Parcours des faisceaux dans un Segment
$ II. — STRUCTURE DU BOURGEON TERMINAL. — DIFFÉRENCIATION DES TISSUS DE LA TIGE.
Melaleuca hypericifolia.
A. — Bourgeon terminal.
Extérieur. — Section transversale d'ensemble du Bourgeon terminal. —. Structure du Point de végétation du Bourgeon terminal.
B. — Différenciation des tissus de la Tige.
Différenciation de la section moyenne. — Différenciation des régions nodales.
$ III — Résumé.
$ I. — STRUCTURE DE La TIGE (UE
LEPTOSPERMÉES ET MYRTÉES.
Section transversale moyenne d'un entre-nœud. — La section transversale d’un entre-nœud de Myrtée et de Leptospermée montre :
(1) Les rameaux étudiés sont des rameaux terminaux ayant au plus trois périodes de végétation.
1° Une assise de cellules épidermiques à paroï superficielle souvent fortement épaissie ; |
2° Une couronne de parenchyme cortical, caractérisée par la présence
de massifs sécréteurs ;
3° Une couronne libéro-ligneuse continue pourvue de liber interne ;
4 Un massif central de parenchyme médullaire.
Epiderme.— Les cellules épidermiques sont toujours petites. Tantôt elles sont allongées longitudinalement (les Melaleuca, les Callistemon), tantôt elles sont plus larges que longues (la plupart des Myrtées, quelques Æucalyptus). La paroi extérieure des cellules épidermiques est souvent fortement épaissie {Æcmena floribunda, Eugenia Ugni, Caryophyllus aromaticus , Metrosideros tomentosa, Tristania neriifolia, Eucalyptus robusta, Fabricia lævigata, Bæckea virgata).
L'épiderme porte généralement de nombreux stomates transversaux dans le genre ÆEucalyptus. Ces stomates sont simples chez Eu. cosmophylla, ils sont entourés de nombreuses cellules accessoires chez Eu. siderophloia (1). On trouve également des stomates chez les Melaleuca, les Callistemon, le Caryophyllus aromaticus, V Acmena
floribunda, le Jambosa densiflora et le Jambosa Korthalsu ; toutefois
dans ces espèces ils sont peu nombreux, simp.es et longitudinaux.
L'’épiderme de la plupart des Leptospermées porte des poils unicellulaires, longs, filiformes, entièrement sclérihiés ; ces poils se brisent de très bonne heure près de leur base. Chez Melrosideros tomentosa les poils sont plus nombreux, plus larges et plus durables que dans les espèces précédentes ; ils sont tortillés. Les poils des 7rrs/ania nerifolia, T. macrophylla, Eugenia Ueni, Myrtus tarentina, M. bullata, ressemblent à ceux du Metrosideros. Ceux du Psidiun Catileianum sont courts, rigides, perpendiculaires à la surface de la tige.
Rarenchyme cortical. — La couronne de parenchyme cortical des Leptospermées est mince, celle des Myrtées, des Eucalyplus, des Metrosideros et des Tristania est plus épaisse. Cette couronne renferme, chez Eu. paniculata, un peu de tissu herbacé localisé en de petits massifs sous-épidermiques. Chez Eu. globulus, Eu. siderophlora, le
(1) Ces stomates de la tige ont la mème structure que ceux de la feuille.
tissu herbacé forme une bande continue, peu épaisse, sous-épidermique. D'autres fois ce tissu est séparé de l’épiderme par une épaisse bande de collenchyme ; le plus souvent il fait défaut.
Le parenchyme cortical renferme des massifs glandulaires, Ma, Fig. 5, PL 16, munis d’un épithélium sécréteur {1}. Ces massifs sont peu nombreux chez les Melaleuca, les Callistemon, chez Eugenia Ugni, Myrcia pimentoïdes, Eucalyptus rostrata. As sont au contraire très nombreux chez la plupart des Eucalyptus, chez Fabricia lærigata, Tristania macrophylla, Caryophyllus aromaticus, Acmena floribunda, Syzygium Jambolanum, Jambosa densiflora. Tantôt ces massifs sécréteurs sont très larges (Æu. siderophloia, Eu. cosmophylla, Acmena floribunda, S. Jambolanum), tantôt ils sont petits (Psidium pyriferum, Tristania neriifolia, Metrosideros tomentosa). Très généralement, les massifs glandulaires sont sous-épidermiques ou peu profonds. Chez C. aromaticus, Eu. robusta et Tristania macrophylla, ils sont plus éloignés de la surface (2). Les massifs sécréteurs de l'Eucalyptus citriodora sont situés tout entiers dans des émergences, cylindriques, longues souvent de 1°”, Fig. 3 et 4, P. 17.
Le parenchyme cortical du Metrosideros lomentosa renferme de larges sclérites à parois régulièrement épaissies, canaliculées. Celui du Jambosa Korthalsii et celui du Psidium pyriferu:n prennent une structure réticulée dans laquelle les mailles du réseau sont formées par de petites cellules à protoplasme dense, tandis que l’intérieur des mailles ne comprend que de grandes cellules à protoplasme peu abondant. Chez J. Korthalsit toutes les grandes cellules épaississent fortement la paroi de leur face interne.
Le parenchyme cortical de toutes les Myrtacées renferme à la fois des macles sphériques et des prismes courts, souvent coudés, d’oxalate de chaux, (B) Fig. 8, PI. 17
L’assise interne du parenchyme cortical n’est jamais nettement caractérisée comme gaîne protectrice.
Couronne libéro-ligneuse. — La forme de la couronne libéroligneuse est très variable suivant les genres et les espèces. Cette forme
(1) Très généralement les parois et le contenu des cellules épithéliales sont chargés de tannin et se colorent fortement par l’acéta‘e de fer. La cavité du massif renferme des produits oléo-résineux.
(2) Chez le T. macrophylla on trouve des massifs sécréteurs jusque dans la moelle.
est arrondie (Zeptospermum flexuosum, L. marginatum), elliptique (Eugenia Ugni, Caryophyllus aromaticus, Myrcia pimentoïdes, Psidium pyriferum), quadrangulaire (Syzygium Jambolanum, Jambosa Korthalsii, J. densiflora, Eucalyptus paniculata, Eu. hemiphlora, Eu. marginata, Eu. globulus), sensiblement triangulaire (Callistemon lineare, C. salignum, Fabricia lævigata), pentangulaire (Melaleuca ericifolia, Tristania nerufolia, Callistemon arborescens). D'ailleurs la forme de la moelle peut varier dans une même espèce et dans l'étendue d'un même rameau; c’est ainsi qu’elle est tantôt triangulaire, tantôt quadrangulaire chez Callistemon salignum.
Chez toutes les Leptospermées, à l'exception des Eucalyptées et desMétrosidérées, les faisceaux foliaires sortants sont étroits. Ils commencent à s’écarter de l’axe de la tige plusieurs entre-nœuds au-dessous de leur nœud de sortie. Dans ce cas, si la couronne libéroligneuse est 3-, 4- ou 5 - angulaire, les faisceaux foliaires occupent les angles (1).
