‹ Recherches sur la structure des annélides sédentairesChapitre 16 sur 55 · XXII BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

XXII BIOGRAPHIE

efforl de Tespril ne peiil nous faire sorlii' de iioiis-mèmes pour juger ce que les choses sont en soi. Mais ce monde phénoménique a ses lois, subjectives comme lui, et c'est là le champ ouvert à la science, à l'expérience et à l'observation.

Claparède s'arrêtait là; il ne suivait pas le philosophe de Kœnigsberg dans ses efforts pour relever sur l'échafaudage de la raison pratique et de l'impératif catégorique, tout l'édilice de la métaphysique si savamment renversé. Il pensait en effet que la critique de la raison pure avait répondu par avance, et d'une manière irréfutable, à cette tentative pour restaurer le monde objectif.

Dans ses entretiens intimes, on l'a maintes fois entendu parler avec admiration et sympathie de l'idéalisme de Fichte. Il faisait observer que cette doctrine découlait assez logiquement d'une critique aux termes de laquelle l'objet s'idcutitiail avec le sujet, le non-moi devenait une simple modilicalion du moi. De là à admettre que le moi crée le nonmoi, comme le premier terme d'une antinomie appelle le second, il n'y a pas loin. Claparède le sentait et cette philosophie tout à la fois si élevée et si virile, dans laquelle d'un bout à l'autre règne la notion de force, avait pour son esprit des côtés séduisants. Cependant il n't'îtait fichtien qu'à ses heures et il reconnaissait que cette métaphysique subjective était condamnée d'avance par le simple emploi de la méthode critique.

Il résulte de ce qui précède que, comme philosophe, Claparède doit être classé, non parmi les matérialistes, mais parmi les critiques, ou si l'on veut, parmi les idéalistes dynamiques, c'est-à-dire ceux pour qui la matière se résume dans la notion de force, la force n'étant elle-même qu'une modification du sujet, une conception de l'esprit, en d'autres termes, une pensée.

La notion de Dieu se confondait pour lui avec celle de la force considérée à un point de vue abstrait, de même que cette force, considérée au point de vue concret, s'identifiait avec la notion du monde. Cependant Claparède repoussait la (jualincation de panthéiste, parce

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