IT. — STRUCTURE MOYENNE DE LA FEUILLE
Section moyenne du Pétiole. — Une section transversale moyenne du pétiole montre, Fig. 12, PI. 5 :
1° Une assise de cellules épidermiques, 2° Une masse de tissu fondamental,
3° Trois faisceaux libéro-ligneux rangés sur un demi-cercle. Le faisceau médian est gros, les deux latéraux sont très-petits.
Le bois primaire du faisceau médian, Fig. 1, PI. 6, est formé de nombreuses trachées, 77, dispersées dans un large massif de fibres primitives, Fp, recloisonnées transversalement. Les fibres primitives les plus intérieures (2) sont à parois légèrement épaissies.
(1) Nous avons choisi comme structure moyenne de la feuille la structure de la feuille complètement développée, telle qu’elle se trouve en août.
(2) Dans cette étude, de même que dans les précédentes, nous supposons l’observateur placé dans l’axe de la tige et tourné vers la feuille supposée relevée le long de la tige. Les termes face intérieure ou antérieure , sont donc synonymes de face supérieure ; face extérieure ou postérieure sont synonymes de face inférieure.
Le bois secondaire B,, (1) renferme de nombreuses files radiales vasculaires entre lesquelles sont comprises des files moins régulières de fibres lisses. Chaque file vasculaire renferme successivement, de l'intérieur vers l'extérieur, des vaisseaux annelés, rayés, ponctués, aréolés et des fibres striées. Ces éléments vasculaires sont d’autant plus petits qu’ils sont plus rapprochés de la zone cambiale. Tous ils sont beaucoup plus grêles que ceux de la tige. La masse ligneuse est coupée radialement par de nombreux rayoùs de faisceaux à cellules très aplaties.
Le liber est relativement plus développé que dans les faisceaux de la tige. Il est divisé en massifs isolés les uns des autres par des rayons parenchymateux. Dans chacun de ces massifs, la région externe est occupée par le liber primaire et la région intérieure par un iarge îlot grillagé secondaire.
Le liber primaire, Z,, est formé de petites cellules à parois légèrement épaissies. Il renferme en outre quelques fibres, Æ/, contiguës au tissu fondamental.
Les îlots grillagés secondaires sont presque uniquement formés de cellules grillagées. Ils sont beaucoup plus larges que ceux de la tige. Mais leurs éléments sont toujours très petits. Leurs cellules grillagées sont à cribles simples.
Une zone cambiale sépare le bois secondaire du liber secondaire.
Les rayons de faisceaux intralibériens sont larges et parenchymateux. Ils semblent continuer le parenchyme fondamental extérieur. Quelques cellules de ces rayons peuvent être à parois légèrement subérisées ; elles renferment alors un peu de tannin. Quelques autres cellules de ces mêmes rayons, situées au niveau des fibres libériennes, épaississent leurs parois et se transforment en sclérites qui contribuent à l'établissement d’une gaîne mécanique extérieure discontinue.
La structure de chacun des petits faisceaux latéraux, quoique très réduite, ressemble à celle du faisceau médian.
Les faisceaux libéro-ligneux sont enveloppés directement et 5475 inlerposition de gaine prolectrice reconnaissable par le tissu fonda-
(1) M, Hérail (Loc. cit. p. 242) dit que «le faisceau destiné à pénétrer dans la feuille perd son cambium au moment même où il s'échappe du cylindre central. » C’est là une erreur. Le cambium existe dans le pétiole de toutes les Calycanthées. Il fournit même une masse importante de bois et de liber secondaires, ainsi que le montre d'une façon irrécusable une coupe transversale de cet organe pratiquée en un point quelconque.
mental, 77. Ce tissu fondamental comprend deux régions concentriques d'importance à peu près égale. La région intérieure, Ph, Fig.13, PI. 5, est formée de cellules arrondies, à parois minces. Chaque cellule de ce tissu renferme une petite macle d’oxalate de chaux et quelquefois aussi, mais plus rarement, un très petit cristal en forme d’enveloppe de lettre. La région extérieure, Co/, du tissu fondamental est fortement collenchymateuse.
