PLANCHE XXII. — PÉTIOLE D 'ANACHOROPTERIS PULCHRA
Fig. 1. — Coupe transversale d’un pétiole d' anachoropteris pulchra; comme je l’ai déjà indiqué, la figure montre que la gouttière a est placée à la face inférieure du pétiole.
Les mêmes lettres désignent les mêmes parties sur les deux figures 1 et 2.
Fig. 2. — Coupe longitudinale d’une portion du même échantillon.
a. Fibres corticales.
b. Cellules à parois épaisses, on voit les canalicules qui les traversaient; l’intérieur est rempli de silice colorée.
c. Tissu détruit, probablement le tissu protecteur qui entoure en général les faisceaux vasculaires.
d. Gros vaisseaux poreux remplis de cellules.
e. Vaisseau scalariforme.
f. g. Région cellulaire, dépendance de la gaine protectrice mal conservée.
h. Fibres libériennes occupant la partie centrale du pétiole entourée par les spires du faisceau vasculaire (voy. fîg. 1).
i, h. Région cellulaire, dépendance de la gaine protectrice mal conservée.
I. Gros vaisseaux poreux semblables à ceux vus en d , égale-* ment remplis de cellules,
n. Milieu de la coupe du pétiole occupé par des cellules à parois épaisses et des fibres libériennes de même nature que celles désignées sous les lettres b et h.
o. Gros vaisseau poreux rempli de cellules.
Comme toutes les parties sont symétriques, on retrouverait en continuant et en ordre inverse tous les tissus que je viens de signaler.
Fig. 3. — Vaisseau dont la coupe transversale présente un bord crénelé par suite de la section des pores.
Fig. 4. — Coupe transversale un peu oblique, plus grossie, des gros vaisseaux ponctués montrant les cellules b qui les remplissent en grande partie.
a. Portion où le tissu cellulaire n’existe pas.
c. Portion de la paroi poreuse vue obliquement.
Fig. 5. — Coupe transversale des cellules à parois épaisses de la zone externe a et 6 des figures 1 et 2; elles sont fortement incrustées et la partie centrale seule est vide.
Différents pétioles de fougères, appartenant à des genres différents de ceux que nous venons d’étudier, ont été rencontrés dans les gisements silicifiés d’Autun, tels que :
Selenochlaena, Corda.
Protopteris, Sternb.
Selenopteris, Corda.
Hawleci, Corda.
Il en existe d’autres qui n’ont pas encore été indiqués, mais comme les tiges qui les ont portés me sont inconnues, je n’entrerai pas maintenant dans leur description.
Cependant, qu’il me soit permis de signaler deux d’entre eux, à cause de la particularité des plus intéressantes qu’ils offrent de porter chacun des pinnules encore attachées au rameau.
Le premier de ces pétioles, de lmm2 dans son plus grand diamètre et de 0mm8 suivant le plus petit, porte une pinnule insérée subperpendiculairement et adhérente par toute sa base; la surface est un peu concave en dessous, sa largeur est de 5 millimètres, les nervures sont fortement marquées, la nervure médiane reste droite sur une longueur de 6 millimètres que l’on a pu observer.
Les nervures secondaires sont simples, obliques par rapport à la nervure principale et très apparentes. Cette pinnule se rapporte assez bien à celle du pecopteris arguta.
La section transversale du pétiole présente la forme signalée par M. Williamson dans l’espèce qu’il a désignée sous le nom de rachiopteris oldhamia (fig. 21, pl. lu, loc. cit.).
La section du pétiole est elliptique, marqué à sa surface de fines côtes saillantes ; la partie supérieure est creusée d’un léger sillon.
Le faisceau vasculaire central est unique ; sa forme est celle d’un quadrilatère à côtés concaves, plus large que haut, et rappelle celui des adiantum ou des asplénium pris dans les plus petits rameaux.
Des deux angles supérieurs du quadrilatère s’échappent, à droite et à gauche, les faisceaux vasculaires qui se rendent aux pinnules, c’est dans cette partie que l’on rencontre les vaisseaux scalariformes et les trachées. Le reste du faisceau vasculaire paraît formé de vaisseaux poreux ou réticulés.
L’autre pétiole appartient à un genre mieux limité, c’est celui des nevropteris.
