V. — DÉVELOPPEMENT DES DENTS
EmgrYoN DE 30 ceNrIMÈrTREs. — Sur l'embryon de Cachalot de 30 centimètres le développement des dents est commencé. Il semble un peu plus avancé à la mâchoire inférieure qu'à la supérieure. La pièce dont nous pouvions disposer ne nous permet pas d'indiquer le nombre exact de ces dents à l’une et l’autre mâchoire, nos coupes (1) n’allant pas jusqu’à l'extrémité de la tête. Dans la portion débitée en coupes nous comptons sauf erreur 10 dents en haut à droite, 7 dents en bas à gauche (2). En bas les dents commencent un peu plus en avant. Nous comptons 9 dents à droite et 7 dents à gauche, mais nous répétons que ces nombres n’ont pu être rigoureusement établis et ne portent pas en tout cas sur toute l'étendue des deux maxillaires. Malgré que nos coupes ne soient pas rigoureusement perpendiculaires à l’axe de la tête, il est aisé de reconnaître, en suivant la série, que les dents à droite et à gauche ne sont pas dans un parallélisme rigoureux. Les dents de notre embryon offrent de plus une notable différence d'une mâchoire à l’autre; de même que chez l'adulte c’est la mâchoire inférieure qui présente les dispositions les moins aberrantes (Moy. pl MIE fe 4216):
Mächoire inférieure. — Le développement paraît d'autant plus avancé qu'on considère les dents plus en avant. La lame dentaire dans la plus grande partie de son étendue a perdu toute connexion avec l’épithélium
gingival. Par place seulement, et au niveau des dents, il semble que cette
(4) Ces coupes qui offraient des difficultés spéciales ont été faites pour nous par M. le D: Tourneux, professeur à la Faculté de Lille et que nous remercions ici de ce concours véritablement dévoué, lant en raison du nombre (327) qu’en raison du volume de ces préparations qui ont exigé un outillage fait exprès pour la pièce.
(2) La portion gauche de la préparalion était moins favorablement conservée que la droite et le compte des follicules y peut présenter quelque incertitude.
PE screrv tt
connexion subsiste où du moins ait laissé des vestiges. L’organe adamantin offre avec la lame les rapports habituels, elle donne naissance à celui-là par sa face externe, son bord buceal restant libre. L'organe adamantin régulèrement renflé en cloche est presque aussi large que haut. Sous Ja cloche le tissu phanérophore est nettement différencié. En avant les cloches adamantines sont très évasées et très surbaissées. Il n’y a point trace de dentine. La paroi externe de la lame ou de la cloche est généralement plus intimement unie au tissu lamineux ambiant que l’interne, les cellules épithéliales semblent s'y mêler aux éléments lamineux, tandis que la paroi interne sur les préparations se détache en général aisément du tissu ambiant. Une autre particularité importante est l’apparence que nous présente le revêtement épithélial de lorgane adamantin. La couche épithéliale, au lieu d’avoir une épaisseur partout à peu près uniforme, ôffre vers le sommet de la cloche un amincissement circulaire entourant un disque terminal plus épais. Cette région plus mince, sur nos préparations, se montre repliée en dedans et le disque luimême surbaissé rentre en quelque sorte dans le sommet de la cloche. Cette disposition (pl. VII, fig. 1) est évidemment le premier stade de celle que nous décrirons plus loin et qu'on doit considérer comme corrélative de l’existence du canal central que présentent les dents du Cachalot. ; Maächoire supérieure. — Les dents paraissent de moins en moins développées vers l'extrémité. La lame dentaire s'enfonce très profondément, elle est beaucoup plus longue sur les coupes que la lame de la mâchoire inférieure. Elle garde en plusieurs points sa continuité avec l’épithél'um gingival et offre des particularités sur lesquelles nous allons revenir. Aux denis antérieures l'organe adamantin est beaucoup plus large que haut, il figure sur la coupe une cupule fortement évasée, à parois très nettes. Au sommet de l'organe adamantin, en dedans de la lame, entre l'organe et la gencive, on distingue les traces d’un réticulum épithélial qui semble en train de disparaitre au milieu du tissu lamineux de la gencive, mais dont la structure est encore suffisamment reconnaissable. Sur une de nos préparations ‘cette arborisation épithéliale rejoint l’épithéllum gingival
superficiel et on le voit très nettement se continuer par un point avee lui.
