VARIATIONS DE LA STRUCTURE DE LA TIGE AVEC L'ORDRE DE CETTE TIGE
Différence entre une tige moyenne d'ordre n et une tige moyenne developpée d'ordre {n +1). — a. Une tige axillaire moyenne d’ordre {»+1) passe pendant sa première période de végétation par les phases que vient de traverser sa tige support # pendant la période de végétation précédente. La structure de la tige {7 + 1) est donc à la fin de sa première période de végétation, celle d’un rameau moyen développé.
Pendant cette première période végétative du rameau (#41), sa tige support # a subi les modifications habituelles d’un rameau moyen pendant sa seconde période végétative. Cette tige s’est surtout accrue diamétralement par production de tissus libéro-ligneux secondaires dans la couronne normale et dans les massifs angulaires.
Ainsi donc, la structure de la tige moyenne développée d'ordre (n +1) ne diffère de celle de la tige moyenne » qui la porte que par des modifications de même nature que celle qu’apporte l’âge à un niveau donné.
b. Les rameaux axillaires d’ordre ‘7+ 1) qui s’insèrent sur un même rameau d'ordre # sont loin d'acquérir tous le même développement. Ceux que j'ai pris comme type moyen s'insèrent sur des nœuds les plus rapprochés de l'extrémité dela tige support. Les autres rameaux d'ordre (7+ 1), qui s’insèrent sur les nœuds inférieurs de la tige », sont d’autant plus grêles, d'autant moins allongés et formés d’un
{1 C'est le nombre maximum que présente la section moyenne ; voir page 57.
nombre de nœuds et d’entre-nœuds d'autant moins grand qu'ils s’attachent sur le rameau support plus près de sa base.
Les variations de structure nettement appréciables qu'on constate entre les rameaux (+1) inférieurs et les rameaux (#7 +1) supérieurs sont :
1° Un développement un peu moindre du parenchyme médullaire ;
2° Un développement beaucoup moins grand de tous les tissus libéro-ligneux secondaires ;
3° Une région pérulaire plus accentuée.
Particularités du Chimonanthus. — Chez le Chimonanthus il ne se développe aucune pousse axillaire aux dépens des bourgeons d’ailleurs très grêles des nœuds inférieurs de la région pérulaire.
Germination de Calycanthus occidentalis. — Une germination de C. occidentalis recueillie en octobre, nous a fourni les résultats suivants (1).
Tige principale (2). — Extérieur. La tige principale est dans le prolongement direct de l’axe hypocotylé (3), le plan de symétrie des feuilles de son verticille inférieur étant alterne avec celui des cotylédons.
Comparé au bourgeon terminal d’un rameau axillaire moyen, le bourgeon terminal de la tige principale est petit. La tige elle-même est gréle ; ses nœuds et entrenœuds sont courts. La longueur des nœuds et des entre-nœuds décroît de la base au sommet de la tige principale.
Bourgeon terminal. — De même que les bourgeons terminaux ordinaires, le bourgeon terminal de la tige principale comprend quatre régions nodales sous son mamelon végétatif.
Le cône végétatif de ce bourgeon a la forme et la structure ordinaires de ceux des bourgeons terminaux. Toutefois il est un peu moins large.
(1) Les résultats de cette note ont été contrôlés depuis sur divers échantillons.
(2) La tige principale de cette germination mesurait 35"! de long ; les feuilles qu’elle portait étaient relativement plus effilées et beaucoup plus petites que celles d'une tige moyenne (voir pour les dimensions des diflérentes parties de cette tige le tableau page 104).
(3) Les rapports de la tige principale avec l’axe hypocotylé montrent que la tige principale des Calycanthus est bien le prolongement direct de l'axe hypocotylé dont elle ne diffère que comme une pousse nouvelle diffère de celle qui l'a immédiatemer.t précédée, En effet,
19 À la base de la tige principale les tissus de la couronne libéro-ligneuse se disposent en deux bandes parallèles au plan des cotylédons. Plus bas, ils s’insèrent sur ceux de l'axe hypocotylé sans qu'il y ait interposition d'une région diaphragmatique formée de trachées courtes et globuleuses.
2° Les massifs corticaux angulaires de l’entre-nœud inférieur de la tige principale sont la continuation directe des massifs de l’axe hypocotylé.
La structure des quatre nœuds situés au-dessous de ce cône rappelle celle des nœuds d’un bourgeon terminal moyen à la même époque de l’année. Cependant la hauteur des trois nœuds supérieurs est beaucoup plus faible que dans les bourgeons ordinaires. Le diamètre de ces trois nœuds est aussi sensiblement plus petit (1).
