‹ Recherches sur la théorie du prix;Chapitre 15 sur 128 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

exposés, dont Marshall s'est aussi occupé ('). Plus loin Walras représente l'utilité par la quadrature d'une courbe dont les altscisses sont le degré d'utilité et les ordonnées de nouveau des quantités; la dérivée de l'utilité doit représenter la rareté.

LAuNHARDTqui, comme nous l'avons dit, établit une courbe d'utilité avec les mêmes coordonnées que nous-mêmes, insiste sur l'importance de la dérivée de cette courbe et aboutit à cette proposition que le prix d'une marchandise doit être égal à son degré d'utilité ; en outre il formule aussi ce principe que pour toutes les richesses entrant dans la consommation le rapport de l'utilité au prix doit nécessairement être le même.

Launhardt traite l'offre et la demande de la même manière que Walras lui-même. 11 trouve que le bénéfice commun économique atteint son maximum lorsque la transaction se fait au prix d'équilibre déterminé par l'intersection de la courbe de demande et de la courbe d'offre. Après avoir établi que tout monopole réduit le bénéfice commun, il aboutit à ce résultat surprenant que, par le soi-disant « échange répété », le bénéfice commun peut être porté au delà de son propre maximum. C'est ce qu'il montre par les chiffres suivants, où un individu I, qui possède d'une marchandise A 400 unités et ne possède encore rien d'une marchandise B, entre en échange avec un autre individu II,

(') L'intersection multiple de la courbe d'offre et de ht courbe de demande, par Richard Lieben, Zeitschrift für Volksunrtchschaft, Socialpolitik und Verwaltung, vol. i;, p. 607, W. Braumüller, Vienne. Dans cette rtuilr, non seulement je concède In possibilité </<■ plusieurs intersections, mais j'ai encore essayé d'étudier les circonstances dans lesquelles elles se produisent. H. t..

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qui possède 480 unités de B, mais rien de A ; B est pourtant la marchandise qui a le plus de valeur, car au prix d'équilibre on en donne une unité contre deux unités de A . D'après Sa formule de Launhardt l'intérêt public exige que l'établissement des prix soit influencé autant que possible en faveur de l'individu I, et c'est cet individu qu'il appelle .le plus pauvre, sans se préoccuper de ce qu'il peut encore posséder. Si par exemple un riche propriétaire, qui sur sa récolle dispose encore de 400 kilogrammes de sarrasin et désire les échanger contre du sucre, entre en échange avec un petit débitant, qui possède 480 kilogrammes de sucre, et guère autre chose, c'est le propriétaire qu'il faudrait considérer comme le plus pauvre et comme celui qui a le plus besoin de protection. Malgré cela Launhardt n'hésite pas à demander l'intervention d'une « sage » politique économique, qui consisterait à poursflivre le fractionnement le plus grand possible des échanges et l'attribution d'avantages monopolistiques à celui des deux échangeurs qui dans chaque cas est considéré comme le plus pauvre. Au reste Launhardt n'indique pas la manière de s'y prendre.

Launhardt représente la peine comme fonction du temps ; il trouve aussi que c'est l'entrepreneur le plus faible qui règle le prix et fait ressortir l'analogie entre le bénéfice de l'entrepreneur et la rente foncière ; puis il passe à d'autres problèmes.

Enfin il faut encore mentionner tout spécialement Böhm- Bawlrk ; il ne se sert pas à vrai dire de l'exposition analytique, mais, dans ceux de ses écrits que nous avons mentionnés plus haut, il se rapproche à tel point de notre manière de voir que nous avons été amenés par là à faire paraître isolément en janvier 1887 à la même librairie sous

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