‹ Recherches sur la structure du pistil et sur l'anatomie comparée de la fleurChapitre 15 sur 89 · S VI · texte numérisé non relu

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PISTIL UNILOCULAIHE \ PLACENTATION PARIETALE, INPàRE.

Je vais m'appliquer à montrer que , entre les ovaires infères de ce type et les supères, les différences de structure ne sont que

^^^ Ann. des sciences nai. 3* série, l. II, p. ag; i844.

secondaires, et qu'elles tiennent aux appendices extérieurs, nop

au pistil lui-même.

Je citerai comme exemple les Orchidées et les Gessnériacées.

Orchidées. (PL VII.) — Le pédicelle floral du Phajus Wallichii (fig. 1 90-1 99) possède six faisceaux rangés en cercle, dont trois (a), ceux qui correspondent en haut aux sépales, sont plus forts que les autres (6).

A la naissance de l'ovaire, six sillons superficiels, alternes avec les faisceaux, divisent Taxe en six lobes, et régnent dans toute la hauteur de Torgane; en même temps, les six faisceaux s'incurvent légèrement en dehors, et, tandis que les plus faibles (6) restent simples, les autres (a) se divisent en constituant chacun une branche interne superposée (a'), et deux branches plus faibles intérieures à celles-ci (a), qui tournent leurs trachées Tune vers l'autre; puis la loge apparaît. Il est clair que, à partir de cette inflexion extérieure des faisceaux, de cette division de certains d'entre eux, de ce siUonnement externe, l'axe floral a disparu en produisant six faisceaux appendiculaires destinés aux parties extérieures, et trois systèmes carpellaires (a'+aa) désormais indépendants. Dès que la loge apparaît, les faisceaux latéraux de chacun des systèmes internes pénètrent dans chacune des divisions de ses placentas bifurques, pour nourrir les ovules qui les recouvrent dans toute leur longueur, tandis que le faisceau médian, alterne avec les placentas, se rapproche de la paroi interne et se rend en défmitive dans le style. Quant aux faisceaux externes (fig. 198, a y 6), simples dans la partie inférieure, ils se divisent radialeiiient au sommet de l'ovaire, pour donner naissance, comme je l'exphquerai plus tard, à l'androcée et au périanthe.

Ainsi le pistil des Phajus est constitué par trois feuilles carpellaires, à bords associés, peu saillants dans l'intérieur et libres sur leur marge, où ils portent un grand nombre d'ovules. Mais le système vasculaire de ce pistil est enveloppé dans une gaine parenchymateuse commime avec ceux des douze appendices floraux

extérieurs , vasculairement confondus deux à deux et représentés seulement par six faisceaux indépendants, absolument comme cela se voit dans le Galanihus nivalis. Cest cette réunion du pistil à l'ensemble des parties externes qui constitue réellement la partie inférieure de la fleur des Orchidées, à laquelle on donne le nom impropre d'ovaire infère.

En général, dans cette famille, les bords repliés des feuilles carpellaires sont Irès-peu saillants dans la loge , et ne s'y rencontrent pas; mais il y a des Orchidées qui présentent, à cet égard, un développement plus avancé, qui donne à leur ovaire la plus grande ressemblance avec celui des Amaryllidées : je citerai le Platanlhera bifolia, mais surtout le Phalenopsis amabilis (fig. 208). Dans cette dernière plante, les faces latérales des carpelles, confondues en épaisses cloisons homogènes , s'avancent vers rinlériexu-, se rencontrent au centre, et se pressent en devenant prismatiques; les bords de chaque carpelle se réfléchissent ensuite en dehors , et les ovules qu'ils portent paraissent insérés sur deux saillies longitudinales, à l'angle interne des trois loges imparfaites ainsi constituées.

La seule différence entre cette organisation, tout à fait semblable à cefle qui est constante chez les Cucurbitacées, et celle des Amaryllidées, réside dans le contact moins intime, dans l'absence d'adhérence des surfaces en regard, qui se touchent néanmoins dans la plus grande partie de la hauteur du pistil. Nous voyons donc ici un exemple des transitions qui existent entre les feuiUes carpellaires ouvertes entraînant le mode de placentation des ovules dit pariétal, et les feuiUes fermées par le rapprochement au contact et l'adhérence de leurs bords, impliquant la pla^ centation dite angulaire.

