‹ Recherches sur la structure du pistil et sur l'anatomie comparée de la fleurChapitre 35 sur 89 · CONCLUSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

De l'ensemble des études consignées dans la seconde partie de ce travail découle, en dernière analyse, Tentiëre confirmation des conclusions formulées, à la fin de la première partie, au sujet de l'organisation générale de la fleur et de la structure particulière du pistil (p. 94).

La fleur est une somme d'appendices, et ce sont les plus internes de ces appendices qui consacrent une partie de leur propre substance à la formation des corps reproducteurs. L'ovide est toujours inséré sur une feuille, et il représente un lobe plus ou moins grand de cette feuille '^l

Chacun des appendices floraux possède un système vasculaire, et une gaine de parenchyme qui enveloppe ce système vasculaire. Tantôt ces appendices n ont entre eux aucune espèce de dépendance, ù\ parenchymateuse, ni vasculaire, et ils sont entièrement libres. Tantôt les gaines ceUidaires d'un plus ou moins grand nombre d'entre eux sont réunies en une seule dans leur partie inférieure, et on ne les distingue dans cette gaine commune que par leurs systèmes vasculaires indépendants. Tantôt enfin les faisceaux vasculaires des appendices superposés sont eux-mêmes réunis, dans leur région inférieure , en un ou plusieurs troncs communs, par l'intermédiaire desquels s'opère l'insertion de ces appendices sur Taxe.

L'indépendance complète des appendices ne donne qu'un seul

^^^ (A) Cette conclusion s*applique aussi, comme je l*ai démontré dans un travail récent, à Tensemble des végétaux gymnospermes. (Ann. des se. nat. 5* série, t. X; 1869.)

type d'organisation florale. Mais si Ton analyse tous les degrés que peuvent présenter leurs deux modes de réunion parenchy* mateuse et vasculaire, quand on les réalise tour à tour isolément ou simultanément, aussi bien en direction tangentielle entre les pièces à\\n même verticille quen direction radiale entre les pièces de verticilles diff'érents , on obtient toutes les formes générales que peut revêtir l'organisation de la fleur. Chacun de ces types généraux s'exprime par une formule, sorte de diagramme écrit, qui n'est qu'un développement particulier de l'expression générale F=SA; et les modifications secondaires de ce type s'obtiennent en donnant diverses valeurs numériques aux paramètres variables que son diagramme contient. Le lecteur construira facilement le tableau complet de ces formules organiques, ou de ces diagrammes écrits , en se servant de la notation que nous avons adoptée et appliquée à de nombreux exemples dans le cours de ce travail, et en s'appuyant sur les considérations suivantes.

Bornons-nous, pour plus de simplicité, aux cas où la fleur, complète et régulière, contient cinq verticilles d'appendices alternes.

L'absence totale de liaison, soit parenchymateuse , soit vasculaire, entre les appendices donnera l'organisation unique :

F=/wS+7iP+m'E,+7i'Ep+9C,.

Union parenchymateuse seule [ ]. — Ne la réalisons d'abord que latéralement, en direction tangentielle, entre les pièces d'un même verticille. Si elle n^afiecte qu'un seul verticille, on a cinq combinaisons difierentes; si elle atteint deux verticilles, dix; trois verticilles, dix encore; quatre verticilles, cinq; enfin cinq verticilles, une. L'union cellulaire latérale donne donc, à elle seule, trente et un types diff^érents.

L'union radiale, si elle agit seule, ne peut être réalisée qu'entre appendices superposés; elle ne produit que sept combinaisons nouvelles.

Enfin, concevons qu'il y ait à la fois coalescence cellulaire latérale des pièces d'un même verticille et union radiale d'un plus

ou moins grand nombre de ces verticilles successifs entre eux. Si Tunion porte sur deux verticilles successifs, nous aurons quarante-quatre combinaisons; sur trois verticilles successifs, quatorze; sur quatre verticilles successifs, quatre; enfin, sur les cinq verticilles, une. La combinaison des deux modes d^union cellulaire, latérale et radiale, des appendices donne donc en tout soixante-trois diagrammes distincts.

Il en résulte que, si Ton en réalise les degrés successifs, Tunion parenchymateuse des appendices produit, à elle seule , cent un types généraux d'organisation florale, susceptibles chacun d'un certain nombre de modifications secondaires, suivant les valeurs numériques que prennent, dans chaque cas particulier, les paramètres variables qu'ils renferment.

Union vasculaire seule ( ). — L'union vasculaire, quand elle agit seule , n'a lieu d'ordinaire que radialement entre appendices superposés. Si elle porte sur les appendices de deux verticilles superposés, l'axe produit quatre verticilles vasculaires, et cela peut avoir lieu de trois manières. Si elle atteint les pièces de quatre verticilles superposés deux à deux, ou encore les pièces des trois verticilles superposés, en laissant libres celles des deux autres, l'axe n émet directement que trois verticilles vasculaires, et cela peut encore avoir lieu de trois manières. Enfin , si elle se manifeste à la fois entre les appendices des trois verticilles superposés et entre ceux des deux autres, l'axe n'émet directement que deux verticilles de faisceaux , ce qui donne une seule combinaison.

