CIIAP. I. — LEB C0URBE8 TOTALES
nuelle déterminée d'un article, nous entendons la somme minimum d'argent que doit recevoir la totalité des producteurs de cet article pour pouvoir produire celle quantité sans aucune perte ; dans ce cas, les producteurs ne tirent aucun avantage de leurs efforts, de sorte qu'il leur est indifférent de produire cette quantité de l'article en question ou de ne pas le produire. Nous pourrions de même évaluer le coût de production de toute autre quantité annuelle, plus élevée ou plus faible, de ce même article, en supposant toujours, conformément à nos hypothèses, que, d'une part, les prix de tous les autres articles et, d'autre part, les qualités individuelles des producteurs de A restent tout à fait constants.
Construisons un système de coordonnées (fi g. 1) dont les abscisses représentent les quantités de A et les ordonnées des sommes d'argent. Si les diverses quantités qui peuvent être produites annuellement sont représentées par des horizontales et si les coûts de production correspondant sont représentés par des verticales, les points d'intersection de ces horizontales et de ces verticales donnent, si on les réunit, une courbe OA que nous appelons la courbe de tous les coûts de production ou courbe totale du coût ( Gesammlkostenkurve) . Nous déterminerons plus loin la nature exacte de cette courbe; nous pouvons dès maintenant en dire ce qui suit :
I La courbe commence au point 0 d'intersection des coordonnées. Cela signifie que, si l'article A, auquel se rapporte la courbe, n'est pas produit du tout, il n'eu peut résulter aucun coût de production.
ïj La courbe est ascendante, parce que, — en général, — plus la quantité annuellement produite est grande, plus le coût toi al est élevé.
3) La courbe doit tendre, en fin de compte, vers une asymptote' verticale MM, CM il ne serait pas possible, même en augmentant indéfiniment le coût de production et les
efforts du producteur, d'accroître la production annuelle au delà d'une limite déterminée, bien que cette limite puisse dépasser de beaucoup la quantité ordinairement produite.
4) La courbe OA est convexe dans toutes les parties, c'est-à-dire que toute tangente suivante fait avec la verticale un angle plus aigu que toute tangente précédente. Tout accroissement de quantité cause une augmentation de coût d'autant plus forte que la production annuelle à laquelle cette augmentation de quantité doit s'ajouter est plus importante. Aussi longtemps que, dans une industrie quelconque, on s'en tient à un certain mode de production et que, avec le même outillage et le même personnel, on doit fabriquer une quantité plus grande pendant une durée déterminée, cela n'est possible que par une marche plus rapide des machines, et il en résulte forcément une augmentation de dépenses plus que proportionnelle en graissage et en frais d'entretien et, notamment pour les machines à vapeur, en combustible. De même, les animaux employés et les personnes occupées à cette production, par leur travail physique ou intellectuel, devront augmenter leurs efforts. Mais ces productions sont également plus coûteuses du fait qu'elles sont plus fatigantes ; c'est en effet une loi physiologique que toute prestation supplémentaire nécessite un effort supplémentaire d'autant plus considérable que la prestation à laquelle elle s'ajoute était déjà importante. De plus, quand il s'agit d'un travail accéléré, l'exploitation des matières premières et des produits auxiliaires ne cesse de devenir plus défectueuse. Toutes ces influences, il est vrai, peuvent être diminuées grâce à des changements opportuns dans l'organisation de la production, changements qui selon nos hypothèses doivent être effectués en temps utile; mais elles ne peuvent être tout à fait écartées. Nous aurons la preuve de tout ceci, ainsi que de notre affirmation d'un tracé complètement