Chez la plupart des Myrtées à moelle quadrangulaire ou elliptique, chez les Eucalyptées et chez les Métrosidérées, les faisceaux foliaires sont notablement plus larges que chez les Leptospermées. En outre ces faisceaux sont situés au milieu des côtés de la couronne et non dans les angles. Tantôt chaque faisceau foliaire sortant n’occupe qu'une partie du côté auquel il appartient {Psidium pyriferum, Caryophyllus aromañcus), tantôt il occupe le côté tout entier. Quelquefois même ce faisceau s'étend sur les extrémités des côtés contigus, Fig. 37, (Syzygium Jambolanum, Jambosa Korthalsii, J. densiflora, la plupart des Eucalyplus;.
a. Le bois primaire des espèces à faisceaux étroits n’est représenté que par quelques lames trachéennes divergentes. Le bois primaire des espèces à faisceaux larges est formé de lames trachéennes parallèles, nombreuses, dont celles qui occupent le milieu du faisceau sont les plus rapprochées du centre de la tige. Les trachées des faisceaux étroits sont très grêles, celles des faisceaux larges sont sensiblement plus grosses. Dans les deux cas les lames trachéennes sont séparées les unes des autres par des éléments grêles, à parois minces, allongés longitudinalement {fibres primitives).
(1) Dans ces tiges à faisceaux foliaires étroits la moelle est toujours beaucoup plus réduite que dans les tiges à faisceaux larges.
b. Le bois secondaire externe forme chez toutes les Leptospermées et chez toutes les Myrtées une couronne continue. Les éléments de ce bois secondaire sont des fibres et des vaisseaux.
Dans les faisceaux foliaires les premiers éléments ligneux secondaires sont de petits vaisseaux spiralés et annelés, rangés en lames radiales dans le prolongement des lames trachéennes. Entre ces lames vasculaires sont des fibres à parois minces. Cette disposition est particulièrement caractérisée chez Tristania macrophylla, Metrosideros tomentosa, les Eucalyptus. Les premiers éléments ligneux secondaires des faisceaux sortants du Syzygium Jambolanum sont de nombreux vaisseaux aréolés, dispersés sans ordre et réunis par des fibres à parois épaisses.
Dans les régions interfasciculaires il existe aussi des vaisseaux spiralés et annelés disposés en lames radiales, mais ces lames sont plus petites, plus espacées, à vaisseaux plus grêles.
Dans le reste de la couronne ligneuse secondaire, les vaisseaux sont en général assez nombreux. Ils sont isolés et dispersés sans ordre. Toutefois il peut arriver {Acmena floribunda, Syzygium Jambolanum, Jambosa densiflora, J. vulgaris, J. Korthalsiü\ que deux ou trois vaisseaux soient accolés en série radiale. Les vaisseaux ligneux secondaires du Psidium pyriferum et de 7 Ac. floribunda n’ont guère plus de 20 x de diamètre {1}. Ceux des Æucalyptus mesurent généralement 60 à 70 u de diamètre. Ceux du S. Jambolanum sont les plus gros que nous ayons rencontrés chez les Myrtacées ; leur diamètre atteint de 90 à 1104.
Les vaisseaux ligneux secondaires, Fig. 8, PI. 16, portent presque tous des ponctuations aréolées plus ou moins espacées, irrégulièrement distribuées, à ouvertures quelquefois transversales | Zeptospernum flexuosum) et le plus souvent soit faiblement obliques soit croisées en > couché. Ces aréoles, très petites chez Fabricia lærigata, Psidium pyriferum, Myrcia pimentoïdes, sont plus larges chez Eucalyptus et plus larges encore chez Syzygium Jambolanum (2). Dans cette dernière espèce les aréoles sont très serrées, de telle sorte que les vaisseaux ligneux rappellent ceux du Mernecylon clausiflorum et du Miconia
Y ne rer tre 2 D (1) Nous ne parlons ici que des vaisseaux formés pendant la première et la seconde période de végétation.
(2) La taille de ces aréoles est donc en rapport avec celle des vaisseaux.
Pavoniana. Les ponctuations des vaisseaux sont également serrées chez Jambosa densiflora, J. vulgaris et J. Korthalsii, mais aucune de celles que nous avons observées dans ces espèces n’était aréolée. Le fond des ponctuations simples du J. densiflora et celui des ponctuations aréolées de l’ÆAcmena floribunda montrent la disposition criblée que nous avons précédemment signalée, p. 162, chez certaines Mélastomacées du type Lasiandra.
Les fibres ligneuses secondaires des Leptospermées sont à parois épaisses, quelquefois même (Ca/istemon arborescens, Leplospermum flexuosum) la lumière de ces fibres est ponctiforme ; leur section transversale est irrégulière. Outre leurs fibres à parois épaisses, les Myrtées possèdent généralement des fibres ligneuses à parois minces et à section rectangulaire; chez les Myrtus et les Eugenia, chez Myrcia pimentoides, Caryophyllus aromaticus les fibres à parois minces sont isolées au milieu des fibres à parois épaisses (1), chez Syzygium Jambolanum, J. densiflora, J. Korthalsii ces fibres forment des bandes tangentielles qui’alternent avec les fibres à parois épaisses.
Les fibres ligneuses des Leptospermées et des Myrtées sont souvent aréolées sur toutes leurs faces. Leurs aréoles diffèrent de celles des vaisseaux par l'inclinaison de leurs ouvertures qui sont fortement obliques ou croisées en X peu ouvert. En outre elles sont beaucoup plus petites, sauf dans quelques espèces (Zeplospermum marginatum, Tristania macrophylla, T. nertifolia, Myrtus communs).
Certaines fibres ligneuses se recloisonnent transversalement. Elles sont rares chez les Leptospermées. Il en existe davantage chez Psidium pyriferum, Syzygium Jambolanum, les Jambosa, Acmena floribunda. Chez Myrcia pimentoïdes presque toutes les fibres du bois sont ainsi recloisonnées. Ce sont en général les fibres à parois minces qui se recloisonnent.
Les bandes de fibres ligneuses secondaires à parois minces que nous avons signalées chez Syzygium Jambolanum et les Jambosa, sont souvent le siège d’un dépôt important d’oxalate de chaux. Les fibres sont dans ce cas coupées par un grand nombre de cloisons transversales très rapprochées et chaque cellule fille renferme un cristal semblable à ceux que nous aurons à signaler dans le liber.
