PREMIÈRE PARTIE
PAANT OPANMECIPELS
HISTORIQUE
L’attention des Anatomistes fut attirée pour la première fois en 1828 sur l’anomalie de structure que présente la tige des Calycanthées. On avait apporté à Mirbel un vieux tronc de Calycanthus floridus présentant l'aspect d’une tige fasciée. Ce tronc, épais d’environ 0,06°, renfermait dans son écorce quatre masses ligneuses larges de o,o1°. Les masses ligneuses corticales figuraient de petites tiges à moelle excentrique. Mirbel {1}, après avoir comparé ces masses ligneuses corticales à des tiges blessées qui ne se seraient ensuite développées que d’un seul côté, crut pouvoir homologuer les quatre faisceaux corticaux angulaires des Calycanthus aux quatre faisceaux angulaires des Labiées.
En 1833, Gaudichaud |2) constate qu'il existe trois faisceaux libéroligneux dans le pétiole des Calycanthus et que le faisceau médian rentre dans la couronne normale de la tige, tandis que les faisceaux latéraux s’accolent aux faisceaux corticaux voisins. Ce botaniste en conclut que la structure des Calycanthus est comparable à celle des
Sapindacées.
(1) Mirbel, Note sur l’organisation de la tige d'un tres vieux Calycanthus floridus (Ann. des Sc. nat. 1re Sie T. XIV, 1828, p. 367, av. pl.).
(2) Gaudichaud, Observations sur quelques points de Physiol. el d'Anat. comparce des l'egétaux, el shecialement sur l'accroiss, des tiges (Arch. de Bot. T. II, 1833, p. 493).
Et
Lindley (1) retrouve la même anomalie chez tous les Calycanthus. Il fait en outre observer que la croissance des faisceaux corticaux est endogène, tandis que celle de la couronne normale est exogène.
Treviranus {2) reprend en 1847 sur une tige jeune l'étude du parcours des faisceaux dans le nœud, et il arrive aux mêmes conclusions que Gaudichaud.
En 1848 Henfrey (3) signale chez le Calycanthus præcox la même anomalie que chez le Calycanthus floridus. F
Dans son mémoire sur les tiges anomales, Crüger (4) reprend la comparaison de la tige des Calyÿcanthées avec celle des Sapindacées.
En 1860, parut une étude de l’anomalie des Calycanthées plus complète que toutes les précédentes ; nous voulons parler du mémoire de M. Woronin (5). Cet auteur constate d’abord, avec Gaudichaud, que le pétiole renferme trois faisceaux dont le médian rentre, dans la couronne libéro-ligneuse normale de la tige et dont les latéraux rejoignent les faisceaux corticaux voisins. Il décrit en outre, au niveau du nœud, une série d'anastomoses dont nous aurons à nous occuper en détail, mais parmi lesquelles il en est une que nous devons signaler dès à présent en raison de son importance. Il existerait, d'après M. Woronin, une anastomose entre chacun des faisceaux corticaux et le cylindre central. Cette anastomose ne s’observerait d’ailleurs que dans les tiges jeunes ; elle tendrait à disparaître dans les tiges âgées. L'auteur étudie ensuite successivement :
1° L'insertion de la couronne libéro-ligneuse normale du bourgeon axillaire sur la couronne normale de la tige support (6).
2° L'insertion de la couronne normale de la tige principale sur la couronne de l’axe hypocotylé (7).
3° L'aspect que prennent les faisceaux corticaux dans les tiges âgées.
(1) Lindley, Natural system of Botany, 6, p. 160 et l’egelable Kingdom, p. 541.
(2) Treviranus, L.-C., Ueber einige Arten anomalischer Holzbildung bei Dicotyledonen (Bot, Zeit. 1847, p. 577). ‘
(3) Henfrey, Art., Reports on the progress of physiological Botany, Anomalous forms of Dicotyledons stems (The Annals of Magazine of Natural History, 2e Sie T. 1, p. 124, 1848).
