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Brunn objecte enfin que ces bourgeons n’ont pas de cavités, que l’on n’y rencontre pas de phénomènes de sécrétion, que les éléments n’y diffèrent pas de ceux de lPépithélium superficiel.
Nous pourrions discuter ces objections, et peut-être les réduire à néant. Nous dirions par exemple qu’une glande sébacée, bien que ne possédant pas de cavité, n’en est pas moins une glande ; que si Brunn n’a pas rencontré de phénomènes de sécrétion, c’est qu’il n’a pas observé au bon moment ; et enfin que la ressemblance des éléments glandulaires avec ceux de l’épithélium superficiel est un caractère qui se retrouve facilement dans le tube digestif, où cependant les glandes sont incontestables. Mais nous préférons nous borner à exposer ce que nous avons vu äu Cours de nos recherches.
Voici par exemple la figure XXI avec ses deux prolongements épithéliaux A et B. Il nous semble impossible, quoiqu’on fasse, de refuser à l’un de ces prolongements A le titre de glande ; la lumière y est assez nette, la bordure des cellules à peu près régulière, différente à coup sûr de l’épithélium de surface, et si l’on peut y critiquer quelque chose, c'est le vague dans lequel reste le canal excréteur dans son passage à travers le revêtement général. Quant au prolongement B, la lumière semble y faire défaut, mais cependant le centre en est plus clair, et il est évident que les cellules qui l’occupent ont un protoplasma moins granuleux que celles de la périphérie.
Examinons ensuite la figure XXII. Elle représenterait, si l'on n’avait pas comme moyen de contrôle les coupes voisines, un bourgeon épithélial complètement détaché de la couche générale, un bourgeon de Brunn. En réalité, on a sous les yeux un cul-de-sac de glande dont le canal excréteur, compris dans les préparations suivantes, se dirigeait fort obliquement vers la surface. L'observation des cellules qui
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bordent ce cul-de-sac est rendue difficile par leur petitesse même et par l’obliquité sous laquelle se présente la paroi, de telle sorte qu’à un examen superficiel on pourrait croire que cette paroi est tapissée par un épithélium stratifié. IL y a cependant un point où l’on reconnaît que l'épithélium est simple : c’est dans la demi-circonférence superficielle de la glande ; ailleurs il semble participer aux caractères de l’épithélium du canal. Que si l’on voulait absolument refuser le nom de glande à une formation de ce genre, sous le prétexte que l’on n’y surprend pas des phénomènes de sécrétion, on ne pourrait cependant pas la considérer autrement que comme un diverticule creux, tapissé par un épithélium différent de celui des parois du canal, et s’ouvrant à la surface de ce canal par un conduit.
La figure XXI]II, nous paraît apte à accentuer encore la démonstration en faveur de la nature glandulaire de ces prolongements. On y voit en effet plusieurs bourgeons plus ou moins bien délimités les uns des autres, mais nettement séparés de l’épithélium d’une part, et d’un cul-de-sac en continuité avec la surface d'autre part. L'étude des coupes voisines montre que les bourgeons ne sont point en réalité séparés de l’épithélium, mais constituent autant de culs-desacs irréguliers groupés autour d’un canal excréteur commun, dont le revêtement est assez semblable à celui du canal de l’uretère, C’est là, croyons-nous, une glande composée, et non pas un simple repli.
La figure XXIV laisse voir une association de glandes simples, chacune formant un petit cul-de-sac dont les relations vraies avec la surface ne peuvent s'établir que par l'inspection des coupes voisines. Nous devons reconnaitre que le canal excréteur y est fort rudimentaire, pour ne pas dire absent, et qu'à leur niveau on trouve une simple dépression de l’épithélium superficiel. Si nous nous servions de ces données pour interpréter la figure dans
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laquelle Hamburger représente les glandes de l’uretère sous la forme d’un bourgeon épithélial plein, rattaché à l’épithélium superficiel, nous dirions qu'Hamburger a été mal servi par l'orientation de ces glandes, car nous avons rencontré, nous aussi, des apparences analogues toutes les fois que la coupe passait en dehors du centre de figure des bourgeons. D'autre part, on ne peut considérer ces bourgeons si rapprochés comme des replis commandés par le tissu conjonctif, car celui-ci est peu abondant entre les culs-de-sacs. Enfin, quand la coupe est favorablement orientée, on constate facilement que l’épithélium de surface n'y pénètre pas sans éprouver des changements importants qui en modifient complètement la nature.