Les cellules épidermiques, £p, sont à parois épaisses, collenchymateuses. Elles sont recouvertes par une mince cuticule. Cette assise porte des poils unicellulaires, semblables à ceux de la tige. Les poils sont surtout localisés dans le sillon de la face antérieure.
Région basilaire du Pétiole. — L'étude des tiges nous a montré que chaque pétiole reçoit de la tige, Fig. 5 :
1° Un gros faisceau médian qui sort de la couronne centrale,
2° Un petit faisceau droit venant du massif angulaire antérieur droit,
3° Un petit faisceau gauche venant du massif angulaire antérieur gauche.
Ce sont ces trois faisceaux que nous avons trouvés sur la section moyenne du pétiole. La base du pétiole contient en outre les dernières ramifications du réseau anastomotique qui unit dans le coussinet le faisceau sortant médian et les faisceanx latéraux (1).
Dans la région inférieure du pétiole il n’existe ni fibres libériennes, ni sclérites dans les rayons de faisceaux.
Le collenchyme de la section moyenne du pétiole est en continuation directe avec celui de la tige.
Le cambiforme phellique sous-épidermique de la tige et du coussinet se termine brusquement à la base du pétiole, au-dessous du niveau où se produira la décortication lors de la chute de la feuille.
Region supérieure du Pélisle. — Au-dessus de la section moyenne du pétiole les trois faisceaux montent parallèlement jusqu’à la base du limbe. Le faisceau médian pénètre directement dans la nervure prin-
(1) Ce réseau aété décrit, page 51.
cipale. Les faisceaux latéraux s’écartent alors du faisceau médian et suivent, chacun de leur côté, le bord du limbe.
Dans la partie supérieure du pétiole il existe en outre des lobes anastomotiques qui unissent le faisceau médian aux faisceaux latéraux. De ces anastomoses partent de petits faisceaux qui pénètrent dans la base du limbe entre la nervure médiane et les faisceaux latéraux.
En montant de la section médiane du pétiole vers la base du limbe, les petits îlots mécaniques libériens externes du faisceau médian, s’élargissent et s’épaississent. Ils sont en même temps réunis par des cellules scléreuses plus nombreuses empruntées aux rayons. Il en résulte une gaîne mécanique continue extérieure qui s'étend d’un bord à l’autre du faisceau. É
Les fibres indifférenciées qui enveloppent les trachées initiales, à la face interne du faisceau, se scléritient vers le haut du pétiole et forment un large massif mécanique interne. Ce massif mécanique interne peut même se relier sur les bords du faisceau à la gaîne mécanique externe. Le tissu libéro-ligneux du faisceau médian est alors complètement entouré par un cylindre mécanique.
Un cylindre mécanique semblable se forme autour de chacun des petits faisceaux latéraux.
Nervure médiane. — La nervure médiane, Fig. 14, PI. 5, ne contient qu’un faisceau qui est la continuation directe du faisceau médian du pétiole. En avançant vers le sommet du limbe ce faisceau s’affaiblit, Fig. 15, PL 5, parce qu'il fournit à droite et à gauche les faisceaux des nervures secondaires. Il s'éteint en pointe libre à l'extrémité de la nervure sans qu'il y ait renflement de ses éléments ultimes. Ce faisceau, Fig. 2, PI. 6, est entouré d'une gaîne mécanique épaisse dans toute sa région inférieure. Les îlots grillagés ont la même structure que dans le pétiole, toutefois leurs éléments sont de plus en plus grêles vers le sommet de la nervure. |
Le tissu fondamental parenchymateux qui enveloppe le faisceau de la nervure médiane présente les mêmes caractères que celui du pétiole. Le collenchyme forme un arc aplati à la face antérieure et un arc très convexe et plus épais à la face postérieure de la nervure.
