‹ Recherches sur l’Anatomie comparée des Calycanthées, des Mélastomacées et des MyrtacéesChapitre 51 sur 134 · Î. — STRUCTURE DE LA TIGE · texte numérisé non relu

Î. — STRUCTURE DE LA TIGE

Généralités.

Quoiqu'il y ait un plan d'organisation commun à toutes les tiges des Mélastomacées, on y peut cependant distinguer trois manières d'être principales, trois types de structure ; le type Lasiandra, le type Miconia, le type Memecylon.

(1) Le programme d'étude des Bourgeons et de la Différenciation chez le Monochætum ensiferum et les espèces suivantes est le même que chez le N. aquatica.

Ces types peuvent être caractérisés de la manière suivante :

a. Les tiges du type Lasiandra possèdent, outre la couronne libéroligneuse normale, des massifs libéro-ligneux médullaires et des massifs libéro-ligneux corticaux. Ces derniers correspondent à un grand développement des ailes.

Les massifs libéro-ligneux médullaires de ces tiges sont petits et peu nombreux. Ils ne renferment que peu de bois, parfois même ils sont entièrement libériens.

Les faisceaux de la couronne libéro-ligneuse normale sont peu nombreux et bien distincts les uns des autres.

Le liber interne de la couronne n'existe pas dans les régions interfasciculaires.

Les îlots grillagés du liber sont petits, à cellules relativement larges. Les vaisseaux ligneux secondaires portent généralement des ponctuations simples.

b. Les tiges du type Miconia renferment, outre la couronne libéroligneuse normale, des massifs libéro-ligneux médullaires. Elles sont dépourvues de massifs libéro-ligneux corticaux.

Les massifs médullaires sont larges et possèdent des éléments ligneux bien caractérisés. Ils renferment même fréquemment des productions libéro-ligneuses secondaires.

Les faisceaux de la couronne normale sont nombreux et plus ou moins confondus les uns avec les autres.

Le liber interne forme une bande continue plus épaisse dans les faisceaux sortants.

Les îlots grillagés sont plus étendus et mieux caractérisés que ceux du type Lasiandra. Les cellules dont ils se composent sont petites. Les vaisseaux ligneux secondaires sont larges et portent des ponctuations aréolées.

c. Les tiges du type Memecylon ne possèdent ni massifs Hbéro-ligneux corticaux, ni massifs libéro-ligneux médullaires fau moins dans les entre-nœudbs).

Les faisceaux de la couronne sont fusionnés en de larges arcs foliaires.

Des cordons libériens circulent à l’intérieur de la couronne ligneuse

secondaire. | Le liber interne de la couronne forme une bande continue, plus

épaisse dans les arcs foliaires sortants. Les îlots grillagés de ce liber sont très larges et très spécialisés. Leurs cellules sont remarquablement petites.

Les vaisseaux ligneux secondaires sont couverts d’aréoles rondes. Le tissu fibreux du bois est à parois très épaissies.

Dans l'exposé qui va suivre nous étudierons successivement chaque type et les tiges qui s’y rapportent en suivant l’ordre énoncé cidessus {1}. .

TYPE LASIANDRA.

Les variations de structure présentées par la tige des diverses plantes du type Lasiandra nous permettent de les rapporter à deux grands groupes bien distincts. Ces groupes sont caractérisés par la facon dont les faisceaux foliaires rentrent dans la tige.

. Les tiges du premier groupe ont pour type celle du Zasiandra macrantha. Ces tiges possèdent :

(1) Le tableau suivant montre la concordance qui existe entre les trois types que nous avons adoptés pour cette étude des Mélastomacées et les divisions établies dans cette famille par Pyr. de Candole (*), M. Naudin (*), Bentham et M. Hooker (**), M. Triana (**%#),

DE CANDOLLE. M. NAUDIN. BENTHAM M. TRiANA.

et M. Hooker.

a — vs Lavoisiérées, Microliciales. Microliciées. Microliciées. Rhexiées. Lasiandrales. Osbeckiées. Pléromées. Type Lasiandra à Osbeckiées, Pyramiales (?). | Rhexiées. Osbeckiées. ŸF : Éiien) Mérianiées (?). | Rhexiées.

Oxysporées(?). | Mérianiées (?).

Oxysporées (?).

Miconiales. Sonérilées. Sonérilées.

ae Charianthées (?). Médinillées. Bertoloniées. Type Miconia,.... Miconiées. Dissochætées.

Type Memecylon. .

Astroniées (?).

Kibessiées (?).

Mémécylées.

Mouririées (?).

(*) De Candolle, Prodrome, T. III, 1828, p. 90. (*) Naudin, Melastomacearum quæ in Musæo parisiensi conlinentur monogr. descript. tentamen (Ann. des Sc. nat. 3e Sie, T. XII à XVIII, 1849-52).