Il nous reste à parler d'une particularité tout à fait typique de la lame. Celle-ci, aux places où elle a conservé ses connexions avec l’épithélium gingival, présente sur les coupes une disposition angulaire très nette. Après s'être enfoncée perpendiculairement à la surface de la gencive, elle fait un angle saillant en dehors, dont l’arête répond au bord de la lame dans les régions où elle n’a plus conservé sa continuité avec l'épithélium gingival. C'est son bord buccal. Or, celui-ci dans toute sa longueur émet en dehors des prolongements claviformes allongés, légèrement recourbés en bas, et dont les plus grands ont tous à peu près la même taille et sont tous placés parallèlement les uns aux autres, au point qu'en examinant une série de préparations on pourrait croire avoir sous les yeux la coupe d’une lame régulière (1). Mais il est facile de vérifier que ces prolongements sont cylindriques, ou plutôt claviformes, étant un peu plus larges vers leur extrémité que vers leur insertion. Les cellules qui les composent diffèrent des cellules (actives) de la lame. Celles-ci forment deux couches qui semblent toutes prêtes à la délamination; elles sont allongées, à noyaux ovoïdes, se colorant fortement par le carmin; tandis que les cellules des prolongements claviformes sont polyédriques, à noyaux sphériques, et se colorent faiblement par le carmin.
Par places, la lame semble émettre en dehors un certain nombre de ces prolongements qui s’en détachent sous divers angles et forment une sorte de bouquet (Voy. pl. VIL fig. 1).
Vers les dernières dents on trouve enfin des prolongements claviformes entièrement analogues qui se détachent directement de l’épithélium buecal et plongent dans le tissu lamineux gingival. Ces productions épithéliales paraissent en rapport avec le mode tout particulier d'attache de la lame dentaire à l’épithélium gingival qui au lieu de s'offrir dans toute l'étendue de la lame ou d’avoir entièrement disparu, ou de s'être localisé en avant ou en arrière, persiste par places seulement, à espaces plus ou moins réguliers. On ne retrouve point ces productions à la mâchoire inférieure,
où la lame est beaucoup moins large, et fournit bien moins de végéta-
(1) Ces prolongements, sur une coupe à peu près parallèle à leur direction, se présenteraient donc comme une sorte de peigne dont les dents tournées en dehors auraient toutes leur insertion à la lame, comme base.
tions paradamantines. Cependant on peut toutefois en trouver qui rappellent celles en dents de peigne (Voy. pl. VIT fig. 6) de la mächoire supérieure.
Euervox pe 1°,30 (1). — L'embryon de 1°,30 sur lequel nous avons pu poursuivre l'étude du développement des dents n'était malheureusement, pas plus que le précédent, en parfait état de conservation. Nous indiquerons plus tard dans quelles circonstances il avait été recueilli. Sur l'embryon de cette taille les dents sont nettement reconnaissables dans l’intérieur des gencives.
Mächoire inférieure. — Nous comptons du côté droit 23 cavités alvéolaires dont 23 sont occupées par des dents munies de chapeaux de dentine. Deux autres plus antérieures semblent n’offrir qu'une excroissance pulpaire. Ces dents ne se ressemblent pas toutes, les neuf plus profondes sont légèrement comprimées et obtuses. Les dents antérieures sont coniques et pointues.
L'écartement de ces dents est variable suivant les régions. Les dents postérieures sont séparées par un espace de 6 à 7 millimètres. Les moyennes sont espacées de 5 millimètres. Les plus antérieures sont rapprochées davantage encore; les alvéoles des quatre premières en particulier ne sont plus séparées que par des septa de 2 à 3 millimètres d'épaisseur au plus.
Nous avons pratiqué des coupes sur des dents de la région moyenne pour l'étude de leur développement. Celui-ci parait rappeler avec une sorte d'exagération la disposition que nous svons signalée chez certains Édentés et en particulier chez le Paresseux (2). Le chapeau de dentine est apparent etiln’y a point encore trace de cément. Ce chapeau de dentine est régulièrement conique mesurant assez exactement 2 millimètres de haut et autant de large à la base. Comme il arrive souvent, la pulpe a subi, sous l'influence des réactions, une rétraction beaucoup plus considérable que celle des tissus ambiants et il en est résulté une sorte de cavité au milieu de laquelle la pulpe semble libre, mais qui n’est qu'un accident de pré-
paration. Elle permet seulement de constater que les parois opposées de
(4) Voy. G. Poucuer, Développement des dents du Cachalot. Compt. rend., 19 oct. 1885. (2) Voy. Poucuer et Gagny, Contribution à l'odontologie des Mammifères (Journ. de l’Anat., mai-juin 1884, p. 115 et fig. 31).