Les fibres ligneuses secondaires des Myrtées et des Leptospermées
(1) De la même façon que chez le Memecylon clausiflorum.
se forment soit directement aux dépens des cellules cambiales soit par recloisonnement longitudinal des cellules cambiales. Dans ce dernier cas, les cellules cambiales se recloisonnent généralement dans leurs angles de manière à isoler de très petites cellules triangulaires, toutefois les nouvelles cloisons peuvent aussi être tangentielles et radiales. Les fibres ligneuses formées aux dépens de cellules cambiales recloisonnées sont toujours petites, à section irrégulière et à parois épaisses. Les fibres qui dérivent directement de cellules cambiales sont relativement larges et à section rectangulaire ou hexagonale ; tantôt elles épaississent leurs parois, tantôt elles restent à parois minces (1).
c. Le liber primaire externe est entièrement parenchymateux chez Metrosideros tomentosa, Tristania nertifolia, T. macrophylla. Nous n'avons rencontré dans celui du Psidium pyriferum et du Caryophyllus aromaticus que quelques fibres isolées et quelques sclérites. Le liber primaire de l’Acmena floribunda renferme une assise fibreuse extérieure contiguë au parenchyme cortical. Le liber primaire externe de toutes les autres espèces que nous avons étudiées renfermait 1° des fibres généralement réunies en petits îlots contigus au parenchyme cortical, F7, Fig. 0, PL. 16, 2° du tissu parenchymateux entre lès îlots fibreux et contre leur bord interne. Très souvent les îlots fibreux sont suffisamment nombreux pour former une couronne à peu près continue (Zeplospernum flexuosum, Melaleuca hypericifolia, M. Preissiana, Callistemon saligmun, Eucalyptus siderophloia, etc.) Chez Eugema Ugni les îlots fibreux sont épais et largement isolés les uns des autres.
Les fibres libériennes primaires externes sont petites, à section transversale polygonale, à parois très épaisses dans les genres Melaleuca et Callistemon, chez le Calotharnnus quadrifida, le Bæckea virgata et le Fabricia læyigata. Les fibres sont plus larges, à lumière plus grande, à parois moins épaisses, et souvent un peu écrasées dans le genre Æucalyplus. Elles sont petites à section arrondie chez ÆAcmena floribunda, Psidium Catlleianum et Ps. pyriferum. Celles des Leptospermum sont petites et écrasées.
Un grand nombre de cellules libériennes primaires parenchyma-
(1) Ce sont ces fibres qui fournissent les fibres de cellules cristalligènes du Syzygium et des /ambosa.
teuses renferment des cristaux d'oxalate de chaux semblables à ceux que nous aurons à signaler dans le liber secondaire.
d. Le liber secondaire externe présente un grand développement chez les Leptospermées et chez les Myrtées. Ce liber comprend, Fig. 6, PL. 16, une série de bandes tangentielles formées soit par des fibres soit par des cellules cristalligènes, soit par des cellules parenchymateuses et des îlots grillagés. Dans quelques espèces ces bandes se succèdent régulièrement {1}.
Tantôt les bandes tangentielles ne s'étendent que d’un rayon de faisceau au rayon voisin, de telle sorte que la disposition stratifiée ne se voit pas nettement dans l'ensemble {la plupart des Eucalyptus), tantôt comme chez les Melaleuca, les Callistemon, les Leptospermum, Metrosideros tomentosa, les bandes fibreuses se continuent tout autour de la tige. Quelquefois les fibres libériennes secondaires sont isolées en petit nombre au milieu du parenchyme libérien ou manquent complètement chez le Caryophyllus aromaticus, chez les Myrtus et chez les Psidium (2).
Les fibres libériennes secondaires sont toujours à parois très épaisses. Chez Acmena floribunda ces fibres sont plus larges que les fibres libériennes primaires; chez les Melaleuca et les Callistemon elles sont sensiblement de même taille qu'elles; chez les Eucalyptus elles sont plus petites. Les fibres libériennes secondaires du Caryo-
(1) Ainsi, chez l’Eucalyptus marginata on trouve :
1 assise de fibres, F1.
1 » de cellules cristalligènes, Oc.
1 » de cellules parenchymateuses et d’îlots grillagés, PJ. Chez le Metrosideros tomentosa, Fig. 6, PI. 16, on trouve :
1 ou 2 assises de cellules cristalligènes , Oc.
J'OW 2": de fibres, F1.
2 à 4 » de cellules parenchymateuses (avec îlots grillagés), PI. Chez le Syzygium Jambolanum, nous avons trouvé :
1 à 3 assises de fibres.
1à2 » de cellules cristalligènes.
1 à 3 » de cellules parenchymateuses (avec îlots grillagés).
Chez le Tristania nertifolia, on trouve :
1 à 3 assises de fibres.
1 » de cellules cristalligènes.
2à3 » de cellules parenchymateuses (avec îlots grillagés). 2à 3 » de cellules cristalligènes.
2à3 » de cellules parenchymateuses (avec îlots grillagés).
1 » de cellules cristalligènes.
(2) Du moins dans des rameaux arrivés à la fin de leur seconde période de végétation.
Sp
phyllus aromaticus, du Myrcia pimentoïdes, du Myrtus tarentina sont plus larges et plus courtes que les précédentes, et portent des ponctuations canaliculées ; elles peuvent être remplacées par des cellules pierreuses.
Les cellules cristalligènes sont rangées en files verticales, Fig. 7 PI. 16. Dans chaque file les cellules sont très courtes (1). Chaque cellule renferme soit un gros cristal d’oxalate*de chaux, soit à la fois un gros cristal et une certaine quantité de poussière cristalline. Les files de cellules cristalligènes peuvent être réunies, de même que les fibres libériennes, en bandes tangentielles très régulières. D'autres fois elles sont moins localisées (Melaleuca, Callistemon, Calothamnus quadrifida, Fabricia lævigata.)
Les cristaux sont soit des macles sphériques soit des primes, (A) Fig. 8, PI. 17. Les macles sont à pointes fines et courtes; nous ne les avons rencontrées que chez 7ristania macrophylla, T. nertifolia, Myrtus communis, M. tarentina, Syzygium Jambolanum, Jambosa Korthalsii, J. densiflora et J. vulgaris; elles sont généralement accompagnées de poussière cristalline. Les prismes se trouvent chez toutes les autres Leptospermées et Myrtées. Leur section est quelquefois carrée mais le plus souvent elleest en losange, à faces légèrement concaves. Ceux du Zeptlospermum flexuosum et du Z. marginatum sont droits, longs de 0""06 à 0°" 08 et terminés par une ou deux petites pointes acérées ;2}. Le plus souvent les prismes libériens sont coudés et terminés à leurs extrémités par des surfaces planes. S'ils ont sensiblement même largeur et même hauteur ces prismes ne sont que faiblement coudés en leur milieu et ils se distingent difficilement d’un parallélipipède à base en losange. Si ces prismes sont plus allongés, leur coude se voit davantage. S'ils sont 2 ou 3 fois plus longs que larges, ils sont nettement coudés non seulement en leur milieu mais encore près de chacune de leurs extrémités, les coudes des extrémités étant en sens inverse du coude médian. En outre la forme des prismes est plus ou moins modifiée par des troncatures (3). Les prismes sont courts et serrés dans chaque file chez les Callistemon, les Melaleuca, Calotham-
(1) Chez quelques espèces elles ne mesurent que o""o1. (2) Ils ressemblent beaucoup à ceux du Memecylon clausiflorum.
