‹ Recherches sur le choléraChapitre 43 sur 95 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

tombe sur le côté, il présente cette paresse des membres et en particulier du train postérieur signalée par M. Koch ; la température continue à baisser ; il présente des crampes dans les membres, quelquefois dans la nuque, de façon à tourner la tête sur le côté. La mort survient après une ou deux heures de cet état, par une température de 30 à 34".

A l'autopsie, on trouve la vessie vide, les reins généralement injectés dans leur substance corticale. L'intestin grêle ne contient guère que du liquide. On a constaté plusieurs fois l'engorgement d'une plaque de Peyer située près de la valvule iléo-cœcale. Le gros intestin, qui est grêle aussi après sa sortie du cœcum et qui est occupé généralement sur toute sa longueur par des crottes moulées, ne renferme son contenu normal que si la maladie a été de courte durée ; quand elle a duré plusieurs jours, le gros intestin est presque vide ou ne contient que des matières molles, La vésicule biliaire est généralement pleine.

Très exceptionnellement nous avons observé la mort tardive avec hypertrophie des reins et réplétion de la vésicule biliaire par une matière pulpeuse décolorée, ainsi qu'il arrive dans les morts tardives de choléra.

On retrouve le bacille en virgule dans l'intestin, dans la vésicule biliaire, dans le foie. Nous ne l'avons pas retrouvé dans le sang ni dans les reins.

L'analogie avec le choléra est donc très grande ; elle existe dans les symptômes, dans les lésions et dans la distribution du bacille virgule.

Nous ne devons pas taire cependant que l'on a signalé la présence des virgules dans le sang après une inoculation duodénale (Van Ermengem), dans les reins (Doyen), dans de l'urine même qui présentait une réaction alcaline (Finkler et Prier). Ce sont là des faits exceptionnels et qui trouveraient peut-être leur explication tout accidentelle. Quelques uns même d'entre eux nous semblent demander confirmation. La comparaison avec le choléra de

EXPÉRIENCES D'INOCULATION

l'homme doit en tous cas, à ce point de vue, se borner aux expériences d'inoculation stomacale la plus simple. En ce qui concerne l'urine, on verra plus loin qu'elle n'est alcaline qu'après Tinjection d'une forte dose de matière alcaline elle-même.

Si nos essais ont souvent donné des résultats positifs, nous avons aussi rencontré fréquemment des séries infructueuses. Les causes des insuccès pouvaient être reciierchées soit dans le virus luimême dont l'activité pathogène aurait pu varier, soit dans les conditions pouvant influer sur la réceptivité des animaux. Nous nous sommes attachés à déterminer ces causes par des expériences multiples et variées dont nous allons maintenant exposer les résultats.

1° Inoculation duodénale. — L'inoculation par injection directe de virus dans le duodénum parait réussir plus souvent que la simple inoculation par l'estomac. L'opération en elle-même étant très régulièrement supportée par le cobaye, il faut donc croire qu'il y a dans ce mode opératoire des conditions particulières de réussite. Ces conditions ne se réduisent pas seulement au fait d'éviter le séjour des virgules dans le liquide acide de l'estomac, car la neutralisation du suc gastrique devrait donner un résultat^analogue et nous verrons qu'il n'en est rien.

Nous invoquons parmi les conditions qui peuvent agir favorablement dans ce cas : d'une part l'inappétence qui suit l'opération et qui peut provoquer un jeûne plus ou moins prolongé (voir plus loin) ; d'autre part, l'influence complexe que peut exercer un traumatisme grave sur l'innervation du tube digestif, sa vascularisation et ses sécrétions.

2° Neutralisation du suc gastrique. — Le peu de résistance de la virgule aux acides a engagé tous les expérimentateurs à neutraliser le suc gastrique. M. Koch a employé le bicarbonate de

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