‹ Recherches sur l’Anatomie comparée des Calycanthées, des Mélastomacées et des MyrtacéesChapitre 99 sur 134 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

HISTORIQUE

Ce sont les ponctuations translucides des feuilles qui ont provoqué les premières recherches anatomiques sur les Myrtacées. La structure de ces ponctuations les fit d’abord ranger par Guettard {1} dans la catégorie des glandes vésiculaires. Schrank (2;, Mirbel (3), A. Pyr. de Candolle (4, Meyen {5}, observèrent de nouveau ces glandes sans apporter de nouvelles données à la connaissance de leur structure. Signalons toutefois l'opinion d’A. Pyr. de Candolle qui leur refusait le nom de glandes et qui les considérait comme des réservoirs vésiculaires dans lesquels l'huile venait s’accumuler.

En 1868, M. Frank {6! décrit et figure le développementdes glandes du Myrtus communis. Pour cet auteur la poche sécrétrice se forme comme un méat, par dissociation de cellules issues d’une même cellule mère, et sans qu'il se produise aucune destruction cellulaire.

(1) Guettard, Mémoires sur les glandes des plantes. (Méèm. Acad. 1745-56).

(2) Schrank, Won den NebengefaSsen der Pflanzen und ihrem Nutzen. Halle 1794. (3) Mirbel, Elém. de Physiol. vegél, et de Bot. Paris 1815.

(4) De Candoïle, A. Pyr. Organographie végétale. 1. Paris 1827.

(5) Meyen, Ucber die Secretions-organe der Pflanzen, Berlin 1827.

(6) Frank, Beitrage zur Pflanzenphysiologie, p. 125, Fig. 14. Leipzig 1868.

Cette opinion: fut ensuite combattue par M. Martinet {1) d'après qui la cavité de la glande serait due à la destruction d'un massif de cellules modifiées de très bonne heure. MM. J. Chatin {2) et F. de Hôhnel (3) partagèrent l’opinion de M. Martinet.

Dans un travail plus récent M. Van Tieghem(4)a émis sur l'origine des glandes chez des Myrtacées des conclusions analogues à celles de M. Frank Pour cet auteur, « les réservoirs oléifères des Myrtacées sont issus de la dissociation et non de la destruction, ce sont des poches sécrétrices et non des nodules sécréteurs désorganisés ». M. Van Tieghem a constaté de plus que les poches sécrétrices des Myrtacées sont distribuées dans toute l'écorce de la tige et dans tout le parenchyme de la feuille. Elles manquent dans le péricycle, dans le liber (5) et dans le bois.

L'étude des autres tissus de la tige des Myrtacées est beaucoup plus récente. En 1860, M. Sanio (6) décrit le développement du liège dans la tige du Melaleuca styphelioïdes. Un peu plus tard le même auteur (7) signale la présence du tannin dans les tissus du 77ristania nertifolia et dans ceux de l’Eucalyptus cordata.

En 1876, M. Magnus (8) constate l'existence de bandes fibreuses tangentielles dans l’écorce secondaire de l'Eucalyplus globulus; il reconnaît en outre la présence du liber interne chez quelques espèces de Myrtacées. D’après M. Magnus le liber interne de l'Eucalyptus globulus renferme des fibres libériennes, alors que d’autres espèces d’Eucalyptus en sont dépourvues.

Un peu plus tard M. de Bary (9) signale le liber interne chez quel-

(1) Martinet, J., Organes de sécrétion des Végétaux (Ann.des Sc. nat. 5° SE T.XIV, p. 202).

(2) Chatin, J., Etudes sur les glandes foliaires intérieures (Ann des Sc. nat. 6° S8, TT, II p. 209 et suiv.)

(3) De Hôhnel, F, Anat. Untersuch. über einige Secretionsorgane der Pflanzen (Sitzungsberichte d. K. Ak. d. Wissenschaft., Wien, 1881).

(4) Van Tieghem, Second mémoire sur les canaux sécréteurs des plantes (Ann. des Sc. nat. TASSE DES Se):

(5) Cependant M. Moeller (Anatomie der Baumrinden. Berlin 1882) en signale dans le liber de quelques espèces d'Eucalyptus.

(6) Sanio, l’ergleichende Untersuchungen über den Bau und die Entwickelung des Korkes (Jahrbücher für Wissensch. Bot. p.100, Fig. 73-79).

(7) Sanio, Bot. Zeit, 1863, p. 21.

(8) Magnus, Ueber Eucalyptus globulus (Abhand. d. Bot. Vereins d. Prov. Brandenburg XVIII, 1876, p. 19-25).

(9) De Bary, Vergleichende Anatomie, p. 352.

ques autres genres de Myrtacées dont il range les faisceaux parmi ses faisceaux bicollatéraux. M. de Bary indique en outre {1} le mode de décortication du Melaleuca et du Callistemon par formation de couches subéreuses successives de plus en plus intérieures.

En 1882, M. Petersen (2) reconnaît le liber interne chez un grand nombre de Myrtées et de Leprospermées. Ces résultats ont été étendus depuis aux Chamælauciées par MM. Costañtin et Dufour (3).

Dans un rapport sur les ressources des forêts australiennes, M. F. von Müller (4) décrit et figure des coupes transversales, radiales et tangentielles du bois et de l'écorce d'un certain nombre de Myrtacées australiennes. | l

En 1882, M. J. Moeller (5) étudie la structure de l'écorce chez les Myrtacées en général en vue d'obtenir des caractères taxinomiques.

En dernier lieu MM. Costantin et Dufour {6) ont publié une note dans laquelle ils considèrent la présence du liber interne et celle des poches sécrétrices comme les caractéristiques anatomiques les plus constantes des Myrtacées 7}. A ces deux caractéristiques ils en ajoutent d’autres de moindre importance comme,

1° la formation d’un anneau fibreux par sclérification de la région péricyclique ,

2° la sclérification de fibres analogues à la face interne du liber intérieur, — ce caractère est bien moins constant,

30 la production hâtive d’une couche génératrice subéreuse soit en dedans soit en dehors des fibres péricycliques.

L'’anatomie de la feuille a été beaucoup moins étudiée que celle de la tige. En 1876,, M. Magnus (8) signale les modifications que subissent les cellules épidermiques au contact des poches sécrétrices.

(1) De Bary, Loc. cit. p. 575.

(2) Petersen, Ueber das Auftreten bicollateraler Gefassbundel in verschiedencn Pflanzenfamilien (Engler's Botanische Jahrbiücher für Systematik, T. III, 1882).

(3) Costantin et Dufour, Contributions à l'étude de la tige des Lécythidèes (Bull. de La Soc. Port 201S SIVIT Ar88s; tp LI).

(a) F. von Müller, Report of lhe forest Resources of Western Australia. London 1879, 20 pl.

(5) Moeller, J., Analomie der Baumrinden, Berlin 1882.

(6) Loc. cit.

(7) Réduites aux Chamælauciées, aux Leptospermées et aux Myrtées.

(8) Loc. cit.

En 1877, M. de Bary {1} indique les revêtements cireux de certains Eucalyptus.

Plus tard M. F. von Müller {2) étudie et figure les stomates d’un grand nombre de feuilles des Myrtacées australiennes et en particulier ceux des principales espèces du genre Eucalyptus.

Le dimorphisme des feuilles d'Æucalyplus a fait l'objet d’une note de M. Leclerc du Sablon {3} L'auteur y signale la symétrie de structure que présentent les deux faces du limbe dans toutes les feuilles à limbe vertical. Cette symétrie se rencontre également dans les feuilles du Callistemon rugulosum et dans celles du C. rigidum.

(1) Loc. cit. p. 189.

(2) Von Müller, F., Loc. cit. et Eucalyptographia. London et Melbourne.

(5) Leclerc du Sablon, Sur la srmeétrie foliaïre chez les Eucalyptus et quelques autres plantes (Bull. de la Soc. Bot. 2° S£, T. Il. 1885).

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