cette cavité n'étaient pas continues sans aucun doute par suite de l’interposition des restes de l'organe adamantin. De même, et par les mêmes effets, les bords du chapeau de dentine, dans la région où elle est encore extrèmement mince et vraisemblablement pauvre en sels terreux, subissent une rétraction en dedans et étranglent à ce niveau la pulpe. Celle-ei se prolonge au-dessous du eûne, de 2 millimètres et demi environ, se rétrécissant toujours de plus en plus vers sa base qui mesure environ { millimètre de diamètre au point où le tissu pulpaire se continue avec le tissu lamineux de la gouttière gingivale. L'aspect sur une coupe longitudinale est celui que nous représentons planche VITT, figure 2.
Le chapeau de dentine présente vers les deux tiers de sa hauteur, point où il est le plus épais, une épaisseur de 60 à 70 v. Il est nettement lisse sur sa face externe tandis que la surface interne, surtout vers la base du cône, est comme rugueuse, creusée d’excavations plus ou moins régulières. Parfois il semble même que des odontoblastes y puissent être enfermés par la croissance. On ne voit ni cément, ‘ni trace distincte d’émail. On ne saurait douter, la dent n'ayant contracté encore à cette époque aucune adhérence avec les parois lamineuses de la cavité folliculaire, que le chapeau de dentine aussi bien que la colonne pulpaire soient encore à cette époque enveloppés d’une couche épithéliale continue provenant de l’organe adamantin (1). On peut d’ailleurs en retrouver les débris, soit à la surface du chapeau de dentine, soit dans le sillon formé par le retrait du bord mince de celui-ci, soit, plus abondants, entre la colonne pulpare et la paroi du follicule. Sans aucun doute sur des préparations fraiches on retrouverait cette gaine de tissu épithélial adamantin enveloppant la colonne pulpaire et la laissant seulement par son pédicule en communication avec le tissu lamineux de la gouttière gingivale. Sur certaines de nos préparations, on voit, à la surface de la dentine, une pellicule éprthéliale adhérente à celle-ci et soulevée par places.
Le tissu pulpaire n'offre pas dans toute sa hauteur la même structure. Il
(1) Il est bien évident que l'organe adamantin est la cause déterminante et nécessaire de l’apparition de la dent, mais sa présence ne paraît pas d'autre part entrainer forcément la production. d’un véritable émail sur cette dent. On peut se demander si la condition nécessaire pour la production d’un véritable émail n’est pas la pénétration du tissu lamineux au sein du tissu épithélial du bourgeon adamantin. Voy. sur ce point Poucuer et Canary, loc. cit.
parait plus derise (par rapprochement de ses éléments cellulaires) au niveau de la colonne, mais ceci est peut-être dû seulement à ce qu'il a pu là se rétracter librement tandis qu'il en a été empêché au niveau du cône de dentine par la résistance de celui-ci. Il parait présenter également la même exagération de densité vers le sommet du cône qui offre ici une disposition tout à fait remarquable (voy. PI. VII, fig. 2 et 3). Communément, le chapeau de dentine a son maximum d'épaisseur au point où il nait, c'est-à-dire au sommet du cône formé par l’excavation dont s’est creusé l'organe adamantin. Bien que la structure de la dentine ne soit point stratifiée, elle s’accroit par apposition. Et cette apposition se faisant avec régularité à la surface de la pulpe à mesure que celle-ci grandit, il en résulte que le chapeau de dentine va communément en augmentant d'épaisseur depuis son bord, dernier point où il est en formation, jusqu’à son sommet, premier point où il est apparu, et où la dentine s’est déposée pendant le plus long temps. Chez notre embryon sur la plupart des dents de la mâchoire inférieure la disposition du chapeau de dentine n’est pas celle que nous indiquons. Le chapeau de dentine forme en réalité un cône tronqué au sommet. La paroi de dentine avant d'atteindre le sommet diminue tout à coup d'épaisseur et semble même se replier en dedans de façon à dessiner une sorte de cratère dont le fond arrondi est tapissé par la lame de dentine extrêmement amincie. Nos préparations nous ont permis de deviner plutôt que de démontrer l’existence de cette mince lame de dentine. L'espèce de cratère ou de cuvette formée par cette dépression, par ce «renfoncement » du sommet aminei du chapeau de dentine est remplie chez notre sujet par un amas épithélial où il est
difficile de ne pas reconnaître un débris de l’organe adamantin (1).
