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CHAPITRE V Vitalité du bacille-virgule

Il importe de coniiaitœ la vitalité du microbe cholérique dans ses différents milieux naturels, sa manière d'être vis à vis des agents antiseptiques ; il importe aussi d'être renseigné sur les diverses conditions qui peuvent favoriser, restreindre ou arrêter sa multiplication, et celles qui peuvent déterminer sa mort.

A. — Vitalité dans le corps de l'h^omme, dans les selles, le

LINGE ET la terre HUMIDE. INFLUENCE DE LA PUTRÉFACTION.

Moment de la disparition des bacilles dans le corps de V homme. — Ce point est particulièrement important pour nousflxersurl'époque où un homme malade ou convalescent peut être considéré comme n'étant plus contagieux.

Nous avons examiné les se//e.y d'un grand nombre de malades qui ont guéri. I-es virgules ont été trouvées au plus tard au dixième jour après le début des accidents cholériques. Parfois, nous n'en avons plus trouvé dès après le quatrième jour. Il n'y a pas ieu de s'arrêter à ces derniers chiffres ; les résultats négatifs même nombreux n'ayant qu'une valeur relative. Nous devons dire cepen-

VITALITÉ DU BACILLE A^'IRGULE

dant que les virgules n'ont paséLé Irouvées dans les déjections qui ont repris l'odeur, la couleur et la consistance des matières fécales. Elles n'ont pas été trouvées non plus dans la diarrhée tardive qui prolonge exceptionnellement la convalescence de plusieurs semaines.

Nous avons attaché le plus grand soin à la recherche du bacillevirgule dans le contenu, intesUnalée^ iudividus morts et autopsiés.

Nous avons relaté en détail les résultats de ces recherches dans un chapitre précédent. Nous insistons principalement ici sur ce point que deux fois les bacilles ont été retrouvés après onze jours de maladie dans l'intestin, et même une fois après 13 jours dans les voies biliaires. Au j'^oint de vue prophylactique, on doit donc se rappeler qu'un cholérique peut encore être contagieux après treize jours de maladie.

Mais, à un autre point de vue, nous devons nous souvenir ici que dans plusieurs de nos autopsies le bacille-virgule n'a pas été retrouvé; dans l'une la mort avait eu lieu après six jours de maladie, et dans les autres après un temps plus long. Les cas où la virgule ne se maintient pas au-delà de cinq ou six jours semblent même beaucoup plus fréquents que ceux où elle persiste audelà ; fréquemment sa durée est encore moindre et ne dépasse pas le troisième ou quatrième jour. Déjà dans sa première conférence Koch avait insisté sur ce fait que le développement du bacille-virgule dans le corps de l'homme est très rapide et que sa régression ne l'est pas moins ; nos observations confirment pleinement ces assertions. Il ne sera donc pas étonnant que l'on ne retrouve pas la virgule dans des cas non récents de choléra, et de pareils résultats négatifs ne pourront être invoqués contre la doctrine cholérigène du bacille-virgule. Si nous insistons de nouveau sur ces faits, c'est qu'ils sont en contradiction apparente avec ce que nous venons de dire de la prophylaxie ; mais il est évident que le système de désinfection, pour être efficace, doit se baser même sur les cas exceptionnels.

Matières en chambre laimide ou en flacons boicchés. — Nos expériences sont très nombreuses. Elles ont porté sur les malériaux de la plupart des autopsies et sur un grand nombre de selles cholériques.

Les récipients ont été placés, soit dans Tétuve, soit simplement dans le laboratoire à la température ambiante.

Après vingt-quatre ou quarante-huit heures, il y a presque toujours foisonnement de la virgule. Ou aura soin de tenir compte de ce fait pour une épreuve en vue du diagnostic. A partir de ce moment, il y a tendance à disparition et à remplacement par d'autres bactéries, surtout celles de la putréfaction. Quand la matière commence k prendre une odeur putride, le bacille cholérique diminue rapidement; vingt-quatre à quarante-huit heures après, on n'en trouvera plus ordinairement. Parfois, à vingt-quatre heures d'intervalle, nous constations, à la place d'une culture pure, absence de virgules.

Ces résultats ont été obtenus par des préparations sur lamelles, et nous avons conclu à l'absence du bacille-virgule, quand, dans ces préparations, nous ne trouvions plus ni virgules caractérisées, ni bacilles douteux. Il est évident, cependant, que ce procédé n'est pas mathématique.

Ceci a fait des observations tout à fait semblables ; de plus, il a institué des expériences d'inoculation avec des déjections cholériques pourries, et il n'est arrivé qu'à des résultats négatifs, tandis que les déjections fraîches employées de même donnaient des résultats positifs.

Il serait possible cependant que Ton réussit encore dans certains cas à déceler des virgules par le procédé des cultures, quand les préparations n'en montrent plus. Néanmoins, quand on voit une purée qui semble formée uniquement de bacilles-virgules, se transformer en peu de temps, quelquefois en moins de vingtquatre heures, à tel point qu'on ne trouve plus ce bacille, mais à

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sa place et en nombre aussi considérable des bactéries diverses, quelquefois aussi une culture presque pure soit d'un coccus, soit d'un petit bâtonnet droit, etc., et quand cette transformation rapide s'accompagne d'une odeur putride de plus en plus prononcée, tandis que la purée de virgules, au contraire, ne montrait qu'une faible odeur, particulière et nullement putride ; dans ces conditions, il faut bien admettre que le phénomène complexe que l'on désigne sous le nom de putréfaction, est une cause de destruction du bacille-virgule et peut, doit même, amener la désinfection au point de vue du choléra, le bacille cholérigène étant dépourvu de spores. Sur un milieu aussi nutritif qu'une selle cholérique ou une muqueuse intestinale, le bacille-virgule trouve des conditions très favorables à sa multiplication rapide, surtout quand il y a abondance d'oxygène libre ; aussi la virgule arrive-t-elle en chambre humide à un degré de développement qu'elle n'atteint jamais dans l'intestin in situ. Cette multiplication est accompagnée de la formation de produits de désassimilatiôn^ notamment d'une ptomaïne toxique, qui ne tardent pas à arrêter le foisonnement. Mais d'autres bactéries sont, sans aucun doute, beaucoup moins sensibles à l'action de ces produits que la virgule elle-même ; au moment où celle-ci a atteint son apogée, elles n'existent qu'en nombre minime dans la purée, et dans les préparations elles ne se montrent quelquefois que rares et isolées. Elles commencent maintenant à foisonner à leur tour, et non seulement elles s'assimilent les substances nutritives que la virgule a pu laisser, mais il n'est pas douteux qu'elles digèrent même cette dernière.

Gomme nous avons entendu tirer quelquefois des conclusions .tout à fait erronées de ce fait de la disparition de la virgule sous l'influence de la putréfaction, fait signalé en premier lieu par Koch, nous tenons à ajouter que les phénomènes seraient évidemment modifiés, si on délayait dans une quantité d'eau plus ou moins grande le milieu nutritif concentré que représentent les

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