(3) La forme de ces prismes coudés et tronqués indique nettement que ce sont de véritables macles. Fréquemment ces prismes renferment une petite cavité de chaque côté du coude médian.
nus quadrifida. Ceux du Metrosideros lonentosa, des Eucalyptus,, du Psidium pyriferum, du Caryophyllus aromaticus sont nettement coudés et allongés. Chez Eu. rostrata, Eu. cosmophylla et Eu. siderophloia ces prismes sont particulièrement grêles; ils sont fortement coudés et ressemblent beaucoup à ceux de certaines Rosacées (1).
Les cellules grillagées sont généralement peu nombreuses dans le liber secondaire externe. Presque toujours ces cellules, Cg Fig. 9, PL17, sont entourées de très petites cellules annexes, à protoplasma dense et coupées de nombreuses cloisons transversales. Les cribles des cellules grillagées sont le plus souvent transversaux et simples (Melaleuca, : Callistemon, Leptospermum). Chez les Eucalyptus on trouve quelques cribles simples, transversaux et de nombreux grillages obliques, composés deplusieurs plages criblées.
L'Eu. globulus est l'une des espèces qui montrent avec la plus grande simplicité en même temps qu'avec la plus grande netteté, Fig. 9, PI. 17, le mode suivant lequel se forment les différentes parties du tissu libérien secondaire externe.
La zone cambiale de cette espèce fournit succsssivement, entre deux rayons consécutifs, 1° une assise que j’appellerai a et qui produit des fibres libériennes , 2° une assise Z qui se transforme en assise cristalligène, 3° une assise c qui fournit du parenchyme libérien et des îlots de cellules grillagées.
Les fibres libériennes se forment aux dépens de l’assise cambiale 4 soit par sclérification directe des cellules cambiales, soit, le plus souvent, à la suite d’un recloisonnement longitudinal de ces cellules. Les cloisons longitudinales qui se forment dans ce cas tronquent fré-
(1) Nous nous s-mnes assuré par une étude comparative que la forme des cristaux, dans chaque espèce, est indépendante de l’epoque à laquelle ils se produisent.
La forme des cris'aux — macle, prisme droit et pointu, ou prisme coudé et tronqué — est invariable dans un même genre, Nous avons constaté ce fait particulièrement dans les genres Encalyptus (11 espèces examinées), Melaleuca (7 espèces), Callistemon (7 espèces), Eugenia (5 espèces), etc... Toutefois, nous devons signaler comme exception à cette règle que chez le Myrtus bullata les cristaux du liber sont des prismes coudés tandis que chez le M. communis, et le M. larentina ce sont des macles sphériques,.
Nous ferons remarquer en outre, que parmi les genres /ambosa , Syzyeium, Eugenia et Acmena qui ont été réunis par Bentham et Hooker (Genera Plantarum, vol. 1, p. 695 et 718) sous le nom générique d'Eugenia, les deux genres /ambosa et Syzygium ne présentent que de petites macles dans leur liber, tandis que les genres Acmena et Eugenia ne possèdent que de petits prismes coudés et tronqués.
so
quemment les angles des cellules cambiales ; elles sont plus rarement tangentielles et radiales (1).
Les cellules cambiales de l’assise D s'allongent d’abord radialement leurs parois restant minces (2), puis elles se recloisonnent transversalement un grand nombre de fois. Dans chaque cellule fille se forme alors un cristal d’oxalate de chaux. Les parois des cellules. cristalligènes se subérisent de très bonne heure. à 5
Les cellules de l’assise cambiale c conservent d'abord un protoplasme dense ; leurs parois sont alors légèrement épaissies. Plus tard leur cavité s'arrondit. La plupart des cellules « se recloisonnent ensuite transversalement et fournissent des cellules parenchyÿmateuses. Quelques-unes cependant donnent naissance, en se recloisonnant longitudinalement, à des îlots grillagés. Däns ce dernier cas, les cloisons longitudinales apparaissent presque toujours dans les angles de la cellule mère de manière qu’il y ait formation d’une grande cellule centrale et de quelques petites cellules périphériques. La grande cellule devient un tube cribreux ; les petites cellules se recloisonnent transversalement et fournissent des cellules filles qui sont caractérisées par un noyau très apparent.
Ce mode de différenciation des cellules cambiales se retrouve à peine modifié chez l'Eucalyplus marginata. Chez le Metrosideros tomentosa l’assise cristalligène apparaît la première, puis l’assise fibreuse a et ensuite l’assise parenchymateuse c. Dans les autres espèces les dispositions précédentes peuvent être modifiées,
1° parce que l’une des assises 4, b, c vient à manquer,
2° parce qu'une ou plusieurs des assises fibreuse, cristalligène et parenchymateuse sont répétées,
3° parce que dans une ou plusieurs des assises fibreuse et cristalligène certains éléments deviennent parenchymateux.
Les rayons de faisceaux sont très nombreux chez les Myrtées et les Leptospermées. Parfois même {Caryophyllus aromaticus) ils ne sont séparés les uns des autres que par 2 à 4 files d'éléments libéroligneux.
(1) Le mode de formation des îlots libériens fibreux est par suite le même que celui des îlots fibreux du bois (Voir p. 364).
(2) A cette époque l'assise b ressemble aux assises à larges cellules du iiège superficiel.
te —
Dans leur portion intraligneuse les rayons de faisceaux n’ont A une seule file de cellules.
Cependant dans le genre Melaleuca, chez Calothamnus quadrifida et chez Caryophyllus aromaticus nous avons observé quelques rayons à 2 files de cellules. Chez Myrcia pimentoïdes il existe quelquefois des rayons à 3 files.
En section tangentielle ‘les rayons des faisceaux sont lenticulaires et courts (Eucalyptus), un peu allongés (Melaleuca, Callistemon, Trislania), où très allongés (Caryophyllus aromaticus, Psidium pyriferum). Vu en section radiale le tissu intraligneux de tous ces rayons est muriforme, composé de cellules épaisses, couvertes de ponctuations simples.
Dans leur région intralibérienne les rayons de faisceaux sont nettement délimités, RAF, Fig. 2, PI. 17. Ils s’élargissent vers l'extérieur. Tantôt cet élargissement se fait lentement (la plupart des Myrtées), tantôt au contraire il est très rapide (la plupart des Leptospermées). Dans le premier cas les cellules des rayons s’étirent tangentiellement sans se recloisonner, dans le second elles se divisent par quelques cloisons radiales. Vue en section radiale la partie intralibérienne des rayons de faisceaux est composée de cellules à paroïs minces, légèrement arrondies dans les angles. On y trouve quelquefois de très larges sclérites (Eucalyptus ciriodora, Tristania macrophylla). Les rayons intralibériens renferment beaucoup de tannin. Nous n’y avons jamais vu de cristaux d'oxalate de chaux.
e. Le liber interne existe chez toutes les Myrtées et chez toutes les Leplospermées ; généralement même il y est bien développé. Ce liber est en grande partie d'origine secondaire, Fig. 5, PL. 16, et Fig. 1, PL 17. La zone cambiale du liber interne, zc;, est contiguë au bord interne de la couronne ligneuse. ÆVle est très bien caractérisée chez Bæckea virgata, Eucalyptus globulus, Eu. rostrata, Jambosa densiflora, J. Korthalsii, Syzygium Jambolanum, Acmena floribunda, Myrcia pimentoides, etc. Mais elle ne fourmit jamais d'éléments ligneux vers l'extérieur.
