‹ Recherches sur la structure des annélides sédentairesChapitre 17 sur 55 · BIOGRAPHIE. XXIII · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE. XXIII

qu'elle sert, en général, à désigner une certaine conception métaphysique de l'élaboration du divin dans le monde, conception absolument étrangère à sa pensée. Il était très-peu hégélien.

Partisan déclaré du transformisme, il ne croyait pas à l'innuorlalité personnelle de l'individu, mais à la persistance et à la transformation des forces sous lesquelles il se révèle à nous.

Tel est le résumé sommaire des opinions de Claparède, formulé d'après de nombreuses conversations et qui se trouve d'ailleurs confirmé par l'ensemble de ses cours et de ses écrits. Ceux qui ont connu Thomme dans l'intimité y retrouveront, je n'en doute pas, l'expression aussi fidèle que possible de sa pensée '.

Ces tendances lui avaient valu, au début de sa carrière, d'innombrables désagréments de la jiart des personnes vouées aux idées dogmatiques. 3Iais après quelques années, lorsqu'il fut mieux connu, il finit par être apprécié par ceux mêmes qui s'étaient faits ses détracteurs, et il mettait une certaine coquetterie, qui n'était pas sans un grain de malice, aies traiter en amis, ou même les inviter à sa table, (( comme il convenait à un homme sans préjugés. » On l'entendait volontiers répéter « que la divergence des opinions ne doit point éloigner les hommes les uns des autres, » ainsi que cela se voit malheureusement trop souvent dans ce monde, et il se divertissait aux dépens de ceux qui. parce qu'ils ne pensent pas de même sur certains points, croient ne plus pouvoir se saluer.

Sa conversation était toujours savante, sur quelque sujet qu'elle se portât, car on aurait difficilement trouvé une spécialité scientifique ou littéraire, même parmi les plus étrangères à ses études ordinaires, sur laquelle il fût' pris au dépourvu, et malgré le positivisme de ses travaux, il ne dédaignait point les œuvres d'imagination. Dans l'abandon de l'intimité, il devenait un causeur charmant, avec lequel on oubliait les heures, et, dans le monde, que ses maux l'empêchaient de

' Il faut lire son remarquable morceau sur les Forces vitales pour juger de la logique avec laquelle il savait appliquer les principes de Kant. (V'oyez le n° 22 de la liste des ouvrages de Claparède.)

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