TEXTURE
Les données que nous avons pu recueillir sur la texture de Petromyzon chez l'adulte sont fort incomplètes, ce qui est dû en grande partie à la nature des réactifs fixateurs (liquide de Müller et sublimé acélique) qui ont servi à la préparation du matériel.
Nous les croyons cependant suffisantes pour établir qu'il s'agit bien d’un organe glandulaire.
Chez P. Planeri adulte, le pancréas consiste en une série de lobules et de lobulins essentiellement formés par des tubo-
alvéoles sécrétants. Ces tubo-alvéoles sont logés dans un tissu conjonctif abondamment pourvu de capillaires sanguins. La figure 12 (pl. IV) représente, examiné à 800 diamètres, un fragment de la coupe représentée par la figure 111 dans le texte (P. Planeri).
Si on la compare à la figure 11 pl. IV), qui représente un fragment du pancréas de l'Ammocète de même espèce el examinée au même grossissement, on est frappé par ce fait que les tuboalvéoles ont un diamètre moindre.
ll en est de même du foie : la cavité, dite vésicule biliaire, que nous voyons chez l'Ammocète, si développée sur certaines coupes (fig. x11, ves.bil.), les conduits hépatiques que nous rencontrons sur la figure vur (c.hép.), et le canal cholédoque dont nous connaissons la migration périintestinale si intéressante pendant les premiers stades du développement et dont nous voyons le débouché au côté gauche de l'intestin moyen; toutes ces voies d’excrétion ont disparu chez Petromyzon. Le processus en est malheureusement inconnu, comme beaucoup des phénomènes qui accompagnent la métamorphose de l'Ammocète. Quoi qu'il en soit, le foie de l'adulte fonctionne done comme glande endocrine.
Ce caractère des glandes annexes de l'intestin moyen, chez Pelromyzon, est un des points les plus remarquables de l'organisation de ces Cyclostomes, si particuliers à tant de points de vue. La cause doit en être cherchée, évidémment, dans leur éthologie et, en particulier, dans le semi-parasitisme qui à produit leur dégradation.
Ce fait est dû sans doute, ainsi qu’on peut aisément s’en apercevoir, à ce que la lumière des tubo-alvéoles est beaucoup plus restreinte, et qu'elle ne renferme que peu ou point de produit de sécrétion.
L’épithélium sécrétant est prismatique simple et le cytoplasme de ses cellules apparaît homogène, bien qu’il renferme de très fines granulations uniformément réparties.
La fig. 13 (pl. IV) représente un fragment de coupe transversale du pancréas de P. marinus adulte, qui, comme nous l'avons dit, avait été fixé au sublimé acétique.
Il est dessiné au même grossissement (800 diamètres).
Ce fragment comprend deux cordons pleins et une dilatation vésiculeuse.
L'un des cordons, a, est formé par des cellules claires dont le cytoplasme renferme de très fins granules colorés en bleu par
le Mallory, irrégulièrement disséminés dans le cytoplasme, mais Surtout abondants dans une zone périnucléaire.
Dans la majeure partie de son étendue, ce cordon de cellules sécrétantes est très intimement appliqué contre la membrane basale. Toutefois, en un point de son étendue, il existe, entre la membrane basale et la face profonde des cellules sécrétantes, un pelil espace péricellulaire parcouru par un réticulum de filaments granuleux dont les granulations très fines sont colorées en bleu.
Le cordon b, est, dans toute son étendue, circonscrit par un espace péricellulaire traversé par un réticulum de filaments granuleux colorés en bleu.
Dans les cellules de ce cordon, les fines granulations bleues sont beaucoup plus abondantes que dans celles du cordon a. Elles remplissent tout l'espace cellulaire.
Aussi ces cellules paraissent-elles plus foncées.
La dilatation vésiculeuse offre des caractères tout Spéciaux. Délimitant la lumière centrale, un bel épithélium de cellules pyramidales. Parmi ces cellules, quelques-unes (trois) ont, comme les cellules du cordon b, la totalité de leur cytoplasme remplie de fines granulations que le Mallory a teintées en bleu.
Les autres cellules offrent à distinguer une zone apicale et une zone basale. Leur zone apicale, comprise entre la lumière et le noyau, est chargée de fines granulations colorées en bleu, qui même, dans quelques cellules, longent les parois latérales de la zone basale. Cette dernière est très nettement colorée en jaune et apparaît homogène.
Dans la lumière de la dilatation vésiculeuse aussi bien que dans l’espace péricellulaire très large, on distingue une sorte de coagulum formé par un réseau de filaments sur lesquels sont disséminées de fines granulations colorées en bleu. Ces granulations constituent mème de vérilables petits amas contre la face profonde des cellules sécrétantes, dans l'espace péricellulaire seulement.
I convient de faire remarquer que de nombreux capilaires sanguins existent dans la frame conjonctive qui sépare cordons et vésicules. J
Par la méthode de Mallory, toute la charpente conjonctive apparaît en bleu très foncé.
Et rien ne rappelle, dans cette structure, les ilôts de Langerhans des Vertébrés supérieurs.
E n résumé, les tubo-alvéoles pancréatiques semblent disposés,
. de façon à recevoir dans leur lumière le produit de sécrétion
a cellules quien forment les parois. Or, nous Savons l'absence de canaux excréteurs.
Nous observons donc, chez Petromyzon, ce fait bien particulier d'une glande bâtie sur le Lype exoc rine et fonctionnant suivant le mode endocrine.
Mais la structure histologique de cet organe mériterait, avonsnous dit, de plus amples recherches.