Le liber interne est inégalement réparti autour de la moelle. Dans les tiges à faisceaux foliaires étroits, (A) Fig. 38 et 39, le liber interne mangue à la pointe des faisceaux foliaires qui sont indiqués comme sortants ; il est remplacé par des éléments grêles, allongés, à parois légèrement épaissies (fibres primitives). Quelquefois cependant on trouve au milieu des fibres primitives quelques très petits îlots
T. Il. M. 24
grillagés. Dans ces mêmes tiges, le liber interne esf bien développé dans les régions inter fasciculaires de la couronne.
Dans les tiges à faisceaux foliaires larges { Syzygium Jambolanum , Jambosa Korthalsii, J. densiflora, la plupart des Eucalyptus) dans lesquelles la couronne ligneuse est quadrangulaire,(B) Fig. 37, le liber interne est bien développé au milieu de chacun des côtés du rectangle. Toutefois, même chez ces plantes, le liber interne est moins épais dans les faisceaux sortants.
Le liber interne, quoique rarement stratifié, comprend , de même que le liber externe, des îlots grillagés, du parenchyme, des fibres, des cellules cristalligènes. Il est surtout caractérisé par le grand développement des îlots grillagés et par la réduction plus ou moins importante des autres éléments. Les fibres libériennes internes manquent chez Melaleuca ericifolia, Callislemon arborescens, Fabricia lœævigala, Myrtus communis, Metrosideros tomentosa.
Les premières fibres du liber interne se forment contre la moelle, Fig. 1, PL 17. Elles sont larges et ressemblent aux fibres libériennes primaires externes. Les fibres qui se forment ultérieurement sont plus grêles et ressemblent aux fibres libériennes secondaires externes. Elles sont toujours plus ou moins’ dispersées au milieu du tissu libérien (Syzygium Jambolanum , J. densiflora, Eu. rostrata, Melaleuca hypericifola).
Les cellules cristalligènes du liber interne ressemblent à celles du liber externe. Elles se forment de la même façon. On les trouve parfois rangées en bandes tangeatielles assez régulières. Les cristaux du liber interne sont de même forme que ceux du liber externe dans la même espèce.
Les cellules grillagées du liber interne sont toujours plus nombreuses et plus larges que celles du liber externe. Leurs cribles sont étroits, transversaux, simples chez les Melaleuca et les Callistemon. Toutefois, dans ces deux genres, on trouve aussi quelques cellules à grillages obliques, qui comprennent 2 ou 3 plages criblées, quelquefois même des cribles semblables se rencontrent sur les parois longitudinales. Les cribles des Æucalyptus et du Tristania macrophylla, Fig. 6et7, PI. 17, sont rarement simples et transversaux; le plus souvent ils sont réunis en grand nombre (1) sur des parois fortement
(1) Nous avons observé chez Eu. globulus de ces grillages obliques qui renfermaient 14 et 15 plages criblées.
obliques. Outre ces grillages terminaux, il existe dans les mêmes genres de nombreuses plages criblées sur les parois longitudinales. C’est chez Syzygium Jambolanum que nous avons observé les grillages les plus larges et les plus complexes. Certaines cellules du liber interne du S. Jambolanum sont, en effet, couvertes de plages criblées sur toutes leurs faces et Sur toute leur longueur. Dans cette espèce, les perforations des cribles sont remarquablement fines.
Les grillages les plus complexes des Myrtées et des Leptospermées comprennent 1° un premier réseau à larges mailles, dont les trabécules ont conservé sensiblement la même épaisseur que la paroi cellulaire ordinaire, 2° de petits réseaux ou plages criblées compris dans chacune des mailles du réseau précédent. Les trabécules de ces petits réseaux n’ont pas le quart de l'épaisseur qu’avaient les précédents, leur mailles présentent chacune une fine perforation de la paroi. Les plages criblées sont recouvertes d’un cal qui peut devenir très épais et recouvrir même les trabécules du grand réseau , Fig. 5 et 6, PL. 17, sans toutefois que les cals des plages voisines se confondent les uns avec les autres. Les vieux cribles perdent leur cal et laissent voir leurs ornementations pariétales. Plus tard la netteté de ces ornementations disparaît (1).
Le mode de formation des cellules grillagées du liber interne est le même que celui des cellules grillagées du liber externe. Chez S. Jambolanum et Jambosa densiflora presque toutes les cellules cambiales se transforment en cellules grillagées. Dans ces deux espèces, chaque cellule grillagée n’est au plus accompagnée que d’une petite cellule annexe qui a été détachée dans un des angles de la cellule cambiale mère. Ilarrive même souvent que la cellule grillagée, formée directement aux dépens de la cellule cambiale, est dépourvue de toute cellule annexe, F1g. 1, PI. 17.
Parenchyme médullaire. — Le parenchyme médullaire est généralement très réduit chez les Leptospermées. Il ne comprend qu’une
(1) Dans un échantillon d'Eucatyblus cosmophylla cueilli à Alger vers la fin de janvier, le liber interne nous a montré : 1° dans le vcisinage de la zone cambiale , des cellules grillagées à cal très réduit, à trainée protoplasmique importante, 2° à quelque distance de la zone cambiale, des cellules grillagées avec cal pouvant atteindre 10 fois l'épaisseur ordinaire de la paroi et avec traînée protoplasmique réduite, 3° à une grande distance de la zone cambiale, des cellules grillagées entièrement dépourvues de cal et dans lesquelles certains petits réseaux étaient remplacés par de larges perforations.
vingtaine de cellules chez Leptospermum marginatum ; L. flexuosum, Melaleuca Preissiana.
Ce tissu est le plus souvent formé de larges cellules à parois minces. Quelquefois cependant ses cellules ont des parois épaisses et fortement ponctuées {Melaleuca Preissiana, les Callistemon, Syzygium Jam. bolanum). Chez le Psidium pyriferum et le Ps. Cattleianum. Le parenchyme médullaire est hétérogène comme le parenchyme cortical.
Le parenchyme médullaire peut renfermer des sclérites à couches d'épaississement concentriques (Metrosideros tomentosa, Fig. 4, PI. 16, Tristania nertifolia, Caryophyllus aromaticus, Eugenia pimenta (1).
La moelle du 7ristania macrophylla possède de nombreux massifs oléo-résineux à sa périphérie. |
Chez toutes les Myrtées et toutes les Leptospermées la moelle contient des cristaux d’oxalate de chaux semblables à ceux du parenchyme cortical.
Tous les tissus de la tige des Leptospermées et des Myrtées contiennent beaucoup de tannin.
Décortication de la Tige. Liège. — La décortication de la tige se fait de très bonne heure chez les Leptospermées à tige grêle (Melaleuca, Callistemon, Leptospermu n, Fabricia, Bæckea), elle est plus tardive chez les Leptospermées à parenchyme cortical épais et chez les Myrtées. Cette décortication est provoquée par la formation d'une série de lames subéreuses de plus en plus intérieures.