LES HRRX CSS)

Blakéées (?).

Astroniées (?).

Mémécylées.

} Bentham et Hooker, Genera Plantarum. T. 1, p. 725. ) Triana, Les Mélastomacées (Transactions of the Linnean Soc. of London, 1873).

Les tribus affectées d’un point d’interrogation sont celles dont nous n’avons pu nous procurer aucun échantillon,

Miconiées.

Pyxidanthées (?)

Astroniées (?).

Mouririées.

1° Des faisceaux foliaires qui rentrent dans la couronne normale en suivant le plan æp (ou plan de symétrie de la feuille) ;

2° Des faisceaux foliaires qui rentrent dans la couronne normale latéralement, en suivant le plan gd;

39 Des faisceaux foliaires qui descendent dans les massifs angulaires.

Parmi ces tiges nous décrirons plus spécialement celles du Z. macrantha et celle du Monochætum sericeum. Les autres espèces ne seront étudiées que par comparaison.

6. Les tiges du second groupe ont pour type celle du Wepsera aquahica. Elles renferment comme les premières des faisceaux foliaires qui rentrent dans la couronne normale en suivant le plan 4, et des faisceaux foliaires qui descendent dans les massifs corticaux angulaires.

Elles n’ont pas de faisceaux rentrant dans le plan gd.

Dans ce second groupe nous étudierons plus spécialement la tige du Nepsera aquatica et celle du Centradema flortbunda qui, tout en appartenant au même groupe, présente quelques-uns des caractères du groupe Lasiandra.

Les autres espèces ne seront étudiées que par comparaison.

I" Groupe.

A.— LASIANDRA MACRANTHA (1).

Section tranversale intranodale moyenne. — La section transversale

moyenne d’un entre-nœud de Z. macrantha, montre, (A) Fig. 10.

Fig. 10.

/B) Cp Ag y My a Aya (0

De Na Wa Aa %

Fig. 10. Tige du Lasiandra macrantha. |

(A). Section transversale d’un entre-nœud moyen. — Na, Np, (N+1)g, (N+1)d, (N+2)a, N<+-2})p , faisceaux de la couronne normale. — Aag, Aad, Apg, Apd, massifs libéro-ligneux angulaires. — Méd, massifs libéro-ligneux médullaires. — a, b, projection horizontale de l'extrémité supérieure des cordons médullaires transversaux,

Pm, parenchyme médullaire; Li, liber interne ; Be , bois externe; Le , liber externe ; Pc, parenchyme cortical.

(B). Développement et projection verticale des faisceaux du segment moyen.

1° Une assise de cellules épidermiques dont presque toutes les cellules ‘concourent à la formation des larges poils qui couvrent la surface.

2° Une couronne peu épaisse de parenchyme cortical, Pr.

3° Quatre groupes de massifs libéro-ligneux angulaires corticaux, À. Chaque groupe est localisé dans une des ailes de la tige et comprend deux ou trois massifs disposés sur une file radiale. Dans cette file les massifs les plus petits sont les plus extérieurs.

4° Une couronne libéro-ligneuse continue dont les faisceaux sont pourvus de liber interne.

5° Une masse centrale de parenchyme médullaire, Pm, contenant 5 à 10 massifs libéro-ligneux, Med, dont les plus gros occupent la région centrale dans le plan 4p (2).

L’épiderme porte deux sortes de poils. Les uns grands, coniques, Fig. 16, PI, 0, à parois légèrement épaissies, forment de véritables émergences dont la section transversale basilaire montre une assise superficielle ressemblant à un épiderme et une masse centrale parenchymateuse plus ou moins large. Certains de ces poils coniques portent à leur extrémité une tête pluricellulaire parenchymateuse, gorgée détanpin,:#, Fig. 5,:PL:S:

Les autres poils sont plus grêles et à parois minces, Fig. 13, PI. 10. Ils comprennent une petite tête bisériée glanduleuse portée sur un long pédicelle unisérié. Ces poils se détruisent de bonne heure.

Le parenchyme cortical est épais de 7 à 8 rangs de cellules. Il est

(1) La tige du L. macrantha est lignêuse, arborescente. Les feuilles sont régulièrement verticillées par deux. Les entre-nœuds sont longs, quadrangulaires, ailés. Les nœuds sont courts. Ils portent deux gros bourrelets latéraux qui relient les bases des feuilles. Toute la surface de la tige est très poilue. La tige âgée se décortique et les ailes dont la résistance à la destruction est plus grande que celle du parenchyme cortical, pendent souvent comme de longs filaments le long des entre-nœuds.

(2) Voir, relativement à la position de l'observateur et à l'orientation de la section, la note |, p. 42.

presque entièrement collenchymateux. Son assise interne est formée de cellules allongées tangentiellement, et nettement caractérisée comme gaîne protectrice. Dans la tige âgée, toutes les cellules de cette gaîne épaisissent régulièrement leurs parois, GP, Fig. 1 et 14, PL. o.Une gaîne protectrice semblable se caractérise autour de chacun des massifs angulaires.

Le parenchyme cortical du Z. macrantha renferme de très nombreuses macles sphériques d'oxalate de chaux. Chaque cellule maclifère n’en contient qu’une seule. Ces cellules sont très généralement rangées en longues files verticales. Il peut arriver aussi que, dans des régions variables de la surface, toutes ou presque toutes les cellules sous-épidermiques soient maclifères.

Le parenchyme médullaire est formé de cellules polygonales, sensiblement isodiamétriques, laissant entre elles de petits méats. Il renferme de nombreuses et très longues (1) files de cellules maclifères.

La couronne libéro-ligneuse normale comprend 12 faisceaux qui sont :

Deux très larges faisceaux N, et N,, (A) Fig. 10, en avant et en arrière dans le plan ap.

Deux faisceaux N, et Na, à gauche et à droite, dans le plan ga.

Deux faisceaux antérieurs (N+1), et deux faisceaux postérieurs IN+1}, situés respectivement de chaque côté des faisceaux N; et N, .

Deux faisceaux gauches (N+1}, et deux faisceaux droits (N +1)a situés respectivement de chaque côté des faisceaux Ne, et Na.

Tous ces faisceaux sont nettement distincts les uns des autres et reliés entre eux par une zone libéro-ligneuse continue.

Les productions ligneuses primaires de chaque faisceau sont représerftées par des trachées disposées en files radiales que séparent des fibres à parois minces, Fig. 2, PL. 0.

Le bois secondaire est formé de vaisseaux isolés, de taille moyenne (2) et de fibres à section transversale rectangulaire légèrement allongée dans le sens radial.

Les vaisseaux sont annelés, réticulés et ponctués. Les vaisseaux

(1) Nous en avons observé qui avaient 15"M de long. (2) Les plus larges ont 50 y de diamètre.

annelés sont contigus au bois primaire et placés dans le prolongement des lames trachéennes, les autres vaisseaux sont isolés au milieu des fibres. Il arrive quelquefois que le fond des ponctuations des vaisseaux présente un aspect finement criblé, Fig. 13, PI: 9, dû à de très petites perforations de cette région mince de la paroi {1}. Les fibres ligneuses portent généralement une file verticale de très petites ponctuations simples au milieu de chacune de leurs faces tangentielles. Quelques-unes de ces fibres sont recloisonnées transversalement.

Le liber primaire externe est peu développé ; il est presque entièrement parenchymateux, Z,, Fig. 1, PL, 0.

Le liber secondaire externe, Z.., renferme d’assez nombreuses cellules grillagées, mais sans qu’il y ait le plus souvent formation de véritables îlots grillagés comme ceux que nous aurons à décrire chez les autres Mélastomacées. Quelquefois, la cellule grillagée se forme directement aux dépens de la cellule cambiale toute entière. Le plus souvent il se produit d’abord un recloisonnement uniquement tangentiel de la cellule cambiale, et c’est aux dépens des cellules filles que se différencient les cellules grillagées (2). On trouve encore dans le liber secondaire des fibres sclérifiées isolées, }7, et des files de cellules maclifères, Ma (3).

Le liber interne Zi, Fig. 2, PI. o, n’existe que dans les faisceaux. Il est plus développé dans les faisceaux N que dans les faisceaux (N +1). Il forme un massif peu épais, contigu aux trachées initiales et pénétrant dans le parenchyme médullaire. Ce massif renferme des ilots grillagés mieux caractérisés que ceux du liber externe.

Les massifs libéro-ligneux médullaires, même les plus larges, ne présentent pas de bois caractérisé, Fig. 3, PI. 9. La structure du liber y est la même que celle du liber interne des faisceaux de la couronne normale. Toutefois les cellules grillagées y sont plus nombreuses.

Les massifs libéro-ligneux angulaires sont très gros. Ils sont

(1) Il arrive assez fréquemment que les vaisseaux sont remplis de thylles.

(2) La genèse des flots grillagés par recloisonnement longitudinal d’une cellule initiale avait été déjà constaté par M. Vochting (Loc. cit. p. 16).

(3) Les macles du liber sont sensiblement plus petites que celles du parenchyme ondamental.

concentriques, Fig. 5, PL. 9. Dans ces massifs, les petites trachées initiales, 77, sont centrales et dispersées au milieu de fibres primitives à parois minces recloisonnées transversalement. Plus extérieurement se trouvent d'autres trachées plus grosses que les précédentes. Une zone cambiale circulaire continue, zc, a recouvert ce bois primaire d’une couche de bois secondaire, B, , dont les principaux éléments sont de nombreux ‘vaisseaux réunis par des fibres. Les vaisseaux ligneux secondaires sont annelés et juxtaposés aux grosses trachées avec lesquelles ils forment de petites lames radiales. Les fibres ligneuses secondaires ne sont épaissies que dans des massifs angulaires les plus larges.

Le liber, Z, forme autour du bois une couronne continue mais toujours peu épaisse, dans laquelle il est impossible de distinguer les éléments primaires des éléments secondaire. Ce liber renferme quelques îlots grillagés et des files de cellules cristalligènes.

La réduction des massifs angulaires porte d’abord sur leurs productions secondaires, puis sur le nombre de leurs éléments primaires. Parmi ces derniers ce sont les éléments ligneux qui disparaissent les premiers. C’est ainsi que les massifs angulaires les plus extérieurs ne renferment généralement que du tissu libérien.

Il existe du tannin en abondance dans tous les tissus du Z. macrantha, toutefois cette matière est plus spécialement localisée dans le liber (1).

La décortication de la tige de Z. macrantha se fait par un cambiforme phellique qui s'établit dans l’assise libérienne contiguë à la gaîne protectrice, Cf, Fig. 14, PI. 9. Chaque file radiale du liège, Zg, Fig. 9, PI. 9, comprend alternativement une petite cellule, 2, fortement sclérifiée et une grande cellule, 4, à parois minces. Les ruptures se produisent par décollement entre les assises sclérifiées et les assises à parois minces.

Fréquemment cette décortication générale a été précédée d’une décortication partielle des ailes. Les arcs de cambiforme phellique qui déterminent certe décortication partielle n’ont pas de position constante (2).

(1) La présence du tannin est générale chez toutes les Mélastomacées.

(2) C’est grâce à la plus grande résistance du tissu libéro-ligneux des massifs angulaires que ces ailes pendent, après la décortication, le long des entre-nœuds,

Parcours des faisceaux dans le Segment moyen. — a. Tous les faisceaux dela couronne normale montent parallèlement de la section moyenne à la base du nœud N, {B) Fig. 10 et 11.

A la base du nœud N les faisceaux N,; et N, quittent la couronne normale. Chacun d’eux se divise de suite en 3 faisceaux, N; en Nw, Nam Na Npren Ns, Nime-Nha qui sortent-directementdansela feuille correspondante. ;

Les faisceaux N, et Na quittent de même la couronne, puis chacun d’eux se divise de suite en deux faisceaux l’un antérieur, l’autre postérieur, Nya et Nep, Nada et Na. Les faisceaux antérieurs Noa, Na sortent dans les bords du pétiole antérieur, les faisceaux postérieurs Ne N&, sortent dans les bords du pétiole postérieur.

Après la sortie des 4 faisceaux N, les 8 faisceaux (N+1)se rapprochent tous deux à deux des plans 4 et 4p, et s’y fusionnent dès la base de l’entre-nœud (N+1)en formant, 1° deux larges faisceaux (N+1), et (N+1)a à droite et à gauche, 2° deux faisceaux beaucoup moins gros (N+1},1[N #1), en avant et en arrière.

Les faisceaux (N +1) des faces latérales de la couronne ont émis chacun dès la base du nœud un lobe vertical {N +2) sur leur bord le plus éloigné du plan 4.

De même, les faisceaux (N +1) des faces antérieure et postérieure ont émis chacun un lobe vertical (N+2) sur leur bord le plus éloigné du plan ap.

Les 4 faisceaux [N +1) et les 8 faisceaux (N+2) qui se trouvent ainsi formés dans la couronne normale, à la base de l’entre-nœud (N+1), montent parallèlement de ce niveau jusqu'à la section (N+1}). Les faisceaux (N+1}; , (N+1)a joueront dans le segment (N+1) le rôle joué par les faisceaux N:, N, dans le segment N. De même les faisceaux (N +1}, et (N+1} joueront le rôle des faisceaux N, et Na,

b. L'étude du parcours des massifs libéro-ligneux médullaires dans le segment moyen montre :

1° Que ces massifs traversent le nœud en s’écartant un peu de l’axe de la tige. Ils s'en rapprochent à la base de l’entre-nœud {[N+1) dans lequel les plus gros massifs appartiennent au plan &.

2° Que ces massifs se relient les uns aux autres, au niveau du nœud par de nombreuses anastomoses.

3° Que tous ces massifs émettent, vers la couronne normale, des lobes plus ou moins importants et es horizontaux.

Parmi ces lobes, Fig. 10,

les uns, les plus importants, &, viennent s’accoler à la face interne et sur les côtés des quatre faisceaux N, avec lesquels ils sortent dans les feuilles {1},

les autres, les plus faibles, D, viennent s’accoler à la face interne des quatre faisceaux (N+ 1} des côtés gauche et droit de la couronne, vers le niveau où ces faisceaux se fusionnent deux à deux dans le plan gd.

c. L'étude du parcours des massifs libéro-ligneux argulaires dans le secteur antérieurgauche du segment moyen montre, Fig. 11

Fig. 11. — Segment moyen de la tige du Lasiandra macrantha. Parcours des faisceaux dans l’écorce du secteur antérieur-gauche.

Nam, Nag, Nga, As , faisceaux sortant dans la feuille antérieure. — M", n, u, an, anastomoses transversales du nœud. — B, massifs libéro-ligneux corticaux du

bourgeon axillaire.

Que tous les massifs de l’aile se réunissent à la base du nœud en-un seul massif A; qui traverse à peu près verticalement la région nodale, puis se divise de nouveau à la base de l’entre-nœud (N +1}.

Ce massif unique passe entre la couronne normale et le faisceau sortant Nu.

” Que le massif A; émet, à la base du nœud N,un faisceau A; qui sort dans le bord du pétiole correspondant (2).

3° Que les anastomoses suivantes s’établissent dans le nœud entre les différents faisceaux corticaux.

QG) M. Vochting (Loc. cit.) n’avait pas reconnu les véritables rapports qui existent entre les faisceaux médullaires et les traces foliaires M. Weiss (Loc. cit.) a depuis nettement indiqué la nature de ces rapports ; cependant les résultats de ses recherches ont été niés récemment par M. Hérail (Loc. cit., p. 2738-79), mais l’opinion de ce dernier auteur établie sur l’étude d’une seule section transversale est sans valeur.

(2) Cette émission de faisceaux sortants par les massifs angulaires avait été indiquée par M. Vêchting (Loc. cit.) ; elle a été mise en doute par M. Hérail qui-dit au sujet des faisceaux corticaux (Loc. cit., p. 225) qu'ils « paraissent sans relation avec les feuilles ». Les cbservations de M. Vôchting sont parfaitement exactes.

a. Une anastomose », à la base du nœud, entre le massif A. et le faisceau sortant Na.

b. Une anastomose transversale » entre les faisceaux sortants N4 et'NS:

c. Une anastomose #, à la partie supérieure du nœud, entre le faisceau sortant Na et le massif angulaire A2.

d. Une anastomose transversale latérale ‘ar entre le massif angulaire Aa et le massif angulaire du secteur postérieur-gauche. Cette anastomose circule entre la couronne normale et les faisceaux sortants Nu, No.

Ce parcours des faisceaux corticaux dans le secteur antérieur-gauche du segment moyen, se retrouve semblable et symétrique par rapport au plan ap dans le secteur antérieur-droit. Il est symétrique de celui des deux secteurs précédents dans les deux secteurs postérieurs.

De ce parcours des faisceaux dans le segment N, il résulte que la section transversale { N+1) reproduit la section N à cela près que son orientation fait avec la sienne un angle de 90°, soit à droite, soit à gauche.

Dans la traversée de la région nodale, les éléments libériens et ligneux sont très courts. Les trachées y sont globuleuses.

Au même niveau, le parenchyme médullaire est formé de cellules qui semblent étirées transversalement. Il renferme quelques cellules scléreuses.

Le parenchyme cortical du nœud ne présente pas de modifications notables.

L'épiderme du bourrelet transversal porte des poils coniques plus nombreux et plus gros que ceux des entre-nœuds. Les poils unisériés capités sont aussi plus nombreux et plus allongés, surtout dans l’aisselle des feuilles. |

Les macles d’oxalate de chaux sont très abondatites dans la moelle nodale. Elles constituent des dépôts compactes à la base des bourgeons axillaires (1) /2).

(1) Ces amas d’oxalate de chaux occupent la même position que le glucoside des Calycanthées, p. 48. Peut-être doit-on considérer cet oxalate comme formant une véritable réserve nutritive prête à subvenir aux besoins des bourgeons.

(2) I existe ordinairement deux ou trois bourgeons axillaires dans l’aisselle de chaque

Pleroma heteromalum DC. (1).

La section intranodale moyenne de la tige du PI. heteromalum diffère de celle du Z. macrantha par l’absence d’ailes et par la disposition des massifs libéro-ligneux angulaires qui sont groupés fangenfiellement (2) dans chaque angle. Le massif médian de chaque groupe est le plus gros.

Les massifs angulaires du PJ. heteromalum ne diffèrent de ceux du L. macrantha que par la présence à leur périphérie d’assez nombreuses fibres libériennes sclérifiées

La gaïîne protectrice est souvent irrégulièrement sclérifiée autour des petits massifs angulaires.

Les massifs médullaires sont plus nombreux et plus petits que ceux du Lasiandra macrantha. Is sont de même entièrement libériens.

Melastoma malabathricum 1.

La section intranodale moyenne du M. malabathricum présente les particularités suivantes.

Les poils coniques sont très courts. Leur surface est toute hérissée de saillies poin- tues dues à l'émergence de l'extrémité des cellules superficielles. Leurs parois sont très épaisses.

L'assise interne du parenchyme cortical est bien caractérisée comme gaîne protectrice,mais elle n’est jamais sclérifiée.

Il n'existe le plus souvent qu’un seul massif libéro-ligneux cortical dans chaque angle de la section (3). Ce massif est petit et presque entièrement ligneux. Il ne renferme que très peu de tissu secondaire.

feuille du L. macrantha. Ces bourgeons sont toujours situés dans le plan de symétrie de la feuille. L'insertion des tissus libéro-ligneux de ces bourgeons se fait de la façon suivante :

La couronne libéro-ligneuse normale du bourgeon se divise à sa base en deux arcs latéraux qui s’insèrent sur la couronne de la tige support dans l'angle formé par la sortie du faisceau médian (Na ou Np )

Les massifs médullaires du bourgeon et certains petits cordons libériens qui se détachent de la face interne des faisceaux foliaires les plus importants, s’insèrent sur les massifs médullaires de la tige support qui sont les plus proches.

Des quatre cordons libéro-ligneux angulaires du bourgeon, les deux antérieurs se jettent chacun sur le massif angulaire de la tige support qui est le plus proche, Fig. 1 1. Les deux cordons postérieurs se divisent chacun en une branche antérieure qui s’accole aussi au massif angulaire voisin et une branche postérieure qui s’insère sur le bord correspondant du faisceau sortant médian (Na ou Np ).

(1) D'après M. Naudin (Ann. des Sc. nat., Sie III, T. XIII, p. 158) cette espèce doit rentrer dans le genre Lasiandra.

(2) Le groupement tangentiel ou radial des massifs libéro-ligueux angulaires constitue des différences peu importantes. Nous retrouverons en effet ces deux modes de groupement dans le même genre Centradenia. Le groupement tangentiel semble correspondre à une réduction des ailes,

(3) Cependant nous avons observé dans des hampes florales jusqu'à 5 massifs corticaux dans chaque angle. Ces massifs corticaux étaient groupés sans ordre et tous à peu près de même taille.

La couronne libéro-ligneuse normale est quadrangulaire. Elle ne renferme que 8 faisceaux foliaires distribués comme il suit :

Deux larges faisceaux Na , NP occupent le milieu des côtés antérieur et postérieur.

Deux faisceaux Ng , Na occupent le milieu des côtés latéraux.

Quatre faisceaux plus petits (N + 1) occupent les angles de la couronne.

Les tissus libéro-ligneux du M. malabathricum ont la même structure que ceux du L. macrantha. Toutefois les fibres libériennes et les cellules cristalligènes y sont plus nombreuses.

Le parenchyme médullaire renferme des sclérites isolées.

Le liège de décortication diffère de celui du L. macrantha en ce que ses assises de petites cellules ne sont pas sclérifiées.

Le parcours des faisceaux du M. malabathricum dans le segment N, (B) Fig. 14, ne diffère de celui du L. macrantha que parce que :

1° Les faisceaux (N + 1) de la moitié supérieure de l’entre-nœud N sont réunis deux à deux dans chaque angle ;

2° Les faisceaux (N+2) de la moitié inférieure de l’entre-nœud (N+1) sont réunis deux à deux dans chaque angle.

B.— MONOCHÆTUM SERICEUM (1).

Section transversale intranodale moyenne. — La section transversale moyenne d’un entre-nœud de la tige du M. sericeum montre, Fig. à, Po

1. Une assise de cellules épidermiques portant de longs poils coniques ;

2. Une couronne mince de parenchyme cortical ; 3. Quatre très petits massifs libéro-ligneux corlicaux, situés aux angles de la section ;

4. Une couronne libero-ligneuse continue dont les faisceaux sont pourvus de liber interne ;

5. Une masse centrale de parenchyme médullaire renfermant un petit massif central exclusivement /bérien.

L’épiderme consiste en cellules à parois minces, couvertes extérieurement de très petites stries cuticulaires longitudinales. Les poils

(1) La tige du M. sericeum est grêle. Ses entre-nœuds sont allongés. Ses nœuds sont courts et peu saillants. Cette tige est ligneuse et présente un large sillon sur les faces latérales de ses entre-nœuds. Elle est poilue.

coniques, Fig. 16, PI. o, sont plus petits que ceux du Z. macrantha. Ils ne portent jamais de tête glanduleuse. Ceux qui se trouvent sous les angles reçoivent quelquefois un très petit filet libéro-ligneux qui provient des faisceaux corticaux (1). Il existe en outre des poils unisériés capités.

La gaîne protectrice est formée de petites cellules régulières, allongées radialement et à parois radiales minces. Cette gaîne protectrice est séparée du reste du parenchyme cortical , en avant et en arrière, par une ou deux rangées de petites cellules d’origine secondaire.

Les massifs libéro-ligneux corticaux sont toujours tres grêles, Fig.7, PI. 9. Chacun d’eux occupe la place de deux ou trois cellules du parenchyme cortical. Il comprend deux à cinq trachées centrales entourées par quelques éléments libériens grêles, à parois minces.

La couronne libéro-ligneuse normale comprend huit faisceaux qui sont :

Deux larges faisceaux Na, N, , Fig. 1, PI. 10, situés enavanteten arrière dans le plan 4p.

Deux petits faisceaux N,, Na, à gauche et à droite dans le plan gd.

Quatre faisceaux un peu plus larges {(N + 1) situés à gauche et à droite de chaque côté des faisceaux N£ et Na.

La couronne ligneuse du M. sericeum diffère peu de celle du Zasiandra macrantha. Toutefois les ponctuations criblées des vaisseaux ligneux sont plus visibles. Les fibres sont à section transversale un peu allongée tangentiellement. Les parois de ces fibres portent sur chaque face une file verticale de très fines ponctuations. Les fibres ligneuses qui avoisinent les vaisseaux sont coupées par de très minces cloisons transversales {2).

La couronne libérienne externe est peu épaisse. Elle diffère de celle du Z. macrantha par la présence de quelques îlots grillagés dus au recloisonnement tangentiel et radial des cellules cambiales. Il arrive fréquemment que les cellules de l’assise libérienne primaire contiguë

(1) Ces poils angulaires sont donc de véritables eémergences. Ils sont, sous ce rapport, absolument comparables aux poils marginaux que nous aurons à signaler sur les feuilles de la plupart des Mélastomacées. 77 existe d’ailleurs foules les transitions possibles entre ces émergences des Mélastomacées et Les poils coniques dérives de l’épiderme seulement.

(2) On connaît des fibres ligneuses recloisonnées chez la Vigne, le Lierre, le Grenadier. (Duchartre, Traité de Botanique, 3° éd. 1885, p. 226).

à la gaîne protectrice deviennent plus larges que celles des rangées sous-jacentes. Cette assise présente alors une certaine ressemblance avec l’assise péricambiale des racines {1}.

Les rayons de faisceaux sont peu nombreux. Ils sont formés d’une seule rangée de cellules.

Le liber interne des faisceaux de la couronne normale est plus grillagé que le liber externe.

Les cellules du parenchyme médullaire sont à parois épaisses et faiblement ponctuées. Ce parenchyme ne renferme que quelques files de cellules maclifères.

Le tissu du massif libérien central est semblable à celui du liber interne de la couronne normale.

La décortication du M. sericeum se produit de la même façon que celle du Zasiandra macrantha. Toutefois le cambiforme qui la produit est plus précoce. Le liège présente aussi plus nettement la disposition stratifiée, Fig. 0, PI. 0.

Parcours des faisceaux dans le Segment moyen. — Le parcours des faisceaux dans le segment moyen du M. sericeum diffère peu de celui du Z. macrantha, Fig. 12 et (D) Fig. 14.

Fig. 12.

(1) Une assise semblable est assez fréquente dans la tige des Mélastomacées herbacées. Elle n'existe que lorsque la gaîne protectrice est bien caractérisée.

Fig. 12. — (A). Développement et projection verticale des faisceaux du Segment moyen de la tige du Monochætum ensiferum.

Na, Np, Ng, Nd, (N + 1}, (N + 2), faisceaux de la couronne normale, — Aag ; Aad;, Apg » Apd, massifs libéro-ligneux corticaux. — As , Nag : Nam, Nad, As, faisceaux sortants antérieurs. — As. Npg, Npm, Npd, As, faisceaux sortants postérieurs. — 4, b, extrémités supérieures des cordons médullaires transversaux du nœud N. — », 4, an, anastomose

- transversale corticale du nœud. F

(B). Projection horizontale du parcours des faisceaux dans le nœud N, sur la section transversale moyenne de oe nœud.

