SOLANÉES
Le pistil des Solanées présente la même organisation, comme il est facile de s'en assurer par l'examen des Pétunia et des Dalara.
Dans l'ovaire du Datarafastaosa, par exemple, les bords ovulifères de chaque carpelle sont confondus par leur parenchyme et sont reliés à la nervure dorsale par une fausse cloison , dans
la partie inférieure du pistli ; mais , à partir du milieu , un sillon divise le placenta et isole les deux cloisons, qui continuent à porter des ovules sur leurs bords réfléchis à Tintérieur. Ces bords libres sont même assez écartés l'un de l'autre au centre, et il arrive fréquemment que des ovules se développent dans la cavité qu'ils laissent entre eux dans Taxe même du pistil.
Le pistil des Solanées, comme celui des Scrofularinées, rentre donc dans le même mode général de formation que ceux de toutes les autres familles,
RUBIACÉES.
(PI. XV, fig. 5 17-532.)
Sous la fleur du Rogiera macrophylla, le pédicelle donne naissance, en deux verticilles rapprochés, à dix faisceaux : cinq (a) destinés aux sépales et aux étamines superposées, cinq (6) destinés aux pétales. Un peu plus haut, le cercle axile émet deux faisceaux antéro-postérieurs (c), devant chacun desquels apparaît une loge, tandis que le reste du système axile se dispose dans la cloison en deux faisceaux (c'), qui se tournent le dos, et qui présentent leurs trachées aux loges. Chacun de ces faisceaux septaux se répand en se dédoublant et en ramifiant ses deux branches, à droite et à gauche, dans la masse homogène de parenchyme de chaque placenta, pour aller nourrir les innombrables ovules qui la recouvrent. Ce n est que vers le sommet de Tovaire, au-dessus de l'insertion des derniers ovules, qu'un sillon sépare les bords de chaque carpelle. C'est à cette même hauteur que les faisceaux qui correspondent aux sépales (a), simples jusque-là, se dédoublent (fig. 52 1 et 522 ) radialement pour donner le sépale par leur branche externe (a), et Tétamine superposée [e) par le rameau intérieur. Enfin, les appendices deviennent libres successivement en même temps que le style s'en dégage.
L'axe s'éteint donc à la base de l'ovaire infère des Rubiacées, pour donner dix faisceaux appendiculaires et deux carpelles, qui
soDtf dès leur insertion sur Taxe, vasculairement libres des parties externes. F=SA est ici encore, comme partout ailleurs, l'expression de cette partie inférieure de la fleur qu on appelle à tort Y ovaire infère, et la fonction générale revêt ici l'expression très-simple
LOBÉLIACÉES.
(PI. XVI,fig. 523530.)
Cest d'une manière un peu différente que les choses se passent dans Ylsotoma petrœa.
L'axe floral émet cinq faisceaux correspondant aux sépales; et se continue ensuite par un cercle régulier; ces cinq faisceaux , en se bifurquant, produisent dix côtes saillantes dans la partie inférieure de la fleur; puis deux loges antéro-postérieures apparaissent entre le prolongement de Taxe et Tenveloppe externe qui contient ces dix faisceaux. A mesure qu'on s'élève , on voit le cercle central se dissocier et former quatre faisceaux à trachées tournées vers la loge, qui se répandent dans les placentas couverts d'ovules et s'y ramifient en descendant et en remontant. C'est à peu près à la hauteur où les faisceaux marginaux se répandent dans les placentas qu'on voit les faisceaux périphériques antéro-postérieurs, simples jusque-là, se dédoubler radialement, et produire par leur branche interne la nervure médiane des carpelles, dégagée désormais de toute union vasculaire avec les appendices extérieurs.
Au sommet de l'ovaire, avant que le pistil soit séparé des parties externes, les cinq faisceaux qui correspondent aux sépales se dédoublent radialement pour former les cinq étamines par leurs branches internes; les cinq autres se dédoublent ensuite à leur tour pour former les cinq pétales parleurs branches internes, tandis que les dix branches externes pénètrent dans le calice.
Ainsi les pétales, aussi bien que les étamines, proviennent d'un dédoublement radial des faisceaux du calice , lesquels sont
Structure da pistil. 36
émanés de Taxe au nombre de cinq, mais en ont produit dix par
bifurcation.
