‹ Recherches sur la structure et le développement du pancréas chez PetromyzonChapitre 13 sur 15 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Le pancréas, chez les Cyclostomes, est resté longtemps ignoré. A l'heure actuelle, sa structure reste imprécise et son développement méconnu. C'est à son étude chez Petromyzon que nous nous sommes attaché.

I. — Le pancréas, chez Petromyzon, est un organe glandulaire, situé à l’origine de l'intestin moyen et formé de deux portions :

L'une, antérieure ou cràniale, conglomérée, logée dans une échancrure du foie et séparée de cette glande, soit par un prolongement du péritoine, soit par une mince lame conjonctive : c'est le pancréas massi}, intra-hépatique.

L'autre, postérieure où caudale, dissociée en lobulins épars dans les plis de la muqueuse intestinale et finissant en îlots séparés dans le tissu lymphoïde qui prolonge en avant le pli spiral : c’est le pancréas disséminé, périntestinal.

Cette disposition topographique se retrouve chez beaucoup de Poissons osseux.

Histologiquement, c’est une glande formée de tubo-alvéoles sécrétants, logés dans un tissu conjonctif abondamment pourvu de capillaires sanguins : ils sont tapissés d'un épithélium prismatique simple, disposé de façon à déverser le produit de sécrétion dans la lumière des alvéoles. Rien ne rappelle les îlots de Langerhans du pancréas des Vertébrés supérieurs.

Cette glande, construite sur le type exocrine, est cependant totalement dépourvue de conduits excréteurs. Elle fonctionne donc sur le mode endocrine et rappelle, à cet égard, le corps thyroïde.

Des recherches spéciales seraient d'ailleurs nécessaires pour en préciser la structure.

Nous avons eu surtout en vue le développement morphologique.

II. — Le pancréas, chez l'Ammocète, se développe par deux groupes d'ébauches : intestinales et cholédocienne.

Les ébauches intestinales, résultant d'une différenciation des cellules basales de l’épithélium intestinal, se condensent en deux cordons, dorsal et ventral, répondant aux bourrelets d'invagination de l'intestin antérieur dans l'intestin moyen.

L'ébauche cholédocienne se forme par bourgeonnement de la paroi du cholédoque, au voisinage de l’abouchement de ce conduit dans l'intestin moyen.

A cette ébauche principale s'ajoutent peut-être un ou plusieurs bourgeons accessoires tardifs, analogues à ceux décrits par DEBEYRE, chez le Rat.

Nous pensons en avoir observé un chez la larve longue de 34 mm.

7 Toutes ces ébauches sent pleines, sans aucune participation de la lumière du canal.

En se réunissant, elles forment une collerette pancréatique périintestinale, qui pousse crânialement (pancréas massif) et caudalement (pancréas disséminé), en même temps que les cordons, pleins à l'origine, se creusent secondairement d’une lumière plus accentuée en certains points, d’où la glande tuboalvéolaire de l'adulte.

IT. — L'organe que nous décrivons, chez Petromyzon, est morphologiquement un pancréas parce qu'il naît, distinct du foie, à l’origine de l'intestin moyen, en la zone de différenciation habituelle des glandes annexes de lintestin moyen, par deux ordres d'ébäauches, intestinales et cholédocienne, analogues aux pancréas dorsal et ventral des autres Vertébrés, qu'il vaudrait mieux dénommer pancréas intestinal et pancréas cholédocien

Mais rien ne nous permet d'affirmer que cet organe, évidemment glandulaire, fonctionne réellement comme un pancréas son étude histo-physiologique est à faire.

IV. — En résumé, les faits que nous apportons, concernant le pancréas chez Petromyzon. sont, en dehors de la confirmation de l'existence de cet organe encore insuffisamment connu chez l'adulte, son mode de développement aux dépens de deux groupes d'ébauches intestinales et cholédocienne.

Les ébauches intestinales, inexactement interprétées par KuPFFER, entrevues depuis par BRACHET, n'avaient pu être affirmées par cet auteur ccmme représentant le pancréas chez l’'Ammocètle.

Les divers stades de leur développement n'avaient pas été suivis.

L'ébauche cholédocienne n'avait pas été décrite (une ligne de

GraAcoMINI permet seule de penser que cet auteur en connaissait l'existence).

De la connaissance de ces deux groupes d'ébauches, nous concluons morphologiquement à l’'homologie entre l'organe de Petromyzon et le pancréas des autres Vertébrés.

De plus, une ébauche cholédocienne tardive semble pouvoir ètre rapprochée des bourgeons pancréatiques accessoires décrits par DEBEYRE chez le Rat.

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