La première surface de décortication apparaît quelquefois dans l’assise sous-épidermique (Syzygium Jambolanum , Jambosa densiflora, J. Korthalsii (2), J. vulgaris). Aïlleurs, elle se forme plus ou moins
(1) On trouve dans quelques rameaux du Calothamnus quadrifida et du Fabricia lœævigata de petits paquets de fibres libéricnnes au milieu de la moelle. Ces paquets se sont formés par recloisonnement longitudinal d'une où plusieurs fiies de cellules médullaires et par sclérification de presque toutes les cellules filles. Tantôt les paquets fibreux disparaissent au niveau des nœuds, tantôt ils les traversent sans subir en apparence aucune modification. Nous n'avons jamais observé dans la tige adulte de communication entre ces paquets fibreux médullaires et le Jiber interne de la couronne normale, mais nous verrons plus loin que ces communications existeat dans la tige jeune. La présence de semblables cordons libériens fibreux dans la moelle de ces deux espèces indique la possibilité de rencontrer chez d’autres Myrtacées un système libéro-ligneux médullaire mieux caractérisé. Ces cordons fibreux établissent en outre un nouveau point de ressemblance entre les Myrtacées et les Mélastomacees.
(2) La surface décorticante du /. Korthalsii apparaît quelquefois à 2 ou 3 rangs de cellules de l’épiderme.
profondément dans le parenchyme cortical, Fig. 0, PL. 16, (Fucalyptus rostrata, Eu. robusta). Chez Calothamnus quadrifida, beaucoup de Callistemon, Melaleuca Preissiana, M. uncinata, M. ericifolia, c'est dans l’assise profonde du parenchyme cortical que s'établit le premier cambiforme phellique. Chez Zeplospermum flexuosum, L. marginatum, Melaleuca styphelioïdes, M. hypericifolia, Fabricia lævigata, les Psidium, les Myrtus, les Eugenia , la lame décorticante apparaît dans le liber sous la couronne fibreuse primaire.
Le liège des Leptospermées et des Myrtées présente une alternance régulière de couches qui se succèdent dans l’ordre suivant, Fig. 2, Pi: }
une première couche, 4, est formée de cellules aplaties radialement, à parois tangentielles souvent épaissies ,
une seconde couche, ?, est composée de cellules qui, en section transversale, sont plus allongées radialement et dont les paroïs sont généralement minces {1}.
Dans les genres Melaleuca, Callisteinon et chez Calothamnus quadrifida les couches 4 et à ne sont représentées chacune que par un seul rang de cellules. Les cellules de la couche Z, Fig. 9, PI. 16, y sont caractérisées par des épaississements des parois radiales et transversales qui rappellent ceux de la gaine protectrice. Les cellules de la couche a sont arrondies et contiennent un protoplasme plus abondant que les précédentes. Chez Callistemon arborescens (2), la face interne des cellules de la couche a est sclérifiée. Dans le genre £ucalypius, chez Metrosideros tomentosa, Tristania neriifolia,T.inacrophylla, Syzygium Jambolanum, les Jambosa, chacune des couches 4 et # n’est encore le plus souvent représentée que par une seule assise, mais les parois radiales et transversales de la couche à sont dépourvues de cadres d’épaississement, Fig. 2, PL 17. Les cellules des couches 4 sont fréquemment écrasées, d’autres fois la face interne de ces cellules est épaissie (Æucalyplus rostrala, Eu. robusta, Tristania macrophylla). Les cellules 4 sont sclérifiées sur toutes leurs faces chez 7ristamia nertifolia et S. Jambolanum.
Chez les autres Leptospermées et Myrtées la couche 4, Fig. 10,
(1) Cette alternance rappelle ce que nous avons signalé daïs la tige de plusieurs Mélastomacées grêles (Monochætum, Lasiandra).
(2) Dans cette espèce, les cellules libériennes comprises entre la première et la deuxième lame décorticante épaississent leur paroi profonde de la même façon que les cellules de la couche subéreuse a.
PI. 16, ne comprend jamais plus de deux rangs d'éléments, et ces éléments sont à parois minces. La couche & est au contraire représentée par plusieurs rangs {1 à 6) de cellules aplaties dont les parois tangentielles sont épaissies {genre Leplospermum, Bæckea virgata, Fabricia lævigata, Acmena floribunda , etc).
Les lames subéreuses qui se forment successivement dans le liber ont toutes la même organisation que la première.
Très généralement le cambiforme qui produit une lame subéreuse décorticante ne fournit pas de tissu intérieur. Cependant chez Jambosa densiflora et J. vulgaris nous avons observé quelques cellules secondaires à la face interne de la zone phellogène. Ces cellules secondaires sont fortement sclérifiées ; leurs épaississements sont canaliculés.
Parcours des faisceaux dans un Segment. —Type Eucalyptus globulus.
«. Les feuilles de la tige d'Eu. g/obulus sont verticillées par deux.
Sur une section transversale médiane de l’entre-nœud N, (B) Fig.37, la couronne libéro-lgneuse est rectangulaire. Dans cette couronne, les faisceaux sortants occupent les deux faces opposées du rectangle. Appelons N, ces faisceaux sortants et orientons la section de telle façon que l’un des faisceaux N soit antérieur, N,, et l’autre postérieur, N, . Le milieu des faces droite et gauche du rectangle libéro-ligneux est occupé par les faisceaux foliaires (N+1)4 et (N+1}.
55 57 Way, Os dy / Fig. 37. — Parcours des faisceaux dans le Segment
moyen de l’Eucalyptus globulus.
Na , Np , faisceaux sortant au nœud N. — (N+1)d, W (N + 1)g, faisceaux des côtés latéraux de la couronne.
(A), Développement et projection verticale des faisceaux de la couronne normale.
(B), Section transversale moyenne de l'entre-nœud N.
Le , liber externe; B, bois; Li, liber interne ; r, région des faisceaux N et (N + 1) dans laquelle les trachées et les vaisseaux sont rangés en files radiales régulières,
8. Si, partant de la section N, on s’élève jusqu’à la section transversale médiane de l'entre-nœud suivant (N + 1}, on voit, (A) :
1° Que, dans la partie supérieure de l’entre-nœud N, le cylindre libéro-ligneux s’allonge dans le plan 4p. En même temps les faisceaux (N + 1) s’élargissent notablement.
2° Que, dans la base du nœud N, les faisceaux N s’isolent (1) et se rendent dans les feuilles. *
3° Qu'à la partie supérieure du nœud, la couronne libéro-ligneuse se referme dans le plan 4p et reprend sa forme rectangulaire.
4" Que, dès la base du nœud N, chacun des faisceaux (N + 1) se divise en 3 lobes. De ces 3 lobes: le médian qui deviendra le faisceau sortant de la feuille correspondante du nœud (N+1), pénètre verticalement dans l’entre-nœud {N + 1}; les lobes latéraux forment les faisceaux (N + 2). Ces derniers sont, en avant les faisceaux [N + 2),4 à gauche et (N + 24 à droite, en arrière les faisceaux [(N +2), à gauche et {IN + 2),4 à droite.