En résumé, nous retrouvons ici toutes les circonstances principales que nous avons rencontrées cbez les Campanules (p. 7Ô), avec un prolongement transitoire de Taxe beaucoup moins marqué. Ici, comme chez les Campanules, les cinq faisceaux qui s'insèrent directement sur Taxe produisent à la fois les sépales, les pétales, les étamines et les nervures dorsales des deux carpelles constituants.
CAMPANULACÉES.
(PI. XVI, fig. 531-553.)
Après ce que nous avons dit de la structure de la fleur des Campanules à la page 76, nous devons nous borner à montrer que les phénomènes singuliers et anomaux qu'offrent* certaines espèces de Specalaria, où des feuilles naissent sur l'ovaire et des rameaux à l'aisselle de ces feuilles, ne sont nullement une preuve de la nature axile du pistil. Voici en effet comment les choses se passent dans une fleur de Specularia pentagona, dont l'ovaire porte vers son sommet une feuille, et un rameau foliacé à l'aisselle de cette feuille (fig. 546-55 1).
Le pédicelle floral donne naissance sous la fleur aux dix faisceaux externes (a) qu'on trouve dans la paroi de l'ovaire; mais, en outre, il en part obliquement, pour se redresser à la périphérie, un système surnuméraire (R), formé d'un cercle vasculaire parfaitement continu autour d'une moelle homogène, présentant par conséquent tous les caractères d'un axe. En même temps qu'il fournit les appendices ordinaires à la fleur, Taxe floral produit donc, dans ce cas tératologique, un rameau qui reste confondu dans la même gaine de parenchyme que les appendices floraux. Suivons ce système vasculaire qui est superposé à une des trois loges de l'ovaire, nous verrons qu'il garde le même caractère jusque vers le sommet. Là (fig. 55 1 ) il produit sur sa face externe
un faisceau (m) qui se divise tangenticllement en cinq, pour se séparer bientôt et constituer la feuille; cette feuille paraît donc produite par Tovaire, tandis que, en réalité, elle est insérée sur le rameau qui est soudé avec Tovaire dans toute son étendue. Enfin, le rameau lui-même s'entoure d*une gaine particulière de parenchyme, et s'isole entièrement de Fovaire, pour devenir libre à Taisselle de la feuille qu il a produite.
Nous voyons donc que ce cas anomal n infirme en aucune façon nos conclusions, puisque Fovaire garde entièrement sa constitution ordinaire; que, au contraire, il les appuie et vient sanctionner notre méthode. Grâce à elle, nous avons pu, en effet, découvrir qu'il y avait quelque chose de surajouté à la fleur dans ces conditions tératologiques; que ce quelque chose est un axe qui est produit par le pédicelle, au-dessous de la fleur elle-même, et que c'est cet axe qui porte la feuille, dont finsertion sur l'ovaire n'est qu'apparente, pour se prolonger ensuite et paraître né à son aisselle. Ces anomalies, que présente fréquemment aussi le Specularia hybrida, s'expliquent donc parfaitement par la réunion accidenteUe d'un rameau surnuméraire à l'ensemble des appendices complexes qui constitue, comme à l'ordinaire, la partie inférieure de la fleur.
Les conclusions que M. Trécul a cru pouvoir tirer de ces faits en faveur de la nature axile de l'ovaire (^^ me paraissent donc déduites d'une analyse très-imparfaite du système vasculaire de ces fleurs anomales. On comprend d'ailleurs que l'explication d'un pareil ovaire était entourée d'insurmontables difiBcultés, tant qu'on ignorait à la fois et l'existence de faisceaux appendiculaires complexes et la définition anatomlque des systèmes axiles et des systèmes appendiculaires.
C'est là certainement la structure ovarienne la plus compliquée possible; mais, à la lumière des principes généraux que nous avons établis dès le début de notre travail , et qui n'ont pas cessé
^*) Ann. des sciences naL a* série, t. XX, p. 34i ; i843.
un instant de nous servir de guides « toutes les difficultés disparaissent, et cest par cet exemple, le plus démonstratif de tous, que nous terminerons la seconde partie de cet exposé.