L'union vascidaire seule, dépouillée de toute coalescence parenchymateuse, soit latérale, soit radiale, entre les appendices composés qu'elle constitue , ne donne donc que sept diagrammes nouveaux.

Union parenchymateuse et union vasculaire combinées. — A l'intérieur de chacune des sept combinaisons précédentes, faisons intervenir la coalescence parenchymateuse, d'abord seulement latérale, puis seulement radiale, puis à la fois latérale et radiale, ce qui revient à traiter les différents verticilles d'appendices complexes

comme nous avons traité d^abord les cinq verticilles d'appendices simples, et nous obtiendrons les formules produites par la combinaison des deux modes d'union des appendices.

En raisonnant ainsi, on voit que chacune des trois premières formules donne trente-sept diagrammes distincts, c est-à-dire que le cas où Taxe émet quatre verticilles vasculaires comprend cent onze types d'organisation florale. De même, le cas où Taxe n'émet directement que trois verticilles de faisceaux produit trente-neuf types, et celui où deux verticilles vasculaires suffisent à former toute la fleur en donne quatre.

L'action simultanée des deux modes d'union, parenchymateuse et vasculaire, engendre donc cent cinquante-quatre diagrammes nouveaux.

En résumé, l'indépendance complète des appendices floraux dans les cinq verticilles donne un seul type d'organisation ; leur union parenchymateuse seule, cent un types; leur union vasculaire seule , sept types ; l'action combinée de l'union parenchymateuse et de l'union vasculaire, cent cinquante-quatre types. Ainsi, à ne considérer que le cas où elle est complète, régulière et formée de cinq verticilles alternes, la fleur peut revêtir, en tout, deux cent soixante -trois types généraux d'oi^anisation. Chacune de ces formes principales peut, à son tour, subir un certain nombre de modifications secondaires, correspondant aux divers systèmes de valeurs numériques que les paramètres variables qu'elle renferme sont susceptibles de prendre dans la nature.

Encouragé par la haute approbation de l'Académie, l'auteur s'efibrcera de combler par la suite les nombreuses et importantes lacunes que présente ce premier mémoire.

Ces lacunes sont de deux espèces.

Une multitude de familles ont dû y être omises ; car, si considérable que soit le temps qu'il nous a fallu consacrer à ces re-

cherches, il paraîtra fort restreint encore si on le compare à Fimmensité du champ à explorer. Cependant le grand nombre des groupes naturels qui ont été traités, soixante-cinq environ, et leur dissémination dans toute Fétcndue de Tembranchement des Phanérogames, nous donnent la ferme et légitime conviction que nos conclusions générales ne seront pas infirmées par Textension que nous nous proposons de donner à cette étude anatomique de la fleur, en Tapphquant aux autres familles naturelles ^^\

Nous n^avons suivi la course des faisceaux vasculaires du pistil que jusqu'aux points où ils pénètrent dans les ovules, sans même nous préoccuper de Tordre relatif suivant lequel les branches destinées aux corps reproducteurs s'échappent du faisceau marginal sur lequel elles s'insèrent; nous examinerons, dans la Note qui suit ce mémoire, la valeur de la loi générale que Payer a cru pouvoir formuler à ce sujet. Il nous suffisait en effet de pousser l'analyse anatomique jusqu'à ce point pour démontrer que le lieu d'insertion des ovules est toujours appendiculaire, et que, par la manière dont il en reçoit sa branche vasculaire , l'ovule représente un lobe plus ou moins grand de la feuille qui le porte. La nature foliaire de l'ovule s'est trouvée ainsi déduite indirectement de la nature fohaire de son support et de son mode d'insertion sur ce support. Mais, s'il en est ainsi, lanatomie de la fleur doit, pour être complète, comprendre i'anatomie de l'ovule. Il nous faudra donc désormais, pour achever ce travail, suivre la marche des faisceaux vasculaires à l'intérieur même du corps reproducteur, et jusque dans leurs ramifications les plus déliées; déterminer d'abord celle des parties constitutives de l'ovule où ils se rendent, et ensuite la manière dont ils se ramifient dans cette partie; étudier, en un mot, les divers modes de nervation

^'^ (A) Nous ayons déjà dit qu'une des lacunes de ce genre les plus importantes a été comblée, depuis la présentation de ce mémoire à TAcadémie, par Tétude anatomique de la fleur femelle et du fruit des Gymnospermes; ces recherches nouvelles n'ont fait que confirmer la conclusion générale de notre premier travail. ( Voir Ann. des se. nat. 5* série, t. X; 1869.)

de Tovule, tant en profondeur qu*en surface, et tirer enfin de cette nouvelle série de recherches la preuve directe de la nature foliaire de Tovule '*'.

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