5° Qu'immédiatement au-dessus du point où ils se détachent des faisceaux (N + 1}, les faisceaux ({N +2) se rapprochent du plan ap et s’y fusionnent deux à deux. Les faisceaux (N + 2}, et [N + 2) constituent le faisceau antérieur (N + 2), , les faisceaux (N + 2),4 et (N + 2)ha forment le faisceau postérieur (N+2)\,. Les faisceaux (N + 2) et (N +2}, montent verticalement jusqu'à ia section {N +1).
6° Que dans la moitié inférieure de l’entre-nœud (N +1), les faisceaux (N + 1) s’élargissent rapidement de manière à occuper entièrement, sur la section (N + 1), les faces droite et gauche du rectangle libéro-ligneux.
Dès lors, la section médiane de l’entre-nœud (N + 1) est superposa- ‘ble à la section de l’entre-nœud N, à la condition de la faire tourner de 90° soit vers la droite soit vers la gauche. En outre, les sections intranodales médianes de l'Ew. globulus se superposent exactement de deux en deux. Il en est de même du parcours des faisceaux dans les segments.
(1) C’est par un étranglement de la couronne libéro-ligneuse que se produit l'isolement de ces faisceaux.
Les faisceaux sont distribués de la même manière que ci-dessus chez Eu. paniculata, Eu. hemiphloia, Eu. marginala, Syzygium Jarnbolanusn, Acmena floribunda, Eugenia Ugni, Myrcia pimentoïdes, Caryophyllus aromaticus ,* Psidium pyriferum, Ps. Cattleianum. Dans les dernières espèces, les faisceaux sortants sont plus étroits que chez Eu. globulus. Cette variante indique une tendance vers le type suivant.
Type Melaleuca bypericifolia. «. Les feuilles du M. hypericifolia sont verticillées par deux (1).
La section transversale médiane d’un entre-nœud de M. hypericifolia est symétrique par rapport à deux droites perpendiculaires l’une sur l’autre, (A) Fig. 38. En avant et en arrière, la couronne libéro-ligneuse renferme, dans le plan 4p, les faisceaux N, et N,. A droite et à gauche sont les faisceaux (N + 14 et (N + 1}, dans le plan 4. Entre les faisceaux N et (N + 1}se trouvent dé larges faisceaux S qui se distinguent de suite des faisceaux N et [N + 1) 1° parce qu'ils sont plus rapprochés du centre de la section, 2° par le grand développement de leur liber interne, 3° par la grande taille de leurs éléments vasculaires.
Fig. 38.
a Se (la Spa 03, 9 WNL 3 D 0 À / / / Fig. 38. — Parcours des faisceaux dans le Segment
moyen du Melaleuca hypericifolia.
Na, Np. faisceaux sortants au nœud N. — (N + 1)g : (N + 1)a. faisceaux de la couronne caractérisés comme sortants. — Sag, Sad, Spg, Spd, faisceaux anastomotiques.
(A) Section transversale moyenne de l'entre-nœud N. Li, liber interne ; B, bois; Le , liber externe.
(B) Développement et projection verticale des faisceaux de la couronne normale.
(1) Nous avons choisi pour cette étude des rameaux de M: hypericifolia régulièrement verticillés par deux. Toutefois il n'est plus rare de trouver sur un même pied, avec des rameaux verticillés par deux, d'autres rameaux à feuilles alternes et des rameaux à feuilles verticillées par trois, Parfois même ces 3 dispositifs se rencontrent sur un même rameau.
B. En s’élevant de la section moyenne de l’entre-nœud N vers la section moyenne de l’entre-nœud {N + 1}, on voit, (B):
1° Que les faisceaux N, et N, sortent directement dans les feuilles du nœud N, en entraînant avec eux une petite portion du liber interne des faisceaux S voisins.
2° Que les faisceaux (N + 1) et les faisceaux S traversent directement le nœud puis montent verticalement jusqu'à la section (N + 1). Dans ce trajet les faisceaux (N + 1) s’élargissent quelque peu.
3° Qu'il se détache, à la partie supérieure du nœud, un faisceau (N + 2) du bord antérieur de chacun des faisceaux S,. Il se détache de même un faisceau {N + 2) du bord postérieur de chacun des faisceaux Sp (1).
Les faisceaux (N + 2) antérieurs se réunissent, à la base de l’entrenœud (N + 1), en un faisceau antérieur (IN +2}. De même les faisceaux (N + 2) postérieurs se réunissent en un faisceau postérieur (N + 2). Les faisceaux (N + 2), et (N + 2), montentensuite verticalement jusqu'à la section (N + 1).
La section (N + 1)ne diffère de la section N que par son orientation.
Le type Melaleuca hypericifolia diffère donc du type Eucalyptus globulus par le faible calibre des faisceaux sortants et par ses faisceaux sympodiaux $S sur lesquels se terminent inférieurement les faisceaux (N + 2) (2)
. Au type M. hypericifolia se rattachent les Melaleuca uncinata, M. styphelioïdes, Metrosideros tomentosa, et toutes les tiges verticillées par deux dont les faisceaux sortants sont très étroits.
Type Callistemon lineare. u. Les feuilles de la tige du C. /incare sont alternes et distribuées sur une hélice sénestre 4«—— du cycle +
3 2 ou plus rarement des cycles + ou —.
(1) Ces faisceaux S sont donc de mème nature que les faisceaux sympodiaux (Sympodial- Strange) de M. Vôchting (Der Bau und die Entwicklung des Stammes der Melastomeen in Hanstein's Bot. Abhand, B II. H 1. 1875). En effet si l'on suit l'un d'eux, soit Sag, on le voit émettre successivement, vers la droite un faisceau (N + 2), vers la gauche un faisceau (N + 3), vers la droite un faisceau (N + 4), et ainsi de suite.
(2) La présence des faisceaux sympodiaux dans le type Melaleuca hypericifolia correspond donc simplement à ce que les traces inférieures de chaque faisceau foliaire s’écartent moins de son plan de symétrie que dans le type Eucalyptus globulus.
Fig. 39.
D) to) dy) ds) Fig. 39. — Parcours des faisceaux dans la tige du du) : 9 : En) :
Callistermon linea re.
NANED ONE) cer (NET) aise ceaux de la couronne libéro-ligneuse normale.
(A) Section tranversale de l’entre-nœud N.
(B) Développement-et projection verticale des faisceaux de la couronne comprise entre la section intranodale N et la section intranodale (N + 9).
La section transversale médiane d'un entre-nœud quelconque N de C: lineare montre, (A) Fig. 39, une couronne libéroligneuse sensiblement triangulaire. Les angles de cette couronne sont occupés par les trois faisceaux foliaires les plus importants. Appelons N celui de ces trois fais-
4 ln :
oi ceaux qui est le plus gros et orientons la
section de telle façon que le faisceau N
soit en avant dans le plan 4p.