(1) La disposition que nous décrivons s'est présentée avec quelques variétés d'aspect sur plusieurs dents. Quelquefois l'extrémité du cône de dentine très allongée semble se prolonger en forme de cheminée dont les parois perdant tout à coup leur épaisseur se replient en membrane mince fermant cette cheminée. On remarquera qu'en aucune facon l'apparence que nous décrivons ne saurait être le résultat d’une coupe mal dirigée. Toutefois il est probable que l'aspect sous lequel les choses se sont présentées à nous chez notre embryon n'est pas tout à fait celui qu'elles offrent à l’état frais. Il serait possible que le sommet du chapeau de dentine, tout en cessant d'augmenter d'épaisseur, conserve une forme arrondie plus ou moins saillante et que l'espèce de cratère que présentent les dents de notre sujet ne soit qu'un effet de la rétraction de la pulpe au-dessous de cette portion de dentine trop faible pour la maintenir comme fait le reste du cône. Ce qui semblerait justifier cette opinion, c'est que précisément au-dessous de ce sommet rentrant
Cette disposition est évidemment en rapport avec le prolongement de la cavité pulpaire, ou tout au moins avec l'existence du canal central signalé dans l’axe de la dent du Cachalot.
Mächoire supérieure. — Les dents de la mâchoire supérieure oirent un développement à peu près égal à celui des dents inférieures, mais de plus une disposition tout à fait spéciale. Ces dents sont dirigées presque horizontalement en dedans, indiquant déjà la direction beaucoup moins accusée, il est vrai, qu’elles auront chez l’adulte (1).
Nous n'avons pas exactement déterminé le nombre des dents existant à la mâchoire supérieure de chaque côté. L'écartement entre celles que nous avons observées était de 4 millimètres. La dernière nous a paru toutefois un peu plus distante, soit 4°%,5. Ces dents n’ont aucune connexion avec l'os. On les met facilement à découvert en enlevant par délamination au moyen de la pince et du scalpel les différentes couches du tissu lamineux sous-muqueux. On arrive ainsi à une loge close, le follicule, dans lequel la dent est couchée, En fendant cette loge on apercoit la dent occupant la position que nous indiquons. Comme aux dents de la mâchoire inférieure on distingue un chapeau de dentine conique et de la même dimension (2) porté à l'extrémité d’une colonne pulpaire. Celle-ci est à la fois plus longue et plus étroite qu'à la mâchoire inférieure, elle mesure # millimètres de long sur 1°°,2 de large. En outre, les rapports de la pulpe et du tissu lamineux avec lequel elle se continue ne sont plus iei les mêmes qu'à la mâchoire inférieure. Quand on ouvre le follicule du côté de la muqueuse buccale, c'est-à-dire par sa face inférieure, la colonne pulpaire surmontée du cône de dentine se présente à peu près comme à la mâchoire inférieure, mais en l’examinant on voit aussitôt qu'elle est adhérente dans la moitié au moins de sa longueur à la face supérieure de la cavité folliculaire. Elle est par suite moitié moins longue en dessus qu'en dessous. Les
coupes pratiquées en divers sens montrent clairement cette disposition
de la dentine, la pulpe présente, comme nous l'avons dit, la même densité plus grande qu'au niveau de la colonne pulpaire elle-même rétractée. (1) Rappelons que chez les Balénides les dents rudimentaires sont dirigées horizontalement en dehors, chez le Narwal les incisives sont dirigées horizontalement en avant. (2) Cette dentine est transparente et laisse voir comme un cône blanchâtre la pulpe qui remplit le chapeau,
En général le chapeau de dentine est régulièrement conique. Toutefois sur une de ces dents, qui était en même temps la plus reculée de la mâchoire de ce côté, le chapeau de dentine est représenté par une couronne haute de 0"",5 à peine dont l'extrémité présente une excavation à bords irréguliers. C’est sans doute, avee une sorte d’exagération, la répétition de la structure que nous avons décrite à la mâchoire
inférieure.
A LA Naissance, les dents du Cachalot n’ont pas encore fait éruption,
comme cela paraît être le cas pour la plupart des Cétodontes (1).