(C). Parcours des faisceaux médullaires dans la moitié gauche du nœud N.

Après que les faisceaux N;, N,, N;, Na ont quitté la couronne normale, chaque faisceau (N + 1) se divise en deux branches dont l'une, la plus forte, se rapproche du plan gd, et dont l'autre, la plus faible, se dirige vers le plan ap. Cette dernière émet bientôt sur son bord opposé au plan 4 une branche verticale (N + 2). Les 8 branches IN + 1) se réunissent deux à deux dans les plans g7 et ap. Elles y reforment les faisceaux (N +1', et (N+ ia, (N + 1h: et (N +1}. Les 4 branches (N + 2) montent verticalement de chaque côté des faisceaux (N + 1), et (N + 1), (1).

Le massif médullaire central traverse directement le nœud. Il émet, à la base du nœud, 4 petites branches 4 qui se rendent aux 4 faisceaux N et sortent avec eux dans les feuilles (2).

Le réseau cortical nodal du M. sericeum diffère de celui du L. macrantha,

1° par la concrescence des arcades transversales latérales 4% et des faisceaux sortants N, et Na sur une partie de leur parcours ;

2° par l’absence des cordons anastomotiques # ;

3° par la présence d'une anastomose entre les faisceaux N;, Na sortants et le petit faisceau sortant né du massif angulaire voisin.

Le parenchyme médullaire, le parenchyme cortical et l'épiderme présentent au nœud des modifications analogues à celles du ZL. macrantha (3).

(1) Ce parcours des faisceaux de la couronne normale ressemble beaucoup à celui du Melastoma malabathricum. 11] se montre comme une réduction de celui du L. macrantha, réduction qui est caractérisée par la coalescence des faisceaux (N + 1).

(2) Ce parcours des faisceaux médullaires est une réduction de celui du L. macrantha Les massifs sont grêles et coalescents au milieu de la moelle. Au niveau du nœud, les branches qui se rendaient aux faisceaux (N -+ 1) font défaut. ;

(5) Les bourgeons axillaires du M. sericeum sont peu développés. Leur position et leur mode d'insertion sont semblables à ceux des bourgeons axillaires du L. macrantha.

Monochætum umbellatum. Ndn.

La section transversale moyenne du M. umbellatum est plus large que celle du M. sericeum.

Les massifs libéro-ligneux angulaires sont notablement plus gros.

Chacun des faisceaux Ng, Na de la couronne normale est représenté par deux faisceaux distincts Nga et Nep, Nda et Nap.

Chacun des 4 faisceaux (N + 1) est représenté par xleux faisceaux, l’un antérieur (N + 1 a (ou postérieur (N + 1}? }, l’autre latéral, (N + 1)g (ou (N + 1)a ).

La moelle est relativement large.

Les faisceaux libéro-ligneux médullaires sont réunis en plusieurs petits massifs rapprochés du centre de la section. j

Le parcours des faisceaux de la couronne normale présente cette particularité qu’il ressemble presque entièrement à celui du Lasiandra macrantha. 1 n’en diffère que parce que les faisceaux sortants latéraux Nga et Nep, Nda et Nap restent distincts dans toute leur étendue.

Le parcours des faisceaux médullaires rappelle également celui du L. macrantha.

Le parcours des faisceaux corticaux ne diffère pas sensiblement de celui du M. sericeum (1).

Monochætum ensiferum. Ndn.

La structure de la tige du M. ensiferum diffère de celle du M. sericeum ,

1° Par l’absence presque complète de poils le long de ses entre-nœuds ;

2° Par la grande réduction de ses massifs angulaires Ils ne sont le plus souvent représentés que par une dizaine d’éléments libériens, Fig. 8, PI. 9 (2).

3° Par la division de son massif libérien médullaire en plusieurs petits massifs très rapprochés du centre de la moelle.

4" Par la nature de son parenchyme médullaire dont les parois sont plus épaissies et plus ponctuées.

11° Groupe.

À. — NEPSERA AQUATICA. Ndn (3).

Section transversale intranodale moyenne. — La section transversale moyenne d’un entre-nœud de N. aquatica montre, Fig. 2, PL 10 :

(1) I arrive fréquemment que l’anastomose # n'existe pas.

2) Jamais nous n'avons vu ces massifs manquer complètement.

(3) La tige du N. aqualtica est verticillée par deux. Eile est herbacée, très nettement quadrangulaire, légèrement ailée. Aux nœuds un bourrelet transversal relie la base des deux feuilles, De longs poils terminés en ampoule sont insérés sur les ailes et sur les bourrelets nodaux.

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