La section transversale N ainsi orientée montre :
1° un faisceau (N+1)au sommet gauche du triangle libéro-ligneux. Le plan de symétrie du faisceau {N + 1} fait avec celui du faisceau N un angle
sénestre <—— d'environ 138° {1}
2° un faisceau (N+2) au sommet droit du triangle libéro-ligneux. Le plan de symétrie du faisceau (N+2) fait avec celui du faisceau (N +1) un angle sénestre < — d'environ 135° et par suite avec celui du faisceau N un angle dextre > de 87°,
3° d’autres faisceaux plus petits que les précédents placés sur chacun des 3 côtés du triangle. Ces faisceaux sont par ordre de taille :
Le faisceau (N +3) placé entre les faisceaux N et (N+1)un peu plus près du premier,
(1) La moyerne de cet angle dans 12 entre-nœuds successifs nous a donné 13798.
Le faisceau (N+4) placé entre les faisceaux (N+1) et (N-+2) à peu près à égale distance de l’un et de l’autre
— (N+5) — — (N+2) et N — LIN) æ IN EN en ee re Nr 7) — — (IN+a4)et(N+2) — — (N+8) — — N et(N+3 — 0) — — (N+ijer(N+4) — — (N+10), — (N+2)et{(N+5) —.
— (N+ui) — — (N +3) et (N +6 —
En résumé, si on inscrit les 12 faisceaux précédents dans l’ordre qu'ils occupent sur la couronne libéro-ligneuse à partir du faisceau N en tournant vers la gauche, on obtient la série suivante:
AS N, (N+8), (N+3), (N+11), (N+6), (N+ 1), (N+0), (N+4), (N+7), (N+2), (N+10), (N+5) (1) (2).
6. En s’élevant de la section transversale de l’entre-nœud N jusqu’à la section moyenne de l’entre-nœud {(N+1), on voit:
1° Que le faisceau N sort directement dans la feuille du nœud N.
2° Que les autres faisceaux passent directement de l’entre-nœud N dans l’entre-nœud (N+1) en s'élargissant un peu. Le faisceau (N+:1) joue alors dans l’entre-nœud (N+ 1) le rôle précédemment rempli dans l'entre-nœud N par le faisceau N ; de même le faisceau (N+2) joue le rôle du faisceau (N+1;, et ainsi de suite pour les autres faisceaux.
3° Qu'un nouveau faisceau (N+12) représenté par une seule lame radiale libero-ligneuse, apparaît à la base de l’entre-nœud (N+1) entre les faisceaux (N+4) et (N+7), à égale distance de l'un de l'autre de ces faisceaux.
Il résulte de cette description :
1° Que la section (N+1) ne diffère de la section N que par son
(1) Nous n'avons jamais observé plus de 12 faisceaux sur une même section transversale du Callistemon lineare.
Lorsqu'une section N renferme moins de 12 faisceaux ce sont toujours les faisceaux (NET NE ATO) eee qui font défaut.
Le nombre des faisceaux que rencontre une section transversale intranodale médiane est d’autant plus faible que l’entre-nœud coupé est plus rapproché du sommet végétatif.
(2) Remarquons en passant que l'arrangement de ces faisceaux est celui qui est déterminé par la règle générale de distribution des faisceaux dans une tige héliçoide dont tous les faisceaux jouent le même rôle mais à des niveaux différents. Bertrand et Renault. Recherches sur les Poroxylons in Arch. Bol. du nord de ia France 1886.
orientation. Son plan principal fait avec celui de la section N un angle dé 1389 2 —— (1) (2);
2° Que le massif trachéen de chaque faisceau reste dans toute son étendue isolé de celui des faisceaux voisins. L’extrémité inférieure de ce massif réduit à une seule file trachéenne s’éfeint à égale distance des
massifs trachéens voisins ;
30 Que l'extrémité inférieure d’un faisceau N se termine près de la Fu du faisceau (N—8). Le cycle du C. lineare semble être par suite à (3); :
4° Que l’enroulement de la spire génératrice et l’enroulement des faisceaux sont tous deux sénestres <— (4).
La même distribution des faisceaux que chez le C. lineare s'observe chez le Melaleuca Preissiana, le M. ericifolia, le Callistemon salignum, le C. arborescens, le Tristania nerifolia (5). ;
(1) Cette superposition n’est complète que par suite d’une légère déviation que subissent la plupart des faisceaux entre la section N et la section (N + 1). Ainsi le faisceau (N + 2) dont le plan fait avec celui de faisceau (N -+ 1) un angle de 135° sur la section N, s’écarte d'environ 3° vers la gauche de sorte que l'angle des deux plans devient de 1 35° sur la section (N — 1). En général, si on suit un faisceau de son origine inférieure à son niveau de sortie, on voit qu'il décrit plusieurs ondulations à droite et a gauche d’un plan sensiblement vertical.
(2) Cet angle de divergence présente des variations importantes suivant les rameaux considérés. Il peut diminuer jusqu'a 135° ou s'ouvrir jusqu'à 1 44°. (3) I est à remarquer que ce résultat diffère de celui que nous ont fourni précédemment, : Æ : , - 5
1° L'examen de l'extérieur, puisque l’arrangement des feuilles correspond au cycle —,
20 La mesure de l’angle de divergence des sections N et (N + 1). Cet angle est en
effet de 138°et répond à l'angle 2-.
(4) Dans quelques rameaux les faisceaux ne s’étendaient que. jusqu’au 5° nœud au-dessous
de leur nœud de sortie. Il en résultait alors : 1° que chaque faisceau N se terminait inférieurement près de la droite du faisceau (N-5).
Le cycle semblait par suite être sémestre <— et égal à =;
2° que l’angle de divergence était généralement rapproché de 144° ; 3° que l’enroulement de la spire génératrice continuait à être semestre <— tandis que l’enroulement des faisceaux semblait être dextre .—>. (5) Les feuilles du Tristania nertifolia sont alternes. Elles sont en géneral distribuées suivant le cycle dextre 3 >. à La distribution des faisceaux dans la me de cette espèce difière de celle du Callistemon lineare :
1° Parce que chaque faisceau N se termine inférieurement près de la gauche du faisceau (N—5). L'enroulement des faisceaux semble par suite être sénestre <—. 7° pie que l'angle de divergence des feuilles est égal à 144°, ce qui correspond au en & 3° Parce que l enroulement de la spire génératrice est dextre —> (Gestra-qie opposé ani one et des faisceaux qui est sénestre TD De ces différences il résulte qu'une section transversale Pictolile moyenne du TJ. neritfolia ne renferme que 7 faisceaux et que ces faisceaux sont disposés dans l'ordre suivant en tournant vers la droite.
NN, (Nes) (NEC (NET) ONE) NE E2); (Nts).
Me
CHAMÆLAUCIÉES.
Section transversale moyenne d'un entre-nœud. — La section transversale d’un entre-nœud de Chamælauciée est très petite. Cette section est symétrique par rapport à deux plans ap et gd perpendiculaires l'un sur l’autre. Elle montre: