‹ Recherches sur le choléraChapitre 6 sur 95 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'expérience nous a montré qu'on obtient une coloration plus intense par l'emploi de mordants tels que le sublimé corrosif au 1/1,000°, et surtout l'acide osmique à 1/100\ Ces solutions sont versées sur la lamelle qu'on lave ensuite avant d'appliquer le colorant; on peut aussi y laisser séjourner quelques instants le flocon tout entier.

Les préparations que l'on veut conserver sont bien desséchées à l'air, et montées dans le baume du Canada fluidifié par l'essence de térébenthine. Pour éviter la décoloration, il ne faut ni déshydrater par l'alcool, ni conserver dans la glycérine, ni additionner le baume de chloroforme ou d'essence de girofle.

Les préparations sur lamelle ne renseignent que sur les caractères morphologiques de la virgule. Son observation à l'état vivant se fera en goutte suspendue ou entre lame et lamelle ; après s'être rendu compte de ses mouvements, on pourra ajouter une goutte de teinture pour avoir le bacille coloré et flottant dans le liquide. Ainsi on ne désagrège pas les spires, comme cela arrive fréquemment dans les préparations sur lamelle ; nous avons pu constater par ce procédé la présence fréquente des spires là où d'habitude les préparations sèches n'en montrent pas (muqueuse intestinale).

Les spires sont cependant plus nombreuses et plus longues dans les milieux de culture liquides, surtout quand la végétation n'a pas eu lieu à une température trop élevée (20 à 25°), elles se composent, en eilet, de plusieurs individus recourbés, faiblement agrégés bout à bout, et la résistance des milieux gélatineux semble suffire pour produire la désagrégation en virgules composantes ; le même effet est déterminé par les mouvements rapides que possèdent ces agrégats à des températures supérieures à 25°, surtout entre 30 et 40°

Lorsqu'on les observe, en effet, dans ces conditions, les virgules vivantes se montrent très-mobiles; tantôt elles traversent rapidement le champ du microscope, tantôt elles tour-

CARACTÈRES DU BACILLE

nent sur elles-mêmes en restant en place. Les spires avancent par un mouvement de vrille, quand elles ne sont pas trop longues ; dans ce dernier cas, elles paraissent gênées par leur longueur même et se meuvent avec lenteur. Les bacilles isolés et les courtes spires vont s'accumuler sur les bords de la goutte où bientôt ils restent immobiles.

L'observation devient encore plus facile si, à une goutte de culture ou à un Ilocon muqueux, on ajoute une goutte de solution de violet de méthyle faite non plus dans l'eau saturée d'aniline, mais" simplement dans l'eau distillée. Les bacilles se colorent alors et deviennent plus visibles, tout en conservant pendant quelque temps leurs mouvements ; ils sont aussi un peu plus volumineux, n'étant pas contractés comme dans les préparations sèches.

Les caractères morphologiques permettent souvent à eux seuls de porter un diagnostic à peu près certain ; en effet, dans les selles émises, au début des attaques de choléra, dans le contenu intestinal et sur la muqueuse intestinale des cas rapides, on trouve, le plus souvent, des virgules nombreuses et presque sans mélange, et l'on obtient des préparations très-probantes. En cas de mort tardive, et dans les selles émises après plusieurs jours de maladie, les virgules deviennent plus rares et sont mélangées d'un nombre bien plus considérable de bactéries différentes; le diagnostic devient douteux ; on sera fixé alors par le procédé des cultures, qui donne toujours des résultats plus certains et dont il va être question tout à l'heure. Cependant, dans bien des cas on simplifiera le problème, en ayant recours d'abord à l'un des procédés de multiplicaiion .

Koch a montré, en effet, qu'une selle ne renfermant qu'un nombre relativement faible de virgules, se transforme en une culture pure, en une véritable purée de virgules, si on l'expose 24 à 36 heures à une température de 30 à 40° sur un linge ou sur de la terre humide, soit entre deux a.ssiettes, soit sous une cloche de verre.

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