SUR UN JEUNE CACHALOT MALE dont la tête osseuse mesure 12151 0de l'extrémité du museau aux condyles de l’occipital (2) les dents n’ont pas encore fait éruption. Celles qu'on peut compter soulèvent la gencive rugueuse sur l’éminence ainsi formée. Entre ces éminences on distingue très nettement le sillon transversal que nous avons signalé chez l'adulte. Les éminences postérieures sont les plus larges et les plus saillantes ; elles diminuent en avant. On compte 20 éminences à droite, dont la plus antérieure, à peine distincte, est à 6 centimètres de l'extrémité de la mandibule en chair. À gauche on compte 19 saillies, la plus antérieure correspondant à la plus antérieure de droite. Les deux septièmes saillies à droite et à gauche, en comptant de l'avant, se correspondent assez bien comme les deux premières; ce sont les seules dans ce cas. L'espace qui sépare les saillies varie beaucoup. Les dernières saillies mesurent environ 7°" de haut sur 22"" de large. La plus antérieure de chaque côté mesure seulement
12" de large et proémine à peine.
COMME DERNIER TERME de développement nous pouvons signaler une
mâchoire de jeune Cachalot, probablement un mâle, et fort intéressante,
(4) Sur un jeune Dauphin observé par nous, capturé avec sa mère et mesurant 4 mètre tandis que la mère, dont les mamelles étaient pleines de lait, mesurait 2",40 environ, les dents, bien que soulevant la gencive, n'avaient pas encore fait éruplion.
(2) Cette importante pièce anatomique nous est parvenue au moment même où nous corrigions les épreuves du présent mémoire. L'animal était un jeune mäle qui devait mesurer, si 1OUS nous en rapporlons aux dimensions de l'adulte, environ 5 à 6 mètres. Nous nous bornons à signaler ici les particularités extérieures offertes par les dents. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette pièce que nous désignerons en l'appelant «notre jeune Cachalot male ». Elle porte dans les magasins de la chaire d’Anatomie le n° 1889, 161.
du Musée de Washington (1). Elle offre de toutes petites dents pointues, usées déjà et qui toutes n’ont pas encore fait éruption. Cette mâchoire mesure comme longueur totale 5 pieds 11 pouces = 1°,80, la partie symphysée avant environ 2 pieds 10 pouces (il y a quelque incertitude, la peau étant conservée). Les premières dents sont écartées de 2 pouces 6 lignes, les dernières dents sorties sont écartées de 5 pouces 6 lignes. Les dents ne sont pas plus disposées l’une en face de l’autre que chez l'adulte. La 1" toutefois correspond à la 1" et la 7° à la 7°, mais entre ces dents et après elles les autres ne se correspondent plus exactement. La 1" dent est aussi éloignée de l’extrémité de la mâchoire, que la 2° dent de la 1". Rien n'indique que des dents nouvelles doivent se développer plus antérieurement. La 1" dent à gauche n’a pas encore fait éruption, la 1° à droite fait à peine saillie. Les pointes des autres sont déjà usées (2).
A droite on trouve : 1 dent à peine sortie — 14 dents — 1 dent en cours d’éruption — 4 dents soulevant la gencive mais n'ayant pas encore fait
éruption; il peut y avoir ici quelque incertitude. À gauche on trouve : 1 dent non sortie — 15 dents — 1 dent faisant à peine éruption —
6 dents soulevant la gencive (3).
(1) Elle porte le n° 22370 el un autre numéro, qui parait plus ancien, 1667.
(2) Ces dents sont de la taille des dents de la mâchoire supérieure que nous avons décrites plus haut.
(3) Nous pouvons terminer ces indications sur le développement des dents du Cachalot en rappelant cette assertion de F.-D. Bexerr (Zool. Soc., 10 déc. 1838), que quand le Cachalot a atteint 34 pieds ses dents sont totalement formées, bien qu'elles ne soient pas encore visibles quand il n'a que ?8 pieds. Rappelons également que sur le cachalot de 16 pieds observé par Jackson, Dissection of a Spermaceti Whale, etc., 1847, les dents n'avaient pas encore fait éruption.
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PLANCHE LI
Fic. 1. — Cachalot échoué au rivage, vu par la face ventrale. Fig. 2. — Téte du même halée à terre sur le chantier, vue par la face ventrale ; on dis-
tingue les excavations où se logent les dents, les deux sillons mentonniers. L'œil correspond à l'éminence que l'on voit sur le bord supérieur de la silhouette de la tête.
