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ANALOGIE COMPARATIVE

DES ZOOPHTTES,

AVEC LES E1C01QUELETTE8.

P Sthétrie GtifiRALE. — Aaciuie analogie, puisque les exosquelettës affectent dans toutes leurs parties une disposition binaire , tandis que les zoophytes sont rayonnes

S^" MoTiLiTt. —Aucune analogie, puisque chez les zoophytes il y a absence de pieds articulés ; que la motilitë 8*y fait par une incurvation générale , tandis que chez les exosquelettés la motilitë se fait aux articulations; que le corps horizontal progresse au moyen de Taction alternante de véritables pattes. .

ATEG LES MOLLUSQUES.

l^ STKtTiis fitNftHALE. — Analogie mélangée, puisque chez les mollusques, comme chez les zoophytes, il existe toujours une tendance à la disposition rayonnée. Les membres , quand ils en ont, ou les appendices qui en tiennent lieu, sont rayonnes et tentaculaires. Dans les acéphales , le cœur est symétrique , ainsi que les organes de la circulation. La tète manque dans tous les zoophytes et dans une grande partie des mollusques. Dans les uns et les antres on observe des animaux composés. 3

^o MoTiLiTi. — Analogie complète, puisque chez les mollusques et les zoophytes il y a absence de pieds articulés et par conséquent de leviers solides. Le corps et les membres , quand ils en ont , se meuvent par incurvation générale. Ceux qui sont dépourvus de membres se meuvent par reptation. D*antres, privés de tout appareil locomoteur, sont fixés toute leur vie à la place où ils sont nés. Jamais ni les uns ni les autres ne sont susceptibles du sant, du vol , ni même d'une mardie véritable. 5

3* Ststèmb dbixiqoi. •— Aiieime analogie. Chez les exosquelettës le système dermique s'est consolidé en un squelette, rompu aux articulations, mais jamais contraetile. Il y existe cependant un ëpiderme distinct et trèsfréquemment un système pileux. Une autre différence notable que présente le système dermique des zoophytes et des exosquelettés , c'est que chez les derniers il est toujours exuyiable , tandis qu'il ne l'est jamais dans les premiers

S^ Ststèu BiiHiQoi. •« Analogie complète. Chez les uns et les autres le système dermique est dépourvu d'épîderme et de système pileux ou squammeux. n est tellement adhérent aux tissus sous-jacens qu'il est impossible de l'en séparer. La peau est molle, visqueuse et contractile de toutes parts, et rejette souvent des matières muqueuses dont elle est imprégnée. . . 5

4* Stst. KusctLAiiB. — Aucuno analogie , car chet les exosquelettés il se compose de fibres et de fibrilles complètement distinctes du système tégumentaire« En outre , les muscles des exosquelettés sont distincts les uns des autres , tandis que dans les soophytes ils forment une masse homogène . .

5« Stst. sqoiuttiux. — Aucune analogie , puisque les exosquelettés possèdent un système squeletteux extérieur , composé de deux séries principales , la oéphalique et la rachidienne , à chacune desquelles est adjointe une série desiegmens mobiles pour la manducation et la locomotilité

6* Stst. ctitsio-sriHAi. — Analogie complète, puisque les exosquelettés, comme les zoophy tes , sont dépourvus de ce système 5

•4* Stst. xuscviAïai. — Analogie complète, car de part et d'autre il n'est qu'ébauché et composé de fibrilles qui se confondent avec le derme. Jamais on n'y observe des muscles extenseurs et fléchisseurs pour chaque mouvement 5

5* Stst. sqvxlbttiiix* — Analogie complète, puisque chei les mollusques et les zoophytes il y a absence de système squeletteux, qui très-souvent est remplacé par des sécrétions inorganiques, transsudées par les tissus muqueux et spécialement par la peau 5

6* Stst. ditsto-spiNAL. — Analogie complète, puisque les mollusques, comme les zoophytes , sont dépourvus de ce système 5

7* Stst. hirviux. ^ Le système ner.

