TARI. III. L'INDIVIDU ET LA CONSOMMATION
courbes, identiques par leur forme, ne se distinguent que par leur situation au point de vue de la hauteur ; comme nous le voyons, le prix maximum est devenu plus élevé mais la quantité minimum 0\x plus petite, c'est-à-dire 0^, parce qu'à présent des combinaisons de consommation auparavant omises seront prises en considération si i'on se contente de quantités restreintes de l'article A.
Si l'habitude tend à rechercher surtout les modes d'emploi plus abondants, la partie maximum de la courbe de la jouissance est rehaussée tandis que les combinaisons de consommation comportant un emploi plus restreint de A peuvent disparaître entièrement. La courbe bg peut alors revêtir une forme comme celle bg{ (fig. 47), de sorte que le prix maximum croît ainsi que la quantité minimum, qui monte de 0\x à 0\xr Au contraire, si l'habitude ne s'étend pas aux modes d'emploi plus abondants, mais seulement aux moins copieux, la courbe bg subira la courbure dessinée on rouge : le prix maximum augmente tandis que la quantité minimumO(JL2 diminue; mais comme la courbe, contrairement au cas indiqué dans la figure 46, est devenue moins bombée dans son tracé ultérieur, le passage à des quantités plus considérables ne peut se produire qu'à des prix plus bas qu'auparavant. Si le changement va très loin dans la même direction, le point maximum de la courbe de la jouissance peut se déplacer vers la gauche, et ainsi la quantité de pleine satisfaction diminue de telle sorte que les modes d'emploi les plus abondants n'entrent plus en considération.
Enfin, si l'habitude ne s'attache qu'à un genre de vie déterminé et si fa (fig. 48) est la courbe de la jouissance correspondante, cette dernière prendra, sous l'influence de l'habitude, l'emplacement plus élevé figuré par une ligne pointillée. La courbe de la jouissance bg du genre de vie et d'exploitation le plus avantageux reçoit donc la courbure également indiquée au moyen de points. Si l'augmentation de jouissance due à l'habitude est suffisamment impor-
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tante, les genres de vie comportant un emploi restreint de l'article A peuvent être tout à fait omis et, comme dans le cas précédent, les genres de vie comportant un usage plus copieux peuvent également disparaître en totalité ou en partie.
Il est aisé à comprendre que l'habitude s'attache aux différents articles d'une façon très inégale ; c'est pour les excitants que son influence se manifeste de la façon la plus frappante : en général, les jeunes gens ne recourent pas à ces articles et, par conséquent, on peut voir, en les observant, quand ce goût devient une habitude. S'il s'agit d'articles dont la jouissance est liée à un effort, la chasse, l'équitation, etc., l'habitude a cet effet que la fatigue n'est ressentie que plus tard. Le dégoût suscité par une jouissance exagérée quelconque joue par contre dans un sens précisément opposé à l'habitude.
L'influence mentionnée ci-dessus (§ 33 de la qualité et du genre de l'actif initial sur le choix de la combinaison de consommation la plus avantageuse et sur la forme de la courbe de la jouissance montre la plus grande ressemblance avec celle de l'habitude. C'est ce qu'on voit quand la courbe se rapporte à un de ces articles dont la consommation suppose une possession correspondante de certains objets d'usage. Admettons que la courbe de la jouissance se réfère au pétrole : elle aura une forme différente suivant que l'individu sera pourvu d'un nombre de lampes suffisant pour tous les cas ou qu'il n'en possédera que peu ou point. Dans ce dernier cas, la jouissance liée à la consommation de pétrole est amoindrie par la néces-ité de faire des dépenses pour l'acquisition de lampes ; parcontre, si l'on en possède quelques-unes, cet eiïet n'est sensible que pour un usage plus abondant de pétrole. Ainsi la courbe de la jouissance décroitra-t-elle dès une certaine quantité de pétrole, si l'on possède peu de lampes, mais, si L'on ne possède pas même ces lampes, elle montera plus lentement
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tout en étant moins bombée que dans le cas mentionné en premier. lieu, où la possession abondante de lampes coïncide avec l'habitude du pétrole et a un eilet tout pareil. Le passage à un emploi plus copieux d'un objet de consommation est donc rendu plus difficile quand il nécessite des avances de capitaux, et cela d'autant plus que l'individu a plus de raison de craindre le risque multiple lié à de tels débours. Non seulement l'habitude d'un article de consommation en général, mais l'habitude de quantités déterminées de cet objet, trouve son analogie dans le genre et la manière avec lesquels la possession de certains articles d'usage joue un rôle dans le choix de la combinaison de consommation la plus avantageuse. Ainsi celui qui a une paire de chevaux a une vive demande d'une quantité correspondante de foin et d'avoine, tandis que toutes les combinaisons de consommation contenant des quantités sensiblement plus ou moins fortes de ces articles n'ont pour lui aucune importance.