Fig. 3. — La même tête vue en avant et de haut pour montrer la disposition des deux lèvres de l'évent, et le sillon à gauche de l’évent.
FiG. 4. — Membre du même Cachalot coupé et halé au rivage.
Fig. 5. — La nageoire dorsale (hump), séparée et halée à terre.
FiG. 6. — Queue.
PLANCHE II
Fi. 1. — Crâne du spécimen ® des Açores, vu par sa face supérieure. ?, incisif; m, maxillaire; *, prolongement de l'incisif droit en arrière de la narine droite d'; n', lame déchiquetée appliquée sur la crête frontale en arrière de la narine gauche g
Fig. 2. — Crâne du même vu par sa face inférieure. ?, incisifs; v, vomer; #, maxillaire; P 2 ? , p, palatin; p’, ptérygoïde ; 7, jugal droit; il manque à gauche. Fig. 3. — Crâne du spécimen des Acores vu par la face supérieure. Il a été ramené ( Ç
aux dimensions de celui de la Q pour montrer les différences dans la forme générale. On remarquera que les maxillaires et les intermaxillaires présentent vers leur extrémité antérieure une déviation à droite très prononcée.
Fig. 4. — Crâne du spécimen G' des Acores vu latéralement. a, apophyse orbitaire du maxillaire; f, apophyse orbitaire du frontal ; 7, jugal; s, squameux ; #, intermaxillaire ; m, maxillaire.
PLANCHE I
Atlas et os cervical de nos Cachalots get @ des Açores. Pour rendre la comparaison plus facile, on a autant que possible placé les os du Gen regard des mêmes 05 de
la ©. Les pièces qui se correspondent d'un sexe à l’autre ont été photographiées ensemble de manière que la réduction est absolument la même pour les deux sujets. Ces observations s'appliquent aux deux planches suivantes, qui sont également faites au moyen de clichés photographiques.
Fic. 4. — Atlas du Cachalot G des Açores, vu par sa face antérieure. Fi6. 2. — Atlas du Cachalot © des Acores, vu par sa face antérieure. Fic. 3. — O5 cervical du Cachalot G', vu par sa face antérieure.
Fic. 4. — Os cervical du Cachalot ©, vu par sa face antérieure.
Fig. 5. — Os cervical « du Cachalot Œ, vu latéralement. IL est soudé par sa face postérieure à la première vertèbre dorsale 4.
Fic. 6. — Os cervical du mème, vu par sa face postérieure, qui est celle de la première dorsale.
Fc. 7. — Os cervical du Cachalot Q vu latéralement.
Fic. 8. — Première vertèbre dorsale du même, libre, vue latéralement. Fic. 9. — Os cervical du même vu par sa face postérieure. F6. 10. — Première vertèbre dorsale du même, vue par sa face postérieure.
PLANCHE IV
Vertèbres dorsales et lombaires des Cachalots Get © des Acores.
Fig. 1. — Huitième, neuvième et dixième vertèbres dorsales du Cachalot Gf, vues latéralement.
Fig. 2. — Huitième, neuvième, dixième et onzième vertèbres dorsales du Cachalot ©,
vues latéralement.
Fig. 3. — Neuvième vertèbre dorsale du Cachalot G', vue par la face antérieure et montrant la tendance qu'ont les apophyses transverses supérieure et inférieure à s'unir par leur extrémité libre.
FiG. 4. Neuvième vertèbre dorsale du Cachalot ©, vue par la face antérieure. — A droite, les apophyses transverses s'unissent par leur extrémité libre et forment un anneau complet.
Fi. 5. — Septième et huitième vertèbres lombaires du Cachalot G, vues latéralement.
Fi. 6. — Septième et huitième vertèbres lombaires du Cachalot ©, vues latéralement.
Fig. 7. — Première et deuxième vertèbres lombaires du Cachalot , vues latéralement.
Fi. 8. — Première et deuxième vertèbres lombaires du Cachalot ©, vues latéralement.
PLANCHE V
Fig. 4. -— Onzième et douzième vertèbres caudales du Cachalot des Açores; elles sont vues latéralement et un peu inclinées pour montrer le canal neural ouvert en dessus par suite de la disparition des lames et des apophyses épineuses.