7* Stst. nuiviqx. — Le système ner-

veux des exosquelettés ne présente qu'une analogie éloignée arec celui des zoophytes. Chez les premiers , il existe toujours une cavité crânienne renfermant les ganglions cérébraux , qui donnent naissance aux organes des sens; le reste est sous-œsophagien , composé de deux cordons primitifs qui s'unissent et se confondent sur la ligne médiane en une seule moelle longitudinale noueuse. Cette concentration du système nenreux des exosquelettés établit ime différence marquée d'avec celui des zoophytes , où il est désuni en autant de séries qu'il y .a de parties symétriques. La seule analogie qu'il offre est dans la présence d'un anneau œsophagien

8° Stst. RI8PI1AT0I1K. — Les zoophytes j privés pour la plupart de système respiratoire, ont cependant une analogie partielle avec les exosquelettés , fondée sur la présence d'un système respiratoire trachéen chez les échinodermes ; mais ce système est destiné à respirer l'eau , tandis que celui des insectes ne peut servir qu'à respirer l'air , ce qui indique une différence très-notable 2

veux des mollusques est analogue à celui des zoophytes , chez lesquels on en a reconnu l'existence et notamment des échinodermes. Réuni supérieurement en un collier cérébral , il est désuni sur toute sa longueur en autant de séries nerveuses qu'il y a de parties symétriques , ou , ce qui revient au même j chez les mollusques il y a un système nerveux pour chaque c6té de l'animal , et jamais on n'y observe de moelle noueuse longitudinale. Néanmoins, dans les mollusques supérieurs , les ganglions pro - œsophagiens se réunissent en un gros ganglion cérébral , sejoignant avec le ganglion sous-œsophagien , au moyen de deux branches latérales qui embras^ sent l'œsophage. D'autre part , la petitesse des derniers zoophytes n'a pas encore permis de connaître la stucture de leur système nerveux. En sortei que l'analogie de ce système chez les mollusques et les zoophytes doit être considérée comme une analogie de transition, c'estrà-dire mélangée. . . .

S^ Stst. aisnaAToiis. — Chez les mollusques, il existe toujours des organes pour la respiration , soit qu'ils respirent l'air ou l'eau ; les radiaûres oflBrent des pores et des tubes extérieurs pour aspirer l'eau et la transporter A l'intérieur par des espèces de trachées aquifères.

Les acalèphes libres ont encore des mouvemens de contraction et de dilatation qui offrent une analogie avec ceux que produit la respiration chez les animaux supérieurs; les autres

9^ Syst. ciicuLAToiHE. — Lcs exosquolettë« pulmoiiés et branchifères ont un système complet de circulation qui n'offre pas d*analo^e ayec les zoophytes.

Ghex les trachéens, au contraire, la circulation par transfusion établit une analogie avec les zoophytesqui sont dépourvus de vaisseaux artériels et veineux. Néanmoins chez les exosquelettés trachéens , il existe un cœur plunloculaire , terminé par une grande artère et dontTusage parait être d'opérer la transfusion du sang. Cet appareil, qm manque toujours chez les zoophytes, prouve qu'il n'existe qu'une analogie partielle entre eux et les exosquelettés . - . .

10* Stst. MAiiAncÀToiAE. -« Chcz les exosquelettés la bouche est formée de deux lèvres , l'une supérieure et l'autre inférieure, et de mâchoires opposées par paire , dont le mouvement se fait des côtés au centre. En outre , il existe une langue charnue qui facilite la descente des alimens dans l'œsophage. Ce système ne présente donc pas d'analogie

Tom. VIL

zoophytes en paraissent dépourvus.

Ainsi la respiration subit une dégradation CQEftinue. Les ascidies et les tuniciers libres établissent le passage du système respiratoire des mollusques à celui des zoophytes ; par conséquent leur analogie sous ce rapport doit être considérée comme éloignée .... 1

9^ Stst. cieculatoiib.— ^ Les mollusques ont un système complet de circulation ; un cœur qui envoie le sang dans toutes les parties , muni d'oreillettes et quelquefois de valvules; un système Vtesculaire , artériel et veineux : dans les acéphales ce système est symétrique.

Chez les zoophytes , ou trouve parmi les échinodermes des vaisseaux, les uns pour les pieds , les autres pour l'intestin , mais pas de cœur ni de véritable circulation : dans les acalèphes, on aperçoit encore un système vasculaire , mais chez les polypes et les infnsoires ce système disparait entièrement , et la nutrition se fait par imbibition. 11 n'existe donc , sous le rapport du système circulatoire , qu'une analogie éloignée entre les mollusques et les zoophytes. . 1

