‹ Recherches sur la théorie du prix;Chapitre 64 sur 128 · S PART. IV. L'INDIVIDU CONSIDÉRÉ COMME PRODUCTEUR · texte numérisé non relu

S PART. IV. L'INDIVIDU CONSIDÉRÉ COMME PRODUCTEUR

n'est pas tant déterminée par une habitude éventuelle que par l'importance de l'outillage actuellement existant. Ici il ne sera que rarement possible et avantageux d'obtenir une augmentation sérieuse de la production sans nouvelles installations, c'est-à-dire au moyen seulement de modifications des procédés telles que l'augmentation de la durée de travail, l'accroissement du nombre des journaliers, le passage à d'autres qualités d'un moyen de production, etc. On peut d'ailleurs revenir sans perte sur ces changements apportés à l'entreprise toutes les fois que disparaît la variation de prix qui les avait provoqués, et le capital d'exploitation nécessité par la dite modification redevient disponible. Il n'en est pas de môme si le changement nécessite des avances durables de capitaux, par exemple des reconstructions, l'édification de nouveaux bâtiments, des acquisitions de machines, etc. Il est clair, a priori, que, quand le changement de prix de l'article ,4 n'appartient pas, comme on s'y attendait, à une conjoncture durable, mais que celle-ci se modifie à nouveau et que l'on veut revenir à l'ancien état de choses, le capital fixe dépensé ne pourrait être récupéré qu'en partie ou pas du tout. Au risque résultant d'une telle perte se joignent souvent encore l'inconvénient causé par l'interruption de l'exploitation et la crainte que le renouvellement partiel n'enlraine encore de nouvelles dépenses que l'on ne peut apprécier d'avance. Quand on prend en considération toutes ces circonstances, l'importance du risque est différemment évaluée par chaque individu ; il faut ici tenir compte de ses conditions de fortune et de crédit, c'est-à-dire de la facilité qu'il a à se procurer de l'argent, comme de ses inclinations et de ses habitudes, de son optimisme ou de son pessimisme. Plus le risque paraît grand, et plus on craint de nouvelles avances de fonds, plus est faible la jouissance que l'on peut attendre de celte quantité à acheter ou à vendre de A pour laquelle doit être fait le placement en question. Il en résulte que, s'il s'agit

CHAP. III. — MODIFICATIONS DE LA COURUE DE LA JOl [SSANCE 109

d'une installation en vue d'une fabrication plus considérable du produit ou bien d'une moindre consommation ou d'une production propre du moyen de production A, la courbe de jouissance décroîtra à gauche de la quantité antérieurement vendue ou acbetée avec d'autant plus de rapidité que la crainte du placement en question est plus forte. Mais, si cette installation a pour objet l'accroissement de la fabrication d'un autre produit, de sorte qu'il en résulte une moindre production de A, ou bien un emploi augmenté d'une matière première ou d'un moyen de production, ou bien la mise en œuvre ultérieure du produit A fabriqué par l'entrepreneur, la courbe de la jouissance montera, à droite de l'ancienne quantité acbetée on vendue, avec d'autant plus de lenteur que l'on redoute plus le placement en question» Tout à faitcomme l'habitude de certaines quantités, la crainte de plus grosses installations a cet effet que l'individu ne modifie rien à son établissement dans les limites des fluctuations de prix assez importantes et qu'il faut des modifications considérables pour l'amener à passer à ces quantités d'achat ou de vente qui requièrent de nouveaux placements. Si, au contraire, la fixation nouvelle de capitaux est opérée, la possession effective de l'entrepreneur de notre point de départ s'est modifiée de façon durable. A la vérité, il a une installation manufacturière plus importante ou plus parfaite, mais il a ou bien moins de capitaux liquides, ou bien plus de dettes ; pour cela même sa jouissance sera moindre qu'auparavant pour toutes ces quantités d'achat ou de vente de A pour lesquelles l'application de capitaux en question n'est pas nécessaire ou opportune. Ainsi il y aura baisse de tous les points delà courbe de la jouissance à deux branches situés soit à droite, soit à gauche des nouvelles quantités d'achat ou de vente, suivant que la fixation de capitaux qui a été faite avait pour but soit une augmentation de la production, soit une diminution de la consommation de .1, ou bien le contraire. Par contre, il n'y a pas variation des or-

170 PART. IV. L'iNDIVIDU CONSIDÉRÉ COMME PRODUCTEUR

données de la courbe dont les abscisses donnent les nouvelles quantités, de sorte que la courbe devient dans le 1er cas moins et dans le 2e cas plus raide qu'auparavant, dans sa partie située entre l'ancienne et la nouvelle quantité ; le retour de la nouvelle à l'ancienne quantité ne peut ainsi avoir lieu que pour un prix de A qui est beaucoup plus bas dans le 1er cas et beaucoup plus élevé clans le second que celui auquel l'individu avait pris la résolution de faire l'installation en question. De même les ordonnées suivantes de la courbe de la jouissance, partant de la nouvelle quantité pour laquelle l'installation était avant tout nécessaire, restent inchangées seulement en tant que cette installation continue à être opportune pour des quantités encore plus considérables. Par exemple, si l'on faisait passer de quatre à cinq le nombre des chaudières, les ordonnées de la courbe de la jouissance resteront les mêmes pour les quantités de produits et de moyens de production pour lesquelles ces cinq appareils ne suffisent plus, si l'installation de la cinquième chaudière n'a pas rendu plus difficile ou plus chère l'extension ultérieure des appareils de chauffage ; ces ordonnées sont, par contre, raccourcies si cette installation empêche d'une manière quelconque l'extension ultérieure. L'augmentation dans la possession d'articles d'usage durable, par exemple de chaudières, a toujours le même effet qu'une habitude nouvellement prise et coïncide aussi avec elle. Le retour à l'ancien élatde choses reste nalurellementpossible, mais il est lié à de nouvelles dépenses et à de nouveaux troubles dans l'exploitation. Bien que, pour une production de moindre importance, la coopération des nouveaux appareils ou leur simple utilisation comme réserve ou leur chômage total ou partiel permette des modes d'exploilation qui ne pouvaient entrer en ligne de compte avant l'organisation de la nouvelle installation, la production de quantités plus petites avec un outillage considérable reste toujours désavantageuse. Le retour à l'ancienne quantité

Page 1