Dans un rapport sur un mémoire de M. Grand’Eury (Flore carbonifère du département de la Loire), M. Brongniart dit : Tout semble s’accorder pour nous prouver que les odontopteris, et probablement aussi les nevrop teris qui leur sont si étroitement liés, sont des fougères de la tribu des marattiées, dont les espèces actuellement vivantes se rapprochent du reste de ces genres anciens, par leur port et par la dimension gigantesque de leur fronde.
Depuis les récentes recherches de M. Grand’Eury on sait que les frondes de ces fougères étaient ce qu’il y a de plus étonnant, d’après l’ensemble de leurs énormes pétioles dénotant par leur grandeur et leurs nombreuses ramifications une étendue qui atteignait, sans exagération, une longueur de dix mètres.
Sous le nom de myelopteris radiata et sous celui de myelopteris Landriotii, j’ai fait connaître 1 la structure anatomique complète de divers pétioles, structure qui ne laisse aucun doute sur l’existence, à l’époque houillère, de plusieurs groupes de fougères appartenant à la famille des marattiées, mais dont l’organisation était plus compliquée.
Un échantillon silicifié que j’ai trouvé à Autun m’a offert la possibilité d’établir la dépendance de l’une des espèces de myelopteris abondamment répandue dans les gisements d’Autun et de Saint-Étienne, et des empreintes de fougères du genre nevropteris qui y sont également communes.
Cet échantillon présentait trois fragments de pinnules de nevropteris adhérents à un pétiole de myelopteris.
i. Mémoires présentés par divers savants étrangers à l’Académie, t. XXII, *875.
Sur une section transversale du pétiole qui est légèrement aplati, on peut reconnaître les faisceaux vasculaires isolés au milieu du tissu cellulaire et caractéristiques des pétioles de myelopteris. En un point de la périphérie, j’ai cru reconnaître la disposition radiée des faisceaux fibreux de l’écorce qui distingue l’espèce que j’ai désignée sous le nom de myelopteris radiata.
Des trois pinnules qui étaient adhérentes au pétiole, une seule est assez complète ; les deux autres, en partie brisées, sont placées du côté opposé à la première, et contiguës entre elles sans pourtant se toucher.
La longueur des pinnules est d’environ 10 à 11 millimètres, leur plus grande largeur de 7 à 8.
La nervure médiane, assez peu marquée, se répand en nervures fines, nombreuses, plusieurs fois bifurquées ; toutes les nervures secondaires s’échappent plus ou moins obliquement de la nervure médiane, aucune du rachis.
L’ensemble de la nervation rappelle celle du nevropteris cordata, mais les pinnules, très légèrement recourbées en faux, sont plus obtuses et soudées en partie au rachis par leur bord inférieur.
On voit donc que certains myelopteris ont porté des pinnules de nevropteris et que ce dernier genre doit être regardé, avec plus de certitude que par le passé, comme venant se ranger dans la famille agrandie des marattiées.
Pour résumer ce chapitre consacré à quelques plantes qui appartiennent à la classe des filicinées, nous dirons donc que les ophioglossées semblent avoir été primitivement représentées parles genres zygopteris , botryopteris, et quelques autres qui restent à décrire et que je range dans une section particulière désignée sous le nom de
botryoptéridées, parce que des différences sensibles ne permettent pas de les placer sans restrictions dans la famille des ophioglossées, à côté des helminthostachys et des botrychium.
De même les osmondées qui renferment actuellement les osmondes et les todea, ont bien pu être précédées par les anachor opter is, dont les pétioles offrent une analogie très grande et par la forme du faisceau vasculaire unique qui s’enroule en spirale à ses deux extrémités, et par le lieu d’origine des faisceaux secondaires qui s’en détachent pour se porter dans les subdivisions de la fronde.
Enfin, avec une certitude bien plus grande, on peut admettre l’existence des marattiées dans le terrain houiller, puisque j’ai rencontré des pétioles de myelopteris radiata présentant une structure identique à celle des pétioles de marattiée, et encore ornés de pinnules de nevropteris. On sait d’un autre côté que les odontopteris , si voisins des nevropteris , portaient des fructifications disposées exactement comme celles des angiopteris.