L'épiderme de la nervure médiane est le même que celui du pétiole.
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Sur la face supérieure il porte des poils unicellulaires, courts, légèrement crochus, à pointe tournés vers le sommet de la feuille, fortement épaissis, persistants, Fig. 19, PL. 5. Sur la face inférieure les poils sont longs, en lame de sabre, à parois fortement épaissies, jaunes. La face interne de ces grands poils porte, lorsqu'ils sont âgés, un grand nombre de granulations cellulosiques. Leur base se montre comme une pièce étrangère, Fig. 17, PL. 5, insérée dans une cavité de l'épiderme dont elle peut se détacher en ne laissant d'autre trace de son existence que sa cavité d'insertion, p, Fig. 3, PL. 6. La paroi basilaire du poil présente souvent des ponctuations simples.
Nervures secondaires. — La structure des nervures secondaires est la même que celle de la nervure principale, mais sensiblement réduite.
Le faisceau d’une nervure secondaire se détache du bord du faisceau médian de la nervure principale, conformément au procédé général de ramification latérale des faisceaux monocentres (1).
Le faisceau des nervures secondaires se ramifie à son tour de la même manière en donnant à droite et à gauche les faisceaux des nervures tertiaires.
Le faisceau des nervures secondaires se termine en s’anastomosant bout'à bout (2) avec un faisceau voisin, de manière à former vers le bord du limbe les arcades de premier ordre.
Nervures lertiaires. Nervures d'ordre plus eleve. Nervures terminales. — A l'intérieur du réseau constitué par les nervures primaire et secondaires et aussi entre ce réseau et le bord du limbe, se trouvent d’autres réseaux composés de nervures de plus en plus petites, Fig. 6 et 7, PI. 6. Les nervures de ces réseaux font saillie de moins en moins à la surface du limbe. Leur faisceau se réduit de plus en plus. Dans les plus petites d’entre elles le faisceau ne possède plus que quelques trachées et quelques éléments libériens ; la gaîne mécanique a complètement disparu (3).
À la base des nervures tertiaires, le collenchyme est réduit à une
(1) C. Eg. Bertrand, Théorie du faisceau (Bull. Scient. du Nord, 1880, p. 19 du tirage à part.
(2)NC/ Er Bertrand, Loc. cit, pe 10,
(3) Les dernières traces de cette gaîne se trouvent toujours contre les trachées initiales.
seule rangée de cellules sur la face postérieure, à un îlot de quelques cellules contre la face antérieure. Plus loin le collenchyme disparaît complétement. Ilexiste tonjours des poils sur les deux faces.
Le faisceau des nervures tertiaires s’insère sur un faisceau de nervure secondaire, comme celui des nervures secondaires s’insère sur celui de la nervure principale. Le faisceau des nervures tertiaires se ramifie de la même manière que le faisceau des nervures secondaires ; par suite il s’affaiblit en s’éloignant de son origine. Tous ces faisceaux se terminent en s'anastomosant bout à bout.
Dans l’intérieur des mailles formées par les plus petites nervures saillantes, il existe encore des faisceaux libéro-ligneux invisibles extérieurement. Le parenchyme en palissade n’est pas interrompu vis-àvis de ces faisceaux. Les uns se terminent en s’anastomosant bout à bout avec d’autres faisceaux semblables, les autres, après s'être divisés plusieurs fois, Fig. 16, PI. 5, se terminent en pointe libre par un groupe de trachées courtes et globuleuses. L'insertion de ces dernières nervures se fait de la même manière que celles des nervures d'un ordre plus élevé. |
Tous les faisceaux de la feuille des Calycanthus renferment de la Calycanthine.
Section transversale moyenne du Limbe (entre les nervures). Bord du Limbe. — Une section transversale moyenne du limbe montre, Fig.