FiG. 2. — Onzième et douzième vertèbres caudales du Cachalot ©, vues comme les précédentes et montrant que le canal neural est encore fermé en dessus.
Fic. 3. — Pièces de l'hyoïde du Cachalot ©. b, basihyal ; 4, thyrohyal; c, cératohyal.
FiG. 4. — Sternum du Cachalot G', vu par sa face supérieure; à, b, e, surfaces articulaires
pour les côtes sternales ; +, pièce xiphoïde.
Fi. 5. — Sternum du Cachalot ©, mêmes lettres que ci-dessus.
Fi6. 6. — Omoplate du Cachalot Œ. a, acromion ; ce, apophyse coracoïde:; », trou vasculaire.
Fig. 7. — Omoplate du Cachalot ©. Mèmes lettres que ci-dessus.
FiG. 8. — Membre antérieur du Cachalot Gf: À, humérus ; e, crête de son bord radial : 0, olécrâne ; », radius; d, cubitus; 1, 2, 3, 4, 5 doigts.
FiG. 9. — Humérus et os de l’avant-bras du Cachalot ©. Le cubitus d et le radius 7 sont
soudés par leur extrémité distale.
Fire, 10. — Os du bassin du Cachalot Œ.
FiG. 11. — Os du bassin du Cachalot Q.
PLANCHE VI
Fig. 1. — Màchoire tordue; spécimen du musée de Nantucket, d'après une photographie.
Fi. 2. — Dent avec le bord de la cavité pulpaire replié en dehors. Musée de Washington.
Fig. 3. — Dent cariée à cavité pulpaire largement ouverte, munie d’un bourrelet sur ses bords. Musée de Nantucket.
Fig. 4. — Deux dents soudées, données par M. Ralph Dabney, Cabinet d'anatomie, Cat. APT:
Fic. 5. — Dent à racine double, d'après un moulage communiqué par M. N.S. Shaler d'Harward College et existant au Cabinet d'anatomie. Cat. A, 5718.
Fic. 6. — Coupe d'une portion de la mâchoire supérieure d’un Cachalot (G° jeune ou Q)
montrant la position des dents. Les parties molles en dehors de celles-ci ont été enlevées ; cv cartilage vomérien; v, vomer ; tn, intermaxillaire ; »", maxillaire.
Fig. 7. — Dent supérieure du même, au milieu des lissus mous, grandeur nalurelle. Cabinet d’analomie. Cat. À, 4908.
PLANCHE VII
Coupes de la région dentaire sur notre embryon de 1",30. E, côté externe; I, côté interne.
Fig. 1. — Bulbe de la mâchoire supérieure en avant, lame dentaire interrompue, avec expansions internes (coupe 307).
Fi6. 2, — Bulbe de la mâchoire supérieure vers le milieu; prolongement claviforme externe. On voit l'éminence centrale faisant saillie au fond de la cloche adamantine (coupe 284).
Fig. 3. — Bulbe de la mâchoire supérieure en arrière; connexions multiples avec l'épithélium gingival; en dehors, plusieurs prolongements paradamantins (coupe 248).
F6. 4. — La lame entre deux dents de la mâchoire supérieure. Prolongement claviforme en dehors (coupe 301).
Fig. 5. — Coupe vers l'extrémité postérieure de la lame à la mâchoire supérieure, Nombreux prolongements paradamantins (coupe 251).
Fi. 6. — Coupe d'un bulbe de la mâchoire inférieure. Prolongement claviforme
(coupe 285).
PLANCHE VIII
Fi. 4. — Coupe du sommet d'une dent sur l'embryon de 0",30, montrant la disposition de l'épithélium adamantin au sommet de la dent.
Fig. 2. — Coupe longitudinale d'une dent de l'embryon de 1%,30. Le chapeau de dentine porté à l'extrémité d'une colonne charnue et présentant un sommet aminci rétracté en dedans. «
Fig. 3. — L'extrémité de la même grossie.
Fig. 4. — Coupe microscopique vers le sommet d'une dent supérieure montrant la vasodentine avec ses canaux com blés par de la dentine de nouvelle formation. FiG. >. — Segment d'une coupe vers l'extrémité d’une dent supérieure, montrant la
couche à fibres circulaires interposée entre la dentine proprement dite et le cément.
Nouvelles Archives du Muséum 3° Série. Mémoires TI PL.1
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Nouvelles Archives du Muséum 3° Série
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Memoires TI. PL. 2
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