‹ Recherches sur l’Anatomie comparée des Calycanthées, des Mélastomacées et des MyrtacéesChapitre 105 sur 134 · L. — STRUCTURE DE [A FEUILLE · texte numérisé non relu

L. — STRUCTURE DE [A FEUILLE

LEPTOSPERMÉES ET MYRTÉES.

Extérieur. — La feuille type des Leptospermées et des Myrtées est brièvement pétiolée, Fig. 13, PI. 17. Son limbe est atténué à la base et plus ou moins effilé a sommet. Sa nervation la plus apparente comprend, 1° une grosse nervure médiane, 2° deux petites nervures marginales, 3° des nervures transversales rectilignes qui relient obliquement la nervure médiane à chacune des nervures marginales. Cette disposition typique de la feuille ne présente que des variations très faibles chez les Leptospermum, les Callistemon (1), les Melaleuca, chez Bæckea virgata, Metrosideros lomentosa. Tristania neriifolia, Eucalyptus siderophloia, Eu. robusta, Eu. hemiphloia, Eu. paniculata, Acmena floribunda, Syzygium Jambolanum, Myrtus communis, Eugenia Ugni.

Dans la feuille du 77ristania macrophylla et dans celle du Jambosa Korthalsii les nervures marginales s’incurvent en formant une série d’arcades qui s'appuient sur les extrémités des nervures transversales Les nervures marginales forment également des arcades dans la feuille des Eucalyptus rostrata, Eu.cosmophylla, Eu. marginata, Eu.globulus (2). Mais ilexiste en plus chez ces espèces 1 où 2 rangs d’arcades longitudinales beaucoup plus grêles situées entre les précédentes et le bord du limbe. La feuille du Jambosa densiflora montre de même 3 ou 4 rangs de petites arcades marginales. Chez Trislania macrophylla, Jambosa Korthalsii, J.densiflora les nervures transversales sont relativement plus écartées et plus grosses; elles sont en outre légèrement incurvées vers le sommet du limbe de telle sorte que la feuille est régulièrement penninerve. La disposition pennée est plus accentuée encore dans la feuille

(1) Les feuilles des Leplospermum, des Callistemon lineare et de certains Eucalvblus sont phyllodinisées. Leur limbe est allongé, irrégulier, falciforme, à peu près vertical, sa position verticale étant due à une torsion du pétiole.

(2) Les seules feuilles d'Eu. globulus dont nous avons pu disÿoser, et dont par suite il sera question dans ce travail, sont des feuilles horizontales (*).

(*) Le dimorphismé des feuilles d'Eucalyptus et de Callisiemon a été signalé depuis longtemps par les Botanistes descripteurs. [l a été plus récemment étudié par M. Leclerc du Sablon (Loc. cit.)

du Caryophyllus aromahcus et surtout dans celle des Psidium pyriferum Fig. 11, PL 17, chez lequel il devient impossible de distinguer des nervures marginales. Le pétiole des feuilles penninerves est beaucoup mieux caractérisé que celui des feuilles précédentes. C’est ainsi que la base du limbe peut devenir légèrement cordiforme dans les feuilles du J. Korthalsii et dans celle du Ps. pyriferum.

Chez Eucalyptus citriodora la feuille est peltée et le pétiole s'attache à deux ou trois millimètres du bord inférieur du limbe.

La feuille du Calofhamnus quadrifida est cylindrique. Celle du Fabricia lævigata, Fig. 12, PL. 17, est presque sessile ; son limbe atténué à la base, arrondi au sommet, est curvinerve. Il possède 7 nervures principales.

La plupart des feuilles de Leptospermées et de Myrtées sont plus ou moins coriaces. Elles sont toutes tachetées de points translucides. Celles de l’Eu. citriodora sont couvertes de poils glanduleux, raides, cylindriques , perpendiculaires à la surface, semblables à ceux qui couvrent la surface de la tige. Les fruilles adultes des Leptospermées et des Myrtées ne portent que rarement des poils suffisamment nombreux pour être bien visibles à l'œil nu (Me/rosideros tomentosa).

Seclion transversale moyenne du Péliole. — La section transversale moyenne du pétiole des Leptospermées et des Myrtées montre toujours Fo A7, Pl 110

19 Une assise extérieure de cellules epidermiques ;

20 Une »masse de issu fondamental parenchymateux comprise entre l'épiderme et le système libéro-ligneux ;

3° Un systéme libéro-ligneux plus où moins puissant.

Épiderme. L'épiderme du pétiole ressemble à celui de latige. Comme ce dernier il peut, suivant les espèces, porter des poils et des stomates. La paroi superficielle est souvent fortement épaissie.

Tissu fondamental. Le tissu fondamental du pétiole rappelle toujours par sa structure le parenchyme cortical de la tige. Il renferme des massifs glandulaires sur ses deux faces, toutetois ces massifs sont généralement plus nombreux dans le voisinage de la face postérieure. Chez Tristania macrophylla, Fig. 6, PL. 18, on trouve ces massifs glan-

dulaires jusque dans la partie du tissu fondamental qui est renfermée à l'intérieur du triangle libéro-ligneux (1).

