Revue générale de Bot., 1905, p
chimique est modifiée; on ne trouve plus les proportions habituelles de matières de réserve. La culture soignée des Cucurhitacées exige donc la fécondation artificielle, afin d’éviter les pollens étrangers qui modifieraient les fruits.
Enfin, dans le monde viticole, l’opinion est répandue d’après laquelle une variété à raisins blancs, fécondée par une variété à raisins noirs, donnerait des raisins noirs, blancs ou panachés; l’inverse n’aurait pas lieu, c’est-à-dire qu’il n’y aurait jamais décoloration des raisins noirs. Millardet* admet ces faits, pour lui scientifiquement établis par Henry Boüscheï et son père, les créateurs des hybrides fameux qui portent leur nom, et aussi par un ampélographe éminent, le baron Antonio Mendola. Mais il fait remarquer que cette xénie ne se produit qu’à la suite du croisement de variétés d’une même espèce et qu’elle n’a jamais lieu pour la Vigne quand on croise des espèces différentes. ViALA et Pacottet fécondant régulièrement dans les serres le Muscat d’Alexandrie et le Bicane, deux variétés coulardes de Vinifera, par le pollen d’Aramon-Rupestris Ganzin (hybride franco-américain) ou le Frankentbal ( Vinifera) ne constatent jamais le phénomène de la xénie, pas plus dans la forme que dans la couleur et le goût.
En dépit de tous ces faits, la question de la xénie est encore bien obscure. Knight^, malgré de nombreuses recherches, n’a pu la mettre en évidence. Lecoq* n’a pas été plus heureux. Et on peut affirmer que la grande majorité des observations de la pratique courante lui est défavorable. Dans les vergers les arbres fruitiers donnent bien les fruits de leur variété malgré la fécondation croisée; il est vrai de dire cependant que des pomologistes distingués (Liron d’Airolles®, etc.) admettent dans ce cas
son existence.
Désirant me faire une opinion personnelle sur la question, j ai entrepris cette année des expériences d’hybridation sur un cer-