‹ Recherches sur la Valeur Morphologique et la Signification des Differents types de Globules BlancsChapitre 25 sur 27 · LD · texte numérisé non relu

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un mélange d’une solution d’une couleur acide et d’une couleur basique. Gulland, puis Kantack et Hardy ont critiqué le terme de « neutrophile » donné par Ehrlich à ces granulations (granulation : E.); pour eux, les solutions « neutres » d’Ehrlich sont en réalité de véritables solutions acides, et les granulations « neutrophiles » d'Ehrlich sont de véritables granulations acidophiles (oxyphiles fines). Sur cette question des granulations « neutrophiles », notre conviction n’est pas encore faite; ce que nous pouvons dire seulement, c’est qué, quand bien même on accepterait la manière de voir des auteurs anglais, il n’en resterait pas moins ce fait qu'entre l’affinité pour les couleurs acides, pour l’éosine en particulier, de ces deux sortes de granulations (+ et e), il existe une différence considérable, et qu’il nous semble bien difficile de trouver entre les deux, dans le sang, des formes de passage réelles.

Ce qui a surtout décidé certains auteurs à considérer les granulations éosinophiles comme le produit du développement complet, de la « maturation » des fines granulations du protoplasma des leucocytes à noyau polymorphe dans le sang, c’est la connaissance des cellules à fines granulations éosinophiles du sang du lapin et du cobaye.

Erhlich a montré en effet que le plus grand nombre des cellules à noyau polymorphe, dans le sang du lapin et du cobaye, contenaient de fines granulations qui avaient une affinité remarquable pour l’éosine. Ces granulations (8 E.) avaient les mêmes propriétés histo-chimiques que les granulations éosinophiles (4); seulement elles semblaient avoir plus d’affinité pour l’induline (couleur acide également), et la manière dont elles se comportaient vis-à-vis des colorants acides, après l’action plus ou moins intense de la chaleur, le conduisit à admettre qu’elle nedifféraient dela granulation * que par la teneur en eau.

On croit, en général, que ces granulations (amphophiles E.) peuvent se colorer aussi bien par les couleurs basiques que par les couleurs acides. Je ne sache pas qu'Ehrlich ait avancé pareil fait, mais cela a été dit par son élève Schwarze. En réalité, je n’ai jamais réussi à colorer par les couleurs

basiques la granulation « amphophile », et quand bien même, dans certains cas, on y arriverait, Ce qui est possible, ce serait dans des conditions particulières, à rechercher, tandis que leur affinité pour l’éosine est considérable et très facile à mettre en évidence’.

Le faitque la granulation 8 se trouve dans les cellules à noyau polymorphe les a fait assimiler à la granulation du sang de l’homme. On voyait dès lors dans cette assimilation un fait de plus en faveur de la relation qui existerait entre la granulation < et la granulation «. Kantack et Hardy, obéissant un peu au désir de donnerune vue simple et compréhensible des faits, ont cherché à assimiler davantage encore la granulation £ à la granulation :; mais leur manière de voir me semble reposer sur un fait inexact; le voici.

Ebrlich, Schwarze, avaient montré que les solutions aqueuses d’éosine avaient un pouvoir colorant plus grand pour les granulations et le protoplasma cellulaire que les solutions alcooliques, fait sur lequel M. Malassez a aussi attiré l'attention. Kantack et Hardy sont revenus sur ce point, et ils ont divisé les granulations éosinophiles en plusieurs catégories, suivant qu’elles ont une affinité plus ou moins grande pour l’éosine, l’affinité la plus énergique étant mesurée par la colorabilité dans les solutions alcooliques à 95°, l’affinité la moins grande se rapportant à des granulations qui se colorent uniquement dans les solutions aqueuses, glycérinées, ou alcooliques titrant 60°. Suivant eux, la granulation $ comme la granulation : appartiennent à la catégorie des granulations le plus faiblement éosinophiles. En fait, 1l n’y a aucune ressemblance entre l’affinité des deux granulations pour l’éosine. Contrairement à ce que pensent Kantack et Hardy, nous avons vu que la granulation Ê se laissait colorer très facilement par les solutions d'éosine dans l'alcool à 95°, soit après la simple dessiccation, soit après la fixation par la chaleur, par l'alcool, l’acide chromique, etc. La granulation $ semble même avoir une affinité

1. Cette remarque a déjà été faite avant moi par Kanruacxk et Harpy, locacat,

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presque aussi grande pour l’éosine que les cellules éosinophiles habituelles du sang de l’homme ; peut-être vaudrait-il mieux ne pas conserver le terme de pseudo-éosinophile qui leur est quelquefois appliqué. Dominici ‘ a montré que l’action des vapeurs d'acide osmique ne gênait pas leur affinité pour l’éosine, mais que la coloration du noyau de la cellule par l’hématoxyline ou lhématéine, faite sans précautions, pouvait masquer complètement les granulations. Ce dernier. fait avait été vu par Schwarze. Comme la granulation P a été peu étudiée, je crois bon d'indiquer les réactions que J'ai essayées sur cet élément. On la met facilement en évidence par l’éosine sur des préparations desséchées et fixées par l'acide chromique à 1 p. 100, le sublimé, les bichromates alcalins, l'alcool absolu, l'alcool-éther, les vapeurs d’acide osmique. La coloration du noyau par l’hématoxyline ou l’hématéine, si l’on a soin de faire agir peu de temps ces réactifs, ne gène pas la coloration de la granulation par l’éosine ; on obtient de bons résultats, par exemple, sur les préparations desséchées et fixées par les vapeurs d'acide osmique à 1 pour 100 pendant 35 à 50 secondes. La coloration du noyau par le bleu de méthylène n’exige pasles mêmes précautions. Ces granulations peuvent encore être mises facilement en évidence sur une préparation simplement desséchée et qui à été trempée dans l’eau ?, ou qui a subi l’action de la solution d’ammoniaque étendue à 1/50, du formol à 10 p. 100, de l’éther, du chloroforme, de l’essence de térébenthine. Elles ne se colorent pas en noir par l’acide osmique, elles se colorent en jaune par la solution iodo-iodurée. Sur des préparations fixées par la chaleur, l’action de l’acide nitrique à 1/50 les laisse intactes et ne gêne pas leur coloration; l'acide acétique à 1/50 m'a semblé nuire quelquefois à leur coloration et quelquefois même les faire disparaître. Ces granulations se voient sur les leucocytes vivants ; elles sont plus fines et moins réfringentes que les granulations éosinophiles «.

La connaissance de cette granulation va nous servir à es-

4. Soc. de biol., juillet 1897. | 2, Contrairement à ce que Schwarze semble penser (loc. cil., p. 88).

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