Dans les Phalenopsis comme dans les Phajus, les carpelles sont vasculairement libres des parties externes dès la base de la fleur, comme c'est le cas pour les Galanihus parmi les Amaryllidées. Mais ailleurs, chez les Dendrobiant Pierardi, Angrœcam ebumeum, Epidendron cochleatum, etc. nous retrouvons l'oi^anisation des

Narcisses; cest-à-dire que les faisceaux latéraux grêles des carpelles sont seuls distincts des faisceaux qui correspondent aux sépales, dès la base de la fleur, et que ce n est que vers le sommet de Tovaire que ces derniers se dédoublent pour donner les faisceaux dorsaux qui entrent dans le style, tandis que leurs branches externes iront, en se dédoublant de nouveau, former les appendices extérieurs. Bien plus, tandis que le Cypripediam calceolas (fig. 209-219), par ses carpelles entièrement distincts dès la base, revêt le premier mode d'organisation, le Cypripediam insigne, où le faisceau dorsal du carpelle ne se dégage des parties externes quau sommet de Tovaire, se rattache au second; circonstance bien curieuse, et qui nous montre, par une preuve nouvelle, le peu d'importance réelle de ces différences d'insertion vasculaire, qu'il est nécessaire cependant de savoir démêler dans tous les cas, si l'on veut mettre en pleine évidence la vraie organisation de la fleur et du pistil, qu'elles tendent bien souvent à dissimider.

Gessnériacées. (PI. XV, fig. 5ii-5i6.) — Pour ne pas m'en tenir à ce seul exemple, je décrirai rapidement la structure anatomique de la fleur des Gessnériacées.

Le pédicelle floral du Gessnena eminens produit sous la fleur dix faisceaux qui s'incurvent en dehors, et deux latéraux qui restent en place; puis la loge naît, et dès lors l'axe a disparu. Des dix faisceaux qui se relèvent dans la paroi elterne, cinq (a), ceux qui correspondent en haut aux pétales, se dédoublent radialement (c), en même temps que les faisceaux latéraux [d) émettent deux branches à trachées externes (c') qui se ramifient chacune dans une lame du placenta bifurqué, recouvert d'ovules. Les cinq faisceaux (c), joints aux latéraux [d) et aux marginaux (c'), constituent les nervures des carpelles, qui se trouvent ainsi vasculairement libres, dès la base de l'ovaire, de l'ensemble des appendices extérieurs représentés par les dix faisceaux simples périphériques (a, 6). Ces cinlj faisceaux internes (c) paraissent correspondre aux nervures médianes des cinq carpelles super-

posés aux pétales qui entrent typiquement dans l'organisation de la fleur, et qui, faute de faisceaux latéraux que Taxe est trop pauvre pour leur fournir à toutes, ne constituent ordinairement que deux feuilles carpellaires, ovulifères sur leurs bords associés, peu repliées à l'intérieur et libres sur leur marge. Mais assez souvent l'axe fournit des faisceaux latéraux à trois de ces nervures médianes, quelquefois même à quatre dentre elles, et la loge a trois ou quatre placentas pariétaux. Je n'ai pas rencontré jusqu'à présent de fleurs où les cinq carpelles, munis tous les cinq de faisceaux latéraux, seraient ovulifères sur leurs bords.

Vers la moitié ou les deux tiers de la hauteur de l'ovaire, le parenchyme se sépare entre le système vasculaire du pistil et les dix faisceaux simples périphériques (fig. 5i3), et l'ovaire se trouve libre de toute adhérence dans sa partie supérieure\ Ensuite, dans la coupe externe, les cinq faisceaux [b) alternes avec les cinq carpellaires se dédoublent radialement à leur tour; puis on voit les branches externes [b) pénétrer dans les sépales, tandis que les internes [e) constituent, avec les cinq faisceaux (a) superposés aux carpelles et trifurqués, le tube de la corolle gamopétale (fig. 5i4), où les premiers forment les étamines, les autres les pétales.

C'est donc encore au type du Galanlhas nivalis que le pistil des Gessnériacées se rattache, puisque son système vasculaire est indépendant de celui des appendices extérieurs dès la base de la fleur, tout en restant enveloppé avec lui, au moins dans la partie inférieure, par une gaine commune de parenchyme, et puisque ces appendices externes ne sont pas tous vasculairement libres les uns des autres. L'organisation de cette partie inférieure de la fleur des Gessnériacées, qu'on désigne à tort comme en étant Yovaire infère, peut donc s'exprimer ainsi :

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