On observe fréquemment à la face antérieure { supérieure) du pétiole un tissu fondamental secondaire formé aux dépens d'un cambiforme sous-épidermique {ZLeplospermum flexuosum, Tristania macrophylla, Eucalyptus marginata, Eu. robusta, Eu. cilriodora, Acmena floribunda, Syzygium Jambolanum, Jambosa Korthalsi, J. densiflora;. Tantôt, et c'est le cas le plus général, le tissu secondaire a pris aussitôt après sa formation le même aspect que le tissu fondamental primaire, tantôt |Lesptospermum flexuosum, Acmena floribunda) ce tissu secondaire conserve toujours la trace de son origine par la disposition de ses cellules en longues files perpendiculaires à la face antérieure. Chez AC. floribunda certaines de ces files sont entièrement remplies d’oxalate de chaux (2).

Système libero-ligneux. Le système libéro-ligneux du pétiole des Leptospermées et des Myrtées se rattache à deux types bien différents suivant l'importance de la feuille à laquelle il se rend.

Ou bien, Fig. 1, PI. 18, ce système ne comprend qu’wr arc de cercle libéro-ligneux postérieur | Leptospermum, Callisiemon, Melaleuca, Calothamnus quadrifida, Fabricia lævigata |3), Psidium pyriferum).

Ou bien, Fig. 3 à 5, PL. 18,il comprend wx arc de cercle libéro-ligneux postérieur (4) el deux massifs libero-ligneux antérieurs À, l'un à droite, l'autre à gauche. Ces derniers semblent souvent n’être qu'un reploiement en avant et vers le plan 4p des bords de l'arc postérieur. Les massifs antérieurs sont très petits chez Eugenia, Myrtus, Caryophyllus aromaticus, Acmena floribunda, Tristania nertifolia, Syzygium Jambolanum. Is sont gros chez Metrosideros tomentosa, Jambosa densiflora et tous les Æucalyptus. Dans le pétiole du 7ristania macrophylla, Fig. 6, PI. 18, du Jambosa Korthalsii et de l'Eucalyptus citriodora, les deux

(1) On peut même en trouver, chez cette espèce, dans la partie intralibérienne des rayons de faisceaux.

(2) Cette disposition du tissu fondamental secondaire antérieur des Myrtacées rappelle complètement celle que nous avons indiquée chez le Memecylon clausiflorum.

(3) Cette disposition en arc du système libéro-ligneux ne se trouve chez le Fabricia lævigata et les Callictemon qu'à la base du pétiole.

(4) Cet arc est généralement divisé en 7 lobes distincts chez /ambosa Korthalsii. Nous l'avons également trouvé plus ou moins lobé, mais d’une façon irrégulière, chez Caryophyllus aromaticus, chez Eugenia pimenta et dans quelques espèces d’Eucalyptus.

massifs antérieurs se réunissent dans le plan 4p et forment une bande antérieure continue.

Chaque secteur de l’arc libéro-ligneux postérieur et des massifs antérieurs À, présente toujours de l'extérieur vers l’intérieur de la section,

du liber primaire et du liber secondaire externes,

du bois secondaire et du bois primaire externes,

du liber interne. È

Le liber primaire externe est le plus souvent fibreux dans sa région contiguë au tissu fondamental, et parenchymateux dans sa région profonde. La gaîne fibreuse est épaisse et fortement sclérifiée chez les Zeptospermum, F1, Fig. 1, PI. 18, les Callistemon, Fig. 7, les Melaleuca, les Bæckea, chez Fabricia lævigata, Calothamnus quadrifida ; ele est plus faible chezles Eucalyptus, Fig. 5, et chez Tristania nernifolia; elle est représentée par quelques fibres isolées chez Metrosideros tomentosa , Tristania macrophylla et toutes les Myrtées. Lorsque le liber primaire externe est presque entièrement parenchymateux, ses parois subissent une sorte d’épaississement collenchymateux (Mefrosideros tomentosa, Acmena floribunda, Psidium Catlleianum, les Myrtus, les Eugenia). Cet épaississement collenchymateux existe même autour des quelques cellules fibreuses que peut renférmer le liber. |

Le liber secondaire externe possède généralement des îlots grillagés mieux caractérisés que ceux du liber secondaire externe de la tige. Ce liber contient en outre des files de cellules cristalligènes qui, dans quelque espèces, sont très nombreuses (£ucalyptus bemiphloia, Eu. marginala, Myrtus communis, Myrcia pimentoïdes). Très rarement (Eu. siderophloia, Eu. hemiphloia) le liber secondaire externe produit quelques fibres. Nous n’avons jamais observé dans le liber secondaire externe du pétiole la disposition si nettement stratifiée qui caractérise celui de la tige.

Les îlots grillagés, les cellules cristalligènes et le parenchyme libérien sont engendrés aux dépens des cellules cambiales de la même façon que dans la tige. Les cristaux que renferme ce tissu ont la même forme que ceux de la tige.

Le bois secondaire externe ressemble beaucoup à celui des faisceaux sortants de la tige. Il est bien développé. Il comprend de nombreuses

lames radiales dont les éléments sont des fibres ligneuses dans le voisinage de la zone cambiale et de petits vaisseaux près du bois primaire.