10® Stst. MAifoucATOiis. — Généralement il consbte , chez les mollusques ^ en un suçoir diversement constitué ou même un orifice simple plus ou moins protractile , garni d'une lèvre circulaire et qui o£Bre une analogie complète avec les zoophytes. Néanmoins les céphalopodes , quelques gastéropodes et les échinodermes ont la bouche armée de

avec oelui des toophytes, ai ce n'est chec les genres où les organes de la mandacation sont transformés en suçoir, ce qui constitue une analogie partielle 2

pièces solides , et quelquefois même il existe une langue musculaire douée de mouTement et facilitant la descente des aUmens dans l'œsophage. Les autres mollusques et zoophytes sont dépourvus d'organes de mastication , en sorte que l'analogie du système manducatoire doit être regardée comme incomplète. . . 4

li<» Syst. DiftiSTir. — Analogie éloignée , puisqu'on ne retrouye pas dans le système digestif des zoophytes les parties constituantes du système digestif des ezosquelettés : œsophage, estomac, * intestin grêle , colon , oœcum , rectum , etc. L'anus au lieu d'être constamment situé a l'extrémité postérieure du corps manque très-«ouTent , de manière que le système digestif représente un sac sans issue. Enfin la structure intime ne présente jamais les trois tuniques principales que l'on observe che« les exosqnelettés 2

11® Stst. moistif. — Analogie partielle. Dans les mollusques céphalés, il existe un œsophage qui porte les alimens dans l'estomac et leAintestini après diverses circonvolutions , et se termine par un anus plus ou moins antérieur.

Dans les acéphdles , au contraire , et les zoophytes, l'ouverture buccale oommuniquesans intermédiaire avec l'estomac, quiestpiriforme, et donne naissance aux intestins ; l'œsophage n'existe plus , et la bouche est formée par le pharynx* Panni les zoophytes, les échinodermes ont un système digestif très-compliqué et composé d'un estomac court, augmenté d'une multitude de cœcums fort ramifiés ; comme les céphalopodes ils ont un mésentère. En général j les mollusques et les zoophytes ont l'anus qui se rapproche de la bouche , jusqu'à ce qu'en* fin chez les polypaires le système digestif soit réduit à n'être plus qu'un sac à une seule ouverture , et qu'il manque totalement dans les infusoires .... â

12® Sy9t. secrétoire. — Les zoophytes étant dépourvus d'appareils hépatî-

12® Stst. sécrétoiri. — Chez les zoophytes , les appareils des sécrétions dis-

que, pancrëatiqae. et nriiiidre , et le plus flouTent d'appareil salivaire , il n'existe entre eux et les exosqaelettës qu'une analogie partielle, fondée sur la présence do l'appareil sdivaire dans quelques ëobinodermes, et sur l'absenoe des appareils pancréatique et urinaire dans plusieurs exosquelettés. .

13*^ Sysî. atRiTÂL. — Lbs exosquelet* tés présentent toujours desaexesséparés sur des indiTidns distincts, leè uns mâles, les autres femeUBS. Tov^joum il y existe un accouplement ; . au contraice , à l'exception des intestinaux nématoîdes, qui se rapprochent sous oe rappcHrt des exosquelettés^ ohei les soophytes , les sexes ne sont pas séparés sur dès individus di£férens, et l'accoupleiBent, quand il a lieu, procure une Cécondatien mutuelle; ainsi il n'existe sous ce rapport qu'une analogie partielle entre les to(H phytes et les exosquelettés ....

paraissent totalement. Il est Trai que ces appareils disparaissent graduellement dans les mollusques ; mais du moins l'existence du foie y est constante. Cet organe cesse d'apparaître dans les soophytes , et je ne connais que quelques échinodermes qui ont encore des vais- 2 seaux hépatiques et des poches salivaires. Au reste , ils sont dépourvus des appareils pancréatique, urinaire;et hé* patique«« Les mollusques , et notamment les acéphales , étant également privés des appareils pancréatique et urinaire , il y a sous ce rapport une analogie mélangée entre eux et les zoophytes. • ^ 3

13^ Stst. otRiTAL. — A l'excepUon des céphalopodes, il existe une analogie très-grande entre les mollusques et les xoophytes , sous le rapport du système génital ; mais nous considérerons cette analogie comme mélangée , tu la perfection des organes génitaux ches les premiers mollusques et leur nnllité chev les derniers zoophytes. En général, chez les uns et les autres , les organes génitaux sont réduits à la plus grande simplicité , les sexes sont rarement séparés sur des individus différons , et l'oii 2 trouve le jdus souvent Vh^rmaphroditisme , soit avec fécondation réciproque comme ches les gastéropodes, la plupart des vers intestinaux ; soit avec fécondation propre sans accouplement.