CLASSE DES LYCOPODIACÉES
Les lycopodiacées ont été divisées comme l’on sait en deux familles, l’une comprenant les genres lycopodium, tmesipteris, psilotum, phylloglossùm, qui ne possèdent qu’une seule espèce de spores (microspores); l’autre renfermant les genres selaginella et isoëtes ou l’on en rencontre de deux natures différentes (microspores et macrospores).
Toutes ces plantes sont herbacées, de dimensions médiocres. Les lycopodiacées fossiles, au contraire, comprennent de nombreuses espèces arborescentes (lépidodendrées).
Les faisceaux vasculaires que l’on rencontre dans la tige des sélaginelles sont aplatis, formés extérieurement et principalement vers les extrémités des bandes, de vaisseaux scalariformes très petits et de trachées, et intérieurement de gros vaisseaux scalariformes. Les faisceaux vasculaires qui partent des bords extérieurs des faisceaux de l’axe sont simples et formés de fibres rayées et spiralées.
Dans les lycopodes, les faisceaux vasculaires, en nombre très variable, sont réunis dans un cylindre de parenchyme serré, à section le plus souvent lunulée, les deux cornes du croissant tournées vers l’extérieur et occupées par des fibres rayées et spiralées ; ces bandes vasculaires sont séparées les unes des autres par des cellules poreuses.
Dans les psilotum et les tmesipteris, les faisceaux ligneux forment un cylindre continu autour d’une moelle centrale, et à l’extérieur de ce cylindre, en des points déterminés mais variables en nombre, se trouvent des fibres rayées plus petites et des trachées d’où partent les faisceaux vasculaires qui se rendent aux feuilles.
Jusque à présent c’est à cette forme générale de tige qu’appartiennent celle des végétaux fossiles que l’on rapporte à la classe des lycopodiacées,
Sur une coupe transversale du lepidodendron Harcourtii décrit dans l’ouvrage classique de Hutton et Lindley et le mémoire de M. Brongniart sur le même sujet, on remarque en dehors du cylindre ligneux, formé de gros vaisseaux scalariformes, une zone étroite de fibres rayées et spiralées, beaucoup plus petites; ces fibres en se réunissant alternativement forment les faisceaux qui s’en détachent et se portent obliquement vers les feuilles.
La forme de tige des sélaginelles et celle des lycopodium n’ont pas encore été rencontrées à l’état fossile, avec leur structure conservée ; on a des empreintes qui semblent se rapporter à l’un et à l’autre de ces deux genres, mais sans que l’on soit certain de l’identité de structure interne.
On comprendra dès lors facilement tout l’intérêt qui s’attache à l’étude de deux petites tiges dont la structure rappelle entièrement celle des plantes vivantes qui composent le genre lycopodium.
On pouvait se demander en effet si les lycopodes de l’époque houillère étaient construits sur un seul type de tige et variaient seulement dans leur grandeur, leur ramification et leurs feuilles, ou bien si les genres vivants.
selagmelle, ly copodium, etc., étaient déjà représentés, non-seulement dans leur port, mais encore dans la structure anatomique des rameaux et des tiges; cette dernière question a été résolue par l’affirmative.
On peut donc espérer que les gisements silicifiés d’Autun et de Saint-Étienne fourniront un jour les moyens de démontrer, d’une manière indubitable, l’existence, à cette époque reculée, du genre selaginella , ainsi que du genre equisetum, dont on a déjà des empreintes très voisines sinon identiques. Nous avons déjà constaté l’absence de ce dernier genre au milieu d’autres débris assez nombreux se rapportant aux équisétinées ( annularia , aster ophy lûtes, etc.), mais qui ne peuvent pas être confondus avec les plantes qui forment le genre equisetum.
Les caractères de la famille des lycopodiacées sont comme on sait :
Lycopodieæ (Linn.)
« Plantæ herbaceæ, foliis persistentibus ; sporangiis obcordatis bivalvibus. »
Ceux du genre lycopode :
Ly copodium (Linn.).
« Plantæ herbaceæ, foliis homo-morphis, spicis fertilibus cylindraceis ; sporis in statu fossili ignotis. »
Les espèces appartenant à ce genre énuméré par M. Schimper sont : 1
Ly copodium leptostachys (Goldenberg), terrain houiller de Saarbruck.