. 19, 21, 26 et 3o.

— pi. i» fig. 32 , b.

— pi. 2 , fig. 22 , a.

— pi. 2, fig. 3o, b.

— pi. 2, fig. 19, a.

— pi- 2> fig- 32.

à rintérieur; et il est vrai de dire qu'ils vivent et croissent en dedans de leur colonne ligneuse •(')•

La forme extérieure des exosquelettés est déterminée par le squelette (*).

La forme extérieure des exoxylés est déterminée par le squelette (').

Les exosquelettés sont articulés à l'extérieur^ et les tissus moUuqueux sont continus à l'intérieur d'un bout à l'autre de l'animal {%

Les exoxylés sont articulés à Textérieur, et les tissus moUuqueux sont continus à Vintérieur d'un bout à l'autre du végétal (^).

Les pièces solides du squelette des exosquelettës sont articulées les unes sur les autres^ mais sans solution de continuité^ par des interstices plus minces et membraneux.

Les pièces solides du squelette des exoxylés sont articulées les unes sur les autres, mais sans solution de continuité, par des interstices plus minces et presque nombreux.

La motilité des exosquelettës se fait à l'intérieur, par l'intermédiaire des tissus moUuqueux, et le système solide ou le squelette ne fait que céder aux impulsions des tissus moUuqueux.

La motilité des exoxylés se fait à l'intérieur, par l'intermédiaire des tissus moUuqueux.

(') f^oyez pi. 2, fig. 3o.

(•) — pi- 2, fig. 3i et 3a.

(') — pi- 2 , fig. 19 et 3o.

(*) — pi. 2, fig. 3i et 32.

(^) — pi* 1 9 fîg* I et pi* 1 , fig. 29 et 3o.

Les exosquelettés sont dépourvus de système solide intérieur (') et d'axe cérébro-spinal. Leur appareil nerveux se réduit au système excentrique ou ganglionaire.

Les exoxylés sont dépourvus de système solide intérieur (*) et d'axe cylindro-méduUaire. Ce dernier système est remplacé par des faisceaux de filets médullaires excentriques.

Les animaux endosquelettés sont caractérisés par la présence d'un squelette à l'intérieur des organes moUuqueux (^) , et d'un axe cérébro-spinal au centre de ce squelette {^). C'est un nouvel ordre d'organes ajouté aux formations antérieures.

Les végétaux endoxylës sont caractérisés par la présence d'un squelette ligneux à l'intérieur des organes moUuqueux (^) , et d'un axe cylindro-méduUaire au centre de ce squelette (^). C'est encore un nouvel ordre d'organes ajouté aux formations antérieures.

La forme extérieure des endosquelettés est déterminée par les tissus moUuqueux (^).

La forme extérieure des endoxylés est déterminée par les tissus moUuqueux (®).

Les endosquelettés sont articulés à l'intérieur (^) y et leur tissa

(') Voyez pi. 1 , ^^* Sa , c.

pi. 2 , ^^. 3o, c.

pL 2, fîg. 22.

pi. 2, fig. 22, C, et 23.

pi. 2, fig. ig.

pi. 2, fig. ig , c, et 2o.

pi. iy fig. 22 et 27.

pi. 2, fig. ig et 25.

pi. 2, fig. ^4 et 28.

molluqueux est continu à l'extérieur d'unbout à l'autre de l'animal.

Les endoxylés sont articulés à l'intérieur (') , et leur tissu môlluqueux est continu à l'extérieur d'un bout à Tautre du végétal.

Chez les endosquelettés la peau forme un système distinct et séparé du système moUuqueux et du squelette.

Chez les endoxylés la peau forme un système distinct et séparé du système moUuqueux et du squi^lette.

La motilité des endosquelettés s'opère à l'extérieur par l'intermédiaire des tissus moUuqueux^ tandis que le système solide ou le squelette , qui s'y trouve à l'intérieur, ne fait que céder aux tissus moUuqueux. ,

La motilité des endoxylés s'opère à l'extérieur par l'intermédiaire des tissus moUuqueux, tandis que le système solide ou le squelette qui s'y trouve à l'intérieur, ne fait que céder à l'action des tissus extérieurs.

L'axe cérébro-spinal des endosquelettés est au centre des rayons nerveux qui aboutissent à la circonférence ('). Ce système tend à se porter vers son extrémité supérieure, et il y forme un centre d'action en vertu de la loi du développement centripète des animaux.

L'axe cylindre - médullaire des endoxylés est au centre des rayons méduUaires qui aboutissent à la circonférence (^). Ce système tend à se porter vers son extrémité supérieure, mais étant régi par la loi du développement centrifuge des végétaux, U ne parvient jamais à y former un centre d'action..

{") Voyez pi. 2, fig. iT et a6.

(■) — pl« î> fiff- 22, c.

(^) — pi. 2,fig. 19, c.

Tom. VII. 12

go . STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT

Les endosquelettés yivent et s'accroissent en dehors de leur squelette osseux.

Les endoxylés vivent et s'accroissent en dehors de leur squelette ligneux.

Il résulte clairement des comparaisons qui précèdent que la nature a marché par des voies analogues dans les deux règnes des corps organisés , e^ qu'elle a soumis ses productions aux mêmes lois de perfectionnement. Dans les animaux comme dans les végétaux, il existe donc trois principaux degrés de structure, indépendans de tous les systèmes , et , chose admirable ! ces trois degrés occupent le même point dans l'échelle de la progression des êtres.

Il suit des observations contenues dans ce Mémoire, que le règne animal comme le règne végétal fournit trois degrés de structure, d'après l'absence et la présence des tissus solides, et d'après leur situation relativement aux tissus moUuqueux. Que les animaux et les végétaux qui sont dépourvus de tissu solide sont les moins composés et par conséquent les plus simples et les plus imparfaits ; que ceux qui sont pourvus d'un tissu solide extérieur, possèdent des organes et des facultés dont les premiers sont dépourvus ; enfin que ceux qui sont doués d'un tissu solide intérieur, ajoutent centralement un nouvel ordre d'organes aux anciens , et que par conséquent ils sont les plus composés et les plus parfaits. Ainsi, les mêmes bases peuvent servir à diviser les deux règnes des corps organisés.

Les animaux et les végétaux s'éloignent d'autant plus que leur organisation devient plus compliquée; ils se rapprochent d'autant plus qu'elle est plus simple : c'est une conséquence naturelle

de la différence des lois qui régissent le développement des animaux et des végétaux. Si ces lois ne s'étendent que sur un seul organe y il n'y aura qu'une seule différence ; si sur vingt , la différence sera vingt fois plus considérable. Ainsi, l'affinité des deux règnes est du côté des in^niment simples, et leur divergence du côté des infiniment parfaits. Ainsi, la monade est le point de contact de deux embranchemens, dont l'un subit la loi du développement centripète et l'autre celle du développement centrifuge. Ainsi, les ajQinités des animaux et des végétaux sont dans la proportion d'un cône et peuvent se représenter de la manière suivante :

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