Nous pouvons donc confirmer absolument ce qui à été dit par Unruh, Egli, Hamburger, etc., sur l'existence des glandes de luretère et sur leurs dispositions générales. Elles sont simples ou composées, avec culs-de-sacs irrégulièrement arrondis et canaux excréteurs rudimentaires. Aussi est-ce aller peut-être loin que de dire avec Egli qu'elles ont une forme intermédiaire entre la glande en grappe et la glande en tube.
Quant à leur contenu, nous nous séparons des observateurs précédents en démontrant que les culs-de-sacs ne sont pas toujours remplis de cellules épithéliales, et, par conséquent, ne peuvent être comparés aux glandes sébacées. Ces culs-de-sacs n’ont souvent qu’une bordure de cellules, cylindriques ou cubiques ; mais il est juste de reconnaitre que l’on rencontre difficilement sous ce rapport des préparations absolument typiques.
Est-il nécessaire maintenant de réfuter l'opinion de Bianchi Mariotti, qui refuse à ces formations le titre de glandes, sous le prétexte qu’elles seraient des vestiges atrophiés de quelques-uns des bourgeons émis par l'uretère pour se mettre en communication avec la partie du rein formée du
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corps de Wolff? Nous ne refusons assurément pas d'admettre avec lui que ces formations naissent par bourgeon- . nement, mais nous contestons que le fait, pour ces bourgeons, de ne pas avoir atteint le rein, puisse être invoqué contre leur nature glandulaire actuelle. En définitive, tout dans la structure de l’épithélium démontre qu'il produit du mucus ; ce mucus est fourni, là où 1l n’y a pas de glandes, par les cellules mêmes de l’épithélium : pourquoi ces cellules ne se modifieraient-elles pas dans le but exclusif de faire du mucus, quand elles sont par leur situation soustraites aux conditions habituelles du revêtement ?
Il existe donc des glandes dans le bassinet et les uretères. Comment y sont-elles réparties ?
Ce que nous avons déjà dit des préparations de M. Baraban montre que certains uretères peuvent ne pas présenter de glandes sur d’assez grandes étendues. Il faut donc signaler en première ligne leur ineonstance relative, sans cependant affirmer qu’elles puissent manquer totalement.
Sur d’autres sujets, au nombre de quatre, dont nous avons exploré les uretères, après distension par l’alcool ordinaire et coloration au carmin aluné, nous n’avons jamais vu les glandes faire défaut, mais nous avons constaté que certains uretères en sont mieux fournis que d’autres.
Nous les avons trouvées moins abondantes et plus irrégulèrement distribuées dans le bassinet que dans l’uretère. A la partie supérieure de ce dernier elles sont relativement nombreuses : on en voit facilement quatre ou cinq sur une coupe, aux divers degrés de développement que nous avons indiqués.
Les cinq ou six premiers centimètres varient peu sous ce rapport, mais depuis le septième environ, on assiste à une diminution graduelle, ‘de telle sorte qu’à partir de quatre ou six centimètres au-dessus de 1a vessie, il devient impossible d'en trouver jusqu’à l'embouchure du conduit dans cetorgane.
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Nous devrions terminer ici ce chapitre, car il ne nous reste plus rien à dire sur l'anatomie ou l’histologie de ces glandes. Qu'on nous permette cependant encore une réflexion. Tout à l'heure, nous avons rejeté les raisons pour lesquelles Bianchi Mariotti ne veut pas considérer comme des glandes les formations que nous nommons ainsi, mais nous nous sommes défendu en même temps de repousser les faits qu’il signale, et si nous y insistons, c’est parce que le mode de répartition des glandes uretérales nous semble venir à l’appui de ces faits eux-mêmes.
Si, en effet, la présence de glandes muqueuses était nécessaire sur le parcours des premières voies urinaires pour augmenter les moyens de défense de l’épithélium contre le contact de l'urine, on ne voit pas bien pourquoi ces glandes seraient inconstantes, ni pourquoi elles ne seraient pas uniformément réparties dans toute l’étendue de ces voies.
De plus, nous croyons pouvoir dire que les phénomènes de sécrétion n’y paraissent pas très actifs. Bianchi Mariotti pourrait donc avoir parfaitement raison quand il les envisage comme les vestiges de bourgeons dont le but le plus élevé n'aurait pas été atteint; mais si leur rôle, qui consiste dans l’excrétion de l’urine et la fabrication du mucus, n’a pas été rempli entièrement, ne peut-on admettre qu'il lait été en partie, et que ces bourgeons se bornent à produire du mucus.