‹ Recherches sur le choléraChapitre 55 sur 95 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

nous avons saturé poui* cela tout ce qui restait de ce résidu par l'acide chlorhydrique et évaporé dans une capsule tarée; pour ne pas trop perdre de substance nous n'avons pas évaporé absolument à sec. Avec ce chlorhydrate encore impur et imparfaitement desséché nous avons fait une solution titrée.

Exp. XIII. 1 centigramme est injecté sous la peau d'une souris de 15 grammes. Au bout de huit minutes les symptômes commencent ù se manifester : somnolence, paresse du train postérieur, tremblement convulsif de la tête ; puis convulsions générales intermittentes qui deviennent toujours plus fortes, plus longues et plus rapprochées ; finalement sauts convulsifs dont un jette l'animal sur le liane où il reste; encore quelques mouvements saccadés des pattes postérieures, des mâchoires, et, après que la respiration a cessé, quelques secousses des muscles de la nuque et des pattes antérieures ; sensibilité conservée jusqu'à la fin. Une minute après la mort, en touchant les muscles du dos, on sent encore du tremblement fibrillaire. Mort : 55 minutes après l'injection.

Exp. XIV. 5 miligrammes, injectés à une souris de 17 grammes, ont déterminé : somnolence, paresse du train postérieur, un certain tremblement de la tôle, mais point de convulsions ; après 10 heures l'animal est encore paresseux, mais commence a manger ; il se remet ensuite complètement.

Exp. XV. 6 centigrammes injectés à un cobaye de 175 grammes. Après six minutes commencent à se manifester les symptômes habituels: somnolence, paresse du train postérieur, etc. ; après neuf minutes, convulsions , d'abord des muscles de la nuque et de tout le train postérieur, puis convulsions générales. Respiration ralentie, contractions brusques du diaphragme. Après quatorze minutes reste couché sur lefianc; après cessation de la respiration on remarque encore des contractions des muscles de la peau et quelques mouvements saccadés des mâchoires. Le cœur cesse de battre 17 minutes après l'injection. Température après 15 minutes = 38''4, après 16 minutes = 37°6..

Exp. XVI. Pour plus de sûreté, nous avons fait une nouvelle contreépreuve avec les peptones sèches qui avaient servi aux expériences XII à XV; 50 grammes sont dissous dans l'eau distillée et soumis au traitement indiqué antérieurement, mais abrégé, c'est-à-dire que la première solution chlorhydrique est injectée en totalité à une souris qui ne manifeste rien.

PTOMAINE DU CHOLÉRA.

Ptomaîne des cholériques.

Il fallait maintenant obtenii- la ptomaîne retirée de l'organisme des cholériques par M. G. Pouchet et par M. Villiers, et comparer son action physiologique à celle de la ptomaîne des cultures. Nos recherches ont porté principalement sur les organes de cinq cholériques morts rapidement et en algidité; l'autopsie avait été faite ordinairement une heure, jamais plus tard que 2 heures après la mort. On a employé pour chaque cas le sang, 3 à 500 gr., et dans 3 cas, la presque totalité du foie; on a constaté pour chaque cas la présence des virgules.

Immédiatement après l'autopsie, le foie était divisé, puis le tout additionné d'alcool et d'acide tartrique jusqu'à réaction franchement acide. Plus tard, toutes ces matières ont été réunies, additionnées encore d'alcool, et on a porté le tout à l'ébullition en ayant soin de s'assurer de temps en temps que la réaction est toujours acide. Il vaut mieux employer des quantités assez grandes d'alcool, sans cela on obtient, surtout avec le sang, des liquides très difficiles à filtrer. On répète une seconde fois le traitement par l'alcool bouillant ; on passe, filtre, évapore en consistance ferme, reprend par l'alcool bouillant à plusieurs reprises et évapore encore les liqueurs filtrées au bain-raarie en consistance d'extrait ferme. On dissout le résidu dans une faible quantité d*eau et l'on maintient quelque temps au bain-marie, puis on laisse refroidir lentement ; les matières grasses forment alors à la surface du liquide une pellicule dont on se débarrasse assez facilement par décantation etfiltration. Si l'on cherche à filtrer directement la solution aqueuse, il est très difficile d'obtenir un liquide clair et l'opération est extrêmement longue. La solution aqueuse est rendue

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