Structure de la Tige principale à ses differents niveaux. — L'étude de la structure de la tige principale dans toute son étendue montre que pour elle, comme pour une tige ordinaire, il existe une région à structure moyenne. Au-dessus et au-dessous de cette région moyenne Ja structure de la tige principale est plus ou moins modifiée.
A. Section infranodale moyènne. — Une section transversale pratiquée dans la égion moyenne de la tige principale (2) diffère de la section intranodale moyenne,
1° Par le faible diamètre de son parenchyme médullaire (3) et l'absence d’oxalate de chaux.
2° Par la réduction des tissus primaires et surtout par celle des tissus secondaires dans la couronne libéro-ligneuse normale.
3° Par le faible développement des massifs angulaires dont chacun ne renferme qu’un seul faisceau. Dans ce faisceau angulaire, la lame ligneuse, légèrement oblique sur le plan de symétrie des feuilles du nœud supérieur, ne contient qu’un très petit nombre d'éléments ligneux. Le liber est relativement bien développé. Le bois est encastré dans un petit massif mécanique extérieur.
Segment moyen. — Le parcours des faisceaux dans la tige principale est le même que le parcours des faisceaux dans la tige ordinaire moyenne. Toutefois la région nodale est caractérisée par une grande réduction de ses arcades transversales corticales.
8. Les variations de structure que présente la région supérieure de la tige princi-
pale sont des variations en rapport avec l’âge de ces parties. Le maximum d'intensité de l’accroissement diamétral et celui de l’accroissement
longitudinal se trouvent tous deux dans l’entre-nœud qui supporte le bourgeon ter-
minal.
c. La région inférieure de la tige principale (4) présente un certain nombre de caractères anatomiques qui la font ressembler à la région pérulaire de la base d’un
rameau axillaire (5). En effet :
(1) Cette réduction diamétrale des nœuds du bourgeon provient surtout de la réduction diamétrale du parenchyme médullaire.
(2) Cette section passe par le milieu de l’entre-nœud III.
(3) Le diamètre de ce parenchyme est à peu près égal au — de celui du parenchyme mé-
dullaire de la tige ordinaire.
(4) La région inférieure de la tige principale n'est signalée extérieurement que par la petitesse des feuilles des nœuds [ et Il En effet, les entre-nœuds I et Il sont plus longs que les entre-nœuds suivants. Nous n'avons pu constater si ce dernier fait était le résultat d'une élongation tardive semblable à celle que nous avons signalce à la base du rameau moyen.
(5) Nous avons vu cependant que la gemmule dans l'embryon ne comprénd qu'un point de végétation et deux mamelons foliaires. On ne peut donc la comparer aux bourgeons hibernants.
1° Les productions primaires sont moins développées dans les faisceaux sortants [et II que dans les faisceaux sortants III. Les éléments primaires de ces faisceaux sont ausssi plus grêles.
20 Parmi les faisceaux sortants ce sont les faisceaux II qui présentent le maximum de développement des productions secondaires,
3° Dans le nœud II et plus encore dans le nœud I, le réseau anastomotique cortical est incomplet. Ainsi les arcades transversales latérales manquent; les branches du réseau qui se trouve à la base du coussinet sont très faibles.
Dans la région inférieure de la tige principale, les productions libéro-ligneuses secondaires de la couronne, extérieures aux faisceaux sortants, sont d’autant plus puissantes qu’on descend davantage vers l’axe hypocotylé. Au niveau du nœud cotylédonaire, ces productions secondaires présentent leur maximum d’épaisseur.
La Calycanthine existe à tous les niveaux de la tige principale et parfois même en très grande quantité, remplissant non-seulement la zone cambiale et les jeunes tissus avoisinants, mais encore tout le parenchyme médullaire et une grande partie du parenchyme cortical.
En résumé, la structure de la tige principale présente les particularités suivantes :
Le point de végétation est relativement petit ;
La croissance diamétrale du parenchyme médullaire est faible ;
La croissance longitudinale des nœuds et entre-nœuds est moindre que dans la tige moyenne ;
Le système anastomotique cortical des nœuds est faible ou nul; les cordons angulaires sont petits ;
Les faisceaux sortants sont tous plus petits que ceu de la tige moyenne.
Dimensions diamétrales et longitudinales {1} d’une tige principale de Calycanthus occidentalis cueillie en octobre.
DIMEN- DIMENSIONS DIAMÉTRALES
RECIONS SIONS A — — —