PART. IV. L'INDIVIDU CONSIDÉRÉ COMME PRODUCTEUR
temps, quand pour un motif quelconque, par exemple pour bien assortir le magasin de toutes les qualités, on observe un certain rapport approximatif entre leurs quantités. Souvent aussi la concurrence de différents produits est limitée par certaines relations techniques. Ainsi, dans l'hypothèse d'une économie dite libre, les cultures du blé, des légumes et du trèfle sont en concurrence, mais seulement jusqu'à un certain degré, car aucune de ces cultures ne peut être trop restreinte sans dommage pour les deux autres.
Pour les matières premières concurrentes on peut faire la même observation que pour les objets de consommation, à savoir que la meilleure sorte fait une concurrence beaucoup plus effective àla qualité lamoins bonne que celle-ci à celle-là Pour les produits concurrents, on peut remarquer précisément l'effet contraire ; certes, si la conjoncture est défavorable, le producteur cherchera à produire de meilleures espèces, parce qu'alors les consommateurs y auront recours, mais cela exige des installations plus considérables et une attention plus grande ; par conséquent ce n'est pas si facile à accomplir que la production des qualités inférieures. Le fait de multiplier la production aux dépens de la qualité grâce à un travail accéléré ne nécessite en général pas de dépenses préalables spéciales et permet de surveiller le personnel et son travail avec moins de minutie; cette transition sera donc toujours facile dès que, la demande croissant, les consommateurs deviennent moins exigeants. De même il est beaucoup plus facile pour le cultivateur d'étendre la culture du seigle, de l'orge et de l'avoine aux dépens de laculture du froment que d'opérer en sens contraire. On pourrait faire des remarques du même genre au sujet du moyen de production fondamental — l'activité humaine. Les travailleurs occupés à la même tâche complètent leurs services, les tâcherons autonomes se font concurrence. Là où le travail humain concourt avec les prestations de moteurs mécaniques, il ne manquera pas de perdre pied à la longue ; par