CHAPITRE I
Description des glandes.
Si nous nous étions borné à examiner ies préparations, relativement peu nombreuses, faites par M. Baraban sur les uretères des deux suppliciés qu’il a observés, et si nous les avions considérées comme des types dans lesquels se résumerait tout ce que comporte la structure des uretères, calices et bassinets, nous nous serions étrangement trompé. Aucune d'elles en effet ne présente rien qui soit comparable à ce qui a été décrit sous le nom de glandes par Unruh pour le bassinet, et par Egli pour l’uretère. On n’y trouve même rien qui rappelle les nids ou les bourgeons épithéliaux de Brunn, car nous ne croyons pas que l’on puisse considérer comme glande ni comme bourgeon spécial ce qui est représenté figure XXVI, à un faible grossissement ; 1l y a là tout simplement une papille double avec vallon intermédiaire rempli d’épithélium, formation sur laquelle nous aurons du reste l’occasion de revenir un peu plus loin. P’autre part, nous avons achevé nous-même d'étudier par de nombreuses préparations ce qui restait des tronçons d’uretère recueillis sur les dits suppliciés,et nous n'y avons rien trouvé de plus. Avions-nous le droit d’après cela de tenir pour mal fondées les observations antérieures ? Evidemment non, et cela d'autant moins que toute la longueur des uretères n’avait pu être explorée. Egli, du reste, avait déjà fait remarquer l’inconstance des glandes urétérales et l'irrégularité de leur répartition quand elles existent. Ces
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deux faits ne pouvaient donc servir qu’à insister nousmême sur cette circonstance et cette irrégularité.
Nous avons été plus heureux avec d’autres sujets, et nous avons pu, grâce au mécanisme des coupes en séries, infirmer la manière de voir de Brunn sur les formations glandulaires de l’uretère. Nous dirons en premier lieu que nous n’avons jamais rencontré les dispositions auxquelles cet auteur à donné le nom de nids épithéliaux, les coupes sériées nous ayant toujours permis de voir le point d'attache de ces prétendus nids à l’épithélium de surface. On se rappelle d'autre part que Brunn refuse le titre de glandes aux dispositions considérées comme telles par Egli, Unruh, Hamburger, etc. ; pour lui, ce sont de simples crêtes épithéliales dont l'existence est subordonnée à celle de crêtes conjonctives qui sillonnent en tous sens la surface libre du chorion, s’anastomosent, et limitent les dépressions de formes variées où s'enfonce l'épithélium de surface, sans y présenter la moindre modification. Il suffira, croyons-nous, au lecteur de considérer les figures XIV à XX, faites à un faible grossissement, pour se convaincre qu'il n’y à pas lieu d’admettre l’opinion de Brunn. Ces sept figures représentent en effet les coupes successives d’une de ces formations, et il en ressort nettement qu'elle n’est pas une crête, mais un bourgeon plus ou moins irrégulier rattaché par un pédicule étroit à l’épithélium. Il est vrai que Brunn a admis que les crêtes conjonctives pouvaient s’épaissir, se rapprocher, se modifier, et transformer en bourgeons, voire même en nids épithéliaux indépendants, les crêtes épithéliales susdites, mais on ne voit pas trop pourquoi Brunn accorde une telle prépondérance au tissu conjonctif sur l’épithélium, alors que tant d’autres exemples nous montrent le tissu conjoncüf au service de ce dernier. Ces bourgeons ne pourraient-s pas s'expliquer tout aussi bien par le mécanisme qui préside habituellement à la formation des glandes ?