(4) Crüger, H., Einige Beitrage zur Kenntniss von sogenannten anomalen Holzbildungen der Dicotylenstammes (Bot. Zeit. 1851, p. 481). Ë
(5) Woronin, Ueber den Bau der Stammes von Calycanthus (Bot. Zeit. 1860, p 177).
(6) I ne dit rien de l'insertion des faisceaux corticaux des bourgeons tout en constatant leur présence dans l’entre-nœud inférieur de ces bourgeons.
(7) Ici encore l’auteur ne dit rien de l'insertion des faisceaux corticaux. [1 signale seulement leur présence dans l’entre-nœud inférieur de la tige principale.
4 Quelques modifications accidentelles de la structure habituelle du système libéro-ligneux cortical.
Dans ses conclusions, M. Woronin repousse le rapprochement des Calycanthées et des Sapindacées. Il émet l'opinion qu’il y aurait peut-être lieu de comparer plutôt les Calycanthées aux RAynchosia chez lesquels Crüger a décrit des masses ligneuses corticales semblables. ET :
Dans son Anatomie comparée, M. de Bary (1) s’est borné à résumer les descriptions de M. Woronin. Toutefois il signale la grande analogie qui existe entre le parcours des faisceaux chez les Calycanthées et celui que M. Wôchting {2) a fait connaître chez les Mélastomacées.
En 1884, nous avons publié ‘3} sur l’anomalie de structure des Calyÿcanthées, une courte note dans laquelle nous complétions et rectifions sur quelques points le travail de M. Woronin. Les principales conclusions de cette note étaient :
1° Qu'il n’y a pas d’anastomose entre les massifs angulaires et le cylindre central de la tige.
2° La description de l'insertion des faisceaux corticaux des rameaux axillaires sur ceux de la tige support.
3° La description de l'insertion des massifs angulaires de la tige principale sur les faisceaux cotylédonaires.
4° La description de la différenciation des massifs angulaires aux dépens du parenchyme cortical.
Dans un travail récent, M. Hérail (4) a nié quelques-uns de ces résultats. D’après cet observateur, les faisceaux corticaux ne se différencieraient pas aux dépens du parenchyme cortical. Ils proviendraient du péricycle; et M. Hérail en conclut que les faisceaux corticaux des Calycanthées doivent être comparés aux faisceaux secondaires des Phytolaccacées , des Chénopodiacées, des Nyctaginées et des Aizoacées.
(1) De Bary, Vergleichende Analomie, p. 268. Leipzig. 1877. ,
(2) Vochting, D. Bau u. d. Entw. d. Stammes d. Melasiomeen (Hanstein's Bot, Abhandl. B. III, Bonn. 1875). | | |
(3) ©. Lignier, Recherches sur les massifs libéro-ligneux corticaux de la tige des Calycanthées (Bull. de la Soc. Bot. T. XXXI, 1884, p. 128). dE, }
(4) Hérail, Recherches sur l'Anatomie comparée de la tige des Dicotylédones (Ann. des Sc. HAN Sie, II 1886 Ip 230)
ae
En dehors de ces recherches sur l’anomalie de structure que présente la tige, il n'existe que peu de travaux anatomiques sur les organes végétatifs des Calycanthées.
En 1860, M. Sanio (1) a étudié le développement du liège superficiel chez le Calycanthus floridus et a rangé ce liège dans la catégorie de ceux qui se développent par formation centripète intermédiaire. N
En 1882, M. Moeller (2) a donné la description des caractères taxinomiques de l'écorce chez les Calycanthées.
La même année, M. Vesque (3) a donné la diagnose anatomique de la feuille des Calycanthées, et il en a déduit que ces plantes doivent être rapprochées des Magnoliacées.
(1) Sanio, Vergleichende Untersuchungen über den Bau und die Entwickelung des Korkes (Jahrbücher für wissensch. Bot. Jahr. Il).
(2) Moeller, Anatomie der Baumrinden. Berlin, 1882.
(3) Vesque, De l’ Anatomie des tissus appliquée à la Classification (Nouvelles Archives du Museum, 2e Sie, 1882, p. 31).