Le bois primaire a presque la même structure que celui de la tige dans les faisceaux sortants. Toutefois les trachées y sont plus grêles et plus nombreuses.

Les rayons de faisceaux du pétiole rappellent ceux de la tige jeune. Ils sont très nombreux. Dans lepétiole du 7ristania macrophylla certains de ces rayons contiennent, dans leur région intralibérienne externe, des massifs glandulaires semblables à ceux du tissu fondamental.

Le liber interne comprend très généralement une zone superfcielle (1), soit parenchymateuse , soit fibreuse, et une zone profonde, contiguë au bois primaire, dans laquelle se trouvent de nombreux îlots grillagés. Les îlots grillagés ne sont séparés des trachées initiales que par la zone cambiale locale ou continue qui leur a donné naissance.

La zone superficielle du liber interne est exclusivement fibreuse chez les Zepiospermum, Fig. 1, PL. 18, les Melaleuca, les Callistemon, Fig. 7, les Bæckea. Ce tissu fibreux peut être suffisamment important pour envelopper complètement les îlots grillagés (Calothamnus quadrifida, Fabricia lævrigata). Dans toutes ces plantes la bande fibreuse du liber interne ressemble à la gaîne fibreuse du liber externe avec les extrémités de laquelle elle se continue à droite et à gauche, de telle sorte que le reste du tissu libéro-ligneux est enfermé dans un cylindre mécanique. Dans le pétiole des Zucalyptus, Fig. 5, et du 7ristama nertifolia la zone superficielle du liber interne est en partie fibreuse ct en partie parenchymateuse. Elle est exclusivement parenchymateuse et collenthymateusechez Metrosideros tomentosa, Tristania macrophylla et les Myrtées.

La région grillagée du liber interne est réduite à un petit massif de chaque côté du plan 4p chez les Melaleuca, les Callistemon, Calothamnus quadrifida, Myrtus tarentina, Eugenia Ugni. Elle comprend une . série de petits îlots grillagés isolés le long du bois primaire chez Zepiospermum flexuosum, Tristania macrophylla. Elle est très développée chez les Zucalyptus, les Jambosa, Acmena floribunda, Syzygium Jambolanum et surtout Mefrosideros tomenlosa.

(1) C’est la plus rapprochée du centre de la section,

Le liber interne renferme des rayons de faisceaux semblables à ceux du liber externe. Dans ceux du 7ristania macrophylla on voit souvent des massifs glanduleux.

PRE de la Tige el du Pétiole. — Chaque feuille ne BE de la tige qu'un seul massif libéro-ligneux.

Si on étudie le parcours de ce massif depuis sa région de sortie jusqu’à la section moyenne du pétiole, on voit que deux cas peuvent se présenter. à : 2

Ou bien, /e massif libéro-ligneux sortant est étroit et vient former directement l’unique faisceau de la section P. Dans ce massif la région grillagée du liber interne grandit de bas en haut. En même temps la gaîne fibreuse enveloppante se caractérise d'abord dans sa région postérieure, puis dans sa région antérieure aux dépens des éléments les plus superficiels du liber interne.

Ou bien, le massif libéro-ligneux sortant est large. Dans ce cas la région postérieure du massif vient former directement l’arc de cercle libéro-ligneux postérieur de la section P {1}. Ses bords antérieurs se replient en avant vers le plan de symétrie de la feuille et forment les massifs antérieurs de la section P (2)

Dans ce second cas comme dans le premier, l'importance du tissu grillagé interne et celle de la gaîne fibreuse {lorsqu'il s’en forme une) augmentent en s’avançant dans le pétiole.

Le tissu fondamental et l’épiderme de la tige se continuent directement avec les mêmes tissus du pétiole (3).

Rapports du Pétiole et du Limbe. — Type Fabricia lævigata. Si on suit l’unique faisceau que reçoit le pétiole du #. læyigala depuis la

(1) Chez jambosa Korthalsii cet arc postérieur se lobe dès la base du pétiole en 7 parties distinctes que nous avons indiquées sur la section P. Une lobation semblable mais beaucoup plus irrégulière se produit chez Caryophyllus aromaticus, Eugenia pimenta et quelques Eucalyptus.

(2) C'est par la grande extension de ces massifs antérieurs et par leur réunion dans le plan ap que se forme la bande libéro-ligreuse antérieure des Tristania neriifolia, Jambosa Korthalsii et Eucalyptus citriodora. Aussi ne distinguerons-nous plus dans la suite de cette étude, la disposition du tissu libero-ligneux en bande antérieure de celle en massifs antérieurs.

(3) On rencontre assez fréquemment dans l'aisselle des feuilles de Myrtacées des expansions lamelleuses qui entourent les bourgeons axillaires et les protègent. Nous avons étudié spécialement l'origine de ces expansions chez /ambosa densiflora et nous avons pu constater

que , dans cette espèce, elles sont entièrement formées par prolifération de l’épiderme antérieur du pétiole (Fig. 22, PI. 18).

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