CHAPITRE TROISIÈME
a été faite en assez grande quantité, des accidents immédiats qui ont les caractères d'un empoisonnement : l'abattement, la cyanose, l'algidité suivis de rélablissement complet après quelques heures, ou de mort également rapide. (Voir nos Expériences au chap. Vlj.
Expériences avec le contenu intestinal des cholériques.
L'injection de ces matières sous la peau et dans les veines a produit la mort quand elle a été abondante ('). On a retrouvé dans le sang des bactéries de toutes sortes à foison. L'eiïet est une septicémie qui n'a rien de commun avec le choléra.
Lïnjection da^is la trachée, faite par Legros et Goujon, n'a provoqué que des accidents douteux.
Uinjection stomacale a provoqué exceptionnellement la mort quand elle a été pratiquée en quantités énormes (^). La mort a été produite alors en quelques heures et paraît être le fait d'un empoisonnement (Voir Chap. IV, Ptomaïne du choléra). Nous ne relaterons pas à nouveau toutes les expériences de nos devanciers, depuis celles de Goujon (Varsovie, 1831), et nous devons seulement une place aux expériences de Thiersch (Munich, 1854), dans lesquelles il ne saurait être question d'empoisonnement vu la petite quantité des matières ingérées. Cet auteur a donné à des souris (^), mêlés à leur nourriture, de petits morceaux de papier à filtrer trempés dans le liquide intestinal de cholérique
(1) Expér. de Guttman, 1862, de Suellen et Miller, 1867, etc. ; voir aussi les nôtres in Revue Mensuelle.
(2) Legros et Goujon, 1867 (Dicï. Decliambre), Richard, 1884 (cité in Koch, 1" Conférence), etc.
(3) Cité in Koch, i" Conférence.
EXPÉRIENCES D'INOCULATION
conservé pendant dix jours à la température de dix degrés, puis desséchés. Sur 34 souris, 30 devinrent malades et moururent. M. Koch a répété très exactement cette expérience ; ses souris à lui sont demeurées en parfaite santé.
Nous renvoyons à la Revice Mensuelle le lecteur désireux de suivre le détail de nos expériences personnelles, et nous bornons à rappeler qu'elles sont demeurées infructueuses sur le cochon, le chat, le chien, alors même que les quantités ingérées [ont été considérables, que nous avons alcalinisé ces matières, que nous avons soumis ces animaux à un jeûne prolongé, ou enfin, que nous leur avons administré en masse de l'huile de croton.
L'injection directe dans le duodénum et dans l'intestin grêle des mêmes animaux et des souris, n'a pas été plus efficace.
L'injection dans le duodénum accompagnée de ligature du cholédoque a provoqué la mort rapide avec multiplication desvirgules dans l'intestin. Cette expérience nous a été inspirée par l'idée que l'absence de bile dans les selles de cholériques pouvait favoriser la végétation du bacille-virgule, idée qui ne s'est pas trouvée vérifiée par les faits. Nous nous étions, du reste, assurés préalablement que la seule ligature du cholédoque ne provoque pas le développement de la virgule suivant une hypothèse qui a eu cours et qui voulait voir dans la fermentation virgulienne une conséquence de la maladie.
Cette expérience nous a amenés à un dernier essai : l'injection des matières dans le cholédoque, par une piqûre faite très obliquement avec une seringue de Pravaz. Elle a produit enfin, comme on va le voir, des symptômes et des lésions qui peuvent être assimilés au choléra.
Expérience : Cinq chiens reçoivent dans le cholédoque une parcelle du contenu intestinal au deuxième jour d'un homme mort du choléra foudroyant ; cette parcelle est diluée dans une seringue d'eau distillée - Un premier chien meurt dans la nuit. - Le second meurt après seize