VARIATIONS DE LA STRUCTURE DE LA TIGE AVEC LE NIVEAU
Il n’y a de différences sensibles dans la structure des nœuds et des entre-nœuds d’une tige moyenne de C. occidentalis que dans sa région inférieure, ou région pérulaire et vers son sommet.
Région pérulaire. — La région pérulaire d’une pousse axillaire (1)
(1) Par suite de la chute du bourgeon terminal pendant l'hiver, toute pousse nouvelle est axillaire.
T. Il. M. 7
est indiquée pendant la première partie de la période végétative par le faible allongement de l’entre-nœud inférieur de cette pousse et par l’aplatissement de ses deux entre-nœuds inférieurs dansle plan antéropostérieur. Plus tard l’entre-nœud inférieur s’allonge et devient généralement l’entre-nœud le plus long du rameau. L’aplatissement des deux entre-nœuds inférieurs subsiste.
Une section transversale de l'entre-nœud inférieur d’un rameau axillaire, cueilli en octobre, diffère de celle des autres entre-nœuds parce que :
1° Elle est allongée dans le plan droite-gauche.
2° Dans les faisceaux sortants I {1) situés à droite et à gauche, les éléments ligneux sont plus grêles et les vaisseaux moins nombreux. Ces faisceaux [ sont cependant aussi gros que les faisceaux sortants des entre-nœuds supérieurs.
3° La surface est couverte de poils nombreux, longs et fortement sclérifiés.
Les variations de structure que présente le nœud I sont de même nature que celles de l’entre-nœud I.
Région supérieure d’une pousse de l'année. — Une pousse de l’année cueillie en octobre se termine par une longue région dans laquelle 1° les 5 ou 6 entre-nœuds supérieurs sont de moins en moins longs jusqu’à la base du bourgeon terminal , 2° les 2 ou 3 nœuds supérieurs sont de moins en moins longs jusqu’à la base du bourgeon.
La comparaison des sections intranodales médianes succéssives des 5 ou 6 entre-nœuds supérieurs montre que les variations produites dans tous les tissus de ces entre-nœuds correspondent exacteinent aux variations de ces tissus avec l’âge.
De même les variations des 2 ou 3 régions nodales supérieures correspondent aux variations des régions nodales avec l’âge.
En résumé, dans la région supérieure d'une pousse de l’année, les variations de structure dues au niveau ne diffèrent pas des variations dues à l’âge.
(1) Les faisceaux [ sont ceux qui sortent au nœud 1 le plus inférieur de la pousse axillaire.
Rapports de deux Tiges. — Un rameau axillaire parvenu à la fin de sa première période de végétation est terminé en biseau à sa partie inférieure. La face en biseau s'applique intimement sur une sorte d’entaille formée à la surface de la tige support. Tous les tissus du rameau axillaire sont ainsi appliqués contre les tissus similaires de la tige support.
Par suite du puissant accroissement secondaire dont la couronne libéro-ligneuse du rameau axillaire a été le siège, les deux massifs angulaires de la face interne du rameau ont été rejetés vers l'extérieur. Ces massifs sont venus se placer entre les massifs de la face externe du rameau et le massif angulaire de la tige support qui est le plus proche. Il en résulte qu’une section transversale, pratiquée au niveau de l'insertion, rencontre sur une même demi-circonférence : 1° Les 4 petits massifs angulaires de la tige axillaire ; 2° les 2 gros massifs voisins de la tige support.
Les cellules du tissu médullaire de la tige axillaire qui sont situées dans le voisinage de l'insertion, sont irrégulières, sans orientation spéciale, recloisonnées en tous sens; leurs parois sont épaisses et criblées de ponctuations simples. Ces cellules sont gorgées d’amidon.
Les tissus libéro-ligneux primaires de la région d'insertion sont courts et globuleux. La zone cambiale et les tissus libéro-ligneux secondaires se prolongent directement d’une tige dans l’autre.
