CHAP. II. — COURBE DE JOUISSANCE ET ACTIVITK PRODUCTRICE 1 ■"• I
contre, là où le travail humain s'ajoute au travail »les machines pour le diriger, le contrôler et le compléter,, il lui reste un domaine qui ne cesse de s'étendre à la faveur du progrès des inventions techniques.
Nous ne faisons que répéter ce qui a été dit hien des fois quand nous faisons ressortir que l'on ne peut se rendre compte des changements de quantité de l'article considéré provoqués par les changements de prix d'un produit ou d'un moyen de production quelconque que si les prix de tous les autres articles et l'appréciation individuelle de la valeur de l'argent restent constants, mais que cette hypothèse ne peut se réaliser que dans d'étroites limites. Une augmentation de production pèse sur le prix du produit, accroit le prix des matières auxiliaires et l'interdépendance des prix transmet souvent toute influence de cette nature aux articles qui semblent les plus lointains. Cette relation ne s'étend pas moins au prix du travail humain, aux traitements et aux salaires. Le prix du travail humain varie selon la qualité de la prestation et cette qualité se manifeste surtout dans le traitement attentif des produits, dans l'utilisation complète et soigneuse des matières premières, dans l'emploi des outils et des appareils avec ménagement ; aussi n'est-elle aucunement indépendante de la bonne ou de la mauvaise volonté du personnel, qu'il s'agisse des ouvriers comme des membres de la maison. Mais le contentement de chacun pris à part dépend non seulement du degré d'attention qui est exigé de lui et par conséquent de la qualité de sa prestation, mais il est aussi lié avec le genre de vie que permet le salaire et avec les prix des articles de consommation.
54. La courbe de la jouissance, relative à différents articles. — Si, partant d'une combinaison de consommation el due production la plus avantageuse, étant donné les prix «le tous Las articles, el île la satisfaction réelle qui y correspond, nous laissons indéterminé, l'un aprèa l'autre, le prix de chacun des
U)2 PART. IV. L'iNDIVIDU CONSIDÉRÉ COMME PRODUCTEUR
articles, tandis que tous les autres prix restent constants, nous pouvons représenter la courbe de la jouissance de l'individu considéré à tour de rôle pour chacun de ces divers articles — objets de consommation, moyens de production et produits. Dans chacune de ces courbes, la satisfaction réelle sera représentée par l'écart vertical de la courbe et de la dérivée correspondante, là où cette dernière est coupée par la ligne du prix, initiale, de l'article en question, et nous pourrions répéter ce que nous avons dit plus haut (§37) sur les points correspondants des courbes de jouissance du même individu rapportées l'une après l'autre à différents articles. Naturellement, pour les points correspondants, la distance des courbes dérivées de celles du coût et de l'utilité n'est pas du tout la même. Le gain de consommation afférent à la quantité à acheter nécessairement pour la combinaison réelle de consommation et de production, comme le gain de production de la quantité à vendre, diffère d'article à article, parce qu'il faut déduire de la satisfaction réelle toujours égale une satisfaction initiale chaque fois différente.
Si nous comparons la forme des courbes de jouissance du même individu relatives à divers articles successifs, elle différera naturellement chaque fois, et cela dans sa forme générale.
L'exemple du propriétaire d'une fabrique de sucre nous a déjà fait comprendre (§ oO) que la satisfaction initiale peut être très différente suivant la nature de l'article. Là où l'emploi du produit en question était exclu par le producteur luimême, la satisfaction initiale résultait d'une combinaison dans laquelle l'article n'était ni produit ni consommé, tandis que, dans la courbe de la jouissance située des deux côtés de l'axe des ordonnées, le même article peut reposer sur une combinaison dans laquelle on consomme de l'article A exactement ce qui en est produit. Ainsi, si l'article A est tel que les coupures de betterave lavées, l'exploitation ne pourrait être continuée si cet article devait être exclu de la combi-