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LES COURBES TOTALES

1. Hypothèses générales. — Les prix ne cessent d'osciller et les facteurs qui provoquent leurs oscillations sont innombrables. C'est pourquoi, si l'on veut se rendre un compte exact des relations des diverses causes et des divers effets, il est bon de prendre comme point de départ un grand marché en état d'équilibre parfaitement stable. Cet état d'équilibre sera réalisé si. pendant une période déterminée, un an par exemple, les prix de tous les articles restent identiques. Pour cela, il est nécessaire que les quantités de chaque article produites pendant cet espace de temps ei, offertes sur le marché soient égales aux quantités vendues sur ce marché et consommées, de telle sorte que tous les stocks et réserves ne subissent aucune variation.

Nous devons supposer, en outre, que tout individu qui se présente sur le marché dirige a tous égards sa production et sa consommation en pleine connaissance des prix de tous le» articles imaginables et de la façon la plus opportune, c'està-dire de manière qu'elles lui procurent le maximum de satisfaction. D'ailleurs, selon les inclinations et les passions de l'individu, il trouvera ce maximum de satisfaction dam

Auspitz et bieben. 1

la poursuite exclusive de l'intérêt pécuniaire ou dans le bien-être matériel, dans les jouissances intellectuelles ou dans la pratique de l'amour du prochain ou de la solidarité; V* nous devons seulement ne pas nous écarter de l'hypothèse suivante : les qualités individuelles de chaque personne restent les mêmes pendant l'époque considérée.

Il nous faut, en prenant comme point de départ l'état d'équilibre qui vient d'être dépeint, choisir un article isolé, afin de découvrir les facteurs qui en déterminent le prix. Nous supposons toujours que, pendant la période considérée, quel que puisse être le prix de ce seul article, les prix de tous les autres objets ne subissent aucun changement, et que l'estimation individuelle de la monnaie par les personnes en présence ne varie pas non plus, bien qu'elle dépende de leur situation de fortune.

Nous supposons, d'autre part, pour le moment, que la concurrence est complètement libre entre les vendeurs et entre les acheteurs de chaque article, et que le marché est assez important pour que chaque individu puisse compter sur des prix fixes pour tous les articles et se comporte, par conséquent, dans sa production et sa consommation, comme si ses ventes et ses achats restaient sans aucune influence sur les prix. Nous excluons ensuite avant tout ces objets dont il n'y a même pas deux exemplaires identiques (maisons, œuvres d'art, etc.), et nous nous en tenons aux articles vendus au poids, au volume ou au nombre ; nous nous occupons surtout de ceux qui, comme la farine, le pétrole, etc., sont divisibles à volonté, et auxquels leur division ne fait rien perdre de leurs qualités essentielles.

2. La courbe des coûts. — Si nous possédions toutes les données nécessaires, nous pourrions évaluer le coût de la production totale annuelle d'un article quelconque A, dans l'hypothèse d'équilibre stable dont nous avons parlé plus haut. Par coût de production ou de revient d'une quantité an-

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