Le tissu cortical est écrasé sur la surface de jonction des deux rameaux et y forme une lame cornée parallèle à la surface de jonction.
A la partie supérieure de leur région de contact, les deux tiges sont simplement appliquées l’une contre l’autre. Il existe par suite à la partie supérieure de cette région une sorte de sillon très étroit, compris entre les surfaces de contact et tapissé d’un côté par l’épiderme de la tige support, de l’autre par l’épiderme du rameau axillaire. On peut encore trouver au fond de ce sillon des poils sclérifiés.
Le liège sous-épidermique existe sur toute la surface de jonction. Il pénètre sous l’épiderme du sillon supérieur. Dans cette région il envahit en arrière le collenchyme et presque tout le tissu herbacé, aussi bien dans la tige support que dans le rameau axillaire.
Les bords du sillon supérieur portent un bourrelet subéreux, Fig. 11, PL 6, important surtout à droite et à gauche.
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Particularités spécifiques des Calycanthus. — Les variations de structure de la tige dues au niveau sont les mêmes chez le C. glaucus et le C. lævigatus que chez le C. occidentalis.
Chez le C. floridus l’entre-nœud inférieur des pousses axillaires reste très court et les feuilles du nœud inférieur restent toujours petites. La région pérulaire renferme quelquefois 2 ou 3 nœuds et éntre-nœuds.
Particularités du Chimonanthus. — Les rameaux axillaires du Chimonanthus sont caractérisés par la présence, à leur base, d’une région pérulaire très accusée, qui s'étend jusqu’à l’entre-nœud VII. Dans cette région pérulaire,
1° Les 4 nœuds inférieurs ne sont indiqués que par les cicatrices des écailles pérulaires. Ces nœuds sont très courts; ils ne présentent ni renflements latéraux, ni coussinets.
2° Les cicatrices pérulaires sont très petites, linéaires, transversales. Les cicatrices foliaires augmentent de largeur du nœud IV au nœud VII. |
3° Les nœuds inférieurs 1, Il, III ne sont suivis d'aucune région intranodale. L’entre-nœud IV est le plus inférieur; il est très petit. Au-dessus de l’entre-nœud [V les entre-nœuds sont de plus en plus allongés jusqu’à l’entre-nœud VII.
La région pérulaire subsiste avec ces caractères jusqu’à la fin de la première période de végétation.
La structure de la région pérulaire est caractérisée par les dispositions suivantes :
1° Les sections transversales des nœuds I, Il, III sont toutes plus ou moins aplaties dans le plan antéro-postérieur.
2° Les faisceaux foliaires sortants sont très réduits. Les faisceaux I et II sont entièrement primaires, à peine différenciés, très petits, tels que nous les avons vus dans le bourgeon axillaire hibernant. Les faisceaux sortants Ill possèdent quelques cellules cambiales. Dans les faisceaux sortants des nœuds supérieurs les productions secondaires sont de plus en plus développées jusqu’au nœud VI.
3° Dans les faisceaux sortants les plus inférieurs, les éléments ligneux sont tous excessivement grêles (1). Les îlots grillagés de ces faisceaux sont à peine caractérisés.
4° Dans toute la région pérulaire et surtout à sa base les massifs corticaux angulaires sont moins développés que dans les entre-nœuds supérieurs ; toutefois ils le sont toujours relativement plus que les faisceaux foliaires sortants de la couronne. Le réseau anastomotique transversal des nœuds et les faisceaux latéraux sortants manquent dans toute la région inférieure et souvent jusqu’au nœud V.
5° Le parenchyme médullaire est, dans toute la base du rameau axillaire, formé de cellules sans orientation déterminée, à parois épaisses et couvertes de ponctuations simples, semblables à celles de la région d'insertion.
Une section transversale pratiquée dans la base d’un jeune ramieau axillaire peut
(1) Si on les compare à ceux des faisceaux sortants supérieurs, C'est dans les faisceaux sortants du nœud VII que se trouvent les plus gros éléments ligneux.