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CHAPITRE QUATRIÈME

de soude causlique en évitant toute élévation de température; on agite avec quatre à six volumes d'étiier, et ce véhicule décanté est agité avec de l'acide clilorhydrique fumant dilué de quatre volumes d'eau ou môme seulement de deux volumes. Puis on fait faire au même éther un grand nombre de fois la navette entre la solution alcraline et l'acide chlorhydrique, en remplaçant celui-ci quand il est saturé ou près de l'être. La solution chlorhydrique, lavée deux fois avec plusieurs volumes d'éther, est soumise encore une fois à tout le traitement: bicarbonate de soude, soude caustique, éther, acide chlorhydrique. La deuxième solution chlorhydrique (ou la troisième, si la deuxième est encore trop colorée), rendue alcaline par la soude caustique, est traitée par Téther que l'on décante et évapore.

Nous avons, pendant quelque temps, remplacé l'éther par le chloroforme que nous purifiions nous-mêmes et qui nous semblait enlever plus rapidement la ptomaïne à ses solutions aqueuses; mais nous avons ensuite constaté qu'ici encore un grand nombre de traitements étaient nécessaires, et nous sommes de nouveau revenus à l'éther, surtout pour le traitement final, car pendant l'évaporation du chloroforme nous avons pu constater un dégagement notable de vapeurs alcalines. Pendant ces longues manipulations on perd une quantité notable de ptomaïne.

On obtient comme résidu un liquide sirupeux, jaunâtre, très soluble dans l'eau, colorant fortement le papier de tournesol rouge en bleu, ordinairement avec nuance verdàtre; placé sur le couvercle d'un bain-marie d'eau bouillante, le papier ne reprend qu'à la longue sa coloration rouge primitive; à la température ordinaire, il la conserve quelques jours au moins. Si on place au bain-marie la capsule contenant l'alcah, celui-ci se volatilise lentement en donnant des fumées blanches. Le résidu possède ordinairement, surtout à chaud, une odeur aromatiquequeM, Villiers a comparée avec raison (pour la ptomaïne extraite des cholériques) à celle de l'aubépine; il se pourrait cependant que cette odeur soit due à des

PTOMATNE DU CHOLÉRA.

impuretés et non à l'alcali lui-même. Nous avons obtenu une fois par l'évaporation du chloroforme un résidu solide, alcalin, soluble dans l'eau, etc.; il serait possible que l'état liquide soit dû à un reste d'eau. Une autre fois, par l'évaporation très lente d'éther, nous avons trouvé (le lendemain) dans la capsule à la fois quelques gouttelettes liquides et des aiguilles cristallisées, d'un blanc sale; mais le tout en quantité bien faible, et nous ne nous sommes pas assui'és si ces cristaux étaient dus à l'alcali libre ou à son carbonate. La .solution aqueuse est jaunâtre, la solution chlorhydrique jaune-rougeàtre ; ces colorations peuvent être dues à des impuretés ou à une altération par l'oxygène de l'air.

Le chlorhydrate encore impur qui, à la dose de 1 centigramme, tuait une souris en 55 minutes (Voyez expér. XIII), a été conservé pendant quatre semaines en solution aqueuse neutre à 6 0/0 dans un flacon à l'émerià demi plein ; injecté alors à une souris à la dose de 24 centigrammes, calculée d'après le chlorhydrate primitif, il n'a produit que de la somnolence et une paresse momentanée du train postérieur ; après 1 h. 1/2, l'animal élait presque complètement remis.

Voici les expériences physiologiques que nous avons faites avec la ptomaïne purifiée comiTie il a été dit plus haut.

Exp. XII Une partie du résidu e.st additionnée d'un peu d'eau acidulée par l'acide chlorhydrique, on neutrall.se exactement le faible excès d'acide par (lu carJDonate de soude et on injecte le tout à une souris. Deux minutes après l'injection, quelques convulsions ; l'animal reste ensuite immobile quelques secondes, puis nouvelles convulsions intéressant surtout les muscles de la nuque, sauts convulsifs ; ces alternatives se succèdent rapidement et la souris tombe bientôt sur le flanc immobile; trois minutes après l'injection elle était morte. Après que la respiration a cessé, nous observons encore quelques secousses du train postérieur, du diaphragme, des muscles de la nuque, des mâchoires.

L'action toxique du résidu ayant été ainsi constatée, il s'agissait d'en déterminer, approximativement au moins, l'énergie toxique :

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