Enfin, chez les acéphales nus et plusieurs polypaires , on ne découvre plus de traces d'organos sexuels, mais seulement des ovaires. 3

1 4® Situation des otG aubs . — La situation des organes chez les zoopbytes ne présente qu'une analogie éloignée avec les exosquelettés. On n'y retrouve plus la position horizontale , les membres latéraux , bissériés j les grandes divisions du eorps , le cœur dorsal , la moelle longitudinale noueuse inférieure, la tête et les organes des sens , etc. ; tout parait entraîné vers un nouvel ordre de distribution , et il n'existe plus même d'organisation univoque. L'ouverture buccale et le canal alimentaire occupent bien le centre des zoopbytes , mais les divers systèmes n'y présentent que rarement cette disposition longitudinale qui est si constante chez les exosquelettés 1

15® Suis bu Toucast. — Les exosquelettés ne présentent qu'une analogie mélangée avec les zoopbytes. En effet , ceux qui sont munis de tégumens solides ne présentent qu'une analogie éloignée j tandis que ceux dont l'enveloppe est molle se rapprochent davantage des zoopbytes. Giez les premiers la sensibilité est augmentée par des poils épars, qui manquent toujours chez les animaux des séries inférienres 3

16<* Sms au oout. — Le sens du goût existe manifestement chez les exosquelettés; souvent on les voit goûter les

14* Situation dbsoioanis. — La situation des organes chez les zoopbytes ne pré- 5;ente qu'une analogie partielle avec les mollusques céphalés , mais elle se rap* proche beaucoup de celle des acéphales , surtout par l'intermédiaire des tunieiers qui paraissent former le passage des mollusques aux boloturies et polypiaires* L'appareil respiratoire y consiste en tubes aquifères , la circulation a lieu dans un double système de vaisseaux. Gomme dans plusieurs acéphales , on trouve le canal intestinal traversant le cœur , les deux extrémités du tube digestif se rapprochant l'une de l'autre. Le système nerveux, supérieurement réuni, consiste en filets nerveux divergeans ; enfin les tunieiers et les zoopbytes présentent ces individus agrégés constituant par leur réunion unemasse oommuneoomme divers polypiers 3

15® SiNs au TouGHBi. — A cet égard, il y a analogie complète entre les mollusques et les zoopbytes chez lesquels la peau parait jouir d'une grande sensibilité. Son union aux tissus sous-jacens lui fait transmettre les moindres sensiiH tiens et exécuter toute espèce de contraction; aussi est-ce le sens le plus parfait de ces animaux. Dans plusieurs, il exbte des organes spéciaux, tentaculaires , placés au pourtour de Touverture buccale et doués d'un toucher exquis . 5

16® SiNsau OOUT. — Les zoopbytes et les acéphales , quoique dépourvus en apparence d'appareil du goût I n'avalent

liquides et les abandonner on s'en nourrir, suivant qu'ils les jugent bons ou mauvais. Toujours il existe une mastication dans la cavité buccale , ce qui n'existe que chez quelques zoophytes supérieurs . Il n'y a donc entre eux qu'une analogie partielle sous le rapport de ce sens ,>•..•.«••••

17* Sens de l'odorat. — Analogie éloignée. Quelques radiaires seulement paraissent doués du sens de l'odorat, qui chez les exosquelettés est porté au plus haut degré de développement, puisqu'on les voit arriver à de grandes distances vers les objets qu'ils affectionnent et qui sont dérobés à leur vue . . •

18^ Suis de l'ocîe. — Aucune ana* logie, les exosquelettés étant pourvus de ce sens , dont les zoophytes sont dépourvus

19* Sers de la vue. — Aucune analogie , puisque ce sens existe toujours chez les exosquelettés et que les zoophytes en sont toujours privés . . .

pas indistinctement toutes les substances qu'ils rencontrent, en sorte qu'ils ne sont pas entièrement dépourvus de ce sens ; mais comme il n'y a pas de mastication , cette sensation doit être bien peu développée. Les mollusques céphales et les polypiaires font choix de leurs alimens , mais les premiers sont pourvus d'une langue servant à la dégustation qui manque chez les seconds. Il y a donc analogie mélangée sous le rapport de ce sens 3

1 7* Sens de l'odoeat . — Analogie complète. Quelques mollusques et zoophytes des plus parfaits paraissent pourvus d'odorat et sont attirés par certaines odeurs ; mais il est certain qu'il n'existe pas d'organe spécial pour l'olfaction.

Quant aux autres , ils sont entièrement privés du sens de l'odorat 5

18* Sens de l'ouïe. — Analogie incomplète. Les mollusques et le zoophytes sont dépourvus de ce sens , à l'exception toutefois des céphalopodes qui offrent des rudimens de système auditif, . . 5

19* Sers de la vue. — Analogie mélangée. Ce sens, nul dans les zoophytes, l'est également dans les mollusques acéphales. Les mollusques céphales ont de simples points oculaires , qui , quoiqu'assez compliqués, paraissent d'une faible utilité. L'appareil de la vue est au contraire très-compliqué chez les céphalopodes 3

20* Facultés intellectuelles. — Au-

20* Facultés ihtellectubllbs. — Chez

i34 STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT

cane analogie, puisque les exosquelettés les mollasques et les zoophytes , aucun exécutent une foule d'actes qui dénotent acte ne dénote de la réflexion et de la manifestement de la réflexion et de la mémoire, toutes leurs actions paraissant mémoire, facultés dont les zoophytes dues à l'instinct ou à la sensibilité vitale, sont totalement dépourvus .... Cependant cette analogie ne saurait être

regardée que comme incomplète , puis- ^* que les céphalopodes sont doués d'appareils de relation qui doivent faire présumer qu'ils ne sont pas dépourvus de facultés intellectuelles. . •' . .

Cet examen démontre que les exosquelettés , comparés aux zoophytes 9 présentent :

l^ Une analogie complète^ résultant de l'absence du système cérébro-spinal ;

2^ Une analogie mélangée : le sens du toucher ;

3^ Six analogies partielles : le système manducatoire^ le système circulatoire^ le système respiratoire ^ le système génital^ le système sécrétoire et le sens du goût ;

4^ Quatre analogies éloignées : le système nerveux^ le système digestif^ le sens du goût et la situation des organes ;

5^ Huit analogies nulles : la disposition générale^ la motilité^ les systèmes dermique ^ musculaire et squeletteux^ les sens de l'ouïe et de la Tue^ et les facultés intellectuelles.

Au contraire^ les mollusques comparés aux zoophytes^ donnent:

l^ Sept analogies complètes résultant de la motilité^ les systèmes dermique , musculaire^ squeletteux , cérébro-spinal , les sens du toucher et de l'odorat ;

DES ANIMAUX ET DES VÉGÉTAUX. i35

2p Trois analogies incomplètes^ savoir : le système manducatoire^ le sens de Fouïe et les facultés intellectuelles ;

3<> Sept analogies mélangées : la disposition générale , les systèmes nerveux^ génital et sécrétoire^ les sens du goût et de la vue , la situation des organes ;

4^ Une analogie partielle : le système digestif ;

5^ Deux analogies éloignées : les systèmes respiratoire et circulatoire.

Ainsi comparés aux zoophytes^ les mollusques présentent 72 pour cent et les exosquelettés seulement 24 pour cent d'analogie.

Nous avons démontré que les exosquelettés présentent 74 pour cent, et les molusques seulement 44 pour cent d'analogie avec les vertébrés; par conséquent, il est mathématiquement prouvé que les exosquelettés sont supérieurs aux mollusques ; qu'ils se rapprochent davantage des vertébrés et s'éloignent plus des zoophytes, tandis que les mollusques se rapprochent plus des zoophytes et s'éloignent davantage des vertébrés.

Il suit de ce qui précède, que si l'on veut établir la classification des animaux d'après le rapport des formes , le mode de progression et de développement de l'intelligence, de l'activité vitale et surtout d'après l'ensemble des affinités, il est certain que les exosquelettés sont infiniment plus rapprochés des vertébrés que les moUbsques, et que ceux-ci sont incomparablement plus voisins des zoophytes que les exosquelettés.

Il suit encore de ce qui précède que les exosquelettés et les mollusques ne forment pas, comme l'a prétendu M. Blainville, deux séries parallèles , puisque la somme des analogies n'est pas la même entre eux et les vertébrés ou les zoophytes.

i36 STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT

Chez les mollusques ^ il y a prédomiuance^des fonctions vitales ou végétatiTOS : les systèmes digestif^ circulatoire^ respiratoire et sécrétoire. Les organes des sens y sont nuls ou peu déyeloppés^ souvent même ils sont réduits au seul sens du toucher.

Chez les exosquelettés^ au contraire^ il y ^ prédominance dans le développement des fonctions animales et instinctives ^ savoir : le système musculaire pour la motilité^ et pour la sensibilité et les facultés intellectuelles le système nerveux et les organes des sens.

Rien ne démontre mieux la marche de la nature que l'étude des perfectionnemens successifs. £n passant des animaux les plus imparfaits aux animaux supérieurs^ en partant du plus simple au plus composé y on voit tour-à-tour apparaître les divers systèmes organiques et les fonctions se localiser. Chez les inliisoires on ne remarque que le mouvement se rapportant à un centre d'actions; l'appareil de la digestion commence dans les polypes ; la fécondation sexuelle apparaît chez les intestinaux ; les radiaires commencent à offrir un système respiratoire; le cœur et le foie se découvrent dans les acéphales ; le sens de la vue^ chez les gastéropodes où l'on commence à reconnaître une tète distincte ; l'audition se présente chez les céphalopodes qui ouvrent la série des êtres unisexuels ; les exosquelettés o&ent des muscles distincts les uns des autres , im squelette et une moelle longitudinale noueuse; enfin ^ les vertébrés présentent le système cérébro^ spinal et Taxe des vertèbres. Ainsi ^ en marchant des animaux les plus imparfaits jusqu'à ceux qui sont le plus élevés dans l'échelle^ il y a une augmentation constante d'appareils nouveaux^ et cette addition marque invinciblement la vraie marche de la nature.

Cette observation nous montre la marche qu'il faut suivre

pour arriver à la classification naturelle des animaux; ce n'est pas d'après quelques faits isolés^ mais d'après l'ensemble des faits que doit être formée la méthode naturelle. Les rapprochèmens partiels^ quelque saillans qu'ils puissent paraître^ sont souvent inconciliables avec l'ensemble des faits ^ et par conséquent doivent céder aux considérations générales^ auxquelles il faut définitivement revenir. Si Ton n'admettait pas ce principe , rhistoire naturelle^ au lieu de présenter de grandes et- vastes considérations^ ne deviendrait bientôt qu'une masse d'abstractions et de spécialités réunies par des considérations partielles y mais dénuées d'ensemble. Placer les exosquelettés après les moUusques> ce serait pos1|>oser des êtres doués d'une foule de facultés dont les derniers sont dépourvus; ce serait intervertir l'ordre formé par la nature. Au contraire^ la considération du système solide est pleinement en harmonie avec les perfectionnemens ; elle peut bien écarter quelques faits isolés y mais elle marche avec l'ensemble des faits et par conséquent avec la progression naturelle des animaux.

Sans doute ^ il existe entre les vertébrés et les exosquelettés un hiatus insurmontable ^ résultant de l'absence -du système cérébrospinal et de vertèbres intérieures ; mais après l'examen général que nous avons entrepris^ nous pourrons aussi appeler quelques faits qui présentent des rapprochemens partiels très-sensibles. En effets les mywines présentent des mâchoires latérales comme les exosquelettés; les chondroptérigiens suceurs présentent deux séries de stigmates véritables y et un appareil respiratoire qui parait indiquer la transition des branchies aux trachées. Le genre scorpcBfia ofiire des espèces d'antennes et beaucoup de genres de Tom. VU. 18

i38 STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT, ETC.

poissons sont munis de barbillons analogues aux palpes des insectes. Le passage du squelette intérieur au squelette extérieur s'observe même chez plusieurs poissons dans lesquels la peau se solidifie de manière à se transformer en ime espèce de squelette composé d'anneaux superposés y tels qu'on l'obserre dans les syngnathes^ les hippocampes, les loricaires^ etc. Quant au passage des exosquelettés aux asquelettés^ il a lieu manifestement par l'intermédiaire des annelides. Ces faits suffisent pour démontrer que l'on peut invoquer, en faveur de l'opinion que je défends^ des argumens du genre de ceux que font valoir ceux qui cherchent à établir la prédominance des mollusques. Mais quant aux faits généraux que j'ai exposés^ ils parlent tellement haut qu'ils me paraissent supérieurs à toutes les subtilités de l'école.

U suit des observations qui précèdent qu'il y a progression dans l'organisation animale en passant du plus simple au plus composé^ et que cette progression est en rapport direct avec la présence et la situation du squelette. Ainsi, le degré de perfection du système solide est égal au degré d'élévation dans la série des animaux.

D'après ces considérations^ nous croyons pouvoir présenter